15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 10:39

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LA BALLADE DU SOLDAT ODAWAA

 

 

C'est de qui ? Apikian & Rossi

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Rossi

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Le soldat Odawaa est une légende au sein de l’armée française en cette année 1915 où les grandes puissances s’enlisent dans un conflit meurtrier. Originaire d’une tribu indienne du Canada, il a débarqué avec quelques-uns de ses pairs au sein d’une troupe canadienne dépêchée sur place. Utilisant les techniques furtives de chasse de ses ancêtres, Odawaa est une plaie mortelle pour l’ennemi.

 

Quand une bande de maraudeurs allemands est signalée à l’État-major français, ce dernier demande au chef de l’escouade canadienne d’envoyer son prodige régler le problème.

 

On le sait peu mais, autant que ça puisse paraître étonnant, des amérindiens ont bel et bien été enrôlés dans les armées U.S et Canadienne et se sont retrouvés sur les fronts d’Europe lors des deux confite mondiaux du siècle dernier.

 

En apprenant ce fait, Cédric Apikian, dont le domaine d’activité est principalement le cinéma et la vidéo, a pondu un scénario pour le grand écran mettant en scène des soldats indiens fictifs (inspirés de personnages ayant réellement existés) durant la Première Guerre Mondiale.

 

 

La frilosité, voire l’immobilise du cinéma français n’aidant pas, le film n’a pu se concrétiser et Apikian, fan de BD par ailleurs, a adapté son histoire en cases et en bulles.

Et l’on ne peut que s’en réjouir vu la très bonne teneur de ce généreux one-shot, où scènes découpées au cordeau, séquences cinématographiques en diable et autres références multiples (mention spéciale au clin d’œil à Le Bon la brute et le truand en fin d’album), viennent émailler une histoire tendue et solide.

 

Pour mettre ce western guerrier en image le scénariste a eu l’immense chance de collaborer avec Christian Rossi (pour une première incursion on peut difficilement rêver mieux) qui livre un travail comme toujours impeccable qui, par moments, rappelle son W.E.S.T d’anthologie. Plus roots graphiquement (choix judicieux vu l’ambiance) que son précédent opus, déjà chez Casterman, cette Ballade prouve si ça avait été nécessaire, que le vieux routard n’a rien perdu de ce qui a fait sa réussite.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE SON

 

 

C'est de qui ? N. Barr

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui, une paire de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Nathan Barr s’est fait un nom avec la musique de la série True Blood qui passait en quelques mesures du romantisme gothique à l’épouvante tendue. Sur The Americans, il a prouvé que son talent avait de multiples facettes et que, s’il reste un afficionado de l’underscoring atmosphérique, c’est toujours pour le bien de l’histoire pour laquelle il compose.

 

La B.O de The Son, saga familiale sur un background d’Histoire américaine, ne déroge pas à cette règle, proposant une alternance de pistes dédiées aux ambiances

Parfois quasi contemplatives et des passages bien plus nerveux où l’auditeur est mis à rude épreuve.

 

L’originalité de l’instrumentation de Barr vient de l’utilisation d’instruments rares et inattendus sur ce genre comme une autoharpe et une Nyckelharpe pour le côté « traditionnel » et un piano préparé pour l’aspect décalé/dérangeant de certaines pistes.

 

Ajoutez à cela une bonne dose s de suspense et d’actions où le reste de l’orchestre est mis à contribution avec parcimonie mais efficacité et vous obtenez une B.O originale à la personnalité manifeste qui ne démérite pas avec le one shot ambitieux de Rossi et Apikian.

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

 

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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 19:42

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? SEXION X. CHATTES HURLANTES SUR GROSSENCHTEIN

 

 

C'est de qui ? Mc Cock & Cénou

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tabou

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le dessinateur.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Imaginez un scénar de série B d’exploitation se déroulant durant la seconde Guerre Mondiale avec comme background les aberrations réelles et/ou supposées des nazis (créneau Ô combien propice et – du coup- exploité à ce genre d’extrapolations).

 

Maintenant vous prenez ce scénario et vous le faites tourner à Rob Zombie (qui en rêve depuis quelques années) en lui filant tout un casting de stars du porno prêtes à tout afin de contrer l’invasion massive de vidéos amateurs qui ont –si l’on en croit les dires du milieu- tué le « bizness ».

 

Et bien vous aurez une idée assez précise de ce que peut donner ce premier tome de Sexion X, qui porte bien son titre.

 

On y suit un groupe de soldats partis sauver un capitaine et sa famille à qui une nazie fait subir les pires sévices afin de leur soutirer des informations stratégiques (enfin probablement !).

Le tout chargé de séquences des plus hot à la façon du cinéma de genre (le genre X pour ceux que mes trop longues phrases ont perdu en route).

Ah, oui, j’oubliai,… y a aussi un golem de métal au milieu de tout ça !

 

 

Howard Mc Cock, le scénariste (gageons que c’est un pseudonyme, nos lecteurs anglophones comprendront), ajoute à son histoire aussi foutraque que jubilatoire une bonne dose de second…troisième degré à grands coups de répliques sans équivoques dignes des Elvifrance d’antan.

