11 août 2016
4
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/08
/août
/2016
07:41
LA BD:
C'est quoi ? UNE VIE : LA BIOGRAPHIE RETROUVEE. TOME 2.
C'est de qui : Martinez & perrissin
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Oui, ensemble et séparément
C’est édité chez qui ? Futuropolis
Une planche:

Ca donne Quoi ? Après le tome premier, consacré à la jeunesse de notre héros hors du commun et les premiers évènements marquants de son existence, on le retrouve durant les quatre années qu’il a passé au sein du célèbre King’s Scholar, ponctuées de la découverte de l’amour (charnel) avec l’épouse de son bienfaiteur, de la mort de sa mère et de rencontres déterminantes avec, entre autres, l’auteur du Meilleur des Mondes, Aldous Huxley.
Ce second volet de la saga passe un cran au dessus, se faisant plus récit d’initiation, via des scènes fortes, que ce à quoi on pouvait s’attendre. Si les passages dans le présent sont plus faibles (notament niveau situation et dialogues), Une Vie confirme qu’elle a tout les atouts pour être une grande série historico-sociale.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? THE INN OF THE SIXTH HAPINESS
C'est de Qui ? M. Arnold
La couv'

Déjà entendu sur B.O BD ? Non
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Avec la sensibilité et la véracité qu’on lui connaît, Hollywood met en images la bio de la missionnaire Gladys Aylward avec Lauren Bacall dans le rôle titre. L’actrice, alors star parmi les étoiles, se voit allouée pas moins de deux thèmes par Malcolm Arnold qui écrit une heure de musique pour orchestre réduit.
Les deux sont forts éloignés, le premier est enlevé, représentant le courage et la force du personnage, le second est plus romantique, pas mal repris dans l’ensemble de la B.O, ils apportent un bon équilibre d’ambiances.
Si Arnold réserve quelques passages pour la musique militaire, il évite de colorer son score de couleurs orientales prononcées, en faisant une musique agréable, bien qu’un brin grand spectacle parfois, pour Une Vie tome 2.
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Une chronique de Fab
8 juillet 2016
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/2016
09:47
LA BD:
C'est quoi : ELISABETH Ière
C'est de qui : Delmas, Regnault & Meloni
La Couv':
Déjà croisés chez nous? Oui.
C’est édité chez ? Glénat.
Une planche:

Ca donne Quoi ? Si il y a bien une figure historique à coté de laquelle la collection Ils Ont Fait L’Histoire de chez Glénat, ne pouvait pas passer, c’est bien celle d’Elisabeth Première, dernière des Tudors qui refusa de se marier et fut à l'origine de changements sans précédents en Angleterre.
Depuis le superbe film de Shekhar Kapur il y a presque 20 ans, je suis fan du personnage et attendait au tournant cette « bio », surtout après l’impressionnant La Vierge et la Putain, de Juncker, déjà chez Glénat.
Mon sentiment après lecture est mitigé, si coté dessin c’est honnête quoiqu’assez classique, et si la personnalité de la reine vierge est plutôt bien rendue, l’album souffre des limites de format de ses prédécesseurs de la collection.
En effet, condenser 44 années de règne en un seul volume oblige à des coupes franches et des choix drastiques, et la monarque aurait peut être mérité un second tome.
Néanmoins les grandes lignes sont là et l’album, notamment grâce à son cahier historique en fin de volume, remplit son rôle.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? THE OTHER BOLEYN GIRL
C'est de Qui ? Paul Cantelon
La couv'

