25 février 2018
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07:47
LA BD:
C'est quoi ? LA DECHARGE MENTALE
C'est de qui ? B. Vives
La Couv':
Déjà croisé dans le coin? Plein de fois oui
Une planche:
Ca donne Quoi ? Vives, qui n’aime semble t-il rien moins que passer d’un extrême à l’autre dans ses projets BD avec, avouons le, quasi autant de réussite à chaque fois, reviens ce mois ci faire une incursion dans la collection BD Cul des Requins Marteaux après le déjà bien barré Melons de la Colère.
Alors je ne sais pas s’il s’est dit qu’il allait essayer d’aller encore plus loin avec ce nouvel opus mais force est de reconnaître qu’il est évident qu’il faut prendre La Décharge Mentale au 2° voire 14° degré. D’ailleurs une fausse décharge (hum !) en tout début d’album met le lecteur en garde sur la nature hautement licencieuse de l’histoire.
Quid donc de cette histoire me demanderez-vous ?
Michel tombe par hasard dans une station service sur Roger, un vieil ami qui semble pas mal perturbé. En le ramenant chez lui, une immense baraque bourgeoise, Michel va faire la connaissance de son accorte épouse et de ses trois adorables filles. Invité à diner, il va découvrir les mœurs très (très !) particulières de cette famille pas comme les autres, toute dévouée au bien être de ce pauvre Roger.
Sur ce scénar digne d’un film porno, Vives propose des situations à la limite du politiquement correct (mais ténue la limite !) à, comme je le disais en préambule, ne pas prendre au pied de la lettre. Tout ici est de l’ordre du jusqu’au-boutiste, subversif à mort, dans un délire complètement assumé.
La bonne surprise de l’album c’est le dessin, qui, dans la lignée de Lastman par exemple, s’est fait moins léger que sur les Melons par exemple, avec des visages très expressifs et des corps très réussis.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :LE MARIAGE COLLECTIF
C'est de qui ? J.P Mirouze
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Non
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Vous reprendrez bien un peu de funk psychédélique complètement dépassé ?
Alors, pour rester dans le décalage volontaire, le second degré abusé et la référence appuyée, c’est Jean Pierre Mirouze, pourtant pianiste diplômé du conservatoire et assistant entre autre de Pierre henry, qui nous fournit une poignée de pistes où le synthé dégouline de tous les cotés sur une boite à rythme limite disco, le tout composé pour un film érotique tourné en Suède et censé faire l’apologie de la vie en communauté prônée par la génération hippie (déjà morte ?) aux States …rien que ça.
Après comme dit ci-dessus, on est dans un délire assumé donc forcément ça marche du tonerre et ça appuie même bien comme il faut sur le coté parodique extrême.
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Une Chronique de Fab
24 février 2018
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13:22
Un week-end consacré à la bd de genre, à réserver aux plus avertis de nos lecteurs, avec deux nouveautés aux antipodes l'une de l'autre!
LA BD:
C'est quoi ? INGUINIS TOME 2
C'est de qui ? Even & Guénet
La Couv':
Ca donne Quoi ? Maintenant qu’elle a la certitude que son père a été assassiné, et que quasiment tous les autres sculpteurs ont également été victimes de ce qui semble être un immense complot, Artemis se lance dans une enquête pour retrouver les commanditaires, quitte à mettre sa vie en jeu et à ne pas apprécier les réponses à ses questions.
Quelques mois après un premier tome dont nous avions salué ici la sortie, le qualifiant de chainon manquant entre Muréna et Messalina, voici le second et dernier. L’intrigue est corsée et prenante et demandera de ne pas se mélanger les pinceaux dans les noms et fonctions des protagonistes, surtout que l’on est continuellement distrait par les dessins réalistes sensuels de Guénet, pas avare en scènes torrides et plutôt calé en anatomie !
Inguinis se révèle être une bonne surprise d’un genre qui tend souvent à se perdre dans ses propres lieux communs.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :LES GLADIATEURS
C'est de qui ? F. Waxman
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Bien souvent même.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Si Les Gladiateurs est la suite de La Tunique, réalisé en même temps et qui sortira l’année d’après suite au succès inespéré de ce dernier, sa B.O est signée par Franz Waxman qui succède donc à Alfred Newman.