 

La grosse surprise de l’album m’est venu du nom du dessinateur, qui nous avait habitués à des choses moins…légères…mais qui tire plutôt bien son épingle du jeu avec ce mélange de trait cartoony et de scènes X explicites.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi: THE WEREWOLF VERSUS VAMPIRE WOMAN

 

 

C'est de qui ? A. G Abril

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Je dirais que non.

 

 

On peut écouter ?

Ca donne Quoi ? Tout comme la Hammer n’a eu de cesse de faire disparaître Dracula pour mieux le ressusciter pour les besoins du film suivant (en même temps on ne tue pas une poule aux œufs d’or n’est-ce pas), les studios espagnols au début des années 70 n’étaient pas en reste avec le loup garou maison, Waldemar Daninsky !

 

Le film qui nous intéresse aujourd’hui est le cinquième dans une série d’une douzaine de titres plus rocambolesques les uns que les autres.

Si, vous vous en seriez douté, ses qualités cinématographiques laissent grandement à désirer, son score est étonnamment original.

 

Son auteur Anton Garcia Abril est de formation classique et a une riche carrière dans ce domaine, néanmoins, il faut bien manger, et du coup comme beaucoup de ses comparses il a également travaillé extensivement pour le grand écran.

Sa partition a pas mal surpris les spectateurs de l'époque de par sa bizarrerie et ses expérimentations mais l'auditeur d'aujourd'hui se délectera de cette folie musicale dédiée à l'épouvante cheap, amusant contrepoint du délire bédéphilique du duo derrière Sexxion X!

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:58
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DIVINE VENGENACE

 

 

C'est de qui ? Migoya & Munoz

 

 

La Couv':

 

La vengeance est mienne  /  Divine Vengeance  Vs.  La Morte ha fatto l'uovo

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Le Long Bec

 

 

Une planche:

 

La vengeance est mienne  /  Divine Vengeance  Vs.  La Morte ha fatto l'uovo

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Espagne à l’orée de la Guerre Civile, Angeles, une jeune servante, mortifiée par les penchants qu’elle éprouve pour sa patronne, préfère embrasser la religion et passe au service d’un prêtre. Hélas pour elle, quelque temps après les communistes mettent le pays à feu et à sang ; l’église où elle officie est dévastée et elle est violée par deux agresseurs.

 

Laissée pour morte, éborgnée et mutilée, elle ne va avoir de cesse de se venger. Pour arriver à ses fins elle n’hésite pas à se faire enrôler dans les troupes franquistes qui partent en Russie combattre aux cotés des nazis.

 

Les auteurs espagnols de Divine Vengeance n’ont pas peur de la surenchère avec cette double descente aux enfers dans laquelle leur héroïne malheureuse va vivre de terribles moments sur fond de petite histoire entremêlée à la  grande.

Le scénario a une certaine force, à défaut parfois de cohérence et/ou de clarté narrative et le dessin semi réaliste sait se faire original, même si certains visages ont tendance à se confondre.

 

Un album qui, au cinéma, aurait pu être un film d’exploitation comme les italiens des années 70 en avaient le secret.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LA MORTE A FATTO L’UOVO

 

 

C'est de qui ?  Bruno Maderna

 

 

La Couv':

 

La vengeance est mienne  /  Divine Vengeance  Vs.  La Morte ha fatto l'uovo

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que les sixties laissent place à la décennie qui va voir le giallo connaître une considérable augmentation de sa production, Giulio Questi réalise un film en marge des codes, avec un casting classe (un Jean Louis Trintignant en impuissant psychopathe, une Gina Lolobridgida vieillissante et sévère).

 

Cette Mort a fait l’œuf, au titre déjà bien surréaliste, se pare de surcroît d’une B.O composée par un Bruno Maderna dans l’une de ses rares incursions au cinéma et qui met en pratique toute sa science de la musique électronique et expérimentale.

 

Cordes de violons et de guitares quasi dissonantes allant jusqu’aux limites du free jazz, piano martelé de façon rythmique entêtante, on peut dire que le compositeur transalpin n’a pas cherché à faire comme la plupart de ses contemporains qui singeaient les travaux de Morriconne ou Nicolai.

 

Pas de mélodie, il livre une œuvre dérangeante, qui met à rude épreuve l’oreille de son auditoire quand sortie de son contexte.

 

Cela étant sur l’album du duo espagnol et ses scènes tendues, ce score amplifie jusqu’à l’extrême le malaise glauque.

Une expérience, définitivement !

 

 

 

 

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 09:37
 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  APRES L’ENFER

 

 

C'est de qui ? Meddour & Marie

 

 

La Couv':

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Déjà lu sur le site? Oui mais pas ensemble.

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle.

 

 

Une planche:

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Ca donne Quoi ? Au lendemain de la Guerre de Sécession c’est dans un Sud défait et à l’agonie que Dorothy, qui a vu la propriété de sa famille dévastée et sa mère violée et tuée, va rencontrer Alice, une jeune fille traumatisée et mutique. Leur route va croiser celle de trois soldats confédérés en déroute à la recherche d’un soi-disant trésor. Le point commun de ces personnages est qu’ils sont tous victimes d’un groupe de douze individus aussi néfastes qu’énigmatiques.

