2 juin 2019
7
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11:47
LA BD:
C'est quoi ? HOT POLICE
C'est de qui ? Varenne
La Couv':
Déjà lu sur le site? Non
C’est édité chez qui ? Tapages Nocturnes
Une planche:
Ca donne Quoi ? L’inspecteur Hotman (sic!) est un dur à cuire, une sort de Dirty Harry à la française qui opère à la Brigade des Mœurs sous l’autorité d’une charmante mais non moins efficace commissaire.
Ensemble ils s’occupent de diverses affaires (intimidation, racket, trafic, …) avec une efficacité redoutable, notre inspecteur n’hésitant pas à donner de sa personne au besoin !
Ce ne sont pas moins de cinq récits inédits du vétéran Alex Varenne que nous propose Tapages Nocturnes dans ce Hot Police. Mélange de polar noir et de X – l’album est à classer dans les œuvres plutôt hard de l’auteur- ces histoires courtes donnent à l’artiste l’occasion de proposer des scènes osées s’il en est avec force gros plan et autres cadrages explicites.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :PEUR SUR LA VILLE
C'est de qui ? E. Morricone
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oh oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Verneuil est le réalisateur français avec lequel Ennio Morricone a le plus travaillé. Leur cinquième film ensemble surfe sur le succès des Dirty Harry avec un tueur psychopathe effrayant et un Bebel gouailleur au possible qui cascade dans tous les coins.
Le compositeur italien écrit un thème oppressant au possible, dirigé par la basse et la caisse claire, sur lesquels le piano puis l'harmonica et le sifflement viennent se poser.
Instruments qui disparaissent ou sont remplacés selon les pistes, variations notables, toujours dans cette atmosphère de suspense tendu via notamment des dissonances intéressantes.
La force de la musique de Morricone est de savoir utiliser des instruments spécifiques sur des genres différents sans pour autant que ses scores soient des « copié/collé » même si, évidement, on reconnaît la patte du maestro.
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Une Chronique de Fab
1 juin 2019
6
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12:42
LA BD:
C'est quoi ? MECANIQUES DU FOUET. VIE DE SAINTE EUGENIE.
C'est de qui ? Dabitch & Gonzalez
La Couv':
Ca donne Quoi ? Il est probable, et je leur présente mes excuses par avance, que les auteurs de Mécanique du Fouet, me feront grief de chroniquer leur album au sein d’un cycle bd érotique.
En effet si leur évocation de la vie d’Eugénie Guillou - jeune femme du début du siècle dernier qui passa de bonne sœur à tenancière de maisons closes, amatrice d’expériences sadomasochiste- contient des images assez explicites, la réduire à une BD de genre serait aussi facile que trompeur.
Véritable destin de femme en miroir d’une époque et de mœurs, Mécaniques du fouet raconte la désillusion d’une jeune fille rentrée dans les ordres qui y découvrira que l’église n’est que le reflet des vices de la société et qui, évincée de son couvent, se reconvertira dans le commerce du plaisir, des plaisirs même ; les plus coupables, les moins avouables ; jusqu’à ce que la police viennent y mettre un terme et qu’Eugénie disparaisse de la circulation.
Christophe Dabitch, a visiblement été happé par son héroïne, au point même qu’à un moment les rôles s’inversent et notre scénariste devient acteur de sa propre œuvre le temps de promettre à son héroïne malheureuse de la canoniser.
Les chapitres sont entrecoupés de réflexions et témoignages personnels sur la création cathartique de cette biographie qui immerge plus encore si c’était possible le lecteur.
Esquisses, tableaux amorcés, dessins superposés, encres sauvages, couleurs fauves, dessins « à la manière de »…l’artiste argentin Jorge Gonzalez multiplie les techniques, dépassant le cadre de la bd classique pour proposer une partie graphique aussi torturée et tourmentée qu’à pu l’être son sujet pour un résultat parfois saisissant.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :LA NUIT TRANSFIGUREE
C'est de qui ? A. Schoneberg
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Non
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Œuvre contemporaine de l’époque à laquelle vécut Eugénie Guillou, la Nuit Transfigurée, écrite pour un sextuor de cordes, est probablement une œuvre charnière chez Schoenberg.
