15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 16:03

 

 

 

 

LA BD :

 

 

 

C'est quoi : UNE HISTOIRE POPULAIRE DE L'EMPIRE AMERICAIN

 

 

C'est de qui ? Mike Konopacki, Paul Buhle & Howard Zinn

 

 

La Couv' :

 

 

Déja Lu sur B.O BD ? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Une planche :

Ca donne Quoi ? S’il ne doit plus rester grand monde pour voir encore les Etats-Unis comme un modèle de démocratie et de tolérance universelles, on ne mesure pas forcément à quel point, ni depuis quand, cette image glorieuse qu’on essaye de nous vendre a été fabriquée par ses dirigeants successifs, de connivence avec les grands capitaines d’industrie (Rockefeller, Pullman, Morgan, Gould et consort).

La bd de Paul Buhle et Mike Konopacki permet de remettre les idées, et les choses, à leur place. S’appuyant sur les deux essais de l’historien Howard Zinn, Une histoire populaire des Etats-Unis, et son autobiographie, L’impossible neutralité, les auteurs partent de la réponse de George W. Bush aux attentats du 11 septembre – pour rappel : l’invasion de l’Afghanistan, puis de l’Iraq - pour mettre en lumière la stratégie sournoise qui a toujours sous-tendu la politique d’expansion de l’impérialisme américain, sous couvert de défense de la liberté des peuples.

Utilisant une conférence de Zinn lui-même pour structurer leur récit, Buhle et Konopacki retracent les grandes étapes d’une histoire généralement réécrite par les puissants, en donnant cette fois la parole au peuple : massacre de Wounded Knee, répressions sanglantes des luttes syndicales, guerre hispano-américaine, invasion des Philippines, Première et Seconde Guerres mondiales, Viêtnam, Iran… Autant de conflits intérieurs et extérieurs qui permettent de mieux appréhender le fonctionnement retors d’un pays qui s’est hissé au rang de première puissance mondiale, en s’appuyant en grande partie sur une logique de guerre et d’ingérences territoriales.

Si le dessin pas très folichon de Konopacki risque de rebuter certains lecteurs, il faut préciser qu’Une histoire… est avant tout une bd qui a des choses à nous dire et à nous apprendre, si l’on veut mieux comprendre les nombreuses crises et conflits qui déchirent le monde d’aujourd’hui.

 

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

C'est Quoi ? BREAD & ROSES

 

 

C'est de Qui ?  James Oppenheim (pour le texte), Joan Baez (pour l'interprétation) et le "compositeur inconnu" (pour la musique)

 

 

La Couv' :

 

Déjà entendu par ici ? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Poème publié en 1911 par James Oppenheim dans The American Magazine, dont le titre lui a été inspiré par un discours de la syndicaliste et féministe Rose Schneiderman, Bread and Roses reste associé à la manifestation des ouvriers textiles de Lawrence (Massachusetts), en 1912, à qui il servit de slogan pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail. Mis en musique et traduit dans de nombreuses langues, il reste encore aujourd’hui un symbole de lutte pour les minorités.

Précisons que la chanson sert de sous-titre au documentaire d’Olivier Azam et Daniel Mermet sorti l’an dernier et librement inspiré, lui aussi, d’Une histoire populaire des Etats-Unis. Entièrement financé par souscription populaire et produit par la coopérative Les Mutins de Pangée, le film reprend également certains éléments traités dans la bd, même s’il s’attarde davantage sur les terribles répressions exercées par le patronat et le gouvernement américain contre la classe populaire. Il permet de découvrir le parcours d’Howard Zinn (historien engagé, pacifiste et militant pour les droits civiques), ainsi qu’une interview filmée quelques années avant sa mort. Un complément indispensable à la lecture de Buhle et Konopacki.    

 

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Une chronique de Lio

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 09:06

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : ARTHUS TRIVIUM. LES ANGES DE NOSTRADAMUS.

 


C'est de qui : Landa & Raule

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Le moins que l’on puisse dire de la nouvelle série de chez Dargaud c’est qu’elle démarre sur les chapeaux de roue. Avec un titre qui fait (volontairement ? J’ose l’espérer !) un clin d’œil aux Charlie’s Angels (les Drôles de Dames en VF), les 3 héros charismatiques d’Arthus Trivium sont les agents de Nostradamus en personne, alors médecin du roi  Charles IX, pour qui ils accomplissent des missions...spéciales!

Le savant et sa famille ont été menacé et ses ouailles sont donc rappelés au bercail. Mais avant ils comptent bien mener à terme leurs enquêtes respectives : les deux hommes de l’équipe, Angelus et Arthus (le héros éponyme donc, pas encore trop mis en avant, gageons que cela ne saurait tarder) traquent un moine pédophile tandis qu’Angélique a fort à faire avec des morts vivants qui semblent en savoir long sur son passé.

Raule se révèle aussi à l’aise avec cette intrigue historico-ésotérique teintée d’aventure fantastique en pleine Renaissance que ce qu’il l’a été sur Jazz Maynard. Mais la vraie découverte de ce premier volet c’est le dessin dynamique impeccable de Landa, semi réaliste mais stylisé, et à la colo bien choisie. Le sujet de la série aidant, ceux qui ont lu la fort bonne série La Licorne de Gabella et Jean, trouveront peut être un air de famille. 

Un tome d’introduction qui ne perd pourtant pas son temps, voir même se lit presque trop vite, mais qui est prometteur.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? THE LAST WITCH HUNTER

 

 

C'est de Qui ? S. Jablonsky

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu par ici ? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quand on regarde la bande annonce de ce dernier chasseur de Sorcières on se demande si c’est un vrai film ou un montage de fan: Casting improbable, effets spéciaux rabâchés, scènes d’action grotesques et, cerise sur le gâteau, un Vin Diesel charismatique comme une porte de réfrigérateur. Bref, qui dit navet en puissance dit B.O calibrée.

Il n’est pas étonnant qu’en quatre années et demi de chroniques musicales nous n’ayons croisé que très peu de  fois Steve Jablonsky. Elève du toujours délicat Zimmer chez Remote Control, responsable de scores de chefs d’œuvre tels que les trois (quatre ? cinq ?) Transformers ou encore la plupart des navrants remakes de films d’horreur culte des années 70/80 (mais genre TOUS : Massacre à la tronçonneuse, Les Griffes de la nuit, Amityville, Vendredi 13…à se demander si le gars n’a pas perdu un pari ?!), il ne brille ni par son talent ni par son originalité.

Ici il cachetonne sévère en balançant des thèmes aussi chargés en testostérone qu’en suspense marteau piqueur ; il torture ses cuivres, tourmente ses cordes, le tout sans aucune imagination ni personnalité. On atteint presque le degré zéro de la B.O de genre avec une partition interchangeable entièrement dédiée à l’efficacité bas du front.

Et pourtant, …pourtant, contre toute attente cette débauche de violence musicale fait un écho prenant au rythme effréné des Anges de Nostradamus, mais, comme dit plus haut, heureusement que l’album se lit vite, en effet, pas sur qu'un auditeur puisse tenir plus d’une vingtaine de minutes avec ce score dans les oreilles.

 

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Une chronique signée Fab

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 17:40

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LEHAIM

 

 

C'est de qui ? Brremaud, Czerny et Rigano

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lus sur B.O BD? Le scénariste oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? De la légende du Golem revue et corrigée aux conséquences des guerres Napoléoniennes en Russie, Fred Brrémeaud, décidément doué en tout, s’est acoquiné avec son beau-frère, spécialiste du sujet, pour raconter et adapter des légendes juives.

Alternant BD pure et courts récits illustrés où humour, émotion et Histoire se partagent la vedette les différentes parties de Lehaim expriment autant la richesse de leurs origines que le talent de conteur de leuurs auteurs.

