29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 15:48

 

Suite de notre cycle thématique du week-end; après les horreurs de la Guerre au Japon, voici un album qui évoque le drame de la vie sous l'occupation durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : COLLABORATION HORIZONTALE

 


C'est de qui : Carole Maurel & Navie

 

 

La Couv':

 

Guerre et BD  /  Collaboration Horizontale  Vs.  Kings Go Forth

 

Déjà croisé sur le site? Oui pour la dessinatrice.

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Une planche:

 

Guerre et BD  /  Collaboration Horizontale  Vs.  Kings Go Forth

 

Ca donne Quoi ? Je vais probablement faire grincer des dents dans les chaumières mais je serais parfois tenté de reprendre l'affirmation de Lalo Schifrin qui disait que 70% de la réussite d'un film est dû à sa musique, et à l'appliquer à la partie dessin dans la BD.


Certes ce serait un peu extrême mais je reste persuadé que tout fan intégral du médium comme moi ne serait pas loin du 50% voire 60% même en faveur des graphismes.


Forcément en attaquant ma chronique sur ce laïus vous pourriez penser, et je ne vous jetterais pas la pierre, que l'album du jour se résume à cette proportion. Il n'en n'est rien. Son scénario est même, c'est une évidence, à l’ origine de l'inspiration de la dessinatrice; c'est une histoire de femmes, une histoire d'amour, un récit fictif certes mais nourri d'éléments historiques.

 

En pleine Seconde Guerre Mondiale, dans un immeuble parisien, véritable microcosme de la société d’alors, avec ses sympathisants silencieux limite collabos, ses résistants de l’ombre qui luttent contre l’envahisseur et ces messieurs et mesdames tout le monde qui tente de continuer à vivre, Rose jeune femme dont le mari est au front et qui vit avec son fils, va commettre l’irréparable, tomber amoureuse d’une bel officier allemand.

 

Guerre et BD  /  Collaboration Horizontale  Vs.  Kings Go Forth

 

Une alliance rare du fond et de la forme font de ce drame historique une très belle réflexion tout en pudeur (et ce malgré son titre finalement assez cru) sur l’amour, la différence, le prix à payer pour assumer ses fautes. Certes on verse parfois dans le mélo et quelques lieux communs, mais la partie graphique finit d’emporter l’adhésion.

 

Après l ‘Apocalypse selon Magda l’an passé, Carole Maurel livre en effet une copie sans fautes, avec une narration graphique inspirée et innovante, toute en nuances, véritable plus value de Collaboration Horizontale.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

C'est Quoi ? KINGS GO FORTH

 

 

C'est de Qui ? E. Bernstein

 

 

La couv'

 

Guerre et BD  /  Collaboration Horizontale  Vs.  Kings Go Forth

 

Déjà entendu sur B.O BD? Pas mal ouais.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Au milieu d’une année chargée en B.O variée, Bernstein écrit une de ses partition les plus aboutie pour ce film de guerre qui, comme l’album BD du jour, se déroule durant les dernières heures de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Si l’on passe le thème d’ouverture, un brin trop martial pour nous intéresser, l’éventail que propose le score de kings Go Forth est aussi riche que vaste. Du suspense, de la romance, des bon sentiments, de la musique illustrative où les groupes d’instruments jouent en solo ; on a même une poignée de pistes jazzy très agréables.

 

Le Bernstein des débuts, déjà touche à tout mais encore plein de fraicheur et pas encore roué aux ficelles du métier, ça ce ne se refuse pas, surtout quand c’est pour écouter avec un album original que celui chroniqué ci- dessus.

