15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 13:16

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  PACIFIC PALACE

 

 

C'est de qui ? C. Durieux

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Je dirais que non.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Spirou et son inséparable Fantasio officient comme grooms non pas au Moustic mais au Pacific Palace et voilà que leur quotidien est chamboulé par l’arrivée d’un dirigeant de l’est, fuyant la révolte dans le pays où il avait installé une sanglante dictature.

Personne n’est franchement ravi à l’idée de servir un tel individu, pour qui l’établissement a été privatisé, mais Monsieur Paul, gérant de l’Hôtel fait marcher son monde à la baguette.

 

Si Fantasio est assez hostile au tyran et à sa garde rapprochée il n’est pas insensible au charme d’Elena, sa fille, pour laquelle Spirou a carrément eu le coup de foudre.

Bien vite, dans cette atmosphère tendue, nos deux compères vont assister aux tractations politiques et autres manigances en haut lieu.

 

 

Un nouveau « Spirou de » des plus original duquel se dégage une atmosphère douce-amère, naviguant entre la mélancolie de l’histoire d’amour impossible entre Spirou et Elena et le suspense feutré à l’ancienne de l’intrigue politique.

 

Une ambiance renforcée par un graphisme assez épuré notamment sur les visages des protagonistes où le trait aérien de Durieux, si assez éloigné des canons de la série mère, sert bien son propos, le tout dans des tons de couleurs presque diaphanes fort bien choisies.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LEON MORIN PRETRE

 

 

C'est de qui ? Martial Solal

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après une décennie à jouer avec les plus grands noms du jazz Martial Solal pousse la porte du 7° Art en écrivant la musique de l’un des films de son ami le réalisateur Jean Pierre Melville. Suivront Godard, Cocteau et Verneuil (excusez du peu là encore) avant de retrouver Melville pour cette adaptation assez austère d’un roman qui ne l’est pas moins sur l’attraction qu’exerce un jeune et beau curé sur ses ouailles féminines.

 

Solal laisse de côté ses riffs de jazz pour composer des thèmes plus sages et solennels, inspirés par le classique et, évidemment, la musique religieuse.

Le travail avec le réalisateur est aussi fusionnel que difficile, du propre aveu du compositeur qui tente tout au piano avant de transformer sa partition pour un orchestre plus conséquent.

 

C’est probablement de là que vient cet aspect à la fois dépouillé mais intense de la musique, moins présente que sur les autres scores écrits par Solal mais bien plus évocatrice. Mélodrame sensible, tragédie de mœurs, des associations quasi vénéneuses qui rendent le Spirou vue par Durieux un peu plus noir, ce qui lui va fort bien.

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 14:42
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES 5 TERRES. L’OBJET DE VOTRE HAINE.

 

 

C'est de qui ? Lewelyn & Lereculey

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, sur les précédents.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Fin de cavale dans ce nouveau tome pour Astrelia qui va apprendre dans la douleur que la vengeance est un plat qui non seulement se mange froid mais peut se révéler des plus amers. Pendant ce temps son cousin, sous ses airs de gentil chaton règne d’une main de fer sur Angelion n’hésitant pas à intensifier ses représailles sur les étudiants aux idées progressistes. Toute cette cruauté a néanmoins un prix : son Ombre se rapproche de son prédécesseur, son garde du corps commence à entrevoir la nature de celui qu’il sert et le conseil lui est plus hostile que jamais.

 

Cet avant dernier volet du premier cycle des Cinq Terres est donc, vous l’aurez compris, aussi riche en rebondissements qu’en longues scènes de  dialogues politiques sur le pouvoir et ses dangers qui - si assez basiques parfois- se font clairement l’écho de la situation mondiale actuelle. Plus que sur les précédents encore, L’Objet de votre Haine justifie comparaison à la série TV Game Of Thrones dans ce qu’elle a de meilleur.

 

Ajoutez à cela une partie graphique toujours aussi léchée (Lereculey est décidément un stakhanoviste surdoué du dessin !) et vous obtenez –encore- un album quasi parfait qui se lit trop vite et sur lequel on aura plaisir à revenir dés la sortie du prochain voire plus tard quand les ramifications des différents cycles se feront jour !

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE CRIMES OF GRINDENWALD

 

 

C'est de qui ? J.N. Howard

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? En une paire de décennies James Newton Howard s’est imposé comme le compositeur de score de fantasy capable de naviguer du coté dark voire fantastique de celle-ci jusqu’à son aspect grand spectacle quasi familial sans se perdre en route.

 

Ses travaux pour Night Shyamalan ou les récentes « adaptations » live de la Belle au Bois Dormant et de Blanche Neige ont démontré que le bonhomme savait poser une ambiance en conjuguant le sens du grand spectacle à consonnance gothique.