Déjà croisé chez B.O BD ? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Drôle d’idée que ces arrangements parfois très (trop) contemporains pour mettre en musique ce « biopic » qui se déroule au XVI° siècle en Angleterre et raconte la romance entre Henry VIII et les sœurs Boleyn(note aux scénaristes, penser à prendre des actrices qui se ressemblent au moins un peu quand elles doivent incarner deux sœurs). Plutôt que d’opter pour le parti pris de la fort bonne série The Tudors et ses morceaux d’époque mélangés à des compositions originales mais dans le même esprit, Paul Cantelon préfère se concentrer sur l’intrigue plutôt que l’époque.
Du coup ce qui aurait pu être une bonne évocation via une musique de chambre aux accents historiques reflète plutôt le coté romantique et tragique du scénario .
C’est d’autant plus dommage que l’on n’aurait pu difficilement être plus raccord coté époque vu que l’une des protagonistes principales du film est Ann Boleyn qui n’était autre que la mère de notre Elisabeth.
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Une chronique de Fab
7 juillet 2016
4
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/juillet
/2016
08:47
LA BD:
C'est quoi : ALIENOR LA LEGENDE NOIRE. TOME 5
C'est de qui : Mogavino & Delalande au scénar, Carlos Gomez au dessin.
La Couv':
LA BD:
C'est quoi : ALIENOR LA LEGENDE NOIRE. TOME 5
C'est de qui : Mogavino & Delalande
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Oui ensemble et séparément.
C’est édité chez qui ? Delcourt.
Une planche:

Ca donne Quoi ? Notre fougueuse héroïne tient sa vengeance sur Louis VII, son ancien époux, roi de France a la santé mentale vacillante ! En effet, au coté de son nouvel époux, Henri de Plantagenêt, elle va être couronnée reine à nouveau, mais d’Angleterre cette fois. C’est compter sans les coups durs du destin qui vont frapper tout autour d’elle et là où elle s’y attend le moins. Mais ce serait mal connaître Aliénor que de penser que ce qui ne la tue pas…
Cet avant dernier tome de la saga la plus réussie de la collection Les Reines de Sang est aussi riche en retournements de situations qu’en scènes épiques de bataille. Si Arnaud Delalande et Simona Mogavinoa ont peut être un peu plus tendance ici au lyrisme dans certains dialogues, les rendant un peu trop littéraires parfois, Carlos Gomez confirme les bonnes impressions des albums précédents et s’impose comme l’un des artistes les plus doués que l’on ait vu dans le genre réaliste et expressif ces dernières années.

Comme indiqué en début d’album, certes la série ne prétend pas à une justesse historique minutieuse mais l’on aurait tort de s’arrêter à ce détail tant Aliénor, la légende noire est réussie.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? THE WHITE QUEEN
C'est de Qui ? J. Lunn
La couv'

Déjà entendu dans le coin? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Cette adaptation d’une série de romans ayant pour fond la Guerre des Roses en Angleterre a été saluée comme un retour aux grandes fresques historiques dont la BBC avait le secret (même si le résultat est parfois d’une mièvrerie à pleurer mais bon, passons). Co-production britannico-américaine The White Queen ne manque pas de moyens et c’est John « Downtown Abbey » Lunn qui se charge de sa B.O.
Mélangeant adroitement une orchestration contemporaine à des couleurs du XV° siècle, le compositeur livre un ensemble varié dans ses ambiances qui reste cohérent ; on aurait aimé une petite pointe de folie de temps à autre qui aurait fait de cette galette un grand score de séries TV mais Lunn malgré des passages enlevés qui ne sont pas sans rappeler les Carmina Burana ou The Lord Of The Rings reste souvent en retrait, se contentant même à diverses reprises d’un violon soliste.
Une belle et riche ambiance pour ce cinquième volet d’Aliénor.
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Une chronique de Fab
1 juillet 2016
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/juillet
/2016
08:20
LA BD:
C'est quoi INSOUMISES
C'est de qui : Cosnava & Ruben
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Non
C’est édité chez qui ? Les Editions du Long Bec
Une planche:

Ca donne Quoi ? La BD espagnole est finalement (tout comme sa cousine transalpine) peu représentée chez nous, et, quand on lit Insoumises, on se dit que c’est assez dommage.
L’album est le récit, les récits devrais-je écrire puisque il s’agit de trois témoignages, des destins de Caridad, de Fé et d’Espéranza, trois jeunes femmes qui ont choisies d’être maitresses de leurs vies et de leurs choix et qui vont lutter coude à coude aux cotés des hommes durant les affrontements en Asturie, la Guerre Civile et même –pour l’une d’elle- en France en 39-45.
Rejet de l’oppression et de la religion, désir d’émancipation, acceptation de l’homosexualité, les thématiques sont aussi riches que les rebondissements d’un scénario qui fait la part belle à l’action dans un contexte historique intéressant et peu traité en BD Franco-Belge.
Le graphisme en bichromie très expressif est dans la droite lignée de ce que font les frères Moon et Ba, ce qui rajoute encore à l’attrait de ce one-shot très réussi.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? SUFRAGETTES
C'est de Qui ? A. Desplats
La couv'

