31 janvier 2017
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10:09
LA BD:
C'est quoi : HEARTBEAT
C'est de qui : M. Llovet
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Non
C’est édité chez qui ? Ankama
Une planche:
Ca donne Quoi ? Le manga, on l’a souvent vu chez nous, n’est plus depuis longtemps, l’apanage des auteurs orientaux puisque que ce soit aux States ou en Europe, nombre de dessinateurs ont produit des choses qui n’ont pas à rougir face à leurs cousins asiatiques.
Maria Llovet, auteur espagnole assez peu connue chez nous (seuls trois de ces titres ont été traduits en français il y a une poignée d’années) peut se targuer de faire partie du lot ; son Heartbeat, sorte de variation vampirique dans un lycée japonais où une hjeune élève, rejettée par certains étudiants à cause de ses origines sociales modestes, va rencontrer un buveur de sang aussi charismatique que dangereux.
Alors attention, on n’est pas dans Twilight non plus hein, faut ps déconner, ce serait le cas je n’aurais pas pris la peine de lire et de chroniquer ce titre ; non ici on est sur un quasi exercice de style au scénar malsain et aux graphismes hybrides qui empruntent autant à des gens comme Paul Pope, James Jean qu’à, dans une moindre mesure, Suehiro Maruo.
La forme est donc aussi importante sinon plus que le fond et seuls les textes poétiques qui rendent l’ensemble un brin bavard sont à regretter.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? DRACULA
C'est de Qui ? T. Morris
La couv'
Déjà entendu chez nous? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Vous savez que je suis un grand amateur devant l’etrenel du roman de Bram Stoker, ainsi, quand une adaptation voit le jour, qu’elle soit sur papier, petit ou grand écran, je me surprend chaque fois à espérer qu’elle fera, ne serait-ce qu’en partie, honneur à la version d’origine.
Làs, ce ne fût pas le cas sur cette (heureusement) éphémère série TV où la prod a eu entre autre l’idée saugrenue de confier le rôle du Comte à Jonathan Rhys Meyers pour qui le costume s’est avéré trop grand…et ce ne fût pas la moindre de ses failles.
Mais passons et intéressons nous quelques instants (le temps de la lecture de Heartbeat en fait, ni plus ni moins) à la musique de l’unique saison, que l’on doit au décidément prolifique (mais pas toujours inspiré) Trevor Morris.
Il donne la primeur à l’électronique au détriment de l’orchestre traditionnel ce qui, déjà, pour une série se déroulant dans l’Angleterre Victorienne, peut surprendre, mais admettons. Le souci c’est surtout que l’ensemble reste assez basique, très attendu, avec des montées en puissance rare et trop classiques et une alternance émotion/suspense vite répétitive. Néanmoins, soyons honnêtes, c’est un peu l’ambiance du « manga » de Llovet et la musique de Morris intensifie même cette étrange atmosphère à mi chemin de la série ado et de l’horreur trash.
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Une chronique de Fab
22 janvier 2017
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09:35
LA BD:
C'est quoi : LA PLANETE DES VULVES
C'est de qui ? Micol
La Couv':
Déjà croisé chez nous? Oui
Une planche:
Ca donne Quoi ? La collection BD Cul des Requins Marteaux réserve décidément bien des surprises ! Ainsi cette Planète... par Hugues Micol est loin de n’être qu’un délire érotique au scénario prétexte.
Dans un futur incertain, la population de la France est frappée d’un terrible fléau : plus aucun bébé femelle ne naît. Le colonel Vaugirard, spationaute bas du front et on ne peut plus dévoué, est envoyé en mission sur une planète peuplée de femmes afin d’en « prélever » des échantillons pour les ramener à la mère patrie.
Las, bientôt espionnage et trahisons de toutes sortes vont mettre son devoir en péril.
Ce serait mal connaître son auteur, spécialiste de projets aux antipodes les uns des autres, qui propose ici une variation X des séries B de SF old school dont il dynamite les codes en y insufflant un humour aussi fin que décalé et des références historiques et sociales surprenantes, de l’honneur national aux excès colonialistes le spectre des sujets sur lequel il tire à boulets rouges est large et fait mouche à chaque fois !
Il y a donc, dans cet album au dessin semi réaliste en noir et blanc parfois assez brut, des scènes explicites souvent crues, mais surtout un second degré réjouissant.
LA MUSIQUE
C'est Quoi? LE JOUR OU LA TERRE S’ARRETA
C'est de Qui ? B. Hermann
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Celui qui avait débuté avec Orson Welles avant de devenir le compagnon de route de Hitchcock (comme CV on a vu pire !) était aussi un étonnant innovateur quand il se voyait assigner des projets plus pointus.
Ainsi ce film de SF de 1951, réalisé par Robert Wise, lui donne l’opportunité de mélanger allègrement à un ensemble de cordes des instruments électriques et/ou éclectiques : de la harpe, du vibraphone, du xylophone même ou encore l’instrument définitivement associé à un certain cinéma de genre : le thérémine.
