8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 13:36

 

 

C'est Mercredi, chronique d'un album multi-générationnel  original:

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : L’ECUREUIL. UN DEMON SUR LES TOITS

 


C'est de qui : Miallet, Grolleau, Bonelli-Cresta

 

 

La Couv':

Une Charmante Bestiole  /  L'Ecureuil  Vs.  Les Enfants du Paradis

Déjà croisés chez nous Pas tous.

 

 

C’est édité chez qui ? Sarbacane.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Drôle de créature qui se balade sur les toits de la Capitale, en cet été de 1870 alors que la France et la Prusse viennent d’entrer en guerre. Chapardeur de bijou, admirant une jolie jeune femme captive d’un appartement sous les toits, notre écureuil vit sous la menace des malandrins d’un baron du crime qui ne supporte plus de le voir sur son territoire. La rencontre avec Victor Hugo va être déterminante pour notre inhabituel héros alors que les obus pleuvent sur Paris.

 

Cette fiction historique, destinée autant aux ados qu’aux adultes, fait preuve d’une belle originalité, naviguant sans cesse entre humour et drame, conjuguant des ambiances rappelant celles des Enfants du Paradis ou d’Arsène Lupin.

 

Le style graphique, lui aussi typé jeunesse est peut être la partie qui m’a le moins emballé, parfois un peu hésitante, très colorée mais, certes, originale.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LES ENFANTS DU PARADIS

 

 

C'est de Qui ? M. Thiriet et J. Kosma

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD ? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les Enfants du Paradis de Carné est considéré, à juste titre, comme l’un des chefs d’œuvre du cinéma Français. Tout, de son scénario à sa photo, en passant par son interprétation, concourt à cette réussite, et, bien entendu, sa musique n’est pas en reste.

 

Elle a été composée à quatre mains par Thiriet et Kosma, qui à l’époque du tournage (1945), écrivait sous le pseudonyme de Georges Mouqué en raison de ses origines. Si longtemps c’est Kosma qui a été seul évoqué concernant cette bande originale, il faut savoir qu’il est en fait l’auteur du ballet, Baptiste, entendu dans le film (et adapté d’une de ses précédentes œuvres) mais que c’est bel et bien Maurice Thiriet qui s’est chargé du reste de la partition. Tout comme sur Les Visiteurs du Soir, leur précédente collaboration, si l’inventivité et l’originalité sont les domaines de Kosma, Thiriet a quand même fait l’essentiel du travail en arrangeant et orchestrant les indications et autres bribes de composition de Kosma.

 

Des génériques des deux époques au thème de Lacenaire (ainsi qu’une poignée de chansons), Thiriet, en suivant l’esprit du ballet de Kosma, livre une musique  grandiose, véritable pont entre le classique et le figuratif cinématographique sur laquelle planent les ombres de Kurt Weil ou de Bertolt Brecht.

 

 

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Une chronique de Fab

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 17:34

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : HAWKWOOD

 

 

C'est de qui ? T. Ohtsuka

 

 

La Couv':

 

 

A boire et à Manga  /  Hawkwood  Vs.  Sword of the valiant

Déjà lus chez nous ? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Doki-Doki

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Vous vous souvenez peut être qu’il y a une quinzaine de jours nous avons chroniqué un album destiné à la jeunesse sur la Guerre de Cent Ans (édité chez Bamboo), nous revenons sur le conflit aujourd’hui via un medium inattendu puisque c’est une évocation de la vie de John Hawkwood, mercenaire et stratège célèbre qui, durant le conflit qui opposa la France et l’Angleterre passa d’une faction à l’autre sous différentes bannières mais toujours avec des résultats probants.

Dans le premier volet de cette série qui en comptera huit au total, Hawkwood et ses « Corbeaux Blancs » sont embauchés par les troupes françaises, assiégées à Carentan par les soldats d’Edouard à qui il va donner bien du fil à retordre avant de les rejoindre, dés le second, pour le siège de Caen.

 

 

Ohtsuka s’est amplement renseigné sur son sujet et cela se sent notamment via l’intervention de nombreuses figures historiques qui ont pris part au conflit, ou au détail apporté à la reconstitution historique. Les batailles sont épiques et le rythme narratif est soutenu.

Après, petit bémol perso, le style graphique est tout de même bien plus axé « manga » (comprendre « possède les caractéristiques que l’on croise habituellement dans le manga ») que sur d’autres séries « orientales historiques » (Cesare, La Princesse Vagabonde ou encore Ad Astra pour ne citer que ceux qu’on a  chroniqué sur B.O BD), mais sans que ce soit vraiment gênant à moins d’être allergique au genre.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SWORD OF THE VALIANT

 

 

C'est de Qui ?   Ron Geesin

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu par ici ? Pas sur.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Des libertés prises avec la légende arthurienne dont il est supposé s’inspirer au look hautement ridicule de Sean Connery, on pourrait presque plus classer ce Sword of the Valiant dans la catégorie du Holly Grail de Monthy Python que de l’Excalibur de Boorman.

