19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 13:32
 
 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  J’AI TUE LE SOLEIL

 

 

C'est de qui ? Winshluss

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans un monde dévasté, débarrassé semble t-il du fléau humain, Karl, un survivant arpente les paysages abandonnés, tentant de trouver de quoi se nourrir.

 

Amnésique, il finit par rencontrer d’autres rescapés mais les choses tournent mal. Finalement accueilli dans une sorte de communauté d’illuminés, Karl a soudain un flashback sur le projet dément qu’il avait avant de perdre la mémoire !

 

En choisissant un anti-héros jusqu’au-boutiste dans un univers post apocalyptique aux résonances terriblement d’actualité (oui, même si écrit avant 2020, il est question d’un virus virulent dans cet album) Winshluss se lâche dans les grandes largeurs avec J’ai tué le soleil, récit sans concessions sur l’état du monde et l’humanité, avec, comme à son habitude, une bonne grosse dose d’humour noir.

 

Graphiquement il fait le choix, sur la majeure partie de l’album, d’un noir et blanc expressif aussi agressif que son sujet, venant poser quelques touches de couleur en fonction des flashbacks et des éléments clés de l’histoire.

 

Un album en forme de baffe dans la gueule à prendre au second degré (quoique !)

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :SURVIVOR

 

 

C'est de qui ? I. Eshkeri

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu dans le coin? Ouep

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Prenez deux stars du siècle dernier devenues bien has-been et une poignée de seconds rôles pas mieux lotis. Proposez leur un scénario indigent on ne peut plus lambda de films d’action/thriller à base de tueur à gages et survivante burnée et vous aurez peu ou prou la recette de cette série B hautement dispensable.

 

Néanmoins on retrouve au générique le nom du compositeur britannique Ilan Eshkeri à la carrière en dent de scie, chargée de choses aussi disparates que parfois surréalistes mais qui a le mérite d’avoir pondu quelques scores historiques très recommandables (dont certains entendus chez nous).

 

Ici il se coule dans le moule du genre et de l’esprit (années 90 donc, si, si !) avec une partition à dominante électronique assez marquée, pleine de rythmique métallique chirurgicale et autres sons de drones et de claviers aussi efficaces que datés.

 

On saluera la performance d’avoir su écrire en 2015 une B.O de 1997 et on gardera pour l’occasion l’ambiance tragique et froide de l’ensemble qui ne rend pas l’album de Winshluss plus gai (déjà que !) mais là n’était pas le but !  

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 14:32

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LA CHANSON DE RENART

 

 

C'est de qui ? Sfar

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard

 

 

Déjà lu sur B.O BD? Fort souvent oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Sfar qui adapte le Roman de Renart c’était tellement une évidence que je me demande même pourquoi il ne l’avais pas fait plus tôt. Remarquez y avait bien des prémisses dans son Chat du Rabbin mais tout de même.

Donc voilà, le pas est franchi mais attention nous ne sommes pas la en présence d’une énième relecture du texte fondateur, on connaît Sfar, le bonhomme n’a pas son pareil pour lier le fond et la forme et faire passer ses réflexions (et exorciser ses démons par la même occasion) dans ses bd.

 

Donc si l’on croise bien Isengrin dans cette Chanson (et pas Roman), on a aussi Merlin (l'enchanteur) qui, en présence de son épouse Marie de France, subit les repas de famille relou avec le Diable et la Mort, ses parents, on a une armée de morts vivants à combattre, un jeune élève de magie pas doué amoureux transi, le tout mené par un Renart moins roublard qu’a l’accoutumée (quoique) et en quête d’une réhabilitation tardive.

 

Je mentirais si je disais que j’ai été conquis ; je vais plutôt faire le vieux con en affirmant que Sfar c’était mieux avant (genre au début, il y a fort longtemps), mais je reconnais que ces deux-là, Renart et Sfar, étaient faits pour s’entendre.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :CAPTAIN BLOOD

 

 

C'est de qui ? E. Korngold

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une poignée de fois je dirais.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si c’est Les aventures de Robin des Bois qui a réellement propulsé sa carrière hollywoodienne, Korngold avait déjà colaboré avec Michael Curtiz et Eroll Flynn sur leur précédent film, Captain Blood.

Pour ce récite de piraterie bon enfant et grand spectacle, premier grand rôle de Flynn, le compositeur d’origine autrichienne naturalisé américain (qui fuira l’Europe à l’arrivée des nazis au pouvoir) met les petits plats dans les grands avec une partition tirant pleinement partie de l’orchestre symphonique, pleine d’allant et d’éclats héroïques où cuivres et percussions cherchent à se voler constamment la vedette.

 

Certes tout ceci est fort daté et pourtant on décèle sans peine l’influence manifeste qu’a pu avoir Korngold sur les générations à venir de compositeur, John Williams en tête.

