20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 09:51




 

LA BD:

 


C'est quoi :LE CHÂTEAU DES ANIMAUX. 4. LE SANG DU ROI.

 


C'est de qui? Dorison & Delep



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Casterman



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Les lecteurs de B.O BD doivent en avoir marre que j’encense à chaque fois qu’ils sortent un album,  Fabien Nury ou Xavier Dorison! Mais en même temps, il faut reconnaître que ce sont deux des scénaristes les plus doués de leur génération, quel que soit le genre qu’ils abordent, ce que vient encore confirmer, dans le cas du second, cet ultime tome de sa variation de la Ferme des Animaux d’Orwell.


 

Miss B, Azélar et Oscar continuent la lutte contre Silvio qui, s’il leur a promis des élections, n’en restent pas moins un tyran fourbe et violent, conseillé par ses âmes damnées, que ce soit sa femelle ou son nouveau chef de meute.

 

Mais tous ses simagrés, toutes ses combines ne passent pas -complètement - inaperçues parmi les animaux de la ferme qui sauront trier le bon grain de l’ivraie.

 

Dorison s’inspire évidemment, comme son modèle littéraire, du régime stalinien mais convoque aussi les grandes résistances pacifistes et autres désobéissances civiles qui ont jalonné l’Histoire, glissant des références plus ou moins marquées tout au long de son récit.

 

L’ensemble résonne hélas grandement avec les situations politiques et sociales auxquelles nous assistons encore aujourd’hui un peu partout dans le Monde et, comme Madeleine Résistante que nous avons chroniqué un peu plus tôt dans le mois, la tétralogie de Dorison et Delep est une lecture essentielle à mon sens.

 


 

6 ans auront été nécessaires pour que la série arrive à sa conclusion mais au vu du travail d’orfèvre de Felix Delep personne ne viendra s’en plaindre.

Dessinant “à l’ancienne” l’artiste et son style disneyen fait des merveilles!

Les expressions qu’il parvient à donner à ses personnages aux visages pourtant simples force l’admiration.

 

Le travail de storyteller de Dorison et son sens de la mise en scène font le reste et, surtout, font du Château des Animaux une indéniable réussite sur le fond comme sur la forme!





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :  AGNES VA MOURIR

 

 

 

C'est de qui ? E. Morricone 




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? La décennie des seventies aura indubitablement été la plus prolixe et variée dans la carrière du maestro italien, rien qu’en 1977 il écrit pour du film d’horreur, du thriller politique, un film sur une orque tueuse ou encore des films de guerre.

 

 

C’est évidemment dans ce dernier genre que l’on a pioché le score du jour, celui de Agnès va mourir.

 

 

Morricone y navigue entre romantisme tragique et suspense lyrique, avec, en corps principal, les vents, aux accents mélodramatiques toujours maîtrisés, appuyés par une section de cordes sur un rythme faussement martial qui n’est pas sans faire penser parfois à un hymne.

 

Tout ce qu’il fallait pour conclure notre tragédie politico-animalière.

 

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 09:12

 

LA BD:

 


C'est quoi : UNDERTAKER 8. LE MONDE SELON OZ 

 


C'est de qui :  Dorison & Meyer



 

La Couv':



 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui?  Dargaud



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Alors que la tension monte à Eaden, exacerbée par la furie puritaine de Soeur Oz, Jonas Crow essaie tant bien que mal de protéger Rose et son époux ainsi que la jeune femme que ce dernier doit avorter.

 

Mais très vite la situationdégèner quand la fanatique réussit à rallier une grande partie des habitants de la bourgade à sa cause et le domicile des époux Prairie est pris d’assaut0.

Tandis que Jonas et le docteur tentent d’aller chercher de quoi opérer puis d’aller quérir le secours de l'armée, le point de non-retour va être franchi. 



