24 février 2018
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13:22
Un week-end consacré à la bd de genre, à réserver aux plus avertis de nos lecteurs, avec deux nouveautés aux antipodes l'une de l'autre!
LA BD:
C'est quoi ? INGUINIS TOME 2
C'est de qui ? Even & Guénet
La Couv':
Ca donne Quoi ? Maintenant qu’elle a la certitude que son père a été assassiné, et que quasiment tous les autres sculpteurs ont également été victimes de ce qui semble être un immense complot, Artemis se lance dans une enquête pour retrouver les commanditaires, quitte à mettre sa vie en jeu et à ne pas apprécier les réponses à ses questions.
Quelques mois après un premier tome dont nous avions salué ici la sortie, le qualifiant de chainon manquant entre Muréna et Messalina, voici le second et dernier. L’intrigue est corsée et prenante et demandera de ne pas se mélanger les pinceaux dans les noms et fonctions des protagonistes, surtout que l’on est continuellement distrait par les dessins réalistes sensuels de Guénet, pas avare en scènes torrides et plutôt calé en anatomie !
Inguinis se révèle être une bonne surprise d’un genre qui tend souvent à se perdre dans ses propres lieux communs.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :LES GLADIATEURS
C'est de qui ? F. Waxman
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Bien souvent même.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Si Les Gladiateurs est la suite de La Tunique, réalisé en même temps et qui sortira l’année d’après suite au succès inespéré de ce dernier, sa B.O est signée par Franz Waxman qui succède donc à Alfred Newman.
Avec des tableaux de chasse qui se tiennent la dragée haute, les deux compositeurs ont un style flamboyant bien à eux mais Waxman considère le travail de Newman comme un exemple et s’en inspire grandement pour le sien.
Il crée néanmoins son propre paysage musical romain, avec force chœurs féminins et cuivres majestueux, les thèmes sont très contrastés, apportant une belle variété à l’ensemble et, si quelques uns sonnent un brin trop pompeux pour cette suite d’Inguinis le reste est d’une qualité indéniable et relève encore le niveau d’une BD de genre aboutie.
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Une Chronique de Fab
23 février 2018
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17:56
LA BD:
C'est quoi : TOMKA, LE GITAN DE GUERNICA.
C'est de qui ? Palumbo & Carlotto
La Couv':
Ca donne Quoi ? L’Espagne est déchirée par la Guerre Civile, Tomka, gitan de son état, se trouve à Guernica avec sa femme et son enfant quand les avions bombardent la ville.
Seul rescapé de l’horreur, notre héros, comme l’oblige la tradition, doit venger ses morts et s’engage dans l’armée républicaine pour ce faire.
Las la tragédie semble attachée aux pas du gitan qui, entre de sanglants combats, retrouvera l’amour pour le perdre à nouveau de la pire des façons.
En plaçant sa petite histoire (d’amour) dans la Grande, Carlotto, le scénariste livre un témoignage à l’image de son personnage principal, un peu en décalage, pas vraiment concerné par des évènements qui le dépasse et ne le concernent pas vraiment. Si en soi le but est atteint, on a tout de même parfois beaucoup de mal à ressentir de l’empathie pour ce gitan qui subit sa vie plus qu’autre chose.
Reste un témoignage intéressant de ce conflit fraternel bien traduit par la partie graphique, en trichromie de noir, blanc et orangé, qui si plus originale (et plus intéressante à mon goût) que sur le précédent album de Palumbo, pêche néanmoins parfois par des flous pas forcément heureux. De prime abord (dés la couverture en fait) on pense à Pratt mais rapidement l’impression s’estompe et la force de certaines cases est indéniable.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? A FAREWELL TO ARMS
C'est de Qui ? M. Nascimbene
La couv'
Déjà entendu chez nous? Oui, souvent même.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? 25 ans après le film de Borzage avec Gary Cooper, King Vidor (qui remplace au pied levé un John Houston en désaccord avec David Selznick) retrouve sa vedette de Duel au Soleil, pour cette nouvelle adaptation d’Hemingway.