Le prequel d’Harry Potter ayant un ton un peu plus mature (quoique !) Howard a donc naturellement été embauché pour mettre en musique les deux volets déjà sortis.

Sans thème trop catchy et fortes quelques assonances aussi inattendues qu’intelligemment utilisées, avec des solos de piano aux accents tragiques et autres  percussions électroniques  sourdes et massives, les atmosphères sombres sont ici légions, et vont bien aux nombreuses scènes dramatiques de ce nouvel album des 5 Terres. On zappera peut être les aspects plus « potteriens » de la B.O où le compositeur cherche à se rapprocher des premiers thèmes de John Williams, voire flirte avec les grandes œuvres d’Elfman pour Burton.

 

Dans l’ensemble un score plus typé fantasy aurait peut-être mieux convenu mais ils ne sont pas légion et un panache d’ambiances est tout de même intéressant sur cette série aux qualités manifestes qui mérite le haut du panier comme accompagnement musical.

 

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 10:46
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SPIRITE. TUNGUSKA

 

 

C'est de qui ? Mara

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Drakoo

 

 

Déjà lu chez B.O BD? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? La Grosse Pomme, les années 30. Un jeune homme passionné par les esprits se retrouve embarqué dans une séries d’assassinats étranges perpétrés sur d’autres spécialistes des fantômes, à commencer par son professeur en spiritologie.

 

Il va devoir faire équipe avec une jeune journaliste aux dents longues à qui son patron a refilé la rubrique surnaturelle mais qui ne croit pas en toutes ces superstitions. Leur enquête les mène sur une piste qui remonte à un incident survenu à Tunguska au début du siècle et entre héroïne va devoir rapidement revoir son jugement quand notre couple mal assorti se retrouve confronté à tout un bestiaire paranormal mais également à des ennemis de chair et d’os.

 

Première incursion dans le fantastique victorien pour le label Drakoo, après quelques débuts de série orientées fantasy et c’est Mara, auteure complète de Clues et, plus récemment, d’un très bon tome de la série Détectives, qui s’y colle.

 

 

Entre son superbe coup de crayon –en traditionnel en plus s’il vous plait (même si colorisé numériquement ensuite)-des plus cartoony voire même franchement disneyen, son sens du découpage très cinématographique, des éléments du genre certes classiques mais bien réutilisés et un  casting accrocheur, elle livre un premier tome plein de rebondissements et qui a tous les atouts pour être une réussite du genre.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : THREE FACES OF FEAR

 

 

C'est de qui ? Nicolosi

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? L’intérêt des scores de films à sketches réside souvent dans le panachage des ambiances musicales. C’est le cas pour cette anthologie transalpine qui a bien vieillie et que l’on doit à Mario Bava, l’un des réalisateurs marquants du giallo.

La musique, pour sa version européenne, est signée Nicolosi, faiseur honnête mais pas toujours inspiré si ce n’est pour aller « emprunter » des idées à ses petits camarades.

 

Plus habitué aux péplums qu’à l’épouvante, il ressort donc pour ces 3 Visages de la Peur une bonne partie de la panoplie de la B.O horrifique à l’italienne : cordes hystériques, cuivres profonds et thèmes passe partout.

 

Néanmoins le résultat est satisfaisant si on cherche un accompagnement à un récit horrifico-humoristique comme ce premier volet de Spirite, nous chercherons cependant quelque chose d’un peu plus original pour la suite, c’est promis.

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 15:36
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  ET ON TUERA TOUS LES AFFREUX

 

 

C'est de qui ? Morvan et Noé

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Morvan souvent et Noé une paire de fois.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un blondinet qui en a plus dans les biceps que dans le ciboulot se retrouve à devoir copuler avec une bombe anatomique pour satisfaire les délires d'expériences  génétiques tendancieuses d'un docteur Schutz (sic!). Mais loin de lui l'idée de tremper là dedans, bien au contraire il va tout faire pour mettre le maléfique savant en déroute! Quitte à payer de sa personne of course!

 

Après ses parodies enlevées de polars américains, lui ayant valu les foudres des censeurs, plutôt que de jouer l’apaisement, Vian/Sullivan enfonce le clou en pondant un récit d’anticipation complètement délirant à l’humour ravageur et outrancier qui flirte avec l’eugénisme et convoque le spectre des expériences nazis dont les cendres fumaient encore et le souvenir rance envahissait probablement la France.

 

A prendre évidement au 36°degré, ce nouvel album bénéficie du trait terriblement sensuel d’Ignacio Noé que l’on a vu chez nous sur une paire de récits érotiques gourmands mais aussi sur une trilogie fantastique prometteuse (hélas jamais achevée). Son style réaliste est juste parfait pour mettre en image ces années 50 fantasmées et un casting décalé composé quasiment uniquement de  bimbos et autres beaux gosses bodybuildés.