 

Responsable d’une petite poignée de B.O au début des années 70, période où il collabore notamment avec les Pink Floyd et expérimente dans pas mal de domaines musicaux, le compositeur et multi instrumentiste Ron Geesin revient fugacement au grand écran en 84 et 85 pour deux autres obscures productions dont ce film de chevalier. Contre toute attente ses compositions pour Sword Of The Valiant restent relativement écoutable, compte tenu du parcours du bonhomme et de l’époque du film, et même assez classique.

 

De facture plus qu’honorable, l’orchestration sait faire la part belle à l’épique et au suspense bon ton sans verser dans la surenchère. Pour une évocation d’un conflit européen par un artiste japonais, nous n’étions plus à un décalage prêt et le résultat est assez sympathique. 

 

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Une chronique de Fab

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 14:18

 

 

 

 

LA BD

 

 

C’est quoi ? O VOUS FRERES HUMAINS

 

 

C’est de qui ? Luz adapte Cohen

 

 

La couv’ :

 

 

Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères.  /  O Vous Frêres Humains  Vs.  La Jeune Fille et la Mort

 

 

Déja croisés par ici? Non.

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne quoi ? Marseille 1905, le jour de son dixième anniversaire, alors qu’il se rend à l’école, le petit Albert s’approche d’un vendeur de rues qu’entoure une foule de badauds. Désireux d’offrir à sa mère l’un des produits que vend le camelot, le garçon l’accoste et s’entend répondre une tirade antisémite fleuve qui le laisse sans voix. Il s’enfuit alors de par les rues, dévasté par cette découverte de la haine.

 

Luz, qui, de haine, a eu son lot ces derniers mois, adapte ici d’une manière aussi inattendue que magistrale le roman autobiographique de Cohen. S’affranchissant des codes habituels du medium, il fait preuve d’une belle inventivité narrative qui retranscris avec force le propos du texte, exprimant le désarroi et l’incompréhension de l’enfant via des dessins  où l’ombre d’un Sempé plane parfois, mais un Sempé grave, tragique et au service d’un message universel et pourtant toujours prêché dans le désert (la citation du titre de cette chronique est de Voltaire, c'est dire si c'est pas neuf!)

 

 

 

Une seconde jeunesse pour ce poignant témoignage que le dessinateur a fort bien su s’approprier.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 C'est Quoi ? DEATH AND THE MAIDEN

 

 

 C'est de Qui ? W. Kilar

 

 

 La couv' :

 

 

Déjà entendu sur B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne quoi ? Pour sa première collaboration avec Polanski, Kilar est face à une tâche compliquée : compléter une bande son composée de pièces classiques connues et importantes dans l’intrigue sans les concurrencer à l’écran. L’artiste polonais s’en sort avec les honneurs, écrivant des thèmes discrets mais très efficaces qui véhiculent tout le désarroi du personnage principal mais également sa détermination morbide. La lente et inexorable montée en tension du suspense est palpable au travers de l’orchestration de Kilar, rappelant par moments furtifs ses travaux précédents, que ce soit dans le domaine classique ou pour le Dracula de Coppola.

 

L’exercice conviendra semble-t-il à Polanski puisque il confiera la même gageure à Kilar pour le Pianiste, dont le score sera récompensé d’un César.

 

Une B.O subtile voire subreptice qui captive l’auditeur et qui exacerbe le coté dramatique et inexorable d’ O Vous Frères Humains.

 

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Une Chronique de Fab

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 11:23

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : STUPOR MUNDI

 


C'est de qui : Nejib

 

 

La Couv':

 

 

O Stupeur!  /  Stupor Mundi  Vs.

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard BD

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quand la science se met au service de la royauté pour embobiner la religion, le résultat peut faire mal.

 

Dans le sud de l’Italie, au XIII° siècle, un savant arabe, sa jeune fille handicapée et un étrange serviteur masqué en fuite se voient offrir l’hospitalité par Frederic II.

 

L’empereur qui n’est pas surnommé Stupor Mundi pour rien, désire revenir dans les bonnes grâces de la papauté. L’invention d’Hannibal, notre scientifique, l’intéresse donc au plus haut point puisque son prototype de Camera Obscura va lui permettre de fabriquer un faux-suaire.

Entre Houdê, sa progéniture récalcitrante qui cherche à retrouver la mémoire sur les évènements qui ont précipité leur départ de Bagdad, un prêtre bibliothécaire peu coopératif, et les réticences qui l’entourent de toutes part, Hannibal va voir sa tâche devenir bien ardue.