 

 

 

---------------------------

 

 

Une chronique de Fab

Repost0
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 18:23

 

 

Trois oeuvres aux antipodes dont le fil rouge est la guerre pour un week-end thématique  pas comme les autres, initiée par Gen.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : MARUTA 454

 

 

C'est de qui ? Paul-Yanic Laquerre (Scénario), Pastor (Dessins & couleurs) - Song Yang (Direction artistique)

 

 

La Couv':

 

Guerre et BD  /  Maruta 454  Vs.  Furyo

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

Guerre et BD  /  Maruta 454  Vs.  Furyo

 

Ca donne Quoi ? Si les expériences faites sur les prisonniers par les médecins nazis dans les camps de concentration ont été dévoilées par les récits de survivants et des documents retrouvés dans les camps, celles réalisées par les scientifiques japonais sur des prisonniers chinois ou coréens sont encore niées par le Japon et peu connues en Occident.

 

Cet album, paru en 2010 chez Xiao Pan (éditeur disparu depuis), raconte la rafle des hommes valides d'un village chinois. Les villageois croient d'abord à une période de travail forcé mais découvrent rapidement qu'ils ne sont que des cobayes (maruta = cobaye) utilisés pour des expériences dont l'issue ne peut être que la mort : prélèvement quotidien de sang, résistance aux gaz nocifs ou au froid ou aux chocs électriques… Tout cela étant réalisé sous la surveillance de médecins militaires qui ne seront pas inquiétés après la guerre pour la plupart.

 

Le maruta 454 s'appelait Wang Ziyang et était potier. Il a réussi à s'échapper avec 11 compagnons et a rejoint, contraint et forcé, la résistance à l'envahisseur japonais dans l'armée de la Troisième Route. C'est grâce à son témoignage et celui d'autres évadés que Paul-Yanic Laquerre, historien canadien, a écrit le scénario et un intéressant dossier historique en fin d'album.

 

Guerre et BD  /  Maruta 454  Vs.  Furyo

 

Grâce aux dessins de Pastor dans des tonalités sombres et nocturnes, ce récit terrible est devenu une aventure humaine douloureuse et violente mais sans images excessivement choquantes.

 

Un album qui est aussi un cri contre les horreurs que la guerre entraîne dans son sillage.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? FURYO

 

 

C'est de Qui Ryūichi Sakamoto

 

 

La couv'

 

Guerre et BD  /  Maruta 454  Vs.  Furyo

 

Déjà entendu chez nous?  oui.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? À la sortie du film (1983), ce morceau avait envahi les ondes. Ce mélange de musique électronique, orchestre classique, instruments japonais était nouveau pour beaucoup d'oreilles occidentales. La douceur de cet air contrastait totalement avec le contexte du film : un camp de prisonniers où sont entassés des soldats des armées du Commonwealth (furyo = prisonnier de guerre). Elle contraste aussi avec la violence des rapports humains entre geôliers et prisonniers.

 

Il y avait 2 musiciens/comédiens dans ce film : David Bowie et Ryūichi Sakamoto. David Bowie n'a pas voulu écrire la musique du film pour y être seulement comédien. Et c'est donc Ryūichi Sakamoto qui a composé tous les morceaux de la BO. Il y a gagné une récompense du BAFTA (British Academy of Film and Television Arts).

 

Une musique qui accompagnera en douceur la découverte de l'album pour beaucoup de lecteurs.

 

 

-----------------------

 

 

Une chronique de Gen 

Repost0
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 16:13

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : JAMAIS JE N’AURAIS 20 ANS.

 


C'est de qui : Jaime Martin

 

 

La Couv':

 

Vivre Libre...ou juste vivre  /   Jamais je n'aurais Vingt Ans  Vs. Hart's War

 

Déjà lus sur B.O BD ? Non.

 

 

C’est édité par ? Dupuis

 

 

Une planche:

Vivre Libre...ou juste vivre  /   Jamais je n'aurais Vingt Ans  Vs. Hart's War

 

Ca donne quoi? Isabel est une  jeune et jolie espagnole qui, au début de cette année 1936, compte bien s'émanciper de la condition des femmes dans son pays en travaillant plutôt que de rester au foyer. Elle commence à fréquenter un groupe de jeunes anarchistes libertaires mais bientôt, un coup d'étât renverse le fragile pouvoir en place et la milice élimine tous les opposants au nouveau régime.