Aux pinceaux Giovanni Rigano fait des merveilles, dans l’esprit d’un Enrique Fernandez, avec des couleurs pastel de toutes beautés et une mise en page inventive.

Un album enrichissant à bien des points de vue qui mériterait probablement plus de publicité que ce qu’il a dû avoir.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? BAR KOKHBA

 

 

C'est de Qui? J. Zorn

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé par ici? Oui.

 

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si l’on retrouve le génial et touche à tout John Zorn aux manettes de ce projet, seul son batteur a remis le couvert pour ce reprises de la série d’album Masada. Onze musiciens remplacent les trois originels et revisitent, voir dynamitent vingt-cinq morceaux du répertoire de Zorn.

Mélange  de jazz assez free et de mélodies aux influences yiddish prononcées, certaines parties font même quasiment avant-gardiste vu leur réorchestration. Véritable bac à sable pour Zorn, le double album Bar Kokhba est, tout comme l’était Masada mais dans une ouverture d’esprit bien différente, un hommage vibrant aux origines de l’artiste.

Un choix musical peut être surprenant, parfois un peu décalé mais au final assez approprié pour Lehaim.

 

 

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Une chronique signée Fab

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 12:13

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : SEPT FRERES

 

 

C'est de qui ? Convard & Boivin

 

 

La Couv':

 

 

Déja rencontré chez nous? Non.

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt .

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne quoi ? Sept francs-maçons autrefois impliqués dans la Résistance Française sont mystérieusement convoqués en 1951 par lettre anonyme pour une cession extraordinaire de leur ordre. Cela ravive en chacun d'entre eux de pénibles souvenirs puisque leur groupe a été dissous en 1943 par les nazis après la trahison de l'un d'entre eux.

Cette cession va t-elle enfin révéler le « frère » au cours de douloureux souvenirs pas encore enterrés ?

Didier Convard se sert d'une intrigue policière plutôt simple mais palpitante pour dresser quelques portraits hauts en couleur de sept hommes meurtris à jamais par la Guerre.

Alternant constamment entre deux époques bien distinctes (1943 lors de leur arrestation et 1951 lors de leurs retrouvailles), le lecteur est pris dans une reconstitution méthodique de l'occupation.

Sans l'image imposée et chère au scénariste de dépeindre le milieu franc-maçon de l'époque, le divertissement serait total avec un étonnant Hervé Boivin aux pinceaux dessinant deux mondes englobés avec une rigueur et une précision fort éloignée de ses cauchemars surréalistes de Lili et Winker.

Malgré une intrigue secondaire légère sur un sujet qui ne l'est pas et quelques effets redondants de mise en scène (dont une lourde présentation inhérente malheureusement à cette série), un honnête divertissement dans un contexte tout aussi passionnant que cruel.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ZODIAC

 

 

C'est de Qui ?    D. Shire

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé par ici? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Fait amusant, ayant utilisé les B.O de Conversation Secrète et Tous les Hommes du Président lors de ses séances de montage, Fincher décida de demander à leur auteur, David Shire, d’écrire la musique de sa version du tueur en série.

En compositeur qui aime le challenge, Shire décidé d’utiliser, en relation aux douze signes du zodiaque, douze tons musicaux pour sa grosse demi-heure de score et de les modifier en fonction de l’ambiance des scènes. Il alloue de plus certains instruments aux personnages, histoire de bien dissocier leurs thèmes.

Cocktail gagnant et ambiance musicale intéressante sur un album qui en avait bien besoin.

 

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Une chronique signée Jet et Fab

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 17:01

 

 

Retrouvez en fin de chronique l'interview "Musique et BD" de la dessinatrice Mayalen Goust

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : KAMARADES 2. TUEZ LES TOUS.

 

 

C'est de qui ? Goust, Abtey et Dusséaux.

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lus chez nous? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Rue De Sèvres.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Vous vous souvenez peut être que le premier tome m’avait emballé au printemps dernier. C’est donc avec impatience que j’ai ouvert cette seconde partie, surtout vu le cliffhanger sur lequel nous étions restés.