Avec des tableaux de chasse qui se tiennent la dragée haute, les deux compositeurs ont un style flamboyant bien à eux mais Waxman considère le travail de Newman comme un exemple et s’en inspire grandement pour le sien.
Il crée néanmoins son propre paysage musical romain, avec force chœurs féminins et cuivres majestueux, les thèmes sont très contrastés, apportant une belle variété à l’ensemble et, si quelques uns sonnent un brin trop pompeux pour cette suite d’Inguinis le reste est d’une qualité indéniable et relève encore le niveau d’une BD de genre aboutie.
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Une Chronique de Fab
4 février 2018
7
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/2018
09:48
LA BD:
C'est quoi ? QUELQUES PINCEES DE DESIR
C'est de qui ? Divers
La Couv':
Déjà croisées dans le coin? Non
C’est édité chez qui ? Tapages Nocturnes
Une planche:
Ca donne Quoi ? C’est une autre anthologie de récits courts – également parus dans les numéros hors-série du magazine L’Immanquable- à laquelle nous consacrons la suite de notre cycle Bd X du week-end.
Quelques pincées de désir a la particularité d’être composé d’histoires exclusivement réalisées par des femmes, quatre artistes européennes et une américaine débutantes ou non dans le monde de la BD, qui nous livrent ici un panel qui va de l’érotisme sensuel avec, en guise d’ouverture fort réussie ce peintre au pouvoir bien particulier, bucolique avec l’après-midi coquin d’un couple à la campagne, SF dans une variation amusante sur la Poison Ivy de Batman, à des choses plus crues comme par exemple ces retrouvailles fantasmées entre un homme et une femme.
Coté graphismes on a également droit à un panorama de styles assez différents, mais pour la plupart convaincants et bien en phase avec les scénarios.
Un début d’année fripon des plus agréable chez Tapages Nocturnes !
LA MUSIQUE:
C'est quoi :SADEVILLAIN
C'est de qui ? Seanh2k11
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Non
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? L’avenir de la musique réside t-il dans la manipulation électronique et le recyclage de tout ce qui a déjà été fait ?
Vaste sujet que l’on ne se risquera pas à aborder ici mais que j’évoque car je me suis laissé embarquer par le travail du producteur de hip hop Seanh2k11 a eu l’idée saugrenue mais ô combien fine de faire se rencontrer la musique de Sade, la chanteuse qui a connu un certain succès (mérité) dans les années 80/90, et l’univers de MF Doom, rappeur et producteur britannique qui a emprunté son surnom au Doctor Doom, l’ennemi des 4 Fantastiques.
Le résultat est original et convaincant, la suavité et la douceur de la voix de Sade venant contrebalancer la rugosité du flow de Doom, et les instrus, samplés, remixés, triturés, se mélangeant à merveille dans un ensemble sensuel voire sexuel même parfois où le romantisme des morceaux archi connus de Sade sont torpillés (dans le bon sens du terme) par les musiques cinématographiques minimalistes du britannique et le sens du son du producteur responsable du mix.
Un cocktail qui ravira les amateurs de musique intelligente et, bien sélectionné, fera une bande son très chaude à ces Quelques Pincées de Désir.
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Une Chronique de Fab
12 janvier 2018
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15:14
LA BD:
C'est quoi : LES ENFANTS DE L’ARAIGNEE
C'est de qui ? M. Tamura
La Couv':
Déjà lu chez nous? Non
C’est édité chez qui ? Casterman
Une planche:
Ca donne Quoi ? Dans un Japon futuriste ravagé par une guerre nucléaire, au sein de Gothic Town, une ville construite sur des ruines et autres amas, un groupe de jeunes garçons promis à un sombre avenir dans un centre de redressement va s’enfuir et découvrir un programme d’épurement dramatique qu’ils vont tenter d’éradiquer.
Ce résumé aussi incomplet que succinct des Enfants de l’Araignée ne lève qu’une partie du voile glauque et malsain qu’est cet haletant récit fleuve de plus de 400 pages.
Paru il y a une quinzaine d’années sous forme d’épisodes dans un magazine underground japonais, ce récit post-apocalyptique parsemé d’un érotisme malsain, aborde en sous-texte quelques sujets plus profonds que l’on ne penserait, même si parfois très rapidement.
