16 octobre 2018
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07:17
LA BD:
C'est quoi ? L’OGRE AMOUREUX
C'est de qui ? N. Dumontheuil
La Couv':
Déjà lu chez B.O BD? Oui, une poignée de fois.
C’est édité chez qui ? Futuropolis.
Une planche:
Ca donne Quoi ? Jamais là où on l’attend, Nicolas Dumontheuil, que l’on a croisé ici sur des choses très réussies mais fort éloignées, reviens, toujours chez Futuropolis, avec l’histoire d’un ogre aussi méchant qu’affamé, propriétaire terrien terrorisant ses sujets, qui, un beau matin alors qu’un renard chapardeur lui est livré, décide qu’il va se marier. Le lendemain même. Et avec la femme que le renard lui aura trouvé !
Voilà donc nos deux compères partis pour la ville, et ce n’est pas un déluge, un couple empailleur, un raton vengeur ou même des bourgeois moqueurs, qui vont les arrêter !
Dumonteuil propose un récit à la croisée des chemins, le saupoudrant d’une pincée du Chat Botté avec un renard en guise de chat et un marquis de Carabas devenu comte (et ogre !) de Barback (clin d’œil probable au groupe Les Ogres de Barback) ; mais aussi un soupçon de Roman de Renart et un zeste de Schtroumpfs de Peyo, l’Ogre ressemblant assez nettement à Gargamel.
Avec son style graphique à mi-chemin entre le trait jeunesse très coloré et l’humoristique caricatural, l’auteur brocarde les travers de l’âme humaine via ses protagonistes hauts en couleur.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : VOUS N'AUREZ PAS L'ALSACE ET LA LORRAINE.
C'est de qui ? V. Cosma
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Claude Zidi, Yves Robert, Gérard Oury...tous les metteurs en scène de comédies populaires font appel à Vladimir Cosma, en odeur de sainteté à l'époque qui enchaîne les B.O au kilomètre.
Il n'est donc pas étonnant que, pour son premier -et unique- film, Coluche ait également eu recours au savoir-faire du compositeur.
Si l'on met de coté la ritournelle amusante mais vite répétitive du Chevalier Blanc, interprétée en play-back par un Gérard Lanvin tout en torse à l'air, le reste de la partition de Cosma navigue entre légèreté mélodique et franche comédie aux échos vaguement historiques à base d'instruments à vents entre autre; en même temps rien que sur cette année 1977 c'est déjà la cinquième B.O de l'artiste, il ne faut pas s'étonner si la partie médiévale a été quelque peu survolée.
Néanmoins la bonne humeur générale qui se dégage de l'ensemble est de bonne compagnie aux errances gloutonnes et loufoques de notre Ogre Amoureux.
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Une Chronique de Fab
15 octobre 2018
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14:51
LA BD:
C'est quoi ? UN GENTIL ORC SAUVAGE
C'est de qui ? T. Grosjean
La Couv':
Déjà rencontré sur le site? Non.
C’est édité chez qui ? Delcourt.
Une planche:
Ca donne Quoi ? Pour échapper à une troupe d’orcs sauvages venus massacrer les orcs civilisés de son village, Oscar fuit à travers le pays, bientôt rejoint par une princesse orc. Ils tentent de se réfugier au royaume des Gobelins, mais ces derniers ne voient pas les « migrants » d'un très bon œil, les accusant même de tous les maux, les parquant parfois dans des camps de fortune.
Le périple de nos deux orcs est parsemé d'embûches qui portent le nom d'intolérance, bétise, racisme...
Vous l'aurez compris, Théo Grosjean se sert d'une fiction de fantasy pour évoquer le sort des milliers de migrants hélas très d'actualité. Le propos est très juste et fait douloureusement mouche !
Coté graphismes on est dans la collection Shampoing, dirigée par Trondheim, on retrouve un style dans une mouvance proche de celui du co-créateur de Donjons et de son « école », avec des décors parfois très détaillés et des protagonistes plus déliés.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :XENA WARRIOR PRINCESS
C'est de qui ? J. LoDuca
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Comme j'ai déjà du l'évoquer, Loduca est un des compositeurs les plus mal employés et sous estimé de sa génération.
Pourtant c'était bien parti avec le premier Evil Dead, élevé au rang de film mythique par des générations aficionados d’épouvante cheap, mais le compositeur s'est ensuite lançé dans l'aventure de la érie tv avec, donc Xéna et ses six saisons, pour quasiment ne jamais ressortir vraiment la tête de l'eau.
Seul Christopher Gans lui redonnera sa chance par deux fois, avec, surtout, l'impeccable B.O du Pacte des Loups, mais c'était déjà semble t-il trop tard.
Revenons à nos moutons et à notre princesse guerrière ; les différents scores de Xena proposent, vous vous en doutez, une foultitude d'ambiances, où l'on croise pèle mêle des chœurs divers, des instruments orientaux, des arrangements électro dépassés, de l'épique et du comique, j'en passe et des meilleurs.
On sent que Loduca a pensé son taff comme un bac à sable musical et si tout n'est pas à garder, loin de là même, pas mal de pistes sont très réussies dans le genre fantasy débridée qui concorde bien aux mésaventures de l'orc migrant de Théo Grosjean.