Si au premier abord on peut trouver la B.O de Captain Blood trop grand spectacle pour cette Chanson de Renart, c’est un choix délibéré. Entre les protagonistes hauts en couleur –la Mort et le Diable en t^te !), les armées de cadavre et l’audace du Renart version Sfar ce premier tome méritait rien moins que d

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 13:01

 

Quasiment aussi anciens que remontent les traditions orales, les contes et légendes ont souvent des origines communes. Ainsi il n’est pas rare de retrouver des éléments similaires aux récits, peu importe leur provenance.

 

Cette rentrée nous propose deux albums de contes qui vont ravir les plus jeunes lecteurs – ainsi que leurs parents, croyez-moi sur parole- qui nous viennent de l’est où l’on retrouve nombres de points communs avec les classiques de notre enfance.

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE ROI DES OISEAUX

 

 

C'est de qui ? Alexandre Utkin

 

 

La  Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans Le Roi des Oiseaux une petite souris, ayant refusé de partager une pomme d’or avec son compère l’oiseau, va déclencher une guerre entre les animaux et les oiseaux dont les bêtes  sortiront grandement affaiblies. Le souverain des volatiles sera secouru par un marchand qui, après l’avoir nourri pendant trois longues années, se verra offrir un coffre en or renfermant une maison magique qui lui coûtera cependant son premier né.

 

Vous l’aurez compris, les péripéties en série sont le lot de ce fort bel album inspiré du folklore russe illustré avec un talent rare par Alexandre Utkin dont c’est la première incursion dans le 9° Art. On peut dire que ce coup d’essai est un coup de maître tant sa narration est entraînante, et son coup de crayon - à mi chemin du style jeunesse et de la caricature amusante – aux couleurs chatoyantes, rend ce conte fantastique à plus d’un titre !

 

 

 

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LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE CONTE DU GENEVRIER

 

 

C'est de qui ? N. Tamarit

 

 

La  Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Aventuriers de L’Etrange

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Autre album à destination d’un large public, celui-ci   librement adapté d’un récit des frères Grimm, Le Conte du Genévrier   rappellera clairement Blanche Neige avec cette femme souhaitant avoir un enfant au teint blanc et aux joues rouges qui, une fois son vœu exaucé, va trépasser et laisser son petit garçon aux mains d’une marâtre qui ira jusqu’à s’en débarrasser d’une assez horrible façon, avant de le faire cuire et le donner à manger à son père (oui hein !).

 

Comme souvent dans les histoires de ce genre les thèmes abordés sont multiples et si les enfants apprécieront  le livre pour son coté fantastique et ses multiples rebondissements, les plus grands goûteront l’alliance du fond et de la forme que propose  l’auteure espagnole qui nous avait déjà ravi ici avec son adaptation du jeu du Loup Garou (déjà chez le même éditeur) ou encore le plus récent et très maîtrisé Géante.

 

Son graphisme rond et coloré, lui aussi aux confluents des genres, rend à merveille ici, et vient faire  du Conte du Genévrier une nouvelle pépite dans la collection des Merveilleux Contes de Grimm chez les Aventuriers de l’Etrange.

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : KRIMHILD RACHE

 

 

C'est de qui ? G. Huppertz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Fritz Lang se lance au début des années 20 dans l’adaptation de la légende des Nibelungen avec une envie de grand spectacle qui se sent à chaque séquence de son double film fleuve (4 heures en tout). Quasiment un siècle après sa sortie le long métrage du réalisateur allemand pourrait encore servir d’exemple à pas mal de faiseurs actuels.

 

Pour la musique Le message est clair d’emblée : elle ne doit pas rappeler celle de la version de Wagner, Lang n’en étant pas du tout amateur.

Huppertz, dont c’est la première incursion dans le 7° Art, va livrer une partition épique à souhait qui s’inspire certes de ses prédécesseurs compatriotes mais lorgne aussi sur les travaux des compositeurs russes –Prokoviev en tête-  tout en optant pour une dimension foncièrement descriptive.

 

Il est vrai que la grandeur, pour ne pas dire grandiloquence de certains passages colle bien mieux au Roi des Oiseaux qu’au Conte du Genévrier, la galette durant près de deux heures il y a largement de quoi trouver chaussure au pied du conte de Nuria Tamarit, notamment dans les passages plus dramatiques où les cordes reprennent un peu du poil de la bête après avoir été dominées par les cuivres sur une grande partie des pistes.

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 07:51
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CAPUCIN

 

 

C'est de qui ? F. Dupré Latour

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisée sur le site? Oui, une fois.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Capucin vit une enfance dorée à la cour du roi Arthur jusqu’au jour où Gauvain, son père, se fait trancher le bras par un chevalier effrayant.