 

Menacée elle doit fuir et se cacher. Elle rencontre Jaime,  boxeur enrôlé dans la résistance qui, lui aussi, va voir ses illusions balayées par la force armée dominante.

 

La Guerre d'Espagne, si elle a déjà eu les honneurs de la BD, reste assez peu évoquée comparativement à d'autres sombres périodes historiques. Avec Jamais je n'aurais 20 ans, Jaime Martin évoque la destinée de ses grands parents, jeunes gens idéalistes et révoltés, écrasés par la machine fasciste, privés de jeunesse et forcés, une fois la tyrannie de Franco instaurée, d'avoir recours à mille et une combines afin de subsister, d'élever leurs enfants, tout en restant sous le radar, en faisant profil bas afin de ne pas éveiller jalousies, trahisons et dénonciations.

 

Un album riche et dense, véritable et poignant témoignage d'une époque tragique et auquel le graphisme  doux, rond, presque cartoony de l'auteur (seul aux manettes), apporte un réel décalage sans pour autant nuire à la force d'évocation du récit.

 

Une réussite de plus dans la collection Aire Libre chez Dupuis.

 

 

 

 

LA MUSIQUE   

 

 

 

C'est Quoi ? HART'S WAR

 

 

C'est de Qui ? Rachel Portman

 

 

La couv'

Vivre Libre...ou juste vivre  /   Jamais je n'aurais Vingt Ans  Vs. Hart's War

 

Déjà entendu sur B.O BD?  Pas mal oui.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Drôle d'idée, pourtant souvent rencontrée, de faire appel à un compositeur plutôt connu pour l'aspect romantique de ses oeuvres pour mettre en musique un film de guerre.

 

Si on ajoute au fait qu'à l'époque Rachel Portman n'avait jamais composé pour un orchestre aussi important que celui alloué à la B.O de Hart's War, on reste dubitatif quant aux choix de la prod'. Néanmoins, et si elle a du mal parfois à sonner vraiment héroïco-épique, l'artiste de par entre autre l'utilisation d'une trompette pour son thème principal, arrive à tirer son épingle du jeu et livre un travail lyrique et fort abouti.

 

On regrettera la nature assez passe-partout de certaines pistes (avec le piano -que Portman affectionne particulièrement- qui revient sur le devant de la scène) qui auraient pu aussi bien accompagner une comédie dramatique historique mais qui s'avèrent très à propos avec toute la seconde partie de Jamais je n'aurais 20 ans qui se focalise sur la vie de la famille de nos héros sous le régime franquiste.

 

 

--------------------------

 

 

Une chronique de Fab

Repost0
13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 12:49

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LA DECONFITURE. 1

 


C'est de qui : Rabaté

 

 

La Couv':

La Petite Vadrouille  /  La Déconfiture  Vs.  Concerto Per Archi

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez ? Futuropolis

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si l’on excepte Crève Saucisse, récréation agréable dont il n’assurait que la partie scénario, je n’avais plus croisé Rabaté depuis l’excellent Ibicus . C’est donc avec un grand plaisir que je l’ai retrouvé sur ce récit à l’humour noir doux-amer qui nous fait suivre un soldat en juin 40, séparé de son unité, et qui va se retrouver confronté à l’exode massif des français, alors que l’ennemi envahit inexorablement le pays.

 

Au tragique de la situation Rabaté oppose un cynisme à base de dialogues ciselés qui ne sont pas sans faire parfois penser à du Céline ou du Audiard, de rencontres parfois ubuesques, de situations saugrenues et j’en passe.

 

Le tout est dessiné dans un noir et blanc soigné, nous sommes certes loin du style proche de la peinture d’Ibicus, mais nous n’avons rien perdu en force expressive que ce soit sur l’expression des visages, devenue plus réaliste,  le travail sur les matières et les ombres portées ou encore les grands espaces vides bien placés. Bref, des retrouvailles qui font bien plaisir !

