1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 12:54

 

 

On arrive au terme de notre grande saga avec une chronique qui aurait du être publiée plus tôt mais le mal est réparé (et, techniquement, c'est encore l'été de toute façon)

 

 

LA BD :

 

 

 

C'est quoi ?  LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS - 2e groupe : 4 - 9 - 1 - 3

 

 

C'est de qui ? Ange  & Briones (4) – Ruizgé (9) – Varanda (1) - Guinebaud (3)

 

 

Une couv’ :

La Saga de l'été : La chronique perdue…

C'est édité chez qui ? Soleil

 

 

Déjà vu chez nous? Quelques un(e)s.

 

 

Une Planche :  

 

 

 

 

Ça donne quoi? : Le tome 4, Brisken est un épisode clé de la série auquel des allusions seront faites plusieurs fois dans d'autres albums. Tout commence à Messara qui n'est plus le bourg principal d'un petit royaume mais une grande et belle ville capitale d'un grand empire.

L'ordre de Narak a été envoyé tuer un dragon, mais il a échoué et un grand nombre de créatures du Veill menace la ville. L'empereur fait appel à l'ordre pour tenir la passe de Brisken en attendant que son armée revienne d'une mission. 400 partiront : chevaliers, écuyères, novices… 15 seulement survivront grâce à l'arrivée de l'ordre d'Ishtar. Mais les dés étaient pipés dès le début : l'empereur avait fait tuer les chevaliers de Narak, orienter les créatures et empêcher les oiseaux messagers, les kaäs, de transmettre les appels au secours. Pourquoi? Par peur de la puissance de l'ordre.

Malgré ce drame, la matriarche lui dit: "Notre ordre ne se mêle pas de politique" et laisse l'empereur à sa folie… et peut-être à ses remords.

 

C'est l'album rêvé pour les amateurs de grandes batailles rangées et de combats désespérés. Briones a mis beaucoup de force dans ces dessins… et aussi beaucoup de muscles selon les personnages! Le chevalier Alia est la narratrice de ce récit violent et poignant (elle note les faits dans un registre). Même si ce ne sont que des personnages dessinés, il est difficile de ne pas avoir de compassion pour elles et de colère contre l'empereur et ses vils calculs politiques. J'aurais tellement aimé que la matriarche lui tranche le cou!

 

 

 

Une dizaine d'année plus tard, le tome 9,  Aveugles est racontée sur fond de comptine récitée par la petite novice Mara. 3 chevaliers dragons se réveillent enfermés dans une sorte de prison souterraine, mains attachés, quand un groupe de créatures du Veill les attaquent. Elles arrivent à les tuer à mains nus. Oris d'Ishtar, Loÿs de Messara et Mathild de Narak s'étaient endormies la veille dans leurs ordres.

Que s'est-il passé? Est-ce un complot de l'empereur pour affaiblir l'ordre? Parallèlement, on découvre les travaux scientifiques que le prêtre Hassan effectue dont certains sur le Veill pour tenter d'y trouver un remède. Les prêtres d'Aman auraient-ils enlevé les chevaliers pour les étudier comme des cobayes?

 

Aucun dragon dans ce tome où intrigues entre ordre et empire dominent ainsi que quelques découvertes sur le grand pouvoir des prêtres d'Aman. Complots et trahisons en tous genres comme Hassan trahie par sa concubine, espionne (ombre) de Narak, ou la folie de la matriarche prête à tuer les meilleurs chevaliers pour justifier de l'assassinat de l'empereur pour venger le massacre de Brisken (ce n'est pas la même que celle du tome 4).

 

Un scénario passionnant, peut-être un peu trop foisonnant pour un seul album, caractérise cette histoire élégamment illustrée par Ruizgé dans un style renaissance pour les tenues des nobles donnant un effet un peu étrange face au côté médiéval de l'ordre.

 

 

 

Encore un type bien qui se fait détruire… pas physiquement mais moralement. Tous ses travaux ont été détruits par les ombres de l'ordre qui croyaient trouver les chevaliers enlevées. Il a tout à recommencer difficilement puisqu'il a perdu l'appui financier qu'il espérait.

 

Voici la comptine en entier :

 Il était une fois un vieil homme tout seul, habillé de noir et de démons, il était le seul à voir clair.

Il était un homme amoureux, et son amour lui avait crevé les yeux, rendant son intelligence aveugle sans qu'il ait mal, et sans qu'il le sache.

Il était des princesses enfermées, closes dans une prison de pierre, et elles avaient beau lever les yeux, les rochers aveuglaient leurs paupières.

Et puis, partout et toujours, Il y a ceux qui courent et qui sautent et ceux qui dansent en riant.

Il était une très vieille femme confite dans ses rêves de vengeance et la haine lui avait cousu les yeux d'amertume et de toiles d'insectes.

Il était une femme qui croyait qu'elle était jeune et libre. Mais ses chaînes étaient invisibles sous son long manteau de nuit.

Il était une femme qui croyait être jeune et belle et puissante. Mais ses chaînes étaient invisibles sous son manteau d'or et d'argent

Et puis partout et toujours,  il y a ceux que jamais rien n'arrêtera, ceux qui recommenceront encore, ceux qui recommenceront toujours et ceux qui dansent en riant.

 

Les strophes sont un peu inégales, mais le lecteur y retrouve parfaitement les divers personnages intervenant dans cet album.

 

 

 

Voici où se situe chronologiquement le tome 1,  Jaïna, tome fondateur de la série. Dès cette histoire, Ange montre l'hostilité des hommes vis-à-vis de ces filles habillées en hommes, maniant l'épiée et chevauchant seules.