Ce dernier est en fait le demi frère du roi qui fomente un coup d’étât afin de s’emparer du royaume. Pour ce faire il enlève des dizaines d’enfants qu’il dresse à devenir de sanglants guerriers. Capucin fait partie du lot mais compte bien profiter de sa situation pour se venger.

 

Pour l’un de ses tout premiers pas dans le monde de la BD franco-belge, Florence Dupré Latour proposait là une histoire plutôt réussie, où l’on sentait déjà l’influence du jeu de rôle (dont elle nous reparlera quelques années plus tard dans le loufoque Cigish).

Empruntant à la littérature jeunesse (le style graphique et les couleurs flashys par exemple), à la chanson de geste et, last but not least, à l’humour noir, Capucin brocarde allègrement le tout que ce soit dans son ton résolument cynique, dans sa vision revigorante du mythe arthurien (il est plus que rare que le roi Arthur soit présenté sous un si mauvais jour qu’ici !) ou encore dans ses excès réjouissants.

 

Une trilogie qui avait fort bien trouvé sa place dans la collection Bayou aux cotés par exemple du Heavy Metal de Sècheresse, du Varulf de Bonneval et Piette, ou encore de Mémoires d’un Guerrier (ouvrages avec lesquels il partage pas mal de thématiques), mais aussi du Klezmer de Sfar et leur cousinage graphique évident.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MONONOKE

 

 

C'est de qui ? J. Hisaishi

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si Princesse Mononoke est un peu la somme des thématiques abordées par Miyazaki au fil des années, le film via un succès mérité dans le monde entier, va faire découvrir un auteur complet et une œuvre mature loin des niaiseries disneyennes habituelles, alliant avec maestria le fond et la forme.

 

Collaborateur de longue date du réalisateur, Joe Hisaishi reprend ici lui aussi des recettes qui ont fait son succès, notamment celles de Nausicaa, mais leur ajoute une dimension épique empruntée aux grands compositeurs occidentaux de l’époque, de Goldsmith à Horner.

Pourtant la grande force d’Hisaishi réside dans le fait de ne jamais perdre sa personnalité artistique et ce qui fait l’originalité et la force de ses compositions. Ainsi le grand orchestre philarmonique et les voix, si forts présents sur pas mal de pistes, sont toujours contrebalancés par des éléments de musique folkloriques qui rendent le score de Princesse Mononoke bien plus abouti à mon sens que, pour comparer un dessin animé de la même époque, le Mulan des studios Disney.

 

Si le choix de cette B.O foncièrement héroïque par moments peut paraître un peu over the top pour Capucin, ce sont il est vrai surtout ses éléments les plus sombres qui marchent clairement bien sur le parcours initiatique de cet enfant anti-héros.

Le reste de la musique cependant produit souvent un décalage burlesque amusant à la lecture de la trilogie.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 16:02
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SWAN TOME 2

 

 

C'est de qui ? Néjib

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ?  Gallimard

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur le précédent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Notre héroïne émancipée tient la dragée haute à ses camarades des Beaux Arts attisant forcément leur jalousie. Pendant ce temps, Scottie, dont l’amant américain est mort, à quitté l’académie et se laisse dépérir.

 

Le frère et la sœur vont devoir naviguer à vue dans cette société du Paris du XIX° où les alliés et les ennemis sont nombreux, envieux ou admirateurs, amoureux transis ou déclarés.

 

Nejib nous livre un second tome très enlevé de sa série sur la naissance de l’impressionnisme où l’on suit avec intérêt les chemins de cette fratrie américaine.

Manet, Daudet, Nadar, Degas…le who’s who des artistes de l’époque traverse ce second tome de Swan, véritable tableau d’un mouvement artistique aussi bouillonnant que le caractère de son héroïne.

 

Le trait délié de l’artiste, aux nombreux clins d’oeils aux œuvres des artistes évoqués, s’il m’avait un peu pris de court sur le tome précédent, m’a plus emballé ici.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :TOTALE ECLIPSE

 

 

C'est de qui ? Jan A.P. Kaczmarek

 

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si la vision de Agnieszka Holland de l’idylle entre Raimbaud et Verlaine ne restera pas dans les mémoires, loin s’en faut, elle aura eu au moins le mérite de faire découvrir au grand public le talent d’écriture de Jan A.P. Kaczmarek.

 

Alternant un orchestre au grand complet et un plus modeste quatuor de cordes, le compositeur évoque à la fois la passion de la liaison des deux écrivains et l’intimité de leur relation. Attaché à un certain traditionalisme folklorique, Kaczmarek le nuance via des mélodies et des arrangements très personnel.

 

Ce score se rapprocherait des œuvres de Kilar pour le grand écran, avec cependant plus de volupté et de romance, ce qui ne dépareille pas sur ce second tome de Swan, bien au contraire.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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