Celle où il s’affranchit de l’ombre imposante de ses maîtres à penser – Brahms, Wagner – et où il s’inscrit dans un post-romantisme où les passions sont exprimées plus farouchement, où le lyrisme un brin pompier des anciens est mis à mal par un jeune artiste de 25 ans qui n’hésite pas à aller jusqu’aux limites de la tonalité (Schoenberg sera d’ailleurs plus tard un fervent amateur du dodécaphonisme).
L’alternance entre passages tout en retenue et envolées mélodiques poignantes fait de cette Nuit Transfigurée, ode à l’amour envers et contre tout, une pièce très en phase avec Mécaniques du Fouet.
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Une Chronique de Fab
20 janvier 2019
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10:37
LA BD:
C'est quoi ? LE MONDE FANTASMAGORIQUE D'ALYS
C'est de qui ? Manara & Ressa
La Couv':
Déjà croisées chez nous? Non
C’est édité chez qui ? Tabou
Une planche:
Ca donne Quoi ? Curieuse destination pour des vacances qu'un monde où c'est le sexe est aussi important que noble et où les hommes ne sont pas les obsédés qu'ils sont dans le notre. Alis est bien décidée à en profiter même si cela implique de s'accoupler avec un griffon, de dialoguer avec une elfe ou d'être obligée d'apprendre la sexualité à une androïde !
Dans la famille Manara je voudrais la sœur, Nives. En effet c'est elle ici qui dessine cette variation de Le Royaume magique de Landover de Terry Brook, où Franco Ressa brocarde le genre avec humour et légèreté, ponctuant son scénario de clins d'oeils (l'androide de Métropolis par exemple).
Graphiquement le trait est moins porté sur l'hyperréalisme que celui du grand frère, mais on appréciera le coté old-school et la sensualité à fleur de peau.
Pour le coté érotique, si les gros plans sur les parties intimes des protagonistes sont nombreux, les scènes de sexe restent assez soft.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : THE GEISHA BOY
C'est de qui ? W. Scharf
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Deux fois je dirais.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Scharf débute dans les années 30 à Hollywood, il écume les grands studios écrivant plus d'une centaine de scores et, malgré une dizaine de nominations aux Oscars, n'en recevra aucun.
Spécialisé dans les musiques de genre, il en écrit une poignée pour les films de Jerry Lewis à l'époque où l'acteur est en odeur de sainteté et enchaîne les longs métrages aux qualités plus ou moins évidentes.
Pour The Geisha Boy, aux codes de la comédie, Scharf ajoute une touche orientalisante certes facile mais qui amène une originalité intéressante.
Le thème est très accrocheur, ses variations intelligentes dans l'expression des sentiments, que ce soit dans la comédie ou le pathos, Scharf a un sens de la respiration musicale poussée qui évite la surenchère.
Un accompagnement musical original pour une BD qui ne l'est pas moins.
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Une Chronique de Fab
19 janvier 2019
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16:33
LA BD:
C'est quoi ? BEZIMENA
C'est de qui ? N. Bunjevac
La Couv':
Déjà croisée chez nous? Non
Une planche:
Ca donne Quoi ? Benny, un jeune homme obsédé sexuel et complètement inadapté à la vie en société trouve un emploi de concierge dans un zoo qui lui permet de rester à l’écart.
Jusqu’au jour où il aperçoit la jeune fille qui occupait toutes ses pensées à l’école, devenue jeune femme, qui, en visite au zoo avec une amie, va oublier son carnet de croquis sur un banc.
Benny récupère le carnet qui révèle l’avenir et qu’il lui indique qu’il doit avoir des relations sexuelles avec les deux femmes.
