9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 08:59




 

LA BD:

 


C'est quoi : LA CUISINE DES OGRES. UNE VIE DE VAURIEN.

 

 

C'est de qui? Vehlmann & Andreae



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres





 

Déjà croisés sur le site? Oui, les 2, souvent même (et même ensemble)!





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Brèche-dent est un korrigan qui, à défaut de chance, a de l’ambition. Laver la vaisselle de la Cuisine des Ogres ne le satisfait pas et, quand rien moins que Maître Gringotte, le chef cuisinier de la Brigade tout sucre, décide de le prendre à son service, il n'hésite pas une seconde.

 

Mais la proposition a une condition que notre héros n’est pas prêt à accepter, en effet Gringotte lui demande de dérober une recette à sa rivale, Trois Fois Morte, qui est une des seules à avoir été gentille avec Brèche-dent.

 

Alors celui-ci s'enfuit de la Cuisine des Ogres pour échapper à la vindicte de son nouvel employeur. 

 

 

Je dois vous avouer que, en jetant un oeil à mes chroniques (et donc lectures) depuis le début de cette année 2026,  je commençais à sérieusement me demander si c’est moi qui devient vraiment difficile ou si c’est le niveau général qui baisse, la quantité et la qualité n’allant pas toujours de pair! 

 

Heureusement ce second tome de la série La Cuisine des Ogres, dont je louais les qualités lors de la parution du précédent, il y a déjà deux ans,  m’a redonné foi en la BD franco-belge (pourvu que ça dure!).

 

En effet les univers des deux auteurs étaient décidément fait pour se rencontrer: la science de la narration et la connaissance des codes du conte de Vehlmann se mariant à merveille avec les graphismes oniriques et détaillés d’Andreae qui a en plus le mérite (et le talent) de travailler de façon traditionnelle pour un rendu juste magnifique.

 

Récit pour petits et grands aux différents niveaux de lecture, cette Vie de Vaurien est un incontournable de ce printemps!




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE PETIT POUCET



 

 

C'est de qui? J. Hisaishi



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 

Ça donne Quoi ?  Après un polar urbain indé remarqué, Olivier Dahan, pas encore abonné aux bio de grandes dames, surprend son monde en tournant une adaptation de ce  conte traditionnel.

 

Malgré un accueil mitigé, le film, 25 ans après sa sortie, a plutôt bien passé l’épreuve du temps, même si l’on comprend les réserves de l’époque.



 

Sa musique est signée du compositeur fétiche des grands animés des studios Gibhli, Joe Hisaishi himself, pour sa première collaboration avec un réal occidental.

 

Fidèle à sa façon de procéder, le japonais utilise beaucoup les cordes pour exprimer à la fois la mélancolie et la noirceur de l’histoire, créant une atmosphère onirique faussement enfantine, un rien planante par moment, qui fait ostensiblement penser à certaines de ses B.O pour Miyazaki.



 

Pour l’anecdote, Loisel a été conseiller visuel sur le tournage (et a même réalisé des parties de story board) les bédéphiles apprécieront! 

 

 

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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 16:15





 

LA BD:

 


C'est quoi : SAUVAGE



 

C'est de qui? R. Radosti



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Ankama





 

Déjà croisée sur le site? Non





 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Au royaume médiéval de Val des Roses, la  jeune princesse Sauvage, véritable garçon manqué, est dorénavant en âge de se marier.

Mais non seulement elle veut choisir son prétendant mais encore faut-il que celui-ci ne soit ni macho, ni autoritaire, ni vieux jeu, ni vieux tout court… bref c’est pas gagné!

 

Pourtant, un beau jour dans la forêt Sauvage rencontre un jeune homme aussi aventureux et libre d’esprit qu’elle et, au fil des jours, des sentiments naissent entre eux.

Alors quand un prince vient demander sa main au château et qu’elle reconnaît son bel inconnu des bois, son bonheur est complet et les noces sont célébrées dans la foulée.



 

Mais, si nous sommes dans un conte, ce n’est pas pour autant un conte de fées, loin s'en faut, et, comme vous pouvez vous en douter,rapidement tout ne va pas se passer comme prévu!

 

Pour sa première incursion dans le 9° art, l’artiste italienne Rosalia Radosti frappe un grand coup!

 

S’emparant des codes des contes classiques, avec ses protagonistes habituels, elle les tourne à sa façon pour raconter une histoire féministe cruelle et tragique qui fait mouche.

 


 

Évidemment il faut saluer la qualité graphique de ce premier album, au style qui s’inspire beaucoup de l’illustration classique mais avec à la fois une vraie personnalité et une modernité manifeste et qui n’est pas sans faire penser à James Jean, l’illustrateur des couv’ de la série Fables, et à Bertrand Gatignol et sa magnifique série des Ogres Dieux (excusez du peu).



 

Un one-shot qui a sa place aux côtés des réussites du genre, de L'Âge d’Or de Moreil et Pedrosa,  Beauté de Kerascoet et Hubert,  Peau d’Homme, du même Hubert et de Zanzim ou encore des 3 Fruits de Zidrou et Oriol! 