Déjà croisé chez nous ? Oui, souvent.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Concordance des époques et des thématiques entre la BD et la B.O puisqu’il est également question de femmes en résistance dans Sufragettes, même si c’est de l’autre côté de l’Europe.
Desplats, décidément capable de tout faire ou presque, insiste dans ses compositions sur la tension latente omniprésente dans le film via des arrangements inhabituels, des montées de cordes souvent oppressantes, des accords originaux joués par un piano et des cuivres grondants, le tout à peine contre balancé par une valse mélancolique en ouverture de galette.
L’ensemble fait preuve d’autant de maitrise que d’unité et se révèle très intéressant et très approprié pour l’album des deux auteurs espagnols.
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Une chronique de Fab
26 juin 2016
7
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/06
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/2016
07:12
LA BD:
C'est quoi : LES ANNEES ROUGE ET NOIR
C'est de qui : Boisserie et Convard au scénario, Douay au dessin.
La Couv':
Déjà lu sur le site? Je dirais oui pour les deux scénaristes.
C’est édité chez qui ? Les Arènes.
Une planche:

Ca donne Quoi ? Cette adaptation d’un roman de Gérald Detheil évoque la toute fin de la Seconde Guerre Mondiale, sombre période s’il en est avec sa valse d’alliances, de dénonciations et trahisons, de retournements de vestes en tout genre, peu glorieux miroir des années de la collaboration sous l’Occupation.
On y suit une poignée de protagonistes aux origines et univers parfois forts différents mais tous plus ou moins en relation, et, surtout, tous concernés par des fiches de renseignements fort détaillées que certains n’aimeraient pas voir dévoilées au grand jour.

Porté par un trait anguleux expressif et original (même si parfois inégal) le scénario de Convard et Boisserie joue la carte du réalisme historique en mêlant figures connues aux héros inventés de toute pièce, il a de plus le mérite de traiter d’une époque peu traitée en BD et pourtant primordiale dans l’histoire de France (l’ensemble de la série devrait courir jusqu’au milieu des années 70). Si l’intrigue est fouillée et nécessite d’être attentif, le suspense est bien au rendez-vous et l’album se lit d’une traite.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? L'ARMEE DES OMBRES
C'est de Qui ? E.Demarsan
La couv'

Déjà croisé chez nous?
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Anecdote plus qu’intéressante racontée par le chef op’ de L’Armée des Ombres : Alors qu’il explique à son réalisateur qu’il est embêté sur la fin d’une scène de nuit à l’intérieur, quand les personnages éteignent la lumière et que l’image devient quasiment noire à l’écran ; le réalisateur lui répond de ne pas s’inquiéter : « Y aura de la musique ».
Cette phrase est probablement l’une des plus juste définition de ce que la musique peut apporter à l’image.
Vous savez ce que je pense des dream team au cinéma, ici on peut dire qu’on est servi. Melville, adapte très fidèlement un roman de Kessel se déroulant sous l’Occupation, la distribution compte ce qui se fait de mieux dans le registre à l’époque (Ventura, Signoret, Meurisse, Cassel) et, pour la musique, c’est à Eric Demarsan que le réal’ a fait appel. Si les deux hommes se connaissent car le compositeur assistait De Roubaix sur Le Samourai, le précédent long de Melville, c’est néanmoins le grand saut pour Demarsan qui n’a alors jamais composé seul pour le grand écran.
Les trois ou quatre thèmes principaux du film sont forts intéressants dans leur approche. Qu’ils soient interprétés seulement par les cordes, ou transformés radicalement par le simple ajout d’un pinao punaise (à percussion), le résultat est d’une efficacité exemplaire. Flirtant avec la dissonance, la musique de L’Armée des Ombres sait également disparaître à certains moments cruciaux d’un long métrage qui joue beaucoup sur les silences.
Le résultat sera à la hauteur des attentes de Melville, qui fera de nouveau appel à Demarsan pour le film suivant.
Une B.O sobre, sombre et dramatique très en phase avec notre album du jour.
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Une chronique de Fab