Passant de mélodies sourdes et menaçantes à de véritables envolées hystériques, la B.O de The Day The Earth Stood Still va devenir pour pas mal de compositeurs (hello Danny Elfman !) une source inépuisable d’inspiration, et à juste titre.
Ajouté au déjà sérieux décalage de la Planète des Vulves, l’ambiance est garantie !
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Une chronique de Fab
21 janvier 2017
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17:23
LA BD:
C'est quoi : BLANCHE NEIGE. LA FILLE A LA CHEVELURE MAGIQUE.
C'est de qui : Trif
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Oui.
C’est édité chez qui ? Tabou
Une planche:
Ca donne Quoi ? On a croisé pas mal de versions dites « adultes » des contes classiques dans nos pages et, comme on l’a souvent fait remarquer, si l’on efface les interprétations de tonton Walt, devenues hélas pour beaucoup la norme, il s’avère que ces récits ne sont truculents que dans leurs formes d’origine, bien souvent loin d’être des histoires pour enfants.
L’italien Trif l’a bien compris puisque, depuis quelques années, il s’est attaché à réécrire des indémodables comme Cendrillon ou Blanche Neige en version érotique dans lesquelles il ne manque pas une occasion d’afficher la plastique affolante de ses héroïnes.
Si la trame reste foncièrement la même que celle que l’on connaît, l’artiste au trait semi réaliste sensuel a développé le rôle du Prince et mélange subtilement deux histoires puisque ce n’est rien moins que Raiponce qui s’invite à la fête, ce qui donne lieu à une poignée de scènes saphiques et autres ménages à trois excitants et parfois forts drôles.
Ajoutons à cela une utilisation maligne de Simplet, un prince pas des plus charmants, ou encore la réhabilitation de Grimilde dans son rôle de marâtre (doublée d’un nympho sadique et, forcément, narcissique) le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour et de pas mal d’action, on peut dire que la Blanche Neige made in Tabou est une réussite du genre.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? PORTRAIT OF TERROR
C'est de Qui ? J. Ottman
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Oui.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Celui qui deviendra le composeur quasi-attitré de Bryan « les films de Super-héros, c’est moi » Singer s’est également fait une spécialité des scores de films d’horreur.
Un an après avoir écrit une B.O inspirée pour une version sombre de …Blanche Neige (tiens !), il est mandaté pour mettre en musique un nouveau chapitre de l’éssouflée franchise Halloween qui, le septième tout de même, n’a vu le jour que parce que le réalisateur en vogue Kevin Williamson (Scream) et l’actrice has-benn Jamie Lee Curtis sont associés à son nom.
Faute de temps, le projet cafouille un peu niveau post-prod et ce ne sont qu’une partie des pistes d’Ottman qui seront retenues pour le film, mélangées hasardeusement à des chutes de scores d’autres films de Marco Beltrami à qui échouera la tâche ingrate de tout assembler au mieux (enfin le cas échéant on devrait écrire « au pire »).
Et c’est bien dommage car le travail original d’Ottman, qui porte les séquelles de la B.O du Blanche Neige sus-cité notamment dans les chœurs et murmures féminins, pendants sombres des gimmicks de Elfman, s’il sacrifie bien évidemment aux codes du slasher, n’en reste pas moins fort varié et ne se cantonne pas à n’être qu’une bête illustration de genre.
Ce mélange d’ambiances est à redécouvrir dans sa forme originale, pourquoi pas en lisant cette version débridée des contes de Grimm ?
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Une chronique de Fab
21 janvier 2017
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08:36
Si en temps normal je ne suis pas attiré par tout ce qui est "financement participatif", j'avais fait une exception pour le recueil de courts X de Joel Jurion qui je viens de recevoir.
Le voici donc en ouverture d'un cycle consacré -encore! ^^- à la BD X ce week-end.
LA BD:
C'est quoi : CENT PUDEURS
C'est de qui : J. Jurion et Scebha
La Couv':
Déjà croisé sur le site? Non
Une planche:
Ca donne Quoi ? Si je ne suis pas forcément adepte/favorable à la grande mode de ces dernières années du financement participatif (essentiellement à cause de la dérive mercantile du procédé, mais ceci est une autre histoire), certains projets ne verraient peut être jamais le jour sans le crowdfunding.
Ainsi le recueil qui nous intéresse aujourd’hui est né grâce à la plateforme ulule sur laquelle il a connu un succès assez colossal (plus de 200% du but initial).
On y trouve 9 récits courts de Joel Jurion, dessinateur de Klaw entre autres, qui se livre ici à l’exercice périlleux de l’anthologie érotique, voire carrément pornographique, dans un style graphique hybride intéressant.
Comme à la grande époque des mythiques Eerie, Métal Hurlant et autres, Cent Pudeurs tape dans tous les genres : post apocalyptique, Fantasy, SF, humour… le dénominateur commun étant une sexualité exacerbée donnant lieu à des scènes X parfois fort crues.