Et du coup, je dois vous avouer que j’ai été un peu pris de court par la direction prise par le scénario qui décide de favoriser la petite histoire (d’amour) par rapport à la Grande, tout en exploitant l’hypothèse (peu probable même si défendue par ailleurs) sur la destinée de la famille Romanov  et leur extraction par les « services secrets » allemands et anglais vers Berlin.

Cette surprise passée, il faut reconnaitre sue le trio d’auteurs, Mayalen Goust et son trait si particulier en tête, s’en sort toujours aussi bien, ménageant son suspense et ses scènes chocs avec métier. Le troisième et dernier tome dira si ce triptyque reste dans la catégorie des bonnes séries ou passe dans celles qui feront date !

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? OCTOBRE

 

 

C'est de Qui? E. Meisel

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD? Oui, une ou deux fois.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après leur collaboration fructueuse sur le Cuirassé Potemkine, Eisenstein désire retenter l’expérience de travailler avec Meisel et demande à ce qu’Octobre, film de commande du parti pour fêter les dix ans de la révolution…d’Octobre, oui tout à fait, merci,  soit mis en musique par lui.

Petit soucis, les moyens alloués à la musique des cinémas de l’époque (rappelons que nous sommes encore à l’ère du cinéma muet) sont relativement modestes, une petite vingtaine de musiciens au mieux, et la partition en prévoit plus d’une cinquantaine. On se doute que le résultat ne sera pas forcement concluant lors des premières projections. De plus, Meisel n’a pas hésité à innover et expérimenter dans son écriture, utilisant des bruitages divers.

Ajoutez à ce fait que le film n’ait pas particulièrement plu aux commanditaires du fait de son coté trop artistique, pas assez accessible au grand public et vous obtenez l’abandon pur et simple de l’œuvre de Meisel au profit d’une symphonie de Chostakovitch plus adaptée à l’esprit voulu par le parti.

Presque un siècle après avoir été écrite elle sera néanmoins reconstituée et jouée lors d’une rétrospective.

 

 

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Bonjour Mayalen et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

Commençons par un classique :

 

Tes Cinq Cd de chevet ?

 

 

Tricky - BlowBack

The Cure - Disintegration

Noir Désir - Veuillez rendre l’âme

PJ Harvey - To bring you my love

Serge Gainsbourg - tout !

 

 

 

 

Et tes Albums de Bd ?

 

 

Cyril Pedrosa - Trois Ombres

Manu Larcenet - Le combat ordinaire

Bilal - La trilogie Nikopol

Frederic Peeters - Lupus

Benjamin Flao - Kililana Song

 

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

 

Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

« La Grande Bellezza » de Paolo Sorrentino. Au-delà du film qui est absolument splendide, (tant au niveau photographique que du récit), la musique, mélange de symphonies, chœurs de femmes et musique beaucoup plus moderne, l’accompagne parfaitement.

 

 

 

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 

 

Les mêmes que ceux cités plus haut et en particulier Bilal, mais aussi, plus jeune Franquin. 

J’aime un peu tout et surtout l’émotion que cela produit.

 

 

 

Ton travail :

 

Ecoutes tu de la musique quand tu écris/dessine, et plutôt quoi ?

 

 

J’écoute très souvent de la musique en travaillant, voir tout le temps. Cela m’aide à trouver l’inspiration quand je sèche un peu…j’aime trouver une cohérence entre mon dessin et ce que j’écoute.

 

 

 

Ce sur quoi tu travailles actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sûr) ?

 

Je travaille sur le tome 3 de Kamarades. J’en suis à la phase des crayonnés, donc au tout début de ce dernier tome qui va être tout aussi surprenant et riche en rebondissements que les autres !

 

 

 

Et si…

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

J’aurai aimé être Erik Satie…jouer du Piano dans une ambiance à la Toulouse-Lautrec !

 

 

 

 

 

Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

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Une chronique et une interview de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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