Ca donne Quoi ? Dans le Swinging London Stephen Ward, ostéopathe qui soigne le gratin, s’entiche d’une danseuse qui a la moitié de son âge.
Si leur relation est platonique il va la présenter à quelques uns de ses patients hauts placés parmi lesquels rien de moins qu’un espion d’URSS et le ministre de la guerre.
Rapidement les choses vont échapper à Ward qui va se retrouver dans l’oeil du cyclon de l’un des plus gros scandales sexuels de l’époque.
Longtemps avant les frasques du Prince Andrew et de son rabatteur Jeffrey Epstein (et dans une moindre mesure of course) la société britannique avait été secouée de ce premier gros tapage sur la vie dissolue de certains de ses nantis.
Jean Luc Fromental en tire un récit à la manière d’un film noir d’antan tout en flashback et raconté en voix-off (on pense par exemple à un Sunset Boulevard) qui, grace au talent de son dessinateur (avec qui il avait déjà pondu un très réussi Coup de Prague) et de son style pictural semi réaliste, lui aussi volontairement old school, analyse les relations entre sexe et pouvoir et les moeurs de la société des puissants qui, l’Histoire n’en finit pas de nous le montrer, ne font que répeter les mêmes erreurs.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :LA VEUVE NOIRE
C'est de qui ? L. Harline
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Avant de composer la B.O de ce film noir du début des années 50, Leigh Harline a éssentiellement oeuvré dans l’animation ou le film jeunesse, chez Disney, alors au pinacle de sa réussite, artistique comme commerciale.
Néanmoins le compositeur livre une partition luxuriante, où les cordes sont à l’honneur dans des thématiques complexes, et sa B.O flirte autant avec le mélodrame racé que le film de suspense.
Un cocktail tout à fait de rigueur avec l’album de Fromental et Hyman avec qui il partage classe et passion.
Ca donne Quoi ? En « repérage » pour son prochain roman, destiné à être adapté au cinéma, Graham Greene, atterrit à Vienne, au lendemain de la Seconde Guerre Monidale, alors que la ville a été partagée entre les nations vainqueurs. Dans ce vivier d’espions et d’agents doubles, guidé par Elizabeth, la narratrice, une jeune femme aux connivences multiples, notre romancier va faire bien plus que simplement glaner des informations.
Alors que seconds couteaux aussi pittoresques que dangereux et cadavres encombrants s’amassent autour de notre duo, leur aventure les mènera finalement dans une Prague prête à tomber aux mains des soviétiques.
Mélangeant allègrement et avec un certain brio grande et petite histoire, faisant moult clins d’œil –graphiques comme scénaristiques- au Troisième Homme, le roman dont la genèse est évoquée ici- Jean Luc Fromental rend un fort bel hommage à un écrivain trop souvent réduit à cette œuvre phare mais qui, en parallèle d’une carrière littéraire riche mena une existence faite de double jeu et de zones d’ombres propices à l’imagination.
Mené de main de maître, ce récit d’espionnage digne de son inspiration, est mis en image par un Miles Hyman inspiré, qui croque décors et personnages de façon très cinématographique dans son style si particulier.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? LA VEUVE NOIRE
C'est de Qui ? L. Harline
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Oui.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Après avoir longtemps officié chez Disney, qu’il quitte couronné de deux Oscars, Harline s’essaye à la B.O de films traditionnels, oscillant entre les genres, sans pour autant rencontrer le même succès.
La faute n’en n’est certainement pas à ses talents de compositeur puisqu’il continue à appliquer les recettes gagnantes apprises sur l’animation : les mélanges de styles, les thématiques à plusieurs niveaux avec répétitions de motifs par différents instruments et l’underscoring discret mais très efficace.
On appréciera sur le score de ce petit film de genre hélas passé à coté de son sujet, une écriture riche, inspirée notamment de certains classiques aux idées originales comme le suspense apporté par les cordes graves et la romance personnifiée par les cuivres, comme le hautbois par exemple, le tout fort inhabituel sur du Noir.
Une atmosphère variée qui, si elle n’a pas le décalage de la B.O d’Anton Karas pour le Troisème Homme (entendu chez nous une fois ou deux), n’en n’est pas moins très adaptée à celle du Coup de Prague.
Ca donne Quoi ? Une petite ville rurale du nord est des Etats Unis, la fin des années 40, par un jour de juin ensoleillé toute la communauté s’est réunie sur la place afin de participer à une étrange loterie, préparée la veille au soir par deux hommes. Chacun à son tour, les habitants viennent tirer un petit bout de papier plié, en semblant redouter celui qui ne sera pas vierge.
Je ne vous dévoilerai pas ce qu’on « gagne » à cette étrange loterie que Miles Hyman (qui adapte ici une nouvelle de sa propre grand-mère) nous décrit dans le détail, s’arrêtant sur une expression faciale, un mouvement de main, sur une devanture ou un bout de paysage via de grandes cases aux couleurs vives qui ne sont pas sans faire penser à de l’illustration voire de véritables tableaux comme ont pu en produire ses compatriotes.
Si le rythme de narration pourra paraître très posé à certains, il construit lentement la tension présente tout au long du récit, amenant inexorablement et par des moyens détournés (la fausse tranquillité apparente de la vie des habitants en ce jour de loterie) au climax du scénario.
Dans la lignée de ses adaptations de grands romans noirs Miles Hyman livre une étonnante version du texte de son aïeule auquel il donne une identité graphique intéressante.
LA MUSIQUE
C'est Quoi? DESPITE THE FALLING SNOW
C'est de Qui ? R. Portman
La couv'
Déjà entendue sur B.O BD? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Si la période historique correspond à peu près, l’action de Despite the falling snow, adapté de son propre roman par Shamim Sarif, se déroule en Union Soviétique.
Si l’on pourrait se dire qu’une B.O de film d’espionnage en pleine Guerre Froide ne semble pas de prime abord tout désigné pour accompagner un récit aussi contemplatif que psychologique, il s’avère que Rachel Portman a eu la bonne idée d’éviter l’écueil de la musique trop marquée folkloriquement.
Dominée par un piano sobre et efficace, qui passe de la mélancolie au suspense sans prévenir, sa partition flotte entre les genres, flirtant avec l’underscoring sauf quand les cordes, notamment le violoncelle, s’invitent sur des passages plus orchestraux.
Portman travaille à l’économie, dans le bon sens du terme, et sa B.O des plus éthérée appuiye bien la lenteur relative de l’adaptation d’Hyman.
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Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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"...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)