C’est Mario Nascimbene, auréolé des récents Barefoot Comtessa et Alexander the Great, qui est derrière le pupitre et qui, face à l’extravagance de la production, Selznick ayant quelque peu décidé d’occulter le coté récit de guerre pour se concentrer sur le spectacle, fait de son mieux pour sauver les meubles.
Si il inclut des percussions typiquement martiales, le compositeur n’hésite pas à agrémenter de passages au cordes très inspirés quoi que parfois un brin mélo.
Le drame est de mise dans ses thématiques et l’ensemble fait partie des canons holywoodiens du genre. L’échec plus ou moins annoncé du long métrage marquera la fin de la carrière du producteur nabab mais permettra à Nascimbene de continuer à pouvoir travailler avec les plus grands.
Une B.O luxuriante qui, un peu à contrepied de l’austérité de Tomka, apporte à celui-ci un coté humain bienvenu.
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Une Chronique de Fab
21 février 2018
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12:51
LA BD:
C'est quoi ? LA BOITE A MUSIQUE. BIENVENUE A PANDORIENT
C'est de qui ? Carbone & Gijé
La Couv':
Déjà croisés dans le coin? Non
C’est édité chez qui ? Dupuis
Une planche:
Ca donne Quoi ? Quand le papa de Nola lui offre pour son anniversaire la boite à musique de sa défunte maman, la petite fille est loin de se douter que l’objet est un passage vers un autre monde.
Pandorient est un endroit féérique où vivent de drôles de créatures mais également des humains, et deux d’entre eux, Andréa et Igor, ont besoin de Nola car leur maman est malade.
Notre héroïne découvre donc ce nouveau monde et va porter secours du mieux qu’elle peut à ses nouveaux amis.
Si le récit est assez classique ce premier tome de la Boite à musique est bien narré et accroche le jeune lecteur immédiatement, les personnages sont attachants et le bestiaire original.
Pour les parents des jeunes lecteurs en question, c’est du coté des graphismes que la magie opère ; Gijé (clin d’œil hardi !) a un coup de pinceau (numérique,) qui navigue entre l’illustration jeunesse traditionnelle et le meilleur de l’animation japonaise (Gijé a d’ailleurs fait ses armes dans le domaine du dessin animé et ça se sent !), le tout fort bien rehaussé par un choix de coloration impeccable.
Gageons que si le succès est au rendez-vous- et vu la teneur de ce premier album il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas- nous retrouverons vite Nola et Pandorient.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA
C'est de qui ? Joe Hisaishi
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Si Hisaishi est probablement le compositeur le plus emblématique des studios Gibhli, celui dont la patte artistique est intimement liée à l’image, aux images même du géant du dessin animé nippon, la B.O de cette adaptation d’un conte ancien devait être au départ écrite par Schinichiro Ikebe, le collaborateur, entre autre, de Kurosawa.
Hisaishi, pour sa première partition pour Isao Takahata reste dans une certaine zone de confort, privilégiant les ambiances féériques, mélodramatiques voire bucoliques, panachant sa musique de quelques passages chantés touchants.
Si le piano est l’élément principal de la B.O, auquel il donne une couleur plutôt calme voire méditative parfois, il est agréablement complété de certains instruments traditionnels japonais et même ponctué de passages plus grandioses
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Une Chronique de Fab
20 février 2018
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14:08
LA BD:
C'est quoi ? BLIND DOG RHAPSODY
C'est de qui ? Hanna & Redec
La Couv':
Déjà croisé dans le coin? Le scénariste oui.
C’est édité chez qui ? Delcourt.
