9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:49

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : LES TROIS FANTOMES DE TESLA

 

 

C'est de qui : Marazano & Guilhem

 

 

La  Couv':

Fantômes électriques  /  Les 3 Fantômes de Tesla  Vs.  The World, The Flesh and The Devil

Déjà lu chez nous? Oui pour le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Le Lombard

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Nous sommes dans une Seconde Guerre Mondiale uchronique où la technologie est bien plus avancée qu’elle ne l’était dans la réalité. Le nouveau voisin de Travis, venu  habiter à New-York avec sa mère alors que son père vient de tomber sur le front japonais, est des plus étrange : reclus dans son appartement, craint par les jeunes du quartier, le vieil homme intrigue notre héros au plus haut point.

 

Mais d’autres mystères s’amoncèlent autour de Travis, dont d’inquiétants personnages ou de non moins dangereuses machines volantes ne sont pas des moindres.

 

Vous l’aurez compris, le nouveau projet du scénariste d’Alcyon est fort loin de la mythologie antique, mais n’en n’est pas moins captivant. Ce tome d’introduction attaque très fort par une scène qui n’est pas sans rappeler la Guerre des Mondes puis place avec méthode les pièces sur l’échiquier pour une partie qui s’annonce captivante.

 

 

Les graphismes ne sont pas en reste puisque Guilhem soigne aussi bien ses personnages charismatiques et anguleux que ses décors oppressants dans un New-York fantasmé digne des meilleurs récits d’anticipation.

 

Le trait réaliste bien rehaussé par une colorisation aussi sombre que son scénario fait de ce premier volet de la trilogie une réussite du genre.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? THE WORLD, THE FLESH AND THE DEVIL

 

 

C'est de Qui ? M. Rozsa

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous ? Fort souvent même.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Pour mettre en musique ce film narrant la survie d’un homme après un holocauste nucléaire, Miklos Rozsa, peu habitué au genre (il a composé 3 ou 4 scores de science-fiction, celui-ci était le seul que nous n’ayons pas encore écouté), s’appuie sur l’opposition entre la fragilité relative du héros face à l’immensité dévastée de son environnement.

 

Ainsi si une bonne partie de la B.O repose sur des thématiques imposantes où le compositeur fait un usage extensif des cuivres et des percussions, nous avons aussi droit à des pistes plus intimistes, voire nostalgiques, un peu de musique diégétique sur la fin et même une poignée de morceaux qui ne sont pas sans faire penser aux grands scores de film noir qui ont fait la renommée de Rosza et où les cordes ont la primeur.

 

Si The World, the flesh and the devil n’est pas l’un des travaux les plus reconnus ni apprécié de son auteur (que ce soit par lui ou par les critiques), car souvent considéré (à tort ?) comme un travail de commande loin des canons de sa filmographie, il n’en reste pas moins un score aux ambiances aussi variées que travaillées, avec une large palette de thèmes intéressants.

 

 

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Une chronique de Fab

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 11:14

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : AVERY'S BLUES

 

 

C'est de qui ? Angux & Tamarit 

 

 

La Couv':

Deux âmes pour le prix d'une  /  Avery's blues  Vs.  Blind arthur's breakdown

Déjà croisé sur le site? non

 

 

C’est édité chez qui ? Steinkis

 

 

Une planche: 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Serait-ce un énième album sur le thème de l'artiste (ou du savant) maudit qui vend son âme au Diable pour obtenir succès et célébrité? Oui et non… Oui parce que Avery rencontre le Diable et non parce que son âme est déjà tellement pourrie qu'il n'y a pas besoin de contrat pour un aller simple en Enfer. D'où l'idée originale des jeunes auteurs espagnols : le contrat fonctionne sur 2 âmes. Avery devra amener une âme pure pour que le contrat fonctionne! Mais attention, le Diable est aussi le plus grand des tricheurs…

 

Il est vrai qu'être noir, pauvre et alcoolique en ces années 30 dans le sud des États-Unis n'est pas la meilleure situation imaginable. Entre les bagarres, le KKK et autres joyeusetés du même genre, seul le blues permet de rêver un moment… De là à dire que tous les bluesmen ont un pacte avec le Diable, c'est pousser le bouchon un peu loin.

 

 

Angux et Tamarit ont créé un conte fantastique original aux superbes images évoquant à merveille la nostalgie et l'ambiance des blues de l'époque.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? BLIND ARTHUR'S BREAKDOWN

 

 

C'est de Qui  Arthur "Blind" Blake

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous?  Non

 

 

On peut écouter?

 

Ça donne Quoi ? Arthur "Blind" Blake est le pendant à la guitare de ce qu'est Scott Joplin pour le piano : un champion du ragtime. Notre Avery aurait pu le croiser sur les routes du Sud puisque Blake s'était installé vers 1920à Atlanta.