 

Fabrice Meddour comme Damien Marie sont des familiers de l’adaptation/détournement de contes, le dessinateur s’est en effet frotté à Blanche Neige tandis que le scénariste avait en son temps proposé un Règlement de Contes où tout un pan des récits traditionnels passait à la moulinette du western.

 

C’est dans ce contexte que l’on retrouve le duo d’auteurs pour cette histoire très sombre sur fond de Guerre de Sécession qui s’achève et où une galerie d’anti-héros tout droit inspirés du Magicien d’Oz et d’Alice au Pays des Merveilles va chercher vengeance, rédemption et/ou richesse dans des décors de désolation.

 

Le scénario ne laisse pour l’instant aucune place à l’espoir, jouant sur la corde sensible du trauma, et le dessin de Meddour rend à merveille cette atmosphère de désolation, que ce soit dans des visages très expressifs ou des décors aux couleurs parfaitement choisies.

 

Une première partie de diptyque diablement efficace et fort originale, vivement la suite et fin.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : THE LAST SUNSET

 

 

C'est de qui ? E. Gold

 

 

La Couv':

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? En marge de choses plus classiques dans le genre, Hollywood, au fur et à mesure de l’évolution des mœurs, a su proposer des westerns moins manichéens et, surtout, y aborder des thématiques plus profondes.

 

Dans ce film de 1961, le réalisateur Robert Aldrich fait se confronter trois légendes du 7° art de l’époque (Kirk Douglas, Rock Hudson, Joseph Cotten) dans une sombre histoire de relation amoureuse incestueuse (non connue jusqu’à la fin de film cela dit) sur fond de règlement de compte. Si la tragédie grecque à la sauce far west marchait sur le papier (le scénario est signé Dalton Trumbo tout de même), le réalisateur semble un peu embêté parfois avec son sujet et livre une œuvre en demi-teinte.

 

Ernest Gould, le compositeur, s’en sort bien mieux ; en effet s’il utilise au départ les codes du score de western encore très en vogue à l’époque, il profite également des cotés plus noirs de l’histoire pour proposer des thèmes plus durs où les cuivres font même parfois penser à un drame historique.

 

Une ambiance empreinte de gravité qui ne va pas mal du tout à ce premier volet d’Après l’Enfer.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 13:39

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE RAPPORT W. INFILTRE A AUSCHWITZ.

 

 

C'est de qui ? G. Nocq

 

 

La Couv':

 

 

Infiltré en enfer  /  Le Rapport W  Vs.  The Leftovers

 

Déjà lu sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Daniel Maghen

 

 

Une planche:

 

 

Infiltré en enfer  /  Le Rapport W  Vs.  The Leftovers

 

Ca donne Quoi ? Automne 1940, sous une fausse identité, Witold Pilecki, agent secret polonais, se fait interner dans le camp de concentration d’Auschwitz afin d’y préparer une insurrection.

 

On retrouve l’auteur de l’étonnant Capitaine Tikhomiroff pour cette glaçante histoire vraie, racontée sans pathos, à la manière d’un récit d’espionnage mais empreint d’une émotion palpable.

 

Le héros décrit avec une précision qui fait froid dans le dos les conditions inhumaines des prisonniers du camp de concentration et ses multiples stratagèmes pour mener à bien sa mission qui, au final, n’aboutira hélas pas mais permettra à Pilecki de ressortir vivant de ce véritable enfer sur terre.

 

Le style graphique de Nocq, tout à la main, avec une subtile alternance d’ambiances à la peinture, impressionne là encore de par la force de sa retranscription picturale.

Un auteur complet décidément aussi à part qu’à suivre !

 

Infiltré en enfer  /  Le Rapport W  Vs.  The Leftovers

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE LEFTOVERS

 

 

C'est de qui ? M. Richter

 

 

La Couv':

 

Infiltré en enfer  /  Le Rapport W  Vs.  The Leftovers

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Comme disait le grand lalo Schifrin la réussite d'un film tient à 70% sur sa B.O.

Les compositions de Max Richter pour le cinéma et les séries télé, amènent de l'eau au moulin de cette affirmation tant le style orchestral du germano-britanique, biberonné autant au classique qu'à l'électro, apporte une vraie valeur ajoutée aux images.

 

Sur The Leftovers il emploie une technique de musique répétitive datant du XVIII° siècle, déclinée à plusieurs reprises tout au long du score avec un effet de leitmotiv enté^tant voire hypnotique.

Richter sait ménager ses respiration et ses silences, est adepte de l'alternance majeur/mineur et du « less is more » toutes ces composantes donnent à The Leftovers une vraie personnalité et une atmosphère aussi oppressante qu'elle peut être mélancolique.

 

La musique a parfois crée un certain décalage avec les pages du Rapport W mais s'est révélée fort intéressante.

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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