L’intrigue va vite, on est happé par le rythme et la narration de Tamura dont le trait précis et sensuel, à mi chemin d’influences multiples, finit de rendre la lecture de ce pavé clairement addictive.
Certains passages sembleront peut être manquer de développement mais la nature même du manga et son atmosphère très particulière n’en souffrent à mon sens pas.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? OUT FROM OUT WHERE
C'est de Qui ? A. Tobin
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Après quatre albums faits de bricolage (c’est le cas de le dire et titre de son premier d’ailleurs), et une aura et une reconnaissance publique et critique grandissante le brésilien magicien des platines et autres bidouillages sonores produit son premier LP tout en studio.
Avec Out From Out Where s’annoncent déjà les prémices de l’excellent Foley Room, avec entres autres ambiance sanxiogènes et rythmiques syncopées, un vrai sens de la mélodie triturée mais descriptive, viscérale mais illustrative.
Ce n’est pas un hasard si deux des pistes de cet album seront employées pour des B.O de jeux vidéo, ouvrant à Tobin les portes de cet univers qui lui permettra de développer à loisir ses possibilités tout en faisant ses armes sur de la musique en tant que bande originale de …quelque chose.
Un univers délicieusement panaché qui passe d’un froid chirurgical à une langoureuse chaleur hypnotique, un vrai bain sonore que l’on recommande pour accompagner la lecture des Enfants de l’Araignée.
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Une Chronique de Fab
23 décembre 2017
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08:48
LA BD:
C'est quoi : POLYPHONTE
C'est de qui ? Cécile Vallade & Julie Nakache
La Couv':
Déjà croisées chez nous? Non
C’est édité chez qui ? Eidola
Une planche:
Ca donne Quoi ? Ah, une bonne tragédie grecque comme on les aime ! Et pas une très connue en plus, voilà qui est de bonne augure (c’est le cas de le dire !).
Polyphonte, descendante d’Arès (comme ancêtre ça en impose déjà !) par mépris pour l’amour et autres choses concernant les humains, se retire dans la forêt par dévotion pour Artémis.
Mais Aphrodite ne l’entend pas ainsi (ah, ces déesses, quelles carnes des fois !) et décide de maudire l’effrontée. Ainsi voilà que notre chaste héroïne se prend de passion pour …un ours !
Après une nuit d’étreintes passionnées, Polyphonte, en proie à la haine des autres animaux, s’enfuit chez son père où elle accouchera de jumeaux mi-hommes mi-ours qui vont semer la panique et la désolation autour d’eux jusqu’à ce que Zeus en personne se courrouce et fasse changer les deux monstres et leur mère en rapaces.
Sur une adaptation épurée de la romancière Julie Nakache, Cécile Vallade réalise de superbes illustrations –parfois quelque peu osées, réservées donc à un public averti- en noir et blanc, à l’ancienne, étalées sur les doubles pages à l’italienne de ce fort bel ouvrage à l’édition des plus soignée (mention spéciale à la couverture « doublée » !), son bestiaire est frappant de réalisme et l’atmosphère qui se dégage de l’ensemble rend à merveille le drame de Polyphonte.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? CONCERTO POUR VIOLON N°2
C'est de Qui ? B. Bartok
La couv'
Déjà entendu sur B.O BD? Quelques fois oui.
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Au départ l’idée de Bartok était d’écrire un thème qu’il aurait ensuite traité sur le mode de la variation, destiné à être joué par le violoniste Zoltan Székely. Ce dernier demande au compositeur de lui écrire quelque chose de plus traditionnel à la place, Bartok s’exécute et livre ce concerto (seul publié de son vivant) en trois mouvements tout en incluant son idée de base dans le second mouvement.
Les thèmes des deux derniers mouvements, si pas à proprement parler dodécaphoniques, utilisent néanmoins les douze tons. Moins abrupt que d’autres pièces du compositeur, un auditeur peu familier de la musique sérielle pourra trouver néanmoins certains passages revêches.
Les mélodies plus légères de la fin, qui ne sont pas parfois sans faire penser à la valse, devraient calmer ce sentiment.
D’une nature à mon sens très cinématographique dans sa variété et sa force d’évocation, le concerto de Bartok fait un contrepoint intéressant à Polyphonte et sa poésie bucolique tragique.
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Une Chronique de Fab