Comme souvent dans le concept même du récit court, si certains fonctionnent très bien comme ils sont, une poignée des histoires du recueil sont bien trop brèves, créant une certaine frustration (ce qui, pour une BD érotique est un peu un comble !) et l’on se prend à espérer que, au vu du succès de cette campagne, Joël Jurion aura l’occasion d’en développer quelques unes sur la longueur d’un récit complet (les choix évidents étant La Cause, Le Monde D’après mais surtout La Bataille de Tombe Rouge).
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? DELTA OF VENUS
C'est de Qui ? G. S. Clinton
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Pas plus d’une paire de fois je dirais.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Ce n’est évidemment pas le nom de Zalman King, réalisateur de navets érotiques soft, qui m’a attiré vers cette B.O mais bien celui de Georges S Clinton (rien à voir avec le gourou du P Funk).
Pourquoi me demanderez vous, vu qu’au palmarès du bonhomme on trouve les deux Austin Powers (ouch !) et un Mortal Kombat (re-ouch !) ? Et bien tout simplement car il est également responsable de la musique O combien réussie de Wild Things (Sexcrimes en VF, mention spéciale au traducteur n’est ce pas !), élément clé de la réussite d’un film qui, autrement, aurait pu ne rester que la série B qu’il aspirait à être.
Pour cet improbable relation sexuelle SM entre une écrivain américaine et un compatriote dans le Paris des années 40, Clinton cultive son goût pour les musiques atmosphériques à base de nappes bariolées entre l’ambiant électro et le folklore new-age sans pour autant tomber dans le maniérisme ou la facilité commerciale.
Nous l’avons déjà dit, trouver de la musique adéquate pour un ensemble de récits de genre différents n’est certes pas chose facile, il s’avère que le choix d’un underscoring racé est une option des plus viable !
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Une chronique de Fab
18 décembre 2016
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11:31
LA BD:
C'est quoi : IRONWOOD
C'est de qui : B. Willingham
Une Couv':
Déjà croisé chez nous? Plutôt oui, c'est le scénariste de Fables!
Une planche:
Ca donne Quoi ? Dix ans avant Fables, fleuron du comics, s’il en est, toutes catégories confondues, Bill Willingham s’essayait avec Ironwood, et avec une certaine réussite, à la BD X multi-genres.
Dans un monde fantasy, un héros hâbleur et sur de lui est engagé par une capitaine de vaisseau pour retrouver un sorcier qui doit ôter la malédiction qui pèse sur elle. En cours de récit la jeune femme rencontre une golem nymphomane qui va également lui porter assistance…dans tous les domaines !
Si les scènes de sexe sont nombreuses et explicites, le titre est néanmoins rempli d’humour, que ce soit dans les répliques à double sens, les situations loufoques ou encore les personnalités de certains second rôles.
Coté graphisme Willingham s’en sortait plutôt bien, son trait semi réaliste en noir et blanc, parfois très détaillé (non je ne parle pas que de l’anatomie des protagonistes !) est agréable et bien dans l’esprit de l'époque et du titre.
Les amateurs de fantasy qu’elle soit basique ou un peu décalée ( que ce soient les pastiches de la BD franco-belge ou les trips cinématographiques, de Tygra à Ronal Le Barbare), ceux qui ont passé des heures autour d’une table de jeu de rôle (AD&D en tête), trouveront cette lecture fort divertissante et si le scénario n’est clairement pas aussi fouillé que celui de Fables, il n’en reste pas moins très fun à suivre et, surtout, n’est pas qu’un prétexte à la gaudriole.
Beaucoup des futurs thématiques de la série (Fables donc !) sont, en substance, déjà présents dans Ironwood qui est probablement l’une des BD X les plus « recommandables » que l’on ait croisées dans nos cycles.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? QUEST FOR CAMELOT
C'est de Qui ? P. Doyle
La couv'
Déjà croisé par ici ? Oui.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Mettons évidemment tout de suite de coté la poignée de chansons interprétées par un casting de stars (également responsable des voix du film en V.O) et dignes des plus mauvais Disney de la dernière décennie ce qui, vous le savez, n’est pas chez nous gage de qualité, pour ne nous intéresser qu’au travail musical de Patrick Doyle.
Malade à l’époque de la composition, Doyle ne bâclera pas pour autant le travail, mélangeant certains des motifs typiquement shakespeariens que l’on retrouve dans ses admirables collaborations avec Kenneth Branagh aux envolées épiques qu’il a pu écrire pour Shipwrecked.
L’enchainement parfois frénétiques des scènes du dessin animé (qui, précisons le, sera un bide mérité, n’est pas tonton Walt qui veut !), handicape fortement l’unité du travail de Doyle que les moments d’éclats (les chœurs mâles lyriques ou les incursions folkloriques recherchées) rattrapent bien.
Du score aussi varié que grand spectacle – de qualité – qui ajoute encore à la bonne humeur coquine et potache d’Ironwood.
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Une chronique de Fab