4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 07:06
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  PHILBY NAISSANCE D’UN AGENT DOUBLE.

 

 

C'est de qui ? P. Boisserie & C. Gaultier.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Arènes

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, pour le scénariste comme pour le dessinateur.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Qui est Kim Philby, agent secret britannique ayant succombé aux sirènes de Moscou et jouant sur les deux tableaux pendant deux décennies avant de devoir fuir pour la capitale soviétique quand les masques tombent ?

Eh bien c’est lui-même qui va le raconter à un compatriote venu le rencontrer à l’automne de sa vie, n’omettant aucun détail de sa carrière dangereuse…mais, avec un espion –doublé d’un traitre- on ne sait finalement jamais si tout est vrai !

 

Pierre Boisserie, en spécialiste de la BD d’Histoire, passé maître dans l’art de raconter des faits réels en les rendant aussi prenants qu’un bon scénar de fiction, livre ici une bio en flashback pour laquelle il n’a pas eu besoin de trop enjoliver ou romancer la réalité tant celle-ci est riche à l’origine.

 

Christophe Gaultier de son côté, comme sur le précédent ouvrage qu'il a signé aux Arènes,  rend une copie plus sobre que ce à quoi il a pu nous habituer, avec un encrage marqué sur une ligne claire soignée que Marie Galopin, comme à son habitude, embellit d’une palette bien choisie.

 

Un one shot qui plaira aux amateurs d’Histoire pas didactique pour un sou et aux fans de romans d’espionnage.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : UNDER FIRE

 

 

C'est de qui ? J. Goldsmith

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Fort souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Goldsmith, alors au pinacle de sa carrière, sait choisir ses projets et, surtout, les travailler avec soin. Sur ce film de guerre où des journalistes ricains couvrant l’évènement tombent amoureux le maestro varie l’instrumentation et opère des mariages payants.

 

Aux pistes axés suspense –domaine dans lequel Goldsmith est passé maître- il oppose des thèmes limite surréaliste sur les paysages dévastés par les combats, limite atmosphérique, loin des clichés du genre habituels.

 

Alors c’est sur l’utilisation de la flute de Pan (et d’un peu de synthés très années 80) de ci de là est à zapper à la lecture de l’album de Boisserie et Gaultier mais la guitare de Pat Metheny (excusez du peu) amène une couleur aussi inattendue qu’originale et un petit côté léger qui colle pas mal à la personnalité de Philby tel que croqué par le duo d’auteurs.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 16:32

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES ANNEES ROUGE ET NOIR. BACCHELLI.

 

 

C'est de qui ? Boisserie, Convard, Douay.

 

 

La Couv':

 

Dieu reconnaîtra les siens  /  Les années rouge et noir 1951-1962  Vs.  Les Maudits

 

Déjà croisés sur le site? Oui

 

 

 

C’est édité chez qui ? Les Arènes

 

 

 

Une planche:

 

Dieu reconnaîtra les siens  /  Les années rouge et noir 1951-1962  Vs.  Les Maudits

 

Ca donne Quoi ? Alors que le spectre de l'Occupation plane encore sur une France qui se voudrait insouciante, la politique du pays est en ébullition.

On retrouve l'ancien collabo Bacchelli, tirant toujours les ficelles grâce aux fiches qu'il a récupérées et qui désignent les hommes et femmes qui ont pactisé avec les allemands durant la guerre.

 

Il va même jusqu'à en falsifier une afin de dénigrer un ministre qui finit par se suicider.

 

Agnès sent qu'il est temps de réagir, surtout que son propre frère travaille pour son ennemi. Elle intègre l'entourage de Pasqua et assiste à la naissance du SAC.

De l'autre coté de la Méditerranée, c'est l'Algérie qui s'enflamme et les répercussions sur la France ne se font pas attendre.

 

Toujours aussi riche -et avec un background pareil ce n'est guère étonnant- la série politco historique du trio Convard, Boisserie, Douay continue de tenir ses promesses sans noyer son lecteur sous les dates et les faits et toujours dans ce style graphique si particulier.

Dommage que les cours d'Histoire au lycée n'aient pas été aussi passionnants !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi:LES MAUDITS

 

 

C'est de qui ? Y. Baudrier

 

 

La Couv':

 

Dieu reconnaîtra les siens  /  Les années rouge et noir 1951-1962  Vs.  Les Maudits

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Yves Baudrier met en musique le troisième long métrage du déjà prometteur René Clément dans la plus pure tradition du film d'avant-guerre, dans la lignée des Kosma, et autre Cloërec.

 

Ne vous fiez pas à l'introduction très martiale, l'ensemble de la B.O est surtout axé sur la mélodie.

Cordes multiples qui se répondent sur des mélodies souvent tragiques mais toujours enlevées, accompagnées des vents plus discrets mais très bien employés, le tout dans une liberté rythmique assez inédite ; on sent l'influence de tout un courant classique sur cette génération de compositeurs.

Baudrier a côtoyé Messiaen et a été l'élève de Loth et ce baggage se ressent tout au long de sa carrière.

 

Second film avec le réalisateur, second film sur la résistance et la fin de la Guerre, les thématiques abordées sont parcourues de suspense et d'un certain patriotisme certes suranné mais tellement bien écrit.

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 16:49

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : LES ANNEES ROUGE ET NOIR. TOME 2

 

 

C'est de qui ? Douay, Convard, Boisserie

 

 

La Couv':

 

Le bon grain de l'ivraie  /  Les Années rouge et noir  Vs.  La Nuit des Généraux

 

Déja croisé sur le site? Oui, sur le premier entre autre.

 

 

C’est édité par ? Les Arènes.

 

 

Une planche:

 

Le bon grain de l'ivraie  /  Les Années rouge et noir  Vs.  La Nuit des Généraux

 

Ca donne Quoi ? 46-47, On retrouve dans ce second tome toujours aussi prenant toute notre petite ronde de personnages aux passés sombres qui essayent tant bien que mal de tirer leur épingle d’un jeu bien dangereux.

 

Simone, qui a intégré la rédaction naissante de Elle, règle ses comptes avec Agnès, maintenant au gouvernement. Le colabo notoire Bacchelli, point commun gênant des deux femmes, place ses pièces dans les hautes sphères tandis qu’Alain, est partagé entre son attrait pour Paco- son collègue de travail espagnol- et la recherche des causes de la mort de son frère.

 

Dans un background riche, miroir d’une époque troublée de notre passé, le duo de scénaristes valse avec ses protagonistes, emportés dans le tourbillon de l’Histoire. Tandis qu’ils passent par la case « beaucoup de textes » un brin obligée vue le contexte,  Stéphane Douay donne corps à cet univers de façon réaliste dont les seuls bémols seraient le détails de certains visages un peu bizarres et des cases de « remplissage » étranges (cadrages sur les pieds ? Oiseaux ?) mais rien cependant qui ne vienne entacher cette suite réussie.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 


C'est quoi ? LA NUIT DES GENERAUX

 


C'est de qui ?  M. Jarre

 

 

La Couv' :

 

Le bon grain de l'ivraie  /  Les Années rouge et noir  Vs.  La Nuit des Généraux

 

Déjà entendu chez nous ? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Film de guerre à grand spectacle, au casting all-stars, réalisé par Anton Litvak et scénarisé par rien moins que Joseph Kessel, La Nuit des Généraux permet à Maurice Jarre, auréolé du succès de ses B.O pour des longs métrages du même genre comme Le Jour le plus Long ou encore Paris Brule t-il ?, de mélanger à une musique martiale  soignée une atmosphère sombre de thriller (avec la 2° Guerre Mondiale en background, le film retrace l’enquête d’un officier allemand sur le meurtre d’une prostituée).

 

Le compositeur tisse une partition complexe, où les ambiances se télescopent et qui, tout en étant souvent lourde de tension, reste particulièrement mélodique.

 

Les thématiques retenues par Jarre font partie intégrante ici de la réussite du film auquel elles apportent une plus value inestimable.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:02

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : SAINT BARTHELEMY. SAUVETERRE.

 


C'est de qui : Stalner & Boisserie

 

 

La Couv':

La religion ensanglantée  /  Saint Barthélémy  Vs.  Borgia

Déjà croisé chez nous ? Oui pour l'un comme pour l'autre

 

 

C’est édité par ? Les Arènes

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Raconter la grande Histoire en utilisant une  « petite » est un procédé parfois payant s’il est bien pensé. C’est le cas de cette nouvelle série qui prend pour fond le massacre de triste renommée qui, en août 1572 vit Paris être mis à feu et à sang par les catholiques et qui mènera à la mort de près de 2500 protestants.

 

On y suit la destinée du jeune Elie, de son domaine de Sauveterre, attaqué par des soldats, à la cour d’Henri de Navarre. Les dix années qui séparent ces deux époques, le jeune homme les passe à guerroyer dans d’incessants conflits religieux qui aboutissent au rapprochement des deux religions.

 

Rapprochement bien éphémère hélas et l’album se conclut sur la sinistre nuit de la Saint Barthélémy, en attendant ses conséquences dans le suivant.

 

Scénariste chevronné dans bien des domaines, Boisserie aborde son sujet avec métier et ménage son intrigue sans sacrifier au souci de reconstitution historique, les protagonistes sont tous là, de La Médicis à De Guise en passant par Coligny et Margot. On pense bien entendu –notamment dans le passage où notre héros est conduit dans Paris par une jeune femme-  au film de Chéreau à qui l’album tient la dragée haute, mais également aux échos que cette période de notre Histoire trouve encore aujourd’hui.

 

Coté graphisme Stalner assure sa partie avec talent, que ce soit dans les décors pointus ou sur les expressions des personnages on sent qu’il prend plaisir à travailler sur le genre.

 

 

 

 

LA MUSIQUE  

 

 

 

C'est Quoi ? BORGIA

 

 

C'est de Qui ? C. Morin

 

 

La couv'

 

 

Déjà vu chez nous ? Bizarrement il semblerait que non.

 

 

On peut écouter ?   

 

 

Ça donne quoi? : Crée par Tom « Oz » Fontana, cette série internationale sur la famille  sanglante (plus réussie à mon goût que l’autre, celle avec Jeremy Irons) a plus d’un atout dans la manche, et son compositeur n’est pas le moindre.

 

Cyril Morin a été choisi parmi plusieurs de ses confrères grace à sa capacité à mélanger musiques d’époque et orchestration moderne, le compositeur a effectué pas mal de recherches et s’est inspiré autant des rushes de tournage que des personnages de la série (n’hésitant pas à utiliser la guitare par exemple pour le thème de Rodrigo Borgia, d’origine espagnole).

 

L’ensemble, interprété par un orchestre symphonique sonne aussi majestueux que sombre, très actuel, la présence de mélodies ou d’instrumentation historique restant finalement fort en deça.

On  rapprochera d’ailleurs plus cette B.O de celles de films d’action historique récents dont Hollywood a le secret voire même de jeux vidéos comme Assassin Creed.

 

La multitude de pistes et d’évolution de thèmes fait de la musique de Borgia un vivier d’inspiration pour la lecture de Saint Barthélémy.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 07:12

 

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : LES ANNEES ROUGE ET NOIR

 


C'est de qui : Boisserie et Convard au scénario, Douay au dessin.

 

 

La Couv':

 

Une sombre époque  /  Les Années Rouge et Noir  Vs.  L'Armée de l'Ombre

Déjà lu sur le site? Je dirais oui pour les deux scénaristes.

 

 

C’est édité chez qui ? Les Arènes.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Cette adaptation d’un roman de Gérald Detheil évoque la toute fin de la Seconde Guerre Mondiale, sombre période s’il en est avec sa valse d’alliances, de dénonciations et trahisons, de retournements de vestes en tout genre, peu glorieux miroir des années de la collaboration sous l’Occupation.

 

On y suit une poignée de protagonistes aux origines et univers parfois forts différents mais tous plus ou moins en relation, et, surtout, tous concernés par des fiches de renseignements fort détaillées que certains n’aimeraient pas voir dévoilées au grand jour.

 

 

Porté par un trait anguleux expressif et original (même si parfois inégal) le scénario de Convard et Boisserie joue la carte du réalisme historique en mêlant figures connues aux héros inventés de toute pièce, il a de plus le mérite de traiter d’une époque peu traitée en BD et pourtant primordiale dans l’histoire de France (l’ensemble de la série devrait courir jusqu’au milieu des années 70). Si l’intrigue est fouillée et nécessite d’être attentif, le suspense est bien au rendez-vous et l’album se lit d’une traite.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? L'ARMEE DES OMBRES

 

 

C'est de Qui ? E.Demarsan

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous?

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Anecdote plus qu’intéressante racontée par le chef op’ de L’Armée des Ombres :  Alors qu’il explique à son réalisateur qu’il est embêté sur la fin d’une scène de nuit à l’intérieur, quand les personnages éteignent la lumière et que l’image devient quasiment noire à l’écran ; le réalisateur lui répond de ne pas s’inquiéter : « Y aura de la musique ».

Cette phrase est probablement l’une des plus juste définition de ce que la musique peut apporter à l’image.

 

Vous savez ce que je pense des dream team au cinéma, ici on peut dire qu’on est servi. Melville, adapte très fidèlement un roman de Kessel se déroulant sous l’Occupation, la distribution compte ce qui se fait de mieux dans le registre à l’époque (Ventura, Signoret, Meurisse, Cassel) et, pour la musique, c’est à Eric Demarsan que le réal’ a fait appel. Si les deux hommes se connaissent car le compositeur assistait De Roubaix sur Le Samourai, le précédent long de Melville, c’est néanmoins le grand saut pour Demarsan qui n’a alors jamais composé seul pour le grand écran.

 

Les trois ou quatre thèmes principaux du film sont forts intéressants dans leur approche. Qu’ils soient interprétés seulement par les cordes,  ou transformés radicalement par le simple ajout d’un pinao punaise (à percussion), le résultat est d’une efficacité exemplaire. Flirtant avec la dissonance, la musique de L’Armée des Ombres sait également disparaître à certains moments cruciaux d’un long métrage qui joue beaucoup sur les silences.

 

Le résultat sera à la hauteur des attentes de Melville, qui fera de nouveau appel à Demarsan pour le film suivant.

Une B.O sobre, sombre et dramatique très en phase avec notre album du jour.

 

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Une chronique de Fab

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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