 

Le lecteur devine que la vie ne doit pas toujours être facile pour les femmes du commun qui ont droit à fort peu de choses sans autorisation de leur mari ou leur père…

 

Jaïna, accompagnée de son écuyère Ellys, arrive dans une ville où sa sœur Dara est déjà passé plus tôt. Si Dara n'est pas revenue, c'est sans doute que le dragon l'a tuée. Les dirigeants de la ville, dont des prêtres d'Aman, accueillent Jaïna plutôt fraichement et s'inquiètent qu'elle soit seule.

Mais elle ne tient pas compte de leurs remarques et part pour la zone où est le dragon avec Ellys. Après avoir échappé à une attaque de paysans affamés devenus violents sous l'effet du Veill, leurs provisions et leurs chevaux sont dévorés par une meute de créatures. Elles trouvent refuge au fort de Meln où le prince Jahn d'Espard et ses hommes combattent les créatures.

Apparemment, ils ne sont pas touchés par le Veill. Mais Jahn a tué Dara pour prendre sa peau de vierge et approcher du dragon pour que ce soit un "vrai" chevalier qui le tue…

Et il a forcé Ellys à faire l'amour, donc le dragon la sent. Jaïna est tuée, mais Ellys, dans un sursaut fabuleux, arrive à le tuer.

 

 

 

 

Ange a posé les bases scénaristiques de son univers avec ce tome : la résistance des vierges au Veill, les effets délétères de ce dernier sur les corps ou sur les esprits, l'inimitié (ou même la haine) des hommes déchus de leur rôle de protecteur de la civilisation et même le choix dangereux de laisser le dragon en vie plus longtemps pour profiter des pierres précieuses créées par le Veill.

 

Varanda a posé les bases graphiques pour tous les dessinateurs à venir. En particulier, ce qu'est la tenue de combat contre les dragons, je n'ose écrire armure vu le peu de surface corporelle couverte.

 

C'est un truc qui m'a toujours surprise dans la fantasy : les hommes sont couverts de la tête aux pieds avec des armures, sauf les barbares, et les femmes sont à moitié nues. Personnellement, je pense que les 2 tenues sont mauvaises : un souffle enflammé sur une armure en fait une super cocotte-minute et sur une peau nue cela donne de la viande trop cuite! Mais je reconnais qu'une tenue légère en poids (une armure en métal pèse de 15 à 20 kilos) permet de garder de la mobilité et d'esquiver plus facilement flammes et coups de griffes… Mais il est vrai que les dragons de la série ne crachent pas toujours du feu.

 

Varanda a aussi créé un paysage d'une beauté à couper le souffle en double page 2 et 3 avec cette ville entourée d'une cascade d'eau… imaginez une ville allant du pied des chutes du Niagara jusqu'à dépasser le fleuve dans la partie haute.

 

À noter aussi que ce tome commence par une visite de 3 jeunes filles dans une salle décorée de gravures présentant les exploits des chevaliers dragons avec une vieille chevalier… Cela ressemble au début du tome 14.

 

 

 

C'est sans doute à peu près à la même période que se déroulent les évènements du tome 3 , Le pays de non-vie. Tout commence par le regroupement de vielles femmes à la peau grise et tatouée qui se groupent à proximité d'un dragon et explosent.

Ce sont les sœurs de la vengeance qui pratiquent un rituel destructeur quand les chevaliers dragons ont échoué dans leur combat face au dragon. Rituel terrible parce que tout ce qui vivait encore dans une zone liée à la force du dragon, y compris les plantes, est éradiqué pour de nombreuses années, peut-être pour toujours!

 

Mais le Veill a généré des modifications des roches allant jusqu'à la création de pierres précieuses pour lutter contre les fièvres ou autre chose. Ces trésors attirent des "chasseurs de Veill" qui récoltent et vendent ces pierres. Le métier est dangereux car il faut bien doser le moment d'intervention : trop tôt et le Veill subsiste car le dragon est en vie, trop tard et des chasseurs plus hardis ont déjà tout ratissé.

 

Ce tome commence avec une partie d'une famille qui explore la zone "nettoyée" par les sœurs de la vengeance la récolte est maigre : quelques pierres de faible valeur et une épée de chevalier dragon. Pendant ce temps, le chevalier Mara rejoint un village soumis au Veill ou à la peste.

C'est la peste, une bonne nouvelle en comparaison du Veill, mais Mara découvre un peu par hasard qu'un dragon doit vivre dans une zone éloignée et non habitée. Elle va s'y rendre après avoir rendu visite à la famille de sa sœur où un 2e enfant ne va pas tarder à naître.

Une tempête sur le fleuve proche va projeter la famille de chercheurs au beau milieu du Veill généré par ce dragon. Ils y laisseront tous la vie sauf une petite fille que Mara va prendre sous sa protection après avoir tué le dragon.

 

 

 

Ange a augmenté l'univers de la série avec ces gens prêts à risquer leurs vies pour chercher d'hypothétiques trésors qu'ils devront ensuite marchander âprement.

Avec Mara adulte (voir tome 9), il nous montre aussi une autre facette des vierges guerrières : renoncer à une vie de famille avec des enfants ayant grandi dans son ventre n'est pas toujours facile à assumer. 

 

Dans d'autres tomes, on découvrira que certaines ne vont pas au bout de leur formation ou renoncent après quelques combats. C'est un personnage très humain et donc plutôt attachant. Terme plus difficile à utiliser pour la famille de chasseurs où la concorde ne règne pas vraiment.

 

Guinebaud a illustré de façon très expressive les doutes et chagrins de Mara et la violence des autres personnages. Ses scènes désertiques sont splendides, en particulier les scènes nocturnes. Dans sa préparation au combat, il sublime Mara en lui faisant utiliser la terre pour se dessiner des marques sur le visage. Elle va apparaître comme une créature mythique devant la petite fille apeurée.