Si ce pitch pourrait faire penser à un énième scénario passe partout de BD x, il n’en n’est rien. En effet, Bezimena tente de raconter ce qui se passe dans la tête d’un détraqué sexuel ainsi que son passage à l’acte.
Inclassable sur le fond comme la forme – le livre se compose d’images pleines pages accompagnées en vis à vis de bulles narratives- traité dans un style graphique proche de l’illustration à l’ancienne, l’album de Nina Bunjevac est clairement dérangeant.
Si graphiquement c’est parfois très explicite, l’excitation, vous l’aurez compris, n’est pas de mise au vu du sujet, tout comme de la glaçante postface.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : COLD
C'est de qui ? Nurse with wound
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Non
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Le monde de la musique est décidément trop large pour que l’on puise en connaître tout les méandres.
Même un mélomane acharné n’a pu avoir écho des innombrables variations et développement de genres déjà protéiformes au possible.
Ainsi, en 2018, 40 ans après sa formation, j’ai découvert Nurse with wound, projet du britannique Steven Stapleton qui a accueilli au sein de son concept autant d’artistes divers que ce qu’il a produit de galettes.
Bruitiste, expérimentale, fricotant avec les canons de la new-wave, de l’ambiant, de l’industriel voire, aujourd’hui apparentée au drone par une jeune génération qui la déterre tel des archéologues découvrant Toutankhamon, la musique de NWW est évidemment et définitivement dérangeante et abstraite.
Très rythmique, Cold, tiré de l’album Thunder Perfect Mind, est un long morceau hypnotique à base de percussions métalliques et autres mix de loops étranges, de sons réels et autres bidouillages, devient pour l’occasion une espèce de miroir sonore des errances malsaines du personnage principal de Bezimena.
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Une Chronique de Fab
15 décembre 2018
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09:11
LA BD:
C'est quoi ? LA BELLE ET LA BETE 2.
C'est de qui ? Triff
La Couv':
Déjà lu sur le site? Oui
C’est édité chez qui ? Tabou
Une planche:
Ca donne Quoi ? Si Mirabelle est de plus en plus attachée à la créature, surtout depuis qu’elle peut l’observer dormant nu sous sa forme humaine, la malédiction qui frappe la bête et l’irascibilité de cette dernière rendent leur relation impossible.
C’est pourtant en retournant vivre chez les humains que notre héroïne va découvrir à quel point elle est attachée au prince maudit.
Restant dans cette ambiance sensuelle et sombre qui faisait le charme du précédent tome, l’artiste italien Triff, passé spécialiste de l’adaptation sulfureuse des contes célèbres, conclue, toujours de son trait agréable et suave, cette Belle et la Bête plutôt bien, et attention, si vous êtes de la génération qui a découvert le texte via la version de Disney, préparez vous à tomber de haut (mais ça vous fera du bien !).
Coté érotisme ça reste fort soft mais, comme dit ci-dessus, sensuel en diable avec une héroïne aux courbes divines.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : THE SHAPE OF WATER
C'est de qui ? A. Desplat
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Après avoir travaillé avec quelques une des noms importants de l’industrie de la B.O, Guillermo Del Toro, pour son dernier en date, dont le coté romantico-gothique tranche tout de même pas mal avec ses précédents longs métrages, fait appel au français Alexandre Desplat (la collaboration sera d'autant plus fructueuse qu'elle rapportera à l'artiste son second Oscar de la meilleure musique).
La sensibilité du compositeur fait mouche dés le thème principal- sifflé !- qui n'est pas sans évoquer celui d'un dessin animé ou un musique de cirque triste.
Le piano, la flûte, un harmonica et même un accordéon sont les autres principaux instruments solistes d'un score aux allures féeriques et romanesques, et pas sans passages plus sombres, qui ne dénotent pas avec le second volet de la version coquine de la Belle et la bête
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Une Chronique de Fab