 

Les thématiques abordées par Dorison dans ce diptyque résonnent cruellement avec l’actualité aux States: bigoterie exacerbée, poids de la religion sur la politique, croisade contre l’avortement, homophobie, abrutissement des masses, actions extrêmes…



 

Le scénariste met fort bien la forme au service du fond avec un second épisode chargé en tension et en suspense que Ralph Meyer met en images de façon admirable, bien aidé par les couleurs de la talentueuse Caroline Delaby.

 

Des découpages au cordeau, des plans cinématiques en diable, une narration à l'efficacité sans faille, on est clairement sur le haut du panier en BD franco-belge, tous genres confondus.



 

Si le dessinateur a annoncé faire une pause de la série (en même temps ça fait plus d’une décennie qu’il est dessus!) le temps d’un polar historique en solo, gageons qu’il reviendra à l’univers d’Undertaker, surtout au vu de la fâcheuse situation dans laquelle se retrouve notre croque-mort à la fin de ce huitième volet!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THIS MAN CAN’T DIE



 

C'est de qui ?  Tomasi




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Compositeur et pianiste réputé de jazz puis pionnier de la musique électronique de l’autre côté des Alpes, Amédéo Tommasi fait ici son unique incursion dans la B.O de cow-boys.

 

Pour ce western spaghetti très classique le musicien cède quelmque peu à la facilité avec une partition moriconnienne en diable, avec l’attirail au grand complet (cuivres, guitares, perçus galopantes, chœurs lyriques…) dont on appréciera néanmoins quelques arrangements très jazzys plutôt réservés au film noir d’habitude, ce qui va plutôt bien à ce crépusculaire Monde selon Oz.

 

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19 juin 2025 4 19 /06 /juin /2025 07:08


 

LA BD:





 

C'est quoi ? LES GORILLES DU GENERAL. SEPTEMBRE 59.



 

C'est de qui ? Dorison & Telo



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? casterman



 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? A la mort De Gaulle ses “gorilles”, les quatre gardes du corps attitrés du Général, se souviennent de leurs parcours aux côtés du grand homme.

 

Une décennie plus tôt, ce sont d’autres morts qu’il s’agit, ceux de la guerre d’Algérie dont les conséquences divisent la France et qui ont ramené De Gaulle au pouvoir afin de régler le problème.

 

Dans l’oeil du cyclone, l’ancien chef de guerre doit faire face aux dissensions politiques et aux menaces terroristes et sa garde rapprochée doit composer avec cette situation explosive ainsi que leurs vies personnelles.




 

La Guerre d’Algérie et les évènements qui l’entourent est, dans mon souvenir, une période mal enseignée pendant la scolarité  (bon je vous parle d’il y a presque 35 ans certes, put être que ma mémoire me fait défaut) si ce n’est pas sa vocation première, loin s’en faut, Les Gorilles du Général exploite la période avec brio.

 

En effet, difficile de trouver des défauts au scénario de ce premier tome, de l’histoire  aux dialogues, tout est ciselé et fait mouche, le tout porté par une narration virtuose.

 

Alors certes les férus d’Histoire un peu (trop?) pointus tiqueront sur les libertés prises avec la réalité, mais Dorison prévient d’entrée de jeu que son but était l’ “évocation” des hommes qui l’ont inspiré et non une série à visée documentaire.

Il en remet même une couche en conclusion d’album avec notamment un solide dossier historique qui met l’accent sur les différences entre la BD et l’Histoire.

 

 

Julien Telo quant à lui prouve qu’il est capable de la même maestria sur l’univers fantasy d’Elric que dans la France de cette fin des années 50, que ce soit au dessin comme à la mise en scène.

 

Ses décors, ses voitures, son casting  immergent  complètement le lecteur dans l’ambiance de l'époque et ses personnages ont des “gueules” bien reconnaissables, le tout dans un style semi-réaliste qui s’inscrit dans la lignée des grands dessinateurs du genre.



 

Une belle découverte doublée d’une vraie  réussite qui font de ces Gorilles du Général, amené à être développé sur pas mal de tomes, un très probable  futur classique!





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : AND AGNES CHOOSE TO DIE



 

C'est de qui ? E. Morricone




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans une décennie complètent folle où il compose certaines années plus d’une douzaine de B.O sans quasiment jamais sacrifier à la qualité, Ennio Morricone change de style comme de chemise.

 

 

 

Ainsi en 1977 il écrit pour du film d’horreur, du thriller politique, un film sur une orque tueuse ou encore des films de guerre.

 

 

 

C’est évidemment dans ce dernier genre que l’on a pioché le score du jour, celui de L’Agnese va a morire, qui partage plus d’un élément avec ce premier tome d’Au nom du pain puisqu’il se déroule dans les années 40 et que  l’on y retrouve aussi une jeune femme dont le mari a été victime de l’ennemi et qui va entrer dans la résistance.

 

 

 

Le maestro italien navigue entre romantisme tragique et suspense lyrique, avec, en corps principal, les vents, aux accents mélodramatiques toujours maîtrisés, appuyés par une section de cordes sur un rythme faussement martial qui n’est pas sans faire penser parfois à un hymne.

 

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11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 09:27





 

LA BD:





 

C'est quoi ? 1629 OU L'EFFRAYANTE HISTOIRE DES NAUFRAGES DU JAKARTA TOME 2




 

C'est de qui ? Dorison & Montaigne




 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat




 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Après la mutinerie orchestrée de main de maître par Jeronimus Cornélius, le Jakarta s’est échoué sur un archipel désert de l’océan Indien non loin de l’Australie.

 

Devenu de fait chef des survivants alors que les officiers sont partis chercher des secours, Cornélius agit comme un tyran sanguinaire mais dans le style main de fer dans gant de velours: tout en subtilités aussi machiavéliques que funestes.

 

Seule Lucrétia arrive encore à lui tenir tête mais l’emprise du nouveau “maître à bord” entraine bientôt le lot de naufragés vers de drastiques extrémités. 

 


 

Changement de décor pour cette suite toute en tension de 1629, exit le huis-clos du navire pour celui de l'île déserte, tout aussi anxiogène surtout que là, face à une petite poignée de gentils, se dresse tout un ramassis de très méchants.



 

Le duo talentueux derrière ce diptyque à l’édition classe connaît son métier que ce soit du coté de Dorison et son savoir-faire pour ménager ses effets, rendre sa narration captivante, et proposer au lecteur une relecture d’un fait divers historique réel sous forme de récit de genre très maîtrisé, ou, au dessin, un Montaigne en grande forme qui, après les décors hauts en couleurs maritimes du tome précédent, propose ici des planches très abouties où suspense et grand spectacle disputent la vedette à un casting accrocheur et expressif.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE LIGHTHOUSE



 

C'est de qui ? M. Korven




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Après avoir mis un bon coup de pied dans la fourmilière de la musique de film d’épouvante grâce à son travail léché sur The Witch, le canadien Mark Korven collabore à nouveau avec le réalisateur du film sus-cité pour The Lighthouse, huis clos où Robert « Twilight » Pattinson affronte le monument Willem « Dernière Tentation du Christ, mais pas que » Dafoe, au sein d’un phare.

 

Spécialiste de la word music, Korven a poussé le vice jusqu’à créer un instrument spécifique, mélange de choses diverses (orgue indien, vielle à roue, sitar, theremin, violoncelle et j’en passe) qu’il a sobrement baptisé « The Arprehension engine ». Ce redoutable hybride dont aurait rêvé des gens aussi divers –et talentueux- que Gyorgi Ligeti,  Jimmy Page ou David Gilmour, crée des sons assez ahurissants, comme tout droit sortis d’un cauchemar musical.

 

Le compositeur a mis son invention à profit donc sur la musique de The Lighthouse, tissant des thèmes aux harmoniques aussi sombres que crispantes parfois, des grincements sonores personnifiant le vent, la marée, les craquements du bois. Les cuivres quant à eux, nombreux et variés semblent imiter les sirènes de bateau, les hurlements des créatures marines étranges.

 

B.O quasi organique aux mélodies rares et arides, jouant plus sur la tension sonore que sur la musicalité, The Lighthouse traduit par ses atmosphères plaintives et menaçantes toute la noirceur de ce tome 2 de 1629.

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17 juin 2024 1 17 /06 /juin /2024 07:34

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? ULYSSE ET CYRANO




 

C'est de qui ? Dorison, Servain & Cristau



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Casterman



 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Dorison et Servain.




 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Paris, les années 50. Le jeune Ulysse aime la peinture plus que les mathématiques, mais dans la famille Ducerf on est destiné à reprendre l’entreprise de béton familiale donc il faut bosser son bac.

 

Enfin tout ça c’était avant que des accusations de collaboration pendant la Guerre oblige le père a envoyer femme et enfant au vert, en Bourgogne.



 

Là, le jeune garçon découvre deux choses qui vont encore plus l’éloigner de ses études: la charmante Marie, une jeune fille de son âge fille d’aubergiste mais brillante élève et, surtout, Cyrano, un cuisinier hors pair qui a tout envoyé valsé quelques années auparavant et qui va reprendre du service pour permettre à Ulysse de vivre sa nouvelle passion: la cuisine!



 

De prime abord j’étais plutôt mitigé quant au nouveau Dorison (coécrit avec Antoine Cristau), n’étant pas du tout fan de la hype qu’il y a eu autour de la cuisine depuis pas mal d’années, à grands renforts d’émissions télé et autres blogs et sites internet.

 

Pas que je rechigne à me mettre aux fourneaux, loin s’en faut, autant par goût que par obligation, mais de là à lire tout une BD sur un cuisinier (j’ai jusqu’ici d’ailleurs fait l’impasse sur les titres sortis sur le sujet).



 

Sauf que Dorison ne m’a quasiment jamais déçu, et m'a même souvent emballé, et puis retrouver le trop rare Servain au dessin est quelque chose qui ne se refuse pas.

 

Et que j’ai été bien inspiré!

 


 

Finesse des dialogues, psychologie poussée des personnages, exploitation intelligente de la période historique et, cerise sur le gâteau -c’est de circonstance!- traitement narratif réussi de la partie “cuisine/recette”, Ulysse et Cyrano est un récit sur la destinée et la condition.

Celles que la vie nous donne, celles que l’on choisit envers et contre tout parce que l’existence met sur notre route les bonnes personnes.

 

Et que dire du dessin! Servain est en grande forme,  visiblement inspiré par son sujet, que ce soit sur les traits anguleux expressifs de son casting,  les paysages de Bourgogne ou les ingrédients des recettes, tout respire le terroir et le vrai.



 

Une réussite exemplaire de ce milieu d’année!

Ah, oui, j’oubliais… je vous déconseille de lire l’album si jamais vous aviez faim, c’est un supplice! Et si jamais vous testez l’une des recettes incluses à la fin de l’ouvrage n’hésitez pas à me dire si c’était bon!

 



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :STEEL MAGNOLIAS



 

C'est de qui ? G. Delerue



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ?  Au crépuscule d'une carrière aussi riche que variée, Georges Delerue n’a plus grand chose à prouver et a alterné, durant cette décennie des années 80, autant de petits chefs d'œuvres que de boulot plus alimentaires.



 

Cette comédie dramatique américaine pas inoubliable, qui aligne quelques grands noms du cinéma U.S en vogue à l'époque, lui permet de faire étal de la science de la mélodie  qu’il a perfectionné au fil des années, notamment sur quelques longs de Truffaut, à des thèmes très américains où l’optimisme a toujours cet arrière petit goût amer.

 

L'alternance des ambiances et le panache de certaines pistes finit de faire de la partition de Delerue un très joli accompagnement à l’étonnant album du jour.






 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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