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : MUSIC FOR MACBETH



 

 

C'est de qui?  Third Ear Band



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Une fois oui




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Chantres du mouvement psychédélique, expérimentateurs d’un mélange de free jazz et d'acoustique, le jeune combo Third Ear Band a déjà connu des changements de line up quand ils sont approchés par Polanski pour mettre en musique sa version de la pièce de Shakespeare.



 

S’ils délaissent leur approche quelque peu jusqu’au-boutiste de la composition pour ce score, il n’en gardent pas moins une originalité manifeste.

S’inspirant de mélodies médiévales, il n’hésitent pas à superposer sur des lignes de hautbois, de violoncelle et autres instruments d’époque, de la guitare électrique -certes discrète- des rythmiques anachroniques et quelques dissonances surprenantes. 



 

L’ensemble pourtant reste dans l’esprit de l’histoire, avec un côté film historique assumé et, si l’ambiance générale est lugubre voire glauque (en même temps, dans Macbeth, vu le kill ratio, on rigole pas beaucoup!), quelques pistes de danses  médiévales et autres airs de ménestrels éclairent un peu.

 

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20 septembre 2024 5 20 /09 /septembre /2024 07:38

 

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? D’OR ET D’OREILLERS




 

C'est de qui ? M. Goust & F. Vesco




 

La Couv':



 






 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres



 

Déjà croisées sur le site? Oui pour Mayalen Goust.




 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Le jeune lord du coin a décidé de se marier mais, pour ne pas faire simple, souhaite que sa future épouse passe d’abord une nuit dans une chambre de son manoir.

Stop! Vous pensez connaître déjà cette histoire à base de princesse, de plus de matelas que chez Dunlopillo et d’un petit pois? Et bien détrompez vous, nous ne sommes pas là dans un conte pour enfants.

 

En fait nous sommes bien dans un conte mais il est ici habilement détourné par Flore Vesco, autrice jeunesse dont le roman à l’origine de cette adaptation accomplie a reçu une poignée de prix mérités.

 

Foin d’amour à sens unique, de pseudo héroïne dérangée par l’inconfort d’une couche mais aveugle à la prétention de son futur époux, de morale repassée… dans D’Or et D’Oreillers, Sadima, la principale protagoniste, est une sorte de Cendrillon le côté nunuche en moins.

Si elle est bien au service d’une acariâtre bourgeoise et de ses trois frivoles filles, notre servante ne s’en laisse pourtant pas conter fleurette et, après l'échec successifs de ses maîtresses va relever le défi du riche héritier et de sa lugubre bâtisse, quitte à découvrir de bien sombres secrets et, surtout, à se découvrir elle même.

 


 

Flore Vesco propose donc une relecture inspirée et féministe des contes poussiérieux (on a aussi ici un soupçon de Barbe Belue) dont elle s’inspire dont  Mayalen Goust  s’est emparée avec brio pour en donner une version en bande dessinée qui est tout bonnement, n’ayons pas peur des mots, ma-gni-fique!



 

Dans de chatoyantes couleurs, en empruntant à la fois au symbolisme et à l’art nouveau, et en jouant avec les codes de la narration graphique, passant sans faillir d’un gaufrier classique à de grandes compositions picturales en pleine page et doubles pages, la dessinatrice s’approprie l’histoire et en exacerbe avec un talent manifeste tout le côté gothique et symbolique.

 


 

Vous l’aurez compris, moi qui devient de plus en plus difficile au fil des années et des lectures et qui ne cesse de pester sur l’aspect passe-partout et répétitif de pas mal de sorties, j’ai été clairement emballé par cet album dont on peut dire sans mal qu’il est l’un des meilleurs de cette rentrée, voire même de l’année 2024!






 

LA MUSIQUE:





 

C'est Quoi ? SAINT ANGE

 

 

C'est de Qui ?   J. Lo Duca

 

 

La couv' 


 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ?   Joseph Lo Duca, après un (long !) intermède essentiellement dédié à de la fantasy télévisée fun, revient à ses premiers  amours, le genre sur lequel il a débuté : le fantastique.

 

Mais si les Evil Dead, sans prétentions aucunes, devinrent les films cultes que l’on sait, gageons que jamais Saint Ange ne s’approchera de près ou de loin de ce statut.

 

Tentant de renouer avec les films d’épouvante d’antan, et sur le principe Ô combien porteur (mais aussi Ô combien casse-gueule) de la maison hantée, le film produit par Christophe « j’ai fait un Pacte avec les loups » Gans est quasi totalement miné par le jeu de ses deux principales interprètes.

 

Lo Duca de son côté s’en tire lui avec les honneurs ; n’hésitant pas à panacher les passages de tension horrifique attendus, à grands renforts de cordes survoltées, par des mélodies au piano et violons plus romantiques (qui sont cela dit souvent à un cheveu de tomber dans le mélo sirupeux), il propose une B.O gothique à souhait, variée et riche ; ce qui, vous l’aurez compris, est tout à fait dans l’esprit de cette superbe relecture de contes!

 

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26 mars 2024 2 26 /03 /mars /2024 10:28

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LA CUISINE DES OGRES




 

C'est de qui ? Vehlmann & Andreae




 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres





 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Dans une ville médiévale, une créature enlève des enfants pour les revendre au marché des ogres, qui les cuisinent de mille et une façon.

Une fillette enlevée avec ses compagnons parvient néanmoins à tromper les monstres à 3 reprises et va même prendre les ogres à leur propre jeu afin de parvenir à sauver ses camarades.

 

L'association de Fabien Vehlmann et Jean Baptiste Andreae semblait évidente à la lecture de cette Cuisine, tant le  scénario du premier se prête au trait si personnel du second.

 

Le bestiaire est fantastique, au sens propre comme au figuré et  les décors sont fouillés et de toute beauté, apportant à ce conte, aux ingrédients certes assez classiques dans l’ensemble, un fumet et une saveur tout particuliers.

 

Lecture multi-générationnelle, l’album du duo magique est une des sorties marquantes de ce printemps, à n’en pas douter.


 



 

 
 

 



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’EPEE ENCHANTEE



 

C'est de qui ? Markowitz



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas sur



 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans les années 60 mine de rien, les films de fantasy n'étaient pas légion ; d'aucun diraient (probablement à raison) que c'est à l'aube des années 80, avec l'adaptation du Conan de Milius, que le genre a vraiment décollé.

 

 

 

Cette version de l'affrontement entre St Georges et le Dragon, plutôt axée jeunesse, tire plus du Merlin version Disney que du Jason et les Argonautes qui sortira l'année d'après.

 

 

 

Cela s'entend assez clairement dans la musique de Markowitz pour qui le genre est une nouveauté et qui recycle les gimmicks du score de films d'aventure plutôt que de s'inspirer, comme le fera assez outrageusement Basil Poledouris par exemple, d’œuvres classiques plus épiques.

 

 

 

C'est plus vers les travaux d'Herrman et de Rozsa qu'il faut chercher les influences, avec des thèmes hauts en couleur qui fleurent bon les classiques de l'Age d'Or d'Hollywood à grands renforts de cuivres et de cordes. Ambiance qui, cela étant, est plutôt de rigueur ici.

 






 

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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 09:46

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? CELLE QUI FIT LE BONHEUR DES INSECTES

 

 

C'est de qui ? Zidrou & Salomone

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Daniel Maghen

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui mas pas ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Déjà endeuillée par la mort tragique de son époux, la souveraine du royaume de Shandramabad voit encore le destin frapper cruellement à sa porte en lui prenant son fils qui tombe d’une fenêtre en tentant de rattraper l’oiseau offert par sa mère.

 

C’en est top pour la reine qui, dans un éclat de folie, fait éradiquer tous les oiseaux du royaume, rendant ce dernier bien triste.

C’et au travers de sa fille survivante, qui va découvrir l’amour, que la joie de vivre va revenir à Shandramabad.

 

 

A la manière d’un conte des Mille et Une Nuits, Zidrou nous livre une histoire touchante, au goût doux-amer où se mêlent l’humour fin et la tragédie, abordant des thématiques très d’actualité : la tolérance, le deuil, l’acceptation des différences, …

 

 

Le tout est magnifié par un Bruno Salomone en grande forme, avec une belle évolution depuis l’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, le scénario exotique de Zidrou lui donnant l’occasion de proposer des décors détaillés aux belles aquarelles aux couleurs chamarrées et une galerie de personnages aussi expressifs que sensuels.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :WORLD GALAXY

 

 

C'est de qui ? A. Coltrane

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Je pense oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si l’histoire de la musique du XX° siècle est parcourue de « compagnes » plus Némésis qu’autre chose (hello Yoko Ono ! Hello Courtney Love !…), certaines ont été bien plus que des inspiratrices ou des muses : des modèles.

 

Alice Coltrane, si moins connue que son John d’époux, est à mon sens l’un des piliers du free jazz et une pionnière du spiritual jazz (dont A Love Supreme, chef d’œuvre signé de feu son époux, est probablement le summum).

 

 

Au début des 70’s alors que Miles Davis défriche de nouveaux territoires et que le MahaVishnu Orchestra de Mc Laughlin explore de nouveaux horizons, Alice Coltrane, l’une des rares harpistes du genre, suit son bonhomme de chemin avec ce sixième opus perso.

 

Après avoir mélangé musique traditionnelle et jazz, puisé dans le psychédélisme naissant et dans l’expérimentation débridée, la voilà qui ajoute tout une section de cordes à des compositions et adaptations (dont le Love Supreme cité ci-dessus dans une version aussi belle que déroutante) tout en gardant le cap de l’orientalisme qu’elle affectionne.

 

Nous retiendrons pour la lecture de ce très beau one shot tout particulièrement les morceaux Galaxy in Satchidananda et Galaxy in Turya, deux longues mélopées où, sur des arpèges de harpe hypnotiques, les violons et les violoncelles évoquent à la fois le mysticisme hindou et le folklore chinois avec une poésie musicale et un sens cinématique aussi réussis qu’inattendus, à la hauteur de Celle qui fit le bonheur des insectes.

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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