 

À l'époque, le blues était presque systématiquement accompagné de chants souvent tristes ou sombres (écoutez  Robert Johnson dans Me And The Devil Blues : )

 

et donc peu propice à accompagner la lecture d'un album "démonique". Tandis que le ragtime dynamique et sautillant de Blind Blake accompagnera parfaitement la fuite à travers les pays des protagonistes vers leur terrible rendez-vous!

 

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 11:56

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi ? LES VOYAGES D’ULYSSE

 

 

C'est de qui : Lepage, Michel et Follet

 

 

La Couv':

Heureux qui comme...  /   Les Voyages d'Ulysse  Vs.  Le Regard d'Ulysse

Déjà croisé sur le site? Lepage et Follet oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Daniel Maghen.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? J’ai un diffus souvenir de ma première « rencontre » avec René Follet ; une couverture de Barbe Rouge, un récit à suivre dans Le Journal de Mickey, le Dernier des Mohicans ou un bouquin sur la conquête de l’Ouest ? Je ne saurais dire avec certitude mais ce qui est sur c’est que, bien de années plus tard, quand je l’ai redécouvert via les ré-éditions d’Ivan Zourine chez Des Ronds dans l’O, je ne l’ai plus quitté.

 

Vous imaginez le plaisir de bédéphile que ce nouvel album de Sophie Michel et Emmanuel Lepage a pu provoquer chez moi. Après ses périples polaires, le dessinateur rend un bel hommage au maître par une mise en abyme subtile et réussie. Les Voyages d’Ulysse raconte le périple d’un jeune peintre (Lepage ?) à la recherche de sa bien aimée, aidé dans sa quête par une capitaine de navire, jeune femme au passé tourmenté qui a forgé son indépendance et son caractère et qui est obsédée par les toiles d’Ammon (Follet), un génie de la  peinture oublié.

 

L’histoire est rythmée par les découvertes des travaux d’Ammon, œuvres que Follet avait réalisées pour illustrer Homère (et d’autres crées exprès pour l’album), dessins où toute la force et le talent  de l’artiste s’expriment pleinement et qui sont un régal à (re)découvrir tandis que Lepage de son coté à su adapter son style parfois photo-réaliste en se rapprochant quelque peu de celui de son mentor, livrant par la même une œuvre à l’unité magistrale.

 

 

Si le coté romantique de l’intrigue m’a un peu moins emballé que la partie graphique, le scénario n’en reste pas moins une lettre d’amour au 9° Art et un témoignage respectueux à l’une des grandes figures de la BD Franco-Belge.

 

L’album bénéficie d’une édition irréprochable qui permet d’apprécier le travail graphique à sa juste valeur.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LE REGARD D’ULYSSE

 

 

C'est de Qui ? E. Karaïndrou

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD ? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Outre une formation théorique et une pratique du piano précoces, la compositrice grecque est également ethnomusicologue ce qui est une vraie plus-value, si vous me pardonnez ce terme peu artistique, quand on compose de la musique de films (et en fonction des sujets des dits-films of course).

 

Pour ce qui reste probablement l’un des films les plus apprécié de Théo Angelopoulos (avec qui elle a collaboré sur près de la moitié de la filmographie du cinéaste) Karaïndrou a essentiellement mis en avant les cordes (viole et violon) secondés par un hautbois et des cuivres aux accents des plus mélancoliques.

 

Le thème principal, associé au personnage joué par Harvey Keitel, est composé de motifs récurents où des réminiscences de folklore européen viennent créer une langueur plaintive qui revient en leitmotiv tout au long du film, diversement accompagné par l’orchestre.

 

Très évocative, la B.O du Regard d’Ulysse met en avant les thématiques du long métrage : la quête aussi passionnée que désespérée, l’amour de l’art, mais aussi un regard aussi réaliste que cynique sur la vie, le devoir de mémoire. Des thèmes évidemment en résonnance avec ceux de l’album de Lepage et il est intéressant de noter que le film d’Angelopoulos est une sorte d’hommage référentiel non pas à l’Odyssée d’Homère mais au Ulysse de Joyce, détournement ambitieux de ce dernier.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 14:07

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : FREDEGONDE LA SANGUINAIRE 2

 

 

C'est de qui ? V. Greiner & A De Vicenzi.

 

 

La Couv':

Le Sang des Rois (et des reines!)  /  Frédégonde la Sanguinaire  Vs.  Henry IV

C’est édité chez qui ? Delcourt.

 

 

Déjà lu sur B.O BD? Oui sur le tome précédent.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Suite et fin du diptyque consacré à Frédégonde, qui, au VI° siècle, ne reculera devant rien pour passer de simple servante à reine en se faisant épouser par Chilperic après avoir fait assassiner deux des épouses de ce dernier.