 

 

Probablement le plus surréaliste des quatre adaptations signées par Morvan qui rend, je trouve, un bel hommage à une de ses idoles littéraires.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE MAN WITH THE GOLDEN ARM

 

 

C'est de qui ? E. Bernstein

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Sacrée B.O que ce Man with the golden arm, en effet, outre un sujet casse gueule traité de façon peu orthodoxe pour l’époque (nous sommes au beau milieu des années 50 et Hollywwod est encore régie par un code des plus strict pour tout ce qui touche au subversif : sexe, alcool, drogue…), c’est l’une des première réelle incursion du jazz dans le 7° Art, et qui plus est par un compositeur qui n’a alors à son actif qu’une grosse poignée de séries B voire Z peu reluisantes.

 

 Pour son entrée dans la cour des grands Bernstein frappe fort avec une partition qui fait la part belle à la rythmique dès le thème principal (le héros, joué par un Sinatra sur le retour assez crédible, est un batteur) qui est repris pas mal de fois arrangé différemment, mais sait aussi s’apaiser pour jouer la carte des pistes plus cool, voire chaloupées où peu d’instruments sont présents, dans un esprit  qui n’est pas sans faire penser à a très belle B.O d’Un Tramway Nommé Désir, déjà fort jazzy, qu’Alex North a signée quelques années plus tôt.

 

Une ambiance groove old school qui n’a pas pris une ride si tant est qu’on soit allergique au genre (ce qui serait à mon avis fort dommage) et qui rythme bien le délire de Vian revu par Morvan et Noé !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 08:48
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  1984

 

 

C'est de qui ? Derrien et Toregrossa

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Déjà croisés sur le site?Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Depuis le mois de mars de cette étrange année les références au roman 1984 d’Orwell ont fleuri un peu partout, notamment sur la Toile, pour faire référence à la situation que l’on vit, que ce soit chez nous ou à l’échelle mondiale.

 

Et si dire que l’auteur était visionnaire révèle clairement de l’euphémisme, tout comme pour le Gulliver dont nous parlions il y a peu, ou la Ferme des Animaux, évoqués ici aussi cette année à l’occasion de la sortie du second tome du Château des Animaux, peu de gens ont lu ces œuvres pourtant majeures de la littérature.

 

Qu’à cela ne tienne, comme pour les deux titres cités ci dessus (oui, oui je sais pour la Ferme !) 1984, qui tombe dans le domaine public début 2021, se voit adapté en BD, et pas une, ni même deux, mais bien trois fois en l’espace de quelques mois !

 

Penchons nous sur la version signée Derrien et Toregrossa qui réussit à condenser le texte d’Orwell en 120 pages tout en en gardant l’ambiance ô combien anxiogène et ces thématiques fortes.

 

 

Nous voilà donc dans une Angleterre dystopique et totalitaire où les humains sont divisés en classes, l’une complètement dominée par le tout puissant Parti, qui règne par la peur et l’asservissement, l’autre, le prolétariat, quasiment livré à lui même dans une pauvreté crasse.

Un homme et une femme vont braver les interdits et tomber amoureux mais payeront le prix fort pour leur désobéissance.

 

Le parti pris graphique est intéressant, avec une majeure partie de l’album en noir, blanc et gris qui retranscrivent bien l’atmosphère glauque et écrasante de la vie sous l’œil de Big Brother, tandis que les quelques scènes d’intimité et de bonheur des deux protagonistes fait apparaître de belles couleurs.

Le scénario évite l’écueil du récitatif trop présent sans – donc- trop diluer le propos d’origine.

 

Un album certes peu joyeux pour finir une année qui ne l’a pas été non plus, mais qui a le mérite de donner une vision intéressante d’un roman toujours cruellement d’actualité

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :I THINK WE’RE ALONE NOW

 

 

C'est de qui ? A. Taylor

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Il semble évident qu’Adam Taylor a été approché pour mettre en musique ce scénario post-apo suite au succès –amplement mérité- de l’adaptation télévisée d’Handmaid Tales où ses compositions participaient grandement à la réussite de l’ensemble.

 

Reprenant la formule qui a fait la réussite de la série en question, Taylor marie à nouveau les instruments acoustiques aux nappes et effets électroniques pour créer des paysages musicaux planants et anxiogènes aussi subtils qu’insidieux.

 

Laissant quelque peu de coté le minimalisme dont il est friand, il lorgne pas mal ici sur le travail qu’Angelo Badalamenti a fourni pour son compère David Lynch, mélangeant un mélo faussement sirupeux à un tragique pesant.

Vous l’aurez compris, ici non plus on n’est pas là pour rigoler, mais les deux media se complètent à merveille !

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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