Une planche:
Ca donne Quoi ? Conçu comme une parodie sur les Shonen et lorgnant sur Samurai Champloo, l'anime culte de Watanabe, Blind Dog Rhapsody a peut être eu les yeux plus gros que le ventre. Sous la plume du touche à tout Hanna et le pinceau du prometteur Redec (qu'on retrouvera sur le 5ème tome de Bad Ass du même scénariste), cette série imparfaite mais attachante navigue constamment entre la réjouissance et la déception.
Les tribulations d'un Samurai-Ninja (biffer la mention inutile) aveugle et guidé par l'esprit de son maître décédé mais présent en permanence ne sont motivées que par la Vengeance avec un grand V en mode déconne totale.
Ce drôle de duo va rapidement rencontrer une serveuse rousse qui va les accompagner et dont le seul attribut est d'ordre mammaire pour offrir le fan service que le lecteur est en droit d'attendre dans un tel récit.
Les gags tombent souvent à plat et les dessins au demeurant agréables dans un style franco-manga classique ne sont pas toujours mis en valeur : absence de décors et colorisation informatique sans nuances.
Et pourtant le récit reste diablement divertissant avec quelques bons gags faisant mouche et des scènes d'action rythmées. Il est simplement dommage d'avoir un constant sentiment de chaud et de froid (notamment par un second tome bien faiblard) mais Blind Dog Rhapsody retombe curieusement bien sur ses pattes par un final haut en couleurs et révélations.
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Une Chronique de jet
19 février 2018
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15:22
LA BD:
C'est quoi ? LES 3° ŒIL. LE SOMMEIL EMPOISONNE.
C'est de qui ? Tronchet et Baron Brumaire
La Couv':
Ca donne Quoi ? Entre 2001 et 2007 Didier Tronchet avait écrit 5 tomes d’une série axée jeunesse intitulée Violine qui narrait les exploits d’une petite fille aux yeux violets ayant la faculté de lire dans les pensées des gens à travers leur regard.
Après une pause de quelques années et un sixième tome édité quelque peu en catimini, Violine a grandi et on la retrouve aujourd’hui chez Casterman pour de nouvelles aventures.
La voici ado, ouvertement rebelle et qui utilise son don pas vraiment à bon escient puisqu’elle s’en sert pour faire chanter ses petits camarades de classe et tout ceux qui la contrarient.
Mais voilà que le destin (et ses parents qui aimeraient bien la canaliser un peu) met sur sa route un jeune indien devenu muet qui, sur son lit d’hôpital, semble cacher un bien douloureux secret et rêve de serpents et d’une ombre noire. Quand son nouvel ami disparaît et que ses parents tombent dans un étrange coma, notre héroïne réalise que se trame den coulisse une bien sombre machination internationale.
Au dessin Baron Brumaire succède à Tarin et Krings et si son trait fait parfois plus esquissé, surtout sur les personnages dans les plans larges, il donne un certain coté plus adulte au titre.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :ATOMIC BLONDE
C'est de qui ? Tyler Bates
La Couv':
Déjà entendu par ici? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Je ne m’étendrai pas à nouveau sur la propension de Tyler Bates de s’évertuer, tel un Hans Zimmer qui aurait été biberonné au rock, à confondre mélanger musique de film et riffs de guitare, surtout que, sur ce film d’espionnage qui se déroule dans le Berlin de la Guerre Froide, juste avant la chute du Mur (mais genre juste avant puisque le Mur en question tombe à la fin du film), il arrive plutôt pas mal à se fondre dans la masse des reprises pop-rock de morceaux emblématiques (de Bowie à Nena en passant par les Clash) d’une décennie artistiquement bâtarde s’il en est.
Il ne livre qu’une poignée de morceaux où l’influence de Depeche Mode est flagrante mais utilisée à bon escient. Le mariage des rythmiques et couleurs de l’électro des années 80 et de la production actuelle donne un résultat plutôt intéressant, dans un condensé d’action et de suspense assez sombre qui finit d’amplifier le coté « adulte » que j’évoquais dans la chronique de l’album.
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Une Chronique de Fab