 

Au début de ce second volet qui, niveau  batilles et autres intrigues tordues n’a rien à envier à Game Of Thrones (inspirée de l’Europe du Moyen Age en même temps !) notre déterminée souveraine (et encore le mot est faible !) a réussi à monter son mari contre son frère et sa belle sœur et l’addition de ces guerres fratricides sera salée.

 

Coté scénario et rythme narratif, Virginie Greinier est aussi à l'aise avec madame Malraux qu'avec la terrible reine et Frédégonde La Sanguinaire est clairement à la hauteur de ses consœurs de la série des Reines de Sang, les excellents Isabelle ou Aliénor ; je serais cependant un peu plus réservé sur la partie graphique qui m’a moins emballé que celles de ces dernières.

 

En effet si Alessia De Vicenzi, pour sa première série BD soigne ses plans rapprochés et sa reconstitution historique, je l’ai trouvé moins efficace sur les personnages dans les plans plus larges.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi? THE HOLLOW CROWN. HENRY IV.

 

 

C'est de Qui ? Stephen Warbeck

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? La série The Hollow Crown, production historique classe de la BBC, adapte les pièces que Shakespeare a situées durant la Guerre des Roses  (Les Henry : IV à VI, et les Richard : II et III) au casting royal (c’est le cas de le dire) Jeremy Irons, Tom Hiddleston ou encore Benedict Crumberbatch en tête, et produite par Sam Mendes.

 

C’est Stephen Warbeck qui écrit la musique du double épisode consacré à Henry IV. Le compositeur s’est déjà frotté à la musique d’époque puisqu’il est entre autre responsable de la B.O de Quills, sur le Marquis de Sade, Mrs Brown sur le deuil de la Reine Victoria, et, surtout, de Shakespeare in Love, qui lui vaudra un Oscar.

 

Une partition qui sait passer d’une sobriété solennelle voire mélancolique avec les cordes mises en avant  à une imposante profondeur quand les vents viennent appuyer l’ensemble ; parfois peut être trop en retrait sur la sauvagerie de certaines scènes de ce second volet de Frédégonde cette B.O a cependant bien appuyé le coté tragique de la destinée des protagonistes de l’histoire.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 12:44

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : MONSIEUR DESIRE ?

 

 

C'est de qui : Augustin & Hubert

 

 

La  Couv':

Le Portrait des Liaisons Dangereuses  /  Monsieur Désire ?  Vs.  The Remains Of The Day

Déjà lu chez nous? Oui pour la dessinatrice mais aussi le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après un détour par un l’univers des contes (Petit et sa suite), Hubert nous revient avec un scénario se déroulant dan l’Angleterre Victorienne, alors que la monarque qui donna son nom à la dite époque vient de monter sur le trône.

 

Un jeune Lord d’à peine 25 ans, vivant dans l’oisiveté et la débauche, va- au mépris de toute conventions sociales- faire de l’une de ses nouvelles servantes, fille aussi commune que simple mais dont la pureté d’âme est le pendant de la noirceur de celle de son maître, sa confidente.

 

Attitrée aux fins de nuits de dépravation de ce dernier, elle va donc subir ses confessions trash, dans un jeu aussi malsain que vain.

 

Si c’est chez Grimm ou Perrault que l’on pouvait chercher les influences de certains des précédents ouvrages du scénariste, et si, ici encore, c’est un beau miroir de l’âme humaine qu’il nous livre, ce sont les spectres d’Oscar Wilde et de Choderlos de Laclos (« salué » en milieu d’ouvrage d’ailleurs) qui planent sur Monsieur Désire, que ce soit dans son sujet ou ses dialogues ciselés.

 

Hubert a trouvé dans le trait fin et expressif et les très beaux choix de couleurs de Virginie Augustin, le vecteur graphique idéal pour conter cette histoire douce-amère.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? THE REMAINS OF THE DAY

 

 

C'est de Qui ? R. Robbins

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous ? Il semblerait que non.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Bien avant la mièvrerie addictive d’un Downtown Abbey, Anthony Hokins et Emma Thompson, devant la caméra de James Ivory, avaient déjà personnifié à l’écran la vie et les affres de la caste servante des familles nobles britanniques.

 

Pour évoquer musicalement le dévouement extrême du personnage principal du film, Richard Robbins s’en tient à sa méthode, efficace mais redondante, du thème discret (pour ne pas dire austère) et cyclique qui se répète à foison tout au long de la B.O.

 

Si il y a bien quelques variantes, propres à créer des pics émotionnels ou psychologiques, l’ensemble reste assez répétitif même si le but recherché est clairement atteint.

 

L’usage assez surprenant d’effets et instruments électroniques en renfort des bois et des cuivres omniprésents est néanmoins fait avec assez de métier pour ne pas déranger et sonner trop anachronique.

 

L’atmosphère sobre, voire solennelle de l’ensemble, sa mélancolie latente et persistante, ont été de beaux compagnons musicaux à l’album de Virginie Augustin et Hubert.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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