 

 

Changement total de registre pour Néjib qui, après son évocation de la jeunesse de David Bowie (Haddon Hall, déjà chez Gallimard), a imaginé, à partir d’éléments historiques existants et de diverses expériences personnelles, un conte surprenant qui se dévore malgré ses presque 300 pages où réalité et fiction se mêlent avec bonheur, le tout dans un style graphique très expressif  qui n’est pas sans faire penser à celui d’un David B. par exemple.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ANDREI RUBLEV

 

 

C'est de Qui ? Vyacheslav Ovchinnikov

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu dans le coin?  Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Compositeur soviétique surtout versé dans le classique, Ovchinnikov a néanmoins à son actif une bonne douzaine de musiques de films, dont les deux premiers longs-métrages de son compatriote  Tarkovski. Andrei Rublev raconte l’histoire d’un moine peintre d’icônes déchiré entre sa passion pour son art et sa dévotion. Tourné au milieu des années 60, le film tombera sous la coupe de la censure du Parti qui n’hésitera pas à le faire remonter, et même à l’interdire de diffusion en URSS pendant plus de 5 ans.

 

La musique, toute aussi marquante que les images qu’elle accompagne, est originale à plus d’un titre. Très éloignées des principes d’illustration filmique de l’époque (et pas qu’en URSS), les compositions d’Ovchinnikov opposent des instruments utilisés à contre-emploi (les cordes jouent très bas, les vents font de timides mais marquantes apparitions) à des choses bien moins reconnaissables, le tout en faisant des incursions dans la musique sérielle ou dans un minimalisme avant l’heure via des motifs répétitifs.

 

Le musicien s’est inspiré du caractère jusqu’au-boutiste du scénario pour laisser libre cours à son imagination faisant de la B.O d’Andrei Rublev une chose envoutante et indispensable. Si parfois un brin austère avec Stupor Mundi elle n’en reste pas moins fort souvent délectable.

 

 

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Une chronique par Fab

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 07:42

 

 

Allez, c'est mercredi, on présente une BD Jeunesse qui, en plus d'être fun, a le mérite d'être fort instructive sans être rébarbative!

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LA GUERRE DE 100 ANS

 


C'est de qui : Cazenove, Richez & Peral

 

 

La Couv':

 

 

Voyage dans le temps  /  La Guerre de 100 Ans  Vs.  Les Visiteurs

 

Déjà lu sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Bamboo

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Je l’ai déjà écrit dans ces pages, la BD peut être un très bon outil d'apprentissage. Fort de son expérience dans les domaines de la BD jeunesse et/ou humour, tous âges confondus, Christophe Cazenove s’attèle, en compagnie d’Hervé Richez avec qui il a déjà travaillé chez Bamboo, à raconter le conflit qui opposa la France à L’Angleterre de 1337 à 1453, connu sous l’appellation : Guerre de Cent Ans.

 

En procédant par planches auto-conclusives (procédé assez classique dans le style) les deux scénaristes abordent personnages célèbres, événements clés et autres batailles importantes avec humour mais tout en restant le plus proche possible de la réalité historique (en fin d’ouvrage un cahier historique complète d’ailleurs bien les infos distillées dans les pages de BD). Le trait de Péral, inspiré par les grands classique franco-belge axés jeunesse, finit de faire de cet album une bd aussi informative que divertissante que ma fille a d’ailleurs beaucoup apprécié (même si j’ai du « censuré » un peu certains passages, celui sur Gilles de Rais par exemple !)

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LES VISITEURS

 

 

C'est de Qui ? E. Levi

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que le troisième (quatrième ?) volet vient de sortir dans les salles, enterrant sans les honneurs une franchise pourtant plébiscitée en son temps par le public (oui bon après, le public hein…), ressortons donc la B.O des Visiteurs, premier du nom, carton commercial s’il en est.

 

Eclectique est ici le mot d’ordre ; panorama à la vitesse grand V de tout un pan du classique français, sorte de compil « Le classique pour les Nuls » et ficelles imparables du cinéma de genre, le travail de Lévi (et des trois autres compositeurs et arrangeurs qui ont également bossé sur la B.O) est assez impressionnant il faut l’avouer. Ne vous attendez pas à une illustration musicale comique du scénario (même si la bonne humeur est parfois de mise) mais au contraire à un florilège aussi varié que bien conçu, l’ensemble ne sonnant jamais comme un collage de thèmes facile mais plutôt comme une bande originale de film en costume relativement originale et dont le seul défaut est probablement l’utilisation trop systématique d’instruments électroniques en lieu et place de vrais.

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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