 

 

 

-------------------

 

 

Une chronique de Gen

Repost0
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 17:17

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS. 17-18-20

 

 

C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Vax (17 & 18) – Looky (20)

 

 

Une Couv':

La Saga De L'été...arrive à sa fin!

Déjà croisé sur le site? Certains oui.

 

 

Ca donne Quoi ? Avec ces 3 albums, nous sommes en pleine guerre des sardes ou guerre de 1000 ans. Si l'on suit la chronologie d'Ange , 16 ans ont passé depuis le franchissement de la frontière par les sardes (tome11). 16 ans de guerre pendant lesquelles les personnages vus dans les tomes précédents ont bien évolués : Amarelle est à présent chevalier dragon et combat avec la Faucheuse d'Ishtar (infos du sultan Sarkis dans le tome 15), les sœurs dirigeant l'ordre de Messara et l'empire ont rompu leur alliance (tome 15).

 

Mais nous n'avons pas de nouvelles à propos de la générale & ex-ancienne, de Farida ancienne et ex-matriarche d'Ishtar, des novices d'exception Soriko et X qui devraient influencer le destin de l'ordre (tome 11). Et nos connaissances sur les sardes n'ont pas beaucoup évoluées depuis le tome 10 et l'enlèvement du petit Louis, sinon qu'ils ont des bateaux et des alliés, les hoktes, sans doute aussi barbares que les sardes (infos du tome 15).

 

Du coup, le lecteur entre de plein pied dans la guerre avec le tome 17,  Amarelle. La guerre des sardes 1e partie. Comme le titre l'indique, Amarelle est le pivot du récit. Une 1e étape nous montre Amarelle et Soriko débarquant à Arsalam pour participer à la guerre en tenant ce site stratégique face aux sardes alors qu'elles ont à peu près 20 ans (an 8 de la guerre). Côté sardes, nous retrouvons Louis, fils adoptif de Shong-Li, apprenant que son père a été assassiné. Puis 5 ans plus tard, l'impératrice envoie le duc de Charmont en ambassade à Arsalam. Il découvre des chevaliers dragons qui sont devenues aussi brutales et violentes que les ennemis sardes qu'elles affrontent quotidiennement, qui font des colliers de dents, qui ont des relations homosexuelles presque non dissimulées comme Amarelle et Soriko… Côté sarde, Louis et Fils de Rouge, après un combat sans vainqueur, attaquent simultanément en 2 points : le triple pont et Arsalam. Attaques stoppées par un séisme qui détruit le pont et par la défense héroïque de Soriko et une autre chevalier. Les espionnes de Rhinna lui ont appris qu'un dragon gigantesque, car sans doute très ancien, provoque les séismes et est resté inconnu à cause de son éloignement de l'empire. Avec Farida, Rhinna décide de ne pas intervenir pour que le dragon détruise le maximum de tribus sardes et de terres orientales.

 

 

 

 

La suite de la guerre des sardes est racontée dans le tome 18, Arsalam – La guerre des sardes 2e partie. L'empire est en fort mauvaise posture et le choix de laisser le dragon en vie n'a pas vraiment eu le résultat escompté.

Si les femmes, enfants et vieillards des tribus meurent en grand nombre, l'armée sarde n'a plus qu'un choix : avancer plus loin dans l'empire jusqu'à Messara qu'ils assiègent. Rhinna vient en personne "reprendre en mains" la situation à Arsalam et continue à mentir sur la présence du dragon. Elle provoque le rejet des combattantes avec son mépris et son intransigeance, rejet qui conduit à une rébellion et la sécession de l'ordre d'Arsalam et au massacre de ses gardes du corps. L'impératrice envoie le duc de Charmont, devenu son amant, à Arsalam une nouvelle fois. Amarelle et lui vont convaincre Louis que détruire l'empire ne servirait à rien puisqu'il règnerait ensuite sur un champ de ruines.

Un accord va être signé, sans accord de l'impératrice, qui donne 1/3 de l'empire de Messara au nouvel empire de l'Est à condition que le dragon meure. Le duc de Charmont offrira sa tête, en tant que traître qui a "vendu" l'empire, pour qu'une paix fragile puisse s'établir.

 

 

 

 

 

Ange a tapé très fort avec ce diptyque : délitement total des valeurs affichées de l'ordre des chevaliers dragons, jeu de massacre guerrier et politique, mensonges de tous les côtés. Plus, l'évolution des chevaliers dragons utilisées en troupes d'élite de l'empire face aux sardes vers une sauvagerie et des pratiques barbares qui font d'elles des reflets de leurs ennemis...insoumises et rebelles vis-à-vis de l'ordre qui les a sacrifiées sans état d'âme apparent et qui sacrifie des milliers de vies humaines sous prétexte que ce sont des sardes. Où est la belle maxime : "l'ordre ne fait pas de politique"?

 

Mais 2 personnages surnagent dans cette boue : Amarelle qui essaie de rester fidèle aux principes qui lui avaient été inculqués et, surtout, le duc de Charmont qui est fidèle à l'empire plus qu'à l'impératrice et qui a des valeurs morales très nobles… Le dernier type bien apparu dans la série!

 

Vax a récupéré les personnages de Looky (tome 11) à sa façon sans les dénaturer ainsi que ceux de Boutin-Gagné (tome 15). Il excelle dans les scènes de bataille auxquelles il insuffle un dynamisme terrible. Ses personnages sont beaux et expressifs même quand ils commettent des actes horribles. Les amateurs de plastique féminine seront heureux de ta tenue qu'il fait porter à Amarelle (voir couverture tome 17), même si je me demande comment elle arrive à survivre avec aussi peu sur elle.

Son dragon me fait penser au croisement d'un ver des sables de Dune et d'un stégosaure taille 4XL (voir image)… et, en plus, cette horreur crache du feu! Son impératrice est belle, fragile, sensible mais elle résiste et s'efforce d'agir pour le bien de son peuple… Une grande dirigeante!

 

 

 

 Le tome 20, Naissance d'un empire se déroule majoritairement à Arsalam. Mais cela débute par une étrange rencontre dans le désert : une jeune fille sarde tombe sur un colonel de l'Empire d'Occident et le duc de Lorta discutant dans une oasis.

La discussion évoque une attaque sous 3 mois de l'Empire d'Orient si le duc confirme la faiblesse de l'empire sarde. Arsalam est un vrai nid d'espions sur fond de construction du palais de Louis, et de difficile mise en place de l'ordre des chevaliers dragons d'Arsalam.

2 groupes de novices s'affrontent : les ex-occidentales et les sardes auxquelles se joignent les anciennes esclaves et autres transfuges. Louis continue d'avoir des soucis avec la tribu Rouge, la plus puissante, et il doit faire face à des rebellions dans les anciennes contrées de l'Empire d'Occident.

Face à cela, Amarelle refuse d'impliquer l'ordre "qui ne fait pas de politique", mais elle ira en ambassade rencontrer l'ancienne dans ses territoires nordique qui ont pris leur indépendance. Lorta, descendant lointain de Yassine du tome 13, verra la naissance de l'empire quand les novices s'uniront pour combattre le dragon apparu dans le palais à la suite de la jeune sarde du début… donc trop puissant pour être attaqué!

 

 

 

 

Ange ouvre une nouvelle porte à ce que j'appelle "la geste dans la geste" et qui est la guerre de 1000 ans dans la série. Porte pour le moment entrouverte que le scénariste va sans doute pousser un peu plus dans le futur. Amarelle est prise à son tour dans les contradictions de l'ordre : rejeter un engagement politique pour écraser ou aider les rebelles occidentaux, mais accompagner une ambassade auprès de l'ancienne pour lui proposer une alliance. Lorta ne sait pas vraiment où se situer : Arsalam est le berceau de ses ancêtres, mais leur fortune s'est construite à Messara.

 

Looky a retrouvé le personnage qu'il avait créé au tome 11 avec quelques années de plus. Il a choisi de la défigurer partiellement en accentuant son marquage au front que Vax avait réduit à un simple tatouage dans les tomes 17&18. Il l'a rendue aussi plus dure, plus amère. Louis aussi est devenu plus sombre et tourmenté.

Les graphismes de Looky excellent à montrer la dureté des faits à travers les expressions des personnages.

Comme pour la majorité des tomes, la colorisation de Stéphane Paitreau éclaire subtilement le désert de jour comme de nuit, les froideurs nordiques ou les beautés d'Arsalam.

 

A conclure...

 

----------------------------------

 

 

Une chronique de Gen

Repost0
20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 08:31

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS. TOMES 16 – 10 – 11 – 14 - 15

 


C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Cossu (16) – Guiton (10) – Looky (11) – Boutin-Gagné (15)

 

 

Une Couv': 

La Saga de L'été... La Suite!

Déjà croisé sur B.O BD?  Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche (un peu particulière!):

 

 

 

 Ca donne Quoi ?  Le tome 16,  La déesse raconte l'histoire d'une manipulation forgée des siècles auparavant par une partie de l'Ordre moins connue : les missionnerias. Ces membres de l'ordre sillonnaient les campagnes en soignant les villageois et en utilisant les guérisseuses pour conditionner la population via des maximes simples.

 

C'est donc par le plus grand des hasards que des émissaires de l'ordre d'Arsalam découvrent dans un village proche une immense stature aux généreuses formes féminines après que les villageois les aient aidé à tuer un dragon. Quand "la déesse" est amenée en ville, les prêtres d'Hâman rejettent le nouveau culte qui donne aux femmes des droits en opposition avec leurs propres règles : divorce, respect de la virginité, gestion de ses biens.

 

Le haut-prêtre, intelligent, refuse d'interdire cette religion et attend qu'une erreur soit faite, surtout après que Yassine Lorta lui ait appris que les maximes des villageois ont été créés par l'Ordre. Nouri, informée par Yassine qui fût son fiancé, refuse le mensonge et provoque involontairement la chute du nouveau culte et la reprise en mains par la prêtrise d'Hâman… avant de s'enfuir avec Yassine, banni après avoir avoué son athéisme.

 

 

 

 

À la 1e lecture, cet album ne m'avait pas vraiment accroché, mais je lui ai trouvé beaucoup de qualités à la relecture. Il éclaire de façon brutale le combat de l'Ordre pour le statut des femmes puisque l'on y découvre les manipulations qui ont été faites. Ange est sûrement lecteur(s) de SF et fantastique, donc il n'est pas vraiment étonnant qu'une allusion à Dune via les missionerias (voir le Bene Gesserit et ses manipulations variées) apparaisse dans la série. 

Yassine est un homme libre de ses pensées et il est écoeuré par les compromis et la corruption de la prêtrise. Je suppose qu'il est devenu prêtre d'Hâman (écriture différente de l'Occident, mais sans doute même divinité)  sous la pression de sa famille. Encore un type bien de la série!

 

Cossu arrive à donner une vie extraordinaire aux combats ou aux mouvements de foules. Ses personnages sont expressifs. Ses corps féminins sont dignes (ou inspirées) des peintres orientalistes du XIXe siècle. Il a su rendre l'antagonisme des personnages les plus âgés : le haut-prêtre et la matriarche aussi manipulateurs l'un que l'autre mais le 1e est plus calculateur et la 2e plus brutale.

 

 

 

 

Dans le tome 10, Vers la lumière, le lecteur découvre un peuple composé de tribus indépendantes qui aura un rôle primordial dans la suite : les sardes. Tout commence avec le naufrage d'un vaisseau volant commercial, sur lequel voyageait un groupe de novices de l'ordre de Faïza, suite à son "aspiration" vers un combat entre vaisseaux de guerre de l'ordre et un gigantesque dragon volant. Ont survécu : 5 novices, une jeune femme et son petit garçon, un jeune homme et un vieil officier du vaisseau.

 

Ils vont être récupérés par des sardes, peuple nomade, sauvage et esclavagiste. Récupérés ne veut pas dire sauvés car les sardes vendent leurs proies, surtout les femmes. Mais les tribus sont poursuivies par un duc de l'empire accompagné de 3000 hommes.

Le tumulte lié plus les choix différents des chefs de tribus, combattre pour rouge et bleu et fuir pour argent, va permettre à 3 novices de s'en tirer, à Marik en se faisant adopter par l'officier, à la femme et au jeune homme de survivre. Le dernier chef sarde revenu emporte Louis, le petit garçon, pour en faire un roi…

 

 

 

 

 

Ange semble s'être inspiré des tribus nomades et guerrières du passé : Vandales, Huns, Mongols… qui ravageaient les pays voisins par leurs pillages. Ce sont des guerriers puissants, bien armés et courageux même si ce sont aussi des marchands d'esclaves.

 

Ange introduit une nouveauté, qui n'a pas été reprise après (me semble-t-il) : des vaisseaux volants de guerre appartenant à l'Ordre pour combattre les dragons volants. Il y a aussi une faille dans la formation des novices puisque l'une d'elles est prête à vendre ses amies pour se sauver.

 

Guiton a dessiné le plus cauchemardesque dragon de toute la série (à mon avis). Ses créatures du Veill sont des plus étranges et complètement différentes de la représentation à laquelle les précédents tomes nous avaient habitués. Elles ont un côté ubuesque dont je ne saurais dire si je le trouve ridicule ou effrayant. Sa représentation des sardes avec tatouages de couleur de leur tribu et/ou armures de la même couleur est très curieuse entre guerriers du futur vus par de la SF et guerriers d'héroïc fantasy. Les fausses barbes des chefs sont-elles des parties de leurs armures? Cela donne à cet album un côté très à part de tous les autres.

 

La colorisation du désert et de la lumière par Séphane Paitreau ajoute beaucoup à l'album.

 

 

 

Le tome 11, Toutes les mille et une lunes nous présente une cérémonie importante de l'ordre des chevaliers dragons. Toutes les matriarches de tous les ordres viennent au fort, un immense château situé en plein milieu d'un désert et loin de tout.

Elles sont accompagnées par leurs meilleures novices d'environ 12-13 ans qui vont subir des épreuves destinées à les trier pour faire émerger 3 recrues exceptionnelles qui "auront un rôle majeur dans le destin de l'ordre des chevaliers dragons".

 

Pendant que les adolescentes subissent ce "tri" mortel, les matriarches débattent sur l'évolution des règles de l'ordre dirigé par l'ancienne avec Farida, matriarche d'Ishtar, en arbitre des séances. L'ancienne, qui pense être largement réélue à la fin des débats, veut revenir aux "lois des temps de fer" d'une intransigeance totale vis-à-vis de tout manquement.

Les matriarches les plus libérales sont prêtes à truquer le vote s'il le faut. Tout va s'accélérer à l'annonce que les sardes ont franchi les montagnes : c'est la guerre qui commence.

 

L'ancienne est poussée à la démission par Farida et la matriarche de Messara parce que sa dureté risque de provoquer l'éclatement de l'ordre au pire moment possible. C'est une grande guerrière qui sera bien meilleure générale en chef dans la guerre que dirigeante politique.

 

 

 

 

 

Ange plonge le lecteur un peu plus profondément dans les méandres (et les hypocrisies) de l'ordre. Il nous dévoile un fonctionnement semi-démocratique où les matriarches votent les propositions de l'ancienne ou de l'assemblée. Mais les secrets du fort nous sont révélés par les babillages de la prolixe minime Soriko et confirmés en images.

Il y a aussi les épreuves, souvent mortelles, auxquelles sont soumises les plus prometteuses des novices : quel gâchis! Ainsi que la punition démentielle (50 coups de fouet) promise à 2 novices un peu trop curieuses de découvrir le fort… elles arrivent à s'échapper dans le désert, ouf! Dans un précédent tome, un personnage qualifiait l'ordre de "ordre exclusivement féminin, composé d’illuminées frigides", peut-être n'avait-il pas totalement tort ou peut-être que, à force de combattre des dragons, les guerrières se déshumanisent totalement. À noter que les sardes ont provoqué la guerre en pénétrant sur le sol de l'empire… et que l'ordre renonce à sa neutralité pour soutenir l'empire de Messara et protéger la civilisation.

 

Looky et Stéphane Paitreau ont réalisé un travail complètement hallucinant dans cet album. La colorisation est tellement fine avec des demi-teintes et des fondus tels que j'ai du mal à imaginer cet album sans. Même si j'apprécie au plus haut point les graphismes de Looky qui sont d'une finesse et d'une expressivité rarement vues en BD. En plus il joue sur l'éclatement des cadres avec des pages, doubles ou pas, mettant en valeur quelques cases, puis des accolements de cases… bref, une dynamique de dessin bien éloignée du gaufrier classique.

Que dire des matriarches sinon qu'elles sont fabuleuses avec des visages couturés de cicatrices comme celle de Messara ou l'ancienne, des tenues extraordinaires avec os ou dents de dragons ou tenues régionales, tunique et turban blancs pour Farida ou broderies dorées pour d'autres.

L'architecture du fort est tout aussi extraordinaire : château classique sinon rustique vu de l'extérieur et splendeurs mélangées de gothique flamboyant (les voutes en ogive, le cloitre, les vitraux), de baroque (les rotondes, les sculptures dans des niches) et de palais orientaux (atrium autour d'un bassin, moucharabiehs en dentelles de pierre).

 

Mon album préféré de la série…

 

 

 

 

On reste dans l'oriental avec le tome 15, L'ennemi. Le chevalier dragon Saraï est enlevée par les hommes du sultan Sarkis alors qu'elle observait le dragon à abattre. Celui-ci est un grand collectionneur : d'œuvres d'art, de livres, d'armes, de femmes.

Avoir une chevalier dragon dans son harem est une fierté pour lui. Mais il ne sera pas facile d'en faire une épouse docile et le sultan a fait entrer une louve dans sa bergerie! À Messara, la nouvelle de l'enlèvement de Saraï n'est pas perçue de la même façon par les sœurs jumelles : Rhina, la matriarche de l'ordre, et Helsana, l'impératrice.

La guerre contre les sardes est en plein développement et l'empire a besoin de l'aide des sultans sunnis; la vie de Saraï ne pèse pas lourd à côté de celle de milliers de gens. Mais la seule protection des chevaliers dragons dans les contrées éloignées est le fait que jamais on ne laisse impuni un crime contre l'une d'elles; le viol de Saraï serait donc un fâcheux précédent.

Les 2 arguments se valent. Saraï fomente une révolte du harem au moment même où les ombres de l'ordre s'apprêtent à agir en massacrant tout le monde dans le palais. L'accord passé entre les sœurs 20 ans avant est brisé : elles ne prendront plus de décisions communes.

 

 

 

Ange a créé des personnages plutôt intéressants avec ces 2 sœurs avançant parallèlement plutôt que côte à côte. La matriarche est dogmatique et dure tandis que l'impératrice est sensible et diplomate. Ce sont elles les vraies héroïnes de ce tome. L'histoire de Saria n'est qu'un prétexte pour les introduire dans la série. Leur dispute donne un contexte très sombre à la guerre de 1000 ans.

 

J'avoue ne pas avoir accroché aux graphismes de Boutin-Gagné. Je trouve ses personnages un peu trop hiératiques, un peu trop figés. Sa mise en page est très sage même s'il joue sur des cases de tailles différentes. En revanche, les décors des palais du sultan ou de la ville de Messara sont superbes.

 

 

Suite au prochain épisode…

 

-------------------------

 

 

Une chronique de Gen 

Repost0
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 16:27

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS TOMES 5 - 2 - 19 - 12

 


C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Paty (5) – Briones (2) – Boutin-Gagné (19) - Cossu (12)

 

 

Une Couv':

La Saga De L’été, 3° Partie.

Déjà croisé sur B.O BD? Certains

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Ca donne Quoi ?  Dans le tome 5, Les jardins du palais, on voit apparaître à l'âge adulte un personnage évoqué enfant dans le tome 9 : le chevalier dragon Snejana, cousine de la comtesse de Cressay.

On peut donc penser que 15 à 20 ans séparent les albums. Bien que chevalier de l'ordre d'Alexira, Snejana a une mission à Faïza où l'ordre était autrefois puissant. Avec son apprentie Josanifena, dite Jo, et Ralène, seule et dernière chevalier de Faïza, elle doit retrouver un symbole de pouvoir pour faciliter l'accession au pouvoir d'un allié de l'ordre… Mais "l'ordre ne se mêle pas de politique", on nous aurait menti!…

Elles vont devoir traverser les jardins du palais du doge, dans la salle du trône duquel un dragon était apparu il y a environ 20 ans. Il n'y a plus de dragon, donc plus de Veill, mais de multiples créatures y vivent dont les plus petites ne sont pas forcément les moins dangereuses.

Les 3 femmes vont être séparées et faire leurs propres découvertes. Snejana, l'orgueilleuse et méprisante chevalier, va apprendre à respecter les autres. Ralène va retrouver respect et confiance en elle. Jo va trouver le trésor qui lui permettra de quitter l'ordre et de rejoindre son amoureux.

 

 

 

On voit bien dans ce tome que plus le temps passe plus les principes fondateurs s'estompent. L'ordre est prêt à risquer la vie de quelques membres pour apporter un soutien politique à un haut personnage. La "noblesse" de l'ordre est aussi écornée par la façon dont Ralène est traitée par Snejana, et à travers elle par l'ordre d'Alexira.

Paty semble avoir pris un grand plaisir à dessiner des paysages grandioses… et des créatures particulièrement hideuses. J'aime un peu moins ses personnages dont je trouve les attitudes un peu trop figées.

 

 

 

Le tome 2, Akanah nous fait retrouver la chevalier Oris héroïne de Brisken avec beaucoup d'années en plus et une chevelure entièrement blanche.

On y découvre adultes 2 petites filles vues plus ou moins rapidement dans le passé : Akanah la rousse que Jaïna avait envoyée vers l'ordre avec consigne de tuer son petit frère quand il se transformerait (tome 1) et Eléanor la brune que Mara avait recueillie dans le désert (tome 3). Elles ont bien grandi mais pas vraiment en sagesse car elles aiment défier les hommes dans les tavernes et se battre avec eux.

Les chevaliers seront accompagnées dans leur voyage vers une zone de Veill par Jan, un jeune prêtre cartographe d'Aman, "protégé" par un talisman. Mais Oris comprend que le dragon n'est pas mort et décide d'aller l'affronter avec ses 2 jeunes protégés. Jan suit par passion et par amour pour Akanah, mais il sera touché par le Veill qui lui laissera de profondes cicatrices sur le visage. Cela fera une encoche de plus sur la poignée de l'épée d'Oris (la 6e?).

Malheureusement pour Akanah et Jan, leur amour devra s'effacer devant le mariage prévu entre 2 grandes familles… Mais Akanah hérite de la hache de la vieille Viala dont nous apprendrons plus tard dans la série qu'elle s'appelle la "faucheuse d'Ishtar".

 

 

 

Un 2e tome qui, une fois remis dans la chronologie, montre que le scénariste Ange avait certainement écrit l'histoire de l'ordre et du monde au moins dans ses grandes lignes, ainsi que les bases de la vie de plusieurs personnages : Oris, Akanah, Eleanor, Mara…

 

C'est la marque des grands auteurs que de réussir à faire vivre autant de personnages de façon cohérente sur autant de temps avec des erreurs minimes (mais qui n'en sont peut-être pas) comme des noms qui changent ou qui reviennent dans un autre contexte. Le scénario dévoile aussi quelques points intéressants sur la prêtrise d'Aman, les "on-dit" sur comment lutter contre le Veill (en déflorant une vierge par exemple), les accords autour des mariages…

 

Briones nous offre un des plus longs combats contre un dragon de la série sur 7 pages en débutant par une attaque aérienne. Il met beaucoup de vie de de mouvement dans les combats à mains nues ou avec armes.

Il y a juste un petit détail amusant que j'ai découvert en relisant le tome : au départ la hache est une hache simple et ne devient une hache double que pendant le combat dans la taverne. Si j'en crois mes sources personnelles, la hache simple est pourtant plus efficace que la double au corps à corps… mais moins élégante en dessin! Il est amusant aussi de penser qu'il a dessiné Oris âgée avant de la dessiner jeune dans le tome 4.

 

 

 

Pas de dragons dans le tome 19, L'antidote! Mais une mission pour Akanah et Eléanor que l'on pourrait qualifier d'humanitaire : escorter une caravane transportant un antidote contre une maladie sur une partie du trajet.

Cette mission est aussi une punition pour avoir accepté des dons d'objets d'une cité qu'elles ont libérée d'attaques de créatures du Veill… ou plutôt elles ont punies pour ne pas les avoir suffisamment cachés. En plus des 2 chevaliers, il y a une troupe de Hans, ethnie qui protège les caravanes sur les routes. Nos 2 héroïnes vont découvrir la vie des caravaniers.

Elles vont aussi tisser des liens commerciaux, cachés bien sûr puisque interdits par les règles. Quand elles découvrent que leurs accompagnateurs ne sont pas ce qu'ils disent être, Eléanor va combattre seule contre une grand troupe pour permettre à la caravane de fuir. Pendant ce temps, Akanah va rejoindre l'escorte finale pour qu'elle accélère vers la caravane.

 

 

 

Cet album apporte un éclairage sur la partie orientale du monde avec un fort côté 1001 nuits : caravanes de marchands, caravansérails, marchandises rares et chères…

Mais la partie la plus intéressante concerne l'hypocrisie qui règne au sein de l'ordre : la virginité n'empêche pas tout ce qui peut se faire "au-dessus de la ceinture", les dons d'argent sont interdits mais les dons de tissus ou nourriture ou objets divers le sont à condition qu'ils ne soient pas trop ostentatoires. Si c'est le cas, ils doivent être remis au trésor de l'ordre. Nous apprenons aussi quelques points intéressants sur les voyages en bateaux volants.

 

Boutin-Gagné n'est pas le dessinateur que je préfère dans la série. Je le trouve meilleur dans les séries semi-réalistes comme Le mangeur d'âmes.

Ici c'est Eléanor qui est mise en valeur en équilibre avec le tome 2 où Akanah tenait la vedette. Belle, intelligente et dangereuse, c'est la digne élève de la vieille Oris (qui a 80 ans dans ce tome).

 

 

 

Le tome 12, Ellys commence par le massacre par un dragon d'un groupe de nomades circulant sur les routes de pierres rouges. La seule survivante arrive au château où Ellys vit depuis qu'elle a épousé le duc Louis.

Ellys constate que les légumes sont bizarres et elle a écho d'animaux morts dans une zone relativement proche. Sa formation à l'école de l'ordre d'Ishtar lui fait penser à la présence d'un dragon. Mais son beau-frère refuse d'envoyer un message car il veut contraindre son frère à répudier Ellys et craint que les chevaliers dragons la soutiennent. La présence du dragon sera avérée grâce à Leïla la jeune nomade mais il est trop tard pour contacter l'ordre. Ellys et le maître d'armes Henj vont former en quelques semaines un groupe de vierges du duché pour aller combattre le dragon.

Le groupe drogue Ellys qui est enceinte pour l'empêcher de venir. Elle peut enfin révéler à son époux son obsession : sa responsabilité dans la mort de Jaïna (voir tome 1). L'amour qu'il lui porte la réconcilie avec elle-même comme l'affection qu'elle a montré à Laïla a permis à celle-ci d'admettre qu'elle n'était pas responsable de a mort de sa tribu.

 

 

 

Ange nous renvoie ici au tome 6 avec des tribus se disant héritières de N'Aria dite raïad et suivant les chemins de pierres rouges. Il nous rappelle aussi qu'il n'est pas facile de vivre avec le remords. Il nous offre un beau portrait masculin avec le duc Louis qui est très amoureux de sa femme et prêt à la soutenir dans son conflit familial.

 

Je suis quand même étonnée que Henj ait pu accompagner le groupe de vierges et combattre avec elles sans souffrir du Veill… c'est plutôt rare dans la série.

 

Cossu illustre cette histoire de douleurs personnelles de belle façon avec des personnages expressifs dans la joie autant que dans le malheur plus quelques beaux paysages. Les amateurs de dragons seront ravis puisqu'il intervient dans toute sa force et sa violence au début et à la fin de l'album.

Un dragon européen classique avec souffle enflammé, ailes membraneuses, griffes immenses et collerette hérissée de pointes.

 

Suite au prochain épisode…

 

 

 

--------------------

 

Une chronique de Gen

Repost0
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:37

 

 

 

Gen, la spécialiste Fantasy chez B.O BD revient pour vous sur une série importante du genre sur laquelle se sont succédés des artistes aujourd’hui majeurs dans le domaine, chaque semaine elle vous fera revivre les grandes heures d'une saga qui compte aujourd’hui 22 tomes.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS.

 


C'est de qui : Ange au scénario, et, aux dessins: Varanda, Briones, Guinebaud, Paty, Paitreau, Démarez, Meddour, Ruizge, Guiton, Looky, Cossu, Vax, Palma, Sentenac, Boutin-Gagné, Alexe pour les histoires longues sans oublier le coloriste de la plupart de la série : Paitreau.

 

 

Des Couv':

 

Le dernier tome paru:

La Saga De L'été

Le Premier tome:

 

 

 

Déjà croisés sur B.O BD ? Pas mal d’entre eux oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? "Nul ne sait pourquoi les dragons apparaissent… Leur seule présence déforme la réalité… À mesure que le dragon grandit, vieillit, le voile maléfique croît comme des ronds à la surface d’un lac. Nous l’appelons le Veill. Le Veill tord les choses, transforme les animaux et les gens en êtres monstrueux… Seules les vierges ne sont pas rongées par le Veill. Seules les vierges peuvent approcher la bête pour la tuer"

 

Voilà pourquoi et comment ont été créés les ordres de chevaliers dragons. Seules les épées faites en écailles de dragon peuvent percer la carapace des dragons ou une hache faite avec du métal modifié par le Veill (voir le tome 21 : La faucheuse d'Ishtar qui est un recueil de courts récits).

 

 

 

Cela a commencé comme une série de fantasy classique où les preux chevaliers tueurs de dragon avaient été remplacés par de farouches vierges guerrières, indétectables par les créatures et pouvant donc les approcher au plus près et, si possible, les tuer.

 

La 1e était plus une amazone légèrement vêtue, dans le style des peintures de Frazetta que celui d'une jeune vierge à peine sortie du couvent. Puis l'imagerie a évoluée au gré des saisons (et des dessinateurs) et des lieux d'apparition des dragons ou des conflits impliquant les ordres.

 

La série s'est assez rapidement écartée de la simple opposition des dragons aux guerrières pour introduire les attaques des créatures générées par le Veill, hélas souvent des humains transformés en sortes de goules monstrueuses.

 

Puis le contexte de cet univers s'est affiné avec les rivalités entre les ordres et les chefs des divers états, même si, officiellement," l'ordre ne se mêle pas de politique" (voir tome 4 : Brisken). En particulier, les conflits entre l'Empire et l'ordre de Messara reviendront plusieurs fois, mais  aussi  ceux avec les ordres religieux dominés par les hommes qui n'apprécient pas vraiment de devoir faire appel à des femmes sorties du statut féminin normal (selon eux).

Un personnage du tome 9 les décrit ainsi : « un ordre exclusivement féminin, composé d’illuminées frigides… qui se mêle de toutes les affaires du pays… dont l’influence financière devient insupportable et dangereuse… »

 

 

 

Une bonne partie des hommes intervenant dans les albums sont assez abominables. S'ils ne sont pas devenus fous à cause du Veill, ils sont soit des guerriers ne supportant pas de s'être fait "voler la vedette" par des femmes, soit des politiques qui ont peur de la puissance guerrière et financière de l'ordre et font tout pour le briser.

 

Heureusement plusieurs personnages masculins  ont des personnalités lumineuses qui compensent un peu la médiocrité des autres.

Et, en plus, n'allez pas idéaliser les chevaliers dragons : elles ont aussi leur part de folles dangereuses, de manipulatrices, de politiciennes sans cœurs et sans âmes.

 

 

 

Ange, scénariste bicéphale à demi-féminin et à demi-masculin, excelle à raconter la complexité des relations entre hommes et femmes face aux menaces variées du monde qu'il a créé : dragons destructeurs, mutations plus ou moins dramatiques liées au Veill, complots politiques, oppression religieuse, guerres entre états ou entre l'Orient et l'Occident. Petit à petit il nous a montré une société civile aux mœurs différentes selon les secteurs : pratique de l'esclavage ou non, peuples sédentaires ou nomades, riches cités indépendantes ou petits états ou grands empires…  

 

Nous en resterons là pour aujourd’hui. La suite viendra avec des groupements de tomes assemblés par ordre chronologique plutôt que de parution parce qu'Ange n'avait pas vraiment facilité les choses aux lecteurs : les tomes ayant paru sans souci d'une « time line » quelconque, ce qui avait incité ainsi les amateurs à chercher une chronologie logique.

Magnanime, Ange en a enfin révélé une qui est maintenant donnée en pages de garde finales des albums. Même si j'ai des doutes sur 1 ou 2 tomes par rapport à leur place.

 

 

Voici la liste selon la chronologie :

14 – La première

6 - Par-delà les montagnes

4 – Brisken

9 - Aveugles

1 – Jaïna

3 – Le pays de non vie

5 – les jardins du palais

2 – Akanah

19 – L'antidote

12 - Ellys

13 – Salmyre

8 – Le chœur des ténèbres

7 – Revoir le soleil

22 – La porte du nord

16 – La déesse

10 – Vers la lumière

11 – Toutes les mille et une lunes

14 – La première

15 – L'ennemi

17 – Amarelle

18 - Arsalam

20 – Naissance d'un empire

Hors chronologie : tome 21 – La Faucheuse d'Ishtar et tome HS = Les contrées du Levant

 

 

 

 

---------------------------------

 

 

Une chronique de Gen

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags