15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 12:56




 

LA BD:

 


C'est quoi : MACBETH

 


C'est de qui :  P & G brizzi



 

La Couv':

 




 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

C’est édité chez qui? Daniel Maghen Editions



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Au retour d’une bataille victorieuse contre les norvégiens, Macbeth et Banquo, généraux du roi d’Ecosse, croisent trois sorcières qui leur prédisent un avenir glorieux: roi pour le premier, père de roi pour le second.

Le hic c’est qu’il y a déjà un roi sur le trône, mais ce n’est pas le genre de détails qui arrêtent Lady Macbeth qui va pousser son époux à commettre un régicide, déclenchant par là même une inexorable spirale de violence et de meurtres. 



 

Probablement une des oeuvres les plus connues -et les plus adaptées!- de Shakespeare, Macbeth est un monument à la fois dans les pièces historiques et dans la tragédie où trahisons et retournements de situations foisonnent. 

L’ayant lu, et vu sous maintes formes, je me serais abstenu de m’y replonger si ce n’avait pas été pour l’immense talent des frères Brizzi aux manettes de cette nouvelle version à nouveau aux éditions Daniel Maghen.

 


 

Après s’être frottés à rien moins que Cervantès, Dante ou encore Gaston Leroux, ils ont jeté leur dévolu sur Le Barde.

Encore une fois, leur maîtrise du noir et blanc, des éclairages, des cadrages, de la narration graphique, font de “leur” Macbeth un petit chef d’oeuvre! 

 

Nouveauté sur cet album, le rouge -du sang! mais aussi des hallucinations de Macbeth - s’invite dans les niveaux de gris du duo d’artistes, chacun excellent dans sa partie: Gaëtan pour les décors blêmes et hypnotiques des landes d’Ecosse, Paul pour les personnages au charisme et à l’expressivité frappants.



 

Une réussite de plus à l’actif des Brizzi dont on attendra fébrilement le prochain choix d’adaptation.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE DERNIER DUEL



 

C'est de qui ? H. G. Williams




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ca donne Quoi ? Fréquent collaborateur de défunt frère de Sir Ridley Scott, Gregson Williams en est à sa quatrième B.O pour le réal de Kigdom of Heaven -leur premier film ensemble- dont deux cette année.

 

 

 

Toujours bon pied- bon œil, à 83 ans, Ridley Scott s’est lancé dans le tournage de ce film historique dont le sujet est l’un des derniers duels judiciaires en France. La mise en pause par la pandémie l’an passé a permis au compositeur de travailler sur sa partition en proposant notamment trois thèmes distincts, un pour chacun des principaux protagonistes.

 

 

 

A l’écoute du score on sent une belle osmose entre les deux hommes avec des choix payants comme celui de construire une tension palpable avant les scènes de duel et de combats et de quasiment « underscorer » ces derniers.

 

 

 

On notera aussi l’usage d’instruments d’époques comme la flûte en bois, le dulcimer, le luth ou encore un orgue d’église, le tout avec en support un grand orchestre symphonique, un duo de choristes et un ensemble de voix.

 

Gregson Williams, qui n’a finalement pas tant abordé le film historique au long de sa discographie, s’en sort plutôt bien ici, mélangeant sonoritées historiques et arrangements actuels, et la musique de ce The Last Duel a fort bien accompagné le Macbeth visionnaire des frères Brizzi.

 

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8 septembre 2025 1 08 /09 /septembre /2025 08:40




 

LA BD:

 


C'est quoi : ROCKABILLY

 


C'est de qui :  Rodolphe & Dubois.



 

La Couv':


 




 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même.



 

C’est édité chez qui?  Daniel Maghen



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Pour échapper à un quotidien pas tout rose, Mary Barbara s’est mariée “à l’aveugle” à Bram, un paysan du Kentucky qui vit avec son père alcoolique, ses frères et sa soeur un peu simplette.

Tombée de Cahrybde en Scylla dans cette famille dysfonctionelle, “Barbie” va s’amouracher de Hank, le seul membre à peu près sain du clan qui vit pour le rockabilly et compte bien n pas s’enterrer dans une existence vouée à l’échec.0

 

Depuis le début de cette année j’ai eu l’occasion de découvrir les romans de Chris Offutt, polars “terroir” qui se déroulent dans le Kentucky et donnent une image peu flatteuse mais probablement bien réelle du redneck de l'Amérique profonde avec ses tares ataviques et ses embrouilles intrafamiliales tendues.

 

L'infatigable Rodolphe a bien saisi cet esprit dans son nouveau one shot mais il mâtine sa tragédie familiale d’une ode au Rock balbutiant et à son influence à la fois sur les adultes réfractaires et réacs et sur la jeunesse rebelle et pleine d’espoirs.

 

Son casting est aussi bien écrit et crédible que son scénario qui mêle le drame et les passions.


 

Il retrouve pour l'occasion son complice des mini séries Ter & Terre, déjà chez Daniel Maghen, qui prouve, si besoin était, que son style graphique réaliste, à mi chemin entre un Gibrat et un Meddour, est aussi efficace sur de la SF que pour croquer les paysages bucoliques du Kentucky des années 50.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : MYSTERY TRAIN



 

C'est de qui ? J. Lurie




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Le nom de John Lurie est probablement inconnu des non cinéphiles pointus et pourtant il est indissociable des premières années cinématographiques de Jim Jarmusch (les meilleures très probablement).

 

Comme acteur déjà dans les mythiques Stranger Than Paradise ou Down By Law, mais aussi - surtout- comme compositeur.



 

Lurie a touché à pas mal de choses et, en marge de ses différents combos, a écrit une poignée de musiques de films pour Jarmusch dont la B .O de Mystery Train.



 

Outre quelques pistes jazzy-blues assez classiques mais très cool, et d’autres plus dans l’esprit old school du son de Memphis, composées donc par Lurie, la galette est complétée par des standards de  rock et de soul, de la chanson qui donne son titre au film (dans la version du King) à Roy Orbison en passant par Otis Redding. Bref, une ambiance toute trouvée pour Rockabilly.

 

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19 juin 2024 3 19 /06 /juin /2024 08:37

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? KAMASUTRA. DE CHAIR ET DE SANG




 

C'est de qui ? Mennon & Zuccheri




 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Daniel Maghen 



 

Déjà croisés sur le site? Oui pour la dessinatrice.




 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  Un peu comme dans les Mille et Une Nuit qui voyait le sultan Shahriar faire mettre à mort ses épouses de la veille, au 2° siècle après J.C Bhairavi, la Reine Écarlate, tue ses amants après une nuit de plaisir.

Jusqu’au jour où l’un de ses jeunes prisonniers attire son regard et qu’elle en fait sa nouvelle future victime.

 

Mais Basvaraj, c’est son nom, a la chance de faire la connaissance d’un vieillard, prisonnier lui aussi, qui n’est autre que l’auteur d’un traité sur le plaisir de l’amour: le Kamasutra.

 

Grâce à la science de son codétenu notre jeune héros va s’attirer les faveurs de l’insatiable reine et accomplir la vengeance de toutes les victimes de Bhairavi.

 


 

C’est la première incursion dans le paysage de la BD franco-belge pour le scénariste indien Sudeep Menon qui, malgré son sujet et son titre, évite l'écueil du voyeurisme gratuit en proposant une histoire originale à plus d’un titre surtout sous nos latitudes avec cette fable indienne sensuelle et pleine de rebondissements où le trait réaliste de l’artiste transalpine Laura Zucchheri magnifie aussi bien les corps voluptueux de ses protagonistes que les décors foisonnants des jungles et palais indiens.



 

Un album qui bénéficie en plus d’une belle édition comme d’habitude chez Daniel Maghen, mettant bien en valeur ses qualités graphiques (et pas que).



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :L’ILE DES ADIEUX



 

C'est de qui ? Goldmsith

 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ?  Si ce score ne fait pas partie des plus connus de son auteur, loin s'en faut, il comporte néanmoins tout ce qui a fait la réussite des grandes partitions de Goldsmith.

 

Ce dernier avait déjà collaboré une poignée de fois avec le réalisateur de Islands in the stream, notamment pour le très bon Planet of the Apes, probablement l'un des dix meilleurs travaux de Goldsmith, et , à l'écoute de cette nouvelle coopération on peut clairement affirmer que les deux hommes étaient fait pour travailler ensemble.

 

Goldsmith ouvre le bal avec un thème principal joué aux cuivres, décliné à plusieurs reprises ensuite dans la B.O ; puis, entre underscoring et envolées dramatiques, panache sa musique avec des rythmiques enjouées, des cordes qui montent souvent dans les aigus et accélèrent la cadence avant d'être rejoint par le reste de l'orchestre.

 

Rarement le compositeur a marié avec autant de réussite les ambiances, insufflant dans un score dédié à l'aventure et aux grands sentiments, une vraie bouffée d'émotions diverses qui apporte une richesse et une originalité aux différentes mélodies.

 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 13:45


 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’ENFER DE DANTE



 

C'est de qui ? P & G Brizzi



 

La Couv':

 

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les jumeaux Brizzi se sont depuis quelques années, en BD, spécialisés dans les adaptations d’oeuvres littéraires, que ce soit de manière classique comme avec Céline, ou dans l'illustration de texte (l’Ecume des jours de Vian).

 

Ici, après s’être frottés -avec réussite!- à Balzac, ils choisissent la difficulté en s’attaquant au monument qu’est l’Enfer de Dante, faisant pour l’occasion une infidélité à Futuropolis pour les éditions Daniel Maghen.



 

Pour ceux qui ne seraient pas familier du propos, Dante, abattu par la disparition de Béatrice, son aimée, va être guidé par l'âme du poète Virgile au travers des 9 cercles de l’Enfer afin de retrouver sa chère et tendre.




 

Mélangeant les parties cases/bulles et des pleines pages parfois muettes, ils s‘approprient avec maestria le texte d’origine (dans lequel ils ont cependant dû opérer quelques coupes, faute de se retrouver à avoir à dessiner des centaines de pages de plus que les 150 qu’ils nous offrent déjà).

 

Les détails des décors et la puissance du “bestiaire” n’ont d’égal que l’expressivité des visages des protagonistes qu’ils soient humains ou non.

 


 

On les savait déjà capables de manier avec talent le noir et blanc et les niveaux de gris mais ils passent à mon sens ici un cap -peut être diablement (!!) inspirés par leur sujet- et s’inscrivent dans la grande tradition des maîtres du genre, de Doré à Wrightson en passant par Gianni.

 

On pense même parfois sur certaines cases au Prince Valiant, chef d’oeuvre du médium, lui aussi pourtant hybride dans sa forme, de Hal Foster.



 

Si je ne devais émettre qu’un bémol concernant l’album se serait sur le choix du papier glacé, qui, à mon sens met un peu moins en valeur le trait imparable des frères Brizzi mais n’enlève rien à la beauté et à la réussite de leur adaptation.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LA SORCIERE



 

C'est de qui ? M. Korven



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Lalo Schifrin aimait à dire que la B.O fait 70% du film. Et en effet, combien de longs métrages célèbres doivent en grande partie leur réussite à un thème et/ou une ambiance musicale ? De Star Wars à Il était une fois dans l’Ouest en passant par Le Parrain, 2001 ou Easy Rider, certains films ne seraient définitivement pas les même avec une autre B.O.

 

Mark Korven, enfant du rock et du jazz, connaît bien ses classiques et sait aller pêcher ses influences là où il faut. Pour mettre en musique ce fils fantastique se déroulant dans l’Amérique du XVII° siècle où une famille de colons isolée va être la proie d’une sorcière, le canadien fait appel au spectre de Ligeti et de Bartok mais c’est surtout l’ombre de Penderecki qui plane sur pas mal de pistes.

 

Combinant des voix éthérées quand elles ne semblent pas possédées à des stries de cordes parfois redoutables et des percussions quasi tribales, le compositeur livre une B.O habitée et entêtante, parfois extrême, parfois trop référencée mais d’une rare puissance évocatrice. Les 70% sont amplement remplis…dommage que les 30 autres aient fait défaut!

 

En tout cas, avec la superbe version de l'Enfer de Dante, c'est du pain béni!






 

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8 février 2023 3 08 /02 /février /2023 17:51

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’OR DU TEMPS 2



 

C'est de qui ? Oriol & Rodolphe



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Daniel Maghen

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble sur le précédent.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Nous retrouvons Théo en bien mauvaise posture puisqu’après avoir tenté de retrouver le sarcophage il est fait prisonnier dans un manoir à la campagne.

 

Sauvé par le malfrat qu’il n’avait pas dénoncé à la police, notre héros va retrouver ses amis et, de messes noires en cérémonies païennes en passant par des visites de cimetière, la rencontre d’androïdes ou encore celle du mystérieux Aleister Crowley, se rapprocher peu à peu du secret de l’or du temps.



 

Suite et fin du diptyque gothique signé Rodolphe et Oriol, dont on aurait bien aimé quelques albums de plus au vu de la teneur du scénario.

Alors certes c’est un hommage à peine déguisé à Belphégor (rien que la très belle couverture de ce second tome ) et autres feuilletons du début du siècle dernier mais Rodolphe en homme de métier, sait doser ses ingrédients pour livrer un récit fantastique riche en rebondissements et aux protagonistes accrocheurs.



 

Le trait d’Oriol est également en grande partie responsable de la réussite du titre. Le dessinateur espagnol, dont on a aimé et chroniqué tous les albums ici et que je trouve bien trop rare chez nous (5 albums en dix ans) propose un style à la fois volontairement flou par endroits et détaillé  à d’autres avec des personnages croqués dans le même esprit; c’est dynamique, cahotique quelquefois, les couleurs sont souvent volontairement tape à l’oeil (ces mauves!) et l’ensemble navigue avec maestra entre l’expressionisme et le pop-art décadent avec une bonne dose de gothique qui va bien.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :NOSFERATU



 

C'est de qui ? H. Erdmann



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Fort d’un bagage autant dans le classique, la direction d’orchestre que dans la théorie musicale, Hans Erdmann a cependant peu écrit pour le grand écran.



 

Sa partition pour le Nosferatu de Murnau, adaptation fidèle du Dracula de Stoker - qui, n'ayant pas acquis les droits du roman, devra changer les noms des personnages- est riche des connaissances de son auteur, alliant à merveille la composition classique et la force évocatrice de la musique d’illustration telle que pratiquée à l'époque pour le cinéma. 



 

Écrite sous deux formes- une pour orchestre symphonique et l’autre pour un ensemble plus restreint, orchestre de chambre- la musique de Nosferatu mélange les ambiances, avec des passages que l’on pourrait qualifier de primesautiers notamment au début du score, qui vont rapidement laisser la place à des pistes beaucoup plsu axées sur l’épouvante avec certes un brin de grandiloquence de ci de là mais rien qui soit too much, surtout sur cet hommage feuilletonnant qu’est l'Or du Temps! 





 

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