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? CONCERTO PER ARCHI

 

 

C'est de Qui ? N. Rota

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé dans le coin?  Oui

 

 

On peut écouter? En live même !

 

 

Ca donne Quoi ? Parallèlement à une carrière cinématographique florissante, aux réalisations prestigieuses, Nino Rota a composé une quantité non négligeable d’œuvres classiques, dont une douzaine de concertos.

 

Cette pièce pour cordes, écrite entre 1964 et 1965, si elle a toute les caractéristiques d’une œuvre orchestrale, n’en reste pas moins très évocative et certains passages, comme le second mouvement, Scherzo, Allegretto comodo, ne sont évidement pas sans faire penser à des passages de B.O du maestro, même si on est plus proche de la nostalgie de Rocco et ses frères que de l’exubérance d’un 8 ½ .

 

Rota joue sur les changements de rythmiques et d’atmosphères, n’hésite pas à créer une certaine ambigüité par l’utilisation des chromatismes tout au long du morceau, et le fait que l’ensemble ne soit joué que par des cordes rend la chose d’autant plus intéressante d’un point de vue mélodique et harmonique.

 

 

 

------------------------

 

 

 

Une chronique de Fab

Repost0
26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 10:17

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LE RAPPORT DE BRODECK. L’INDICIBLE

 


C'est de qui : M. Larcenet

 

 

La Couv':

Tragédie sous tous Rapports  /  Le Rapport de Brodeck  Vs.  Ypres

Déjà croisé sur B.O BD? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans ce second tome de l'adaptation du roman éponyme de Phillipe Claudel, en parallèle de la double rédaction du rapport sur la mort de l'étranger, on en apprend un peu plus sur ce qui est arrivé à Brodeck (la délation des villageois, le calvaire qui a causé le trauma de son épouse, ...), le drame qu'il est chargé bien malgré lui de relater faisant ressortir ses vieux démons. Via son récit et son enquête on découvre également la nature de la victime et les événements qui ont mené à la tragédie.


La force du récit de Claudel permet à Larcenet de livrer ce qui est probablement son œuvre la plus aboutie à ce jour autant sur le fond que la forme (bien plus que Blast à mon avis).


Que ce soit dans les trognes de ses villageois ou les faciès monstrueux des soldats, dans les inserts quasi naturalistes où les paysages très inspirés par Breccia, via une alternance des techniques, il donne à un texte déjà fort une nouvelle dimension.
On s'enfonce avec cette conclusion encore un peu plus, si c'était possible, dans une noirceur dont ni les protagonistes ni le lecteur ne ressortiront indemnes.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? YPRES

 

 

C'est de Qui ?  Tindersticks

 

 

La couv' 

 

 

Déjà rencontré chez nous ? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Les Tindersticks ne sont pas ce qu’on pourrait appeler un groupe de joyeux lurons, que ce soit leur discographie studio ou les quelques B.O qu’ils ont produit pour Claire Denis, l’ambiance n’est que rarement au beau fixe.

 

Avec ses nappes instrumentales que ce soit à tendance jazzy ou orchestrales, leur musique est souvent perçue comme très cinématique, Dickon Hinchliffe, leur multi-instrumentiste, quittera d’ailleurs le groupe et se spécialisera dans la musique de film (on l’a écouté une paire de fois chez nous).

 

Cela étant avec l’album qu’ils composent  pour l’exposition permanente belge sur la bataille d’Ypres, le groupe passe clairement un cap. Foin d’instrumentation organique ici, d’instruments traditionnels, de batterie et, of course, de voix. Tout est froid et atmosphérique au possible, le paysage sonore des pistes évoque une sorte de symphonie électro hors du temps, souvent déprimante voire conceptuelle et jusqu’au-boutiste qui usera plus d’un auditeur à l’écoute seule.

 

Sur cette suite et fin du Rapport de Brodeck, c’est la déprime totale assurée en fin de lecture/écoute.

 

 

--------------------------

 

 

Une chronique de Fab

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags