1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 07:28
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES ARTILLEUSES 1

 

 

C'est de qui ? Willem et Pevel

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Drakoo

 

 

Déjà croisés sur le site? Willem oui, souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Mam’zelle Gatling, Miss Winchester et Lady Remington sont trois cambrioleuses de haut vol dont la discrétion n’est clairement pas la marque de fabrique.

Les voilà qui dérobent un objet magique qui va leur mettre sur le dos, outre les forces de police parisiennes, de bien dangereux agents troubles !

 

Pour cette première série qui ne soit pas purement fantasy du label Drakoo, Etienne Willem reste donc dans le Paris qu’il vient de dépeindre dans les deux tomes de la Fille de l’exposition universelle, mais un Paris de la Belle Epoque, steampunk et fantasy, tout droit sorti de l’univers des romans de Pierre Pevel, qui assure d’ailleurs le scénario de ce premier tome des Artilleuses.

Humour, action, charme et rythme sont les maîtres mots du Vol de la Sigillaire qui promet néanmoins d’intéressants développements au niveau de l’intrigue tant il y a de possibilités.

 

Le style cartoony disneyen du stahkhanoviste Willem fait toujours mouche sur ce genre de scénarios hybride qui plait autant aux plus jeunes qu’aux amateurs de BD chevronnés, expérience concluante en tout cas pour la famille B.O BD !

 

Vivement une suite qui s’annonce …explosive (forcément) !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE ITALIAN JOB

 

 

C'est de qui ? Q. Jones

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui pas mal de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Un peu comme son homologue Lalo Schifrin, Qunicy Jones a eu, en marge de sa prolifique carrière d’interprète, arrangeur et producteur de musique(s) pop, soul et autre, une activité florissante et variée dans le 7° Art.

Pour cet Italian Job, film de casse teintée de comédie, il choisit de mélanger allègrement les genres pour évoquer à a fois le coté humoristique de l’intrigue et l’action funky de certaines séquences.

 

Certains de ses thèmes sont par exemple dérivés de morceaux folkloriques anglais (les connaisseurs reconnaîtront le British Grenadiers entendu entre autre dans Barry Lyndon ou l’Empire du soleil), d’autres fleurent les rythmes sud américains ; on a un peu de jazz easy listening et même du… clavecin.

Pourtant l’ensemble, si joyeusement bordélique, ne sonne jamais ni dissonant ni même comme un collage aléatoire. L’unité thématique et musicale en fait une B.O à priori très ancrée dans une époque – la fin des années 60- mais qui, de façon aussi inattendue que surréaliste, fait un score très fun pour ce premier volet des Artilleuses.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 15:13

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LA JEUNESSE DE THORGAL. LES DEUX BATARDS.

 

 

C'est de qui ? Yann & Surzhenko

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Le Lombard

 

 

Déjà croisés sur le site? Sur les précédents entre autre.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Thorgal est aux mains d’Harald la dent bleu, désespéré de ne pas savoir où est sa bien aimée qui est en fait…tout proche de lui. Les deux jeunes gens, cœurs purs au milieux de loups sans foi ni loi, vont devoir faire preuve de courage pour se sortir des vices de leurs geoliers.

 

Yann serait-il nostalgique de la fin de GOT l’an passé ? A la lecture du titre de son nouvel album de la Jeunesse de Thorgal, on pourrait le croire, le scénariste enfonçant le clou un peu plus loin avec une scène de combat dans une fosse entre notre héros et un ours sauvage.

 

Ce huitième volet est riche en action et en ingrédients classiques : méchant limite caricatural, environnement hostile,  nos deux tourtereaux séparés, chacun vivant des péripéties stressantes mais que le destin fera se retrouver…  dans la tradition de la série d’origine, avec forcément un peu moins de fraicheur et d’originalité (les premiers Thorgal ont tout de même aujourd’hui…40 ans !).

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :KAINE LE MERCENAIRE

 

 

C'est de qui ? B. Sanders

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si  Conan avait ouvert une brèche en or pour la fantasy sur grand écran, nul doute que les pâles copies qui ont suivies en masse le film de Milius ont plombé le genre, le coltinant au séries B voire Z pour ados attardés durant des décennies.

 

Kain le Mercenaire est un de ces multiples exmples, avec fan service à la pelle, héros et méchants manichéens au possible, effets spéciaux cheap et j’en passe.

Si son scénario est vaguement inspiré de Yojimbo, on notera que l’idée était bien mieux passée deux décennies plutôt derrière la caméra de Sergio Leone.

 

La musique est signée Luis Maria Serra qui, sentant le bide ultime pointer, préfera signer sa participation du pseudonyme de Louis Sanders. Pas que la discographie du compositeur brille par sa qualité mais, en marge du cinéma, il a pondu quelques galettes de musique électroaccoustique notamment et ne devait pas souhaiter voir son nom associer à ce chef d’œuvre intemporel.

 

Pourtant il n’a pas trop à rougir de ses efforts. Si assez courte sur l’ensemble, sa musique s’inspire plutôt des classiques de l’aventure des années 70 (chœurs, percussions, cuivres…) que des ratées synthétiques des 80’s, sauf sur une séquence assez surréaliste parodiant la danse des 7 voiles de Salomé où les claviers sont de sorties  et que se déhanche dessus une danseuses à…’ seins !

 

De la fantasy basique mais correcte, un peu comme notre nouvel album de Thorgal.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 14:15
 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SEULES A BERLIN

 

 

C'est de qui ? N. Juncker

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Déjà lu sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que le III° reich vit ses dernières heures et que les troupes de Staline prennent le Reichstag, Evgeniya, jeune soviétique qui a menti sur son âge pour rentrer au NKVD, va rencontrer Ingrid, épouse d’un officier nazi qui subit depuis des semaines la répression des vainqueurs, avec tout ce que vous imaginez que cela sous entend de sévices.

Si au début l’allemande n’éprouve que haine et méfiance pour la russe, rapidement le fait qu’elles soient toutes deux bilingues et qu’elles écrivent un journal intime va rapprocher ces deux femmes ballotées dans un monde d’hommes.

 

Avec un sujet aussi fort il fallait se douter que Nicolas Juncker, adepte d’une BD historique à la fois documentée et très personnelle, allait réaliser un album marquant.

 

Seules à Berlin prend d’emblée son lecteur aux tripes par une alliance rare du fond et de la forme et la dureté des faits relatés qui pourtant ne le sont jamais avec crudité ou sensationnalisme. L’auteur choisit par exemple, pour raconter l’enfer vécu par Ingrid, de ne proposer que la lecture de son journal ; ou encore, il atténue le coté morbide de la recherche de la dépouille d’Hitler en inventant un officier Russe goguenard et cynique qui amène un second degré souvent salvateur.

 

 

Le trait de Juncker, en noir et blanc traversé de rares éclats de rouge sang, est à la fois réaliste dans ses décors et caricatural dans ses visages.

Comme c’était déjà le cas pour le très réussi La Vierge et la Putain, il est d’une grande originalité sur ce genre et n’en rend le message sur l’absurdité de la guerre et la cruauté des hommes, que plus  efficace.

Encore une belle réussite pour un auteur à part dans le paysage de la bd franco-belge.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :EXODUS

 

 

C'est de qui ? W. Kilar

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ?  Longtemps avant de connaître le succès grâce à Coppola et le la consécration grâce à Polanski (et oui, hélas, personne n’est parfait), Kilar se partageait entre la musique de films dans sa Pologne natale et la musique classique. Exodus, inspiré de l’épisode biblique du même nom (et non, pas par Bob Marley), contient en substance tout ce qui a fait le génie de son auteur.

 

Outre les clins d’oeils appuyés au répertoire classique (Ravel et le Boléro en tête), joue sur des motifs répétés avec de subtils enrichissements au fur et à mesure que la pièce progresse. Ajout d’instruments, amplification des percussions, augmentation des volumes… Kilar crée une impression de mouvement vers l’avant, de grandeur.

 

On retrouve aussi ce qui a fait le succès du compositeur pour le 7° art, du Roi et l’oiseau à Dracula, à savoir ces notes et accords graves plaqués au piano qui crée, sinon des dissonances au sein des mélodies, un sentiment de tension voire de malaise.

 

Une œuvre très solennelle sans pour autant être dénuée d’une certaine légèreté qui s’immisce dans l’histoire des deux héroïnes de Nicolas Juncker pour la rendre encore plus poignante.

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 08:47

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  NEW CHERBOURG STORIES 1

 

 

C'est de qui ? Reutimann & Gabus

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble déjà.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Ce sont deux frères jumeaux, peut être pas nés sous le signe des gémeaux mais clairement à part. Tellement à part qu’ils sont dotés d’un étrange pouvoir d’auto- fossilisation temporaire !

Quand on est agent du contre espionnage à New Cherbourg ça peut aider. Et ça va être le cas dans cette étrange affaire de vols de documents dans leurs bureaux.

 

Romuald Reutimann et Pierre Gabus, après leur déjà très original Cité 14, reviennent enfin sur le devant de la scène franco-belge avec cette nouvelle série où, si l’esprit feuilletonnant de leur précédent opus est toujours là, exit l’anthropomorphisme pour des protagonistes humains (mais pas que !) dans un univers à la croisée des genres, où le steampunk, le fantastique et le roman noir s’entrechoquent avec réussite.

 

Casterman a la bonne idée de proposer en album cette série au départ parue sous forme de comics, c’aurait été dommage de ne pas pouvoir faire découvrir au plus grand nombre une oeuvre aussi enthousiasmante et personnelle !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE INVISIBLE RAY

 

 

C'est de qui ? F. Waxman

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Alors qu’il vient de connaître un franc succès avec le score de Bride of Frankenstein, déjà chez Universal, Waxman, dont l’heure de gloire n’arrivera que quelques années plus tard, récidive sur cette série B originale dont l’un des atouts est de réunir à l’écran les deux monstres sacrés du film d’épouvante : Bela Lugosi et Boris Karloff.

 

Malgré un postulat de départ plutôt SF The Invisible Ray tourne vite au fantastique.  Waxman tire les cordes déjà bien éculées du genre mais dynamite sa partition en réutilisant des œuvres de Franz Liszt et en insufflant une dose d’exotisme dans ses thématiques (une partie du film se déroule en Afrique), notamment via les percussions.

 

Tous ces aspects font de la B.O du jour un condensé d’originalité qui sied bien au feuilleton inventif et survitaminé de New Cherbourg Stories.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 10:51

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  L’INSTANT D’APRES

 

 

C'est de qui ? Zidrou & Maltaite

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, mais pas ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Alors qu’elle fait son show sur la scène d’un club de strip aux States, Blandine a le mauvais pressentiment qu’Aline, sa jumelle, a des problèmes. Et elle ne s’y trompe pas, cette dernière s’est tout bonnement volatilisée alors qu’elle était en voiture avec son mari.

Notre héroïne adepte de l’effeuillage va découvrir-par l’intermédiaire d’un détenu qui en a fait son cheval de bataille- que le cas de sa sœur n’est pas isolé et que depuis des années des gens disparaissent comme par magie sans laisser de traces.

 

Vous vous demandez si, en révélant plus avant l’intrigue je vous spoilerai la suite (et fin) de l’histoire ? Il s’avère que non ; pas vraiment. Ce nouveau Zidrou, décidément toujours prolifique, est un peu dans la veine des one shots du scénariste où l’ambiance, les répliques et les protagonistes comptent plus que le scénario à proprement parler.

 

Si l’on rentre bien dans l’album et que l’on est tenu par les péripéties, on le referme avec tout de même un petit sentiment de frustration.

 

La partie graphique, assurée par un Maltaite et son style graphique ligne claire qui sied si bien au look des sixties, est très réussie, et rappelle que le dessinateur est aussi à l’aise dans le Noir que ce qu’il a pu l’être dans ses reprises des grands classiques ou ses trop rares albums plus adultes.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : DREAMS OF A LIFE

 

 

C'est de qui ? B. Adamson

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? La vie de Joyce Carol Vincent aurait très bien pu inspirer Zidrou pour l’un de ses scénarios, en effet, après une vie assez énigmatique qui passe par des petits boulots aussi éphémères que ses compagnons, à la rencontre de personnalités célèbres comme Mandela ou B.B King, Vincent meurt seule dans son lit où son corps va rester trois ans avant d’être découvert dans un état, vous vous en doutez, de décomposition avancée, la télé toujours allumée.

 

Je n’ai pas vu le biopic consacrée à Vincent, Dreams of a Life, mais sa B.O, que l’on doit au gentleman compositeur Barry Adamson, ne laisse que peu transparaitre le sordide et le pathétique de son sujet. En effet, les amateurs du musicien seront heureux de retrouver les recettes qui ont fait son succès et celui d’une partie des scores des films de David Lynch auxquels il a contribué.

 

Un jazz lounge oscillant entre le groove sexy et l’atmosphérique plein de suspense, mélangeant instruments et électronique sur des pistes où l’on retrouve des réminiscences des influences d’Adamson allant de Gainsbourg à Badalamenti en passant par Marvin Gaye.

 

Ambiance noire et éthérée pour une BD qui n’en demandait pas tant !

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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