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Une Chronique de Fab
14 octobre 2018
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10:33
LA BD:
C'est quoi ? DOGGYBAGS MAPPLE SQUARES
C'est de qui ? Hasteda
La Couv':
Déjà lu sur B.O BD? Non
C’est édité chez qui ? Ankama
Une planche:
Ca donne Quoi ?Si officiellement la collection DoggyBags a tiré sa révérence après le 13ème tome de ses anthologies, il n'en était rien puisque le principe parait sous différentes formes et notamment en one-shot complet.
Mapple Squares répond à ce critère et s'avère au final bien plus malin que prévu : dans les années 90, deux agents du FBI sont dépêchés dans une sombre bourgade du Nebraska pour collecter toute information sur des disparitions inquiétantes. Mapple était connue pour sa production de sucreries qui a laissé place à un institut psychiatrique, évidemment le déroulement de l’enquête ne va pas s'effectuer comme prévu....
Toutes les contraintes inhérentes au genre de roman de gare sont bien cochées : il y a de la folie, du trash, de l'humour noir et pas mal de situations violentes ou choquantes dans ce nouveau DoggyBags à la différence que l'histoire s'avère particulièrement prenante avec une ambiance anxiogène réussie et un suspens grandissant jusqu'aux retournements de situation dont il serait criminel d'en dévoiler le contenu.
Ajoutez à cela un équilibre graphiquement intéressant entre école comics et manga (le dessinateur Ludovic Chesnot est issu de l'animation et cela se ressent) et on obtient un cocktail qui ne relâche la pression qu'à sa conclusion.
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Une Chronique de Jet
13 octobre 2018
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LA BD:
C'est quoi ? NADA
C'est de qui ? Headline & Cabanes
La Couv':
Déjà croisés sur le site? Possible
C’est édité chez qui ? Dupuis
Une planche:
Ca donne Quoi ? Une bande de malfrats un rien bras cassés, aussi mal assortis que douteux, organisent l'enlèvement de l'ambassadeur des USA à Paris.
Si le plan semblait sans failles, la situation dégénère et des flics restent sur le carreau lors de l'opération. La police est sur les dents et notre bancale équipe se retrouve en planque dans une ferme isolée.
Un polar à la française, avec ce qu'il faut d'américain dedans, adapté d'un roman de Manchette par son propre fils.
Coté graphisme c'est du bon, avec des visages à la serpe dans des décors des années 70 léchés et une colo bien pensée.
Le scénar m'a un peu moins emballé, l'intrigue s'étirant peut être un peu trop sur la seconde partie de l'album et la voix-off ayant tendance à être un peu omniprésente par moments.
Après je suis plus amateur de Noir US, Jim Thompson en tête, mais les fans de polar devraient y trouver largement leur compte.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : L'ALPAGUEUR
C'est de qui ? M. Colombier
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui une paire de fois.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Après s'être fait les dents sur des polars comme Le Pacha (en collaboration avec Gainsbourg) ou Un Flic de Melville, Colombier écrit la B.O de l'Alpagueur, en soignant les arrangements et en mélangeant thèmes sobres mais efficaces et orchestrations plus 70's dans l'air du temps, dans la droite lignée de ce que faisaient à l 'époque Ennio Moriconne ou Lalo Schifrin.
Si les sonorités sont très datées aujourd'hui cette B.O colle parfaitement à l'ambiance crépusculaire de Nada ; Colombier, notamment après sa collaboration avec Air, a connu un regain d' intérêt et l'on a pu entendre certains de ses thèmes remixés de ci de là dans le monde du cinéma et d'ailleurs.
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Une Chronique de Fab
12 octobre 2018
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08:24
LA BD:
C'est quoi ? L'HOMME INVISIBLE
C'est de qui ? Pontarolo.
La Couv':
Déjà lu sur le site? Non.
C’est édité chez qui ? Le Long Bec
Une planche:
Ca donne Quoi ? Jack Griffin, dont la condition d'albinos a toujours fait un paria, va, pour se remettre d'une déception amoureuse et familiale, inventer un procédé le rendant invisible.
Hélas pour lui le processus se révèle irréversible et notre malheureux héros se voit contraint de s'exiler pour passer inaperçu.
L'Homme Invisible est un de ces grands classiques de la littérature fantastique que l'on croît connaître parce qu'adapté maintes fois ne serait-ce qu'au grand écran, mais en fait on se rend compte que non.
Donc contrairement à certains incontournables dont l'adaptation, toute fidèle et/ réussie voire originale qu'elle soit, je pense là à des choses comme Moby Dick, Dracula ou encore, du même auteur La Machine à explorer le temps, l'Homme Invisible réserve une certaine surprise au lecteur.
Ajoutez-y le trait si particulier de Frédéric Pontarolo, aux visages et contours fins, comme sans encrage, quelques coquetteries narratives (les cases dans les éclats de miroir) et un jeu sur la profondeur de champ et des couleurs sépias qui ajoutent à l'ambiance surannée du titre, et vous obtenez une version réussie qui donne envie de (re)découvrir l’original.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :THE REPTILE
C'est de qui ? Don Banks
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? En parallèle de James Bernard - compositeur attitré du studio- la Hammer fit appel une poignée de fois à l'australien Don Banks dont l'approche diffère pas mal de son comparse.
En effet, s'il tire quelques ficelles plutôt classiques du genre il les panache de phrasés tirés de son expérience de compositeur classique adepte, entre autre, de la musique sérielle.
Le résultat est parfois enthousiasmant dans inattendue et, surtout, dans l'effet de malaise crée.
Une B.O aux pointes d'originalité bienvenues et à l'impact de suspense adéquat pour ce premier tome de l'Homme Invisible.
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Une Chronique de Fab