18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 17:40

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : HAMLET 1977

 


C'est de qui : Ravard et Vaughn

 

 

La Couv':

Etre ou ne pas Etre ...adapté: Shakespeare dans la BD  /  Hamlet 1977  Vs.  Le Samourai

Déjà lu sur B.O BD? Le dessinateur probablement.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Adapter c’est bien, mais transposer, tout en respectant l’esprit de l’original, c’est très intéressant aussi (on citera l’exemple type du Romeo+Juliette de Baz Luhrmann).

 

Dans Hamlet 1977 le scénariste  H.R. Vaughn (dont c’est semble t-il la seule incursion dans la BD) replace l’intrigue de la tragédie de Shakespeare dans le Chicago mafieux de la fin des années 70.
Hamlet, jeune homme désenchanté et cynique, revient dans le giron familial pour les obsèques de son père, ponte de la pègre, assassiné dans de mystérieuses circonstances.

Alors qu’il voit d’un mauvais œil le remariage hâtif de sa mère avec son oncle, jumeau du défunt, et retrouve son amour de jeunesse, Hamlet va surtout se retrouver avec le fantôme envahissant de son paternel qui lui apprend que sa mort est un coup monté par les deux tourtereaux sus-cités.

 

Bref, je ne vous en dis pas plus, ceux qui connaissent la pièce auront pu constater que l’intrigue reste fidèle, si certains noms ont été gardés, la plupart ont été transformés pour coller au background (Rosencrantz et Guildenstern, les deux ex-amis du héros, sont devenus Stan et Kurt ; Ophélie s’appelle Julie…), la scène de la pièce de théâtre devient un film en super 8 et le massacre final est digne d’un bon polar indés des années 70.

Le trait semi-réaliste expressif et détaillé de Ravard, tout en noir et blanc, finit de faire de cette version noire de Hamlet l’un des titres les plus intéressants qu’ait connu la défunte collection KSTR.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

   

C'est Quoi ? LE SAMOURAI

 

 

C'est de Qui ? F. De Roubaix.

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Musicien de jazz autodidacte, François de Roubaix est conseillé par Delon à Melville pour mettre leur polar froid en musique. Loin de ses influences et de ses expérimentations sonores, De Roubaix, sur les directives d’un réalisateur plutôt « control-freak », écrit une bande son courte (moins de vingt minutes), plutôt sobre et dans l’ensemble très pessimiste.

 

Melville voulait que, musique diégétique et thème féminins mis à part, la musique évoque la psychologie du héros solitaire et taciturne du film. Si l’on excepte un ou deux thèmes jazzy chaloupés et classes écrit pour un combo classique, De Roubaix utilise essentiellement les cordes, un orgue aux accents quasi religieux et un peu d’accordéon, le résultat donne une ambiance blafarde et déprimante en accord avec la tragédie du Samourai ou celle d’Hamlet, surtout dans sa version 77.

 

 

 

-------------------------

 

Une chronique par Fab

 

 

 

Repost0
18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 10:38

 

 

 

Après les westerns, on change sensiblement de cap pour s'intéresser, le temps d'un week-end, aux adaptations du Barde en BD.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi ?  MACBETH

 

 

C'est de qui ? Daniel Casanave

 

 

 

La Couv:

 

Etre ou ne pas Etre ...adapté: Shakespeare dans la BD  /  Macbeth  Vs.  Braveheart

Déjà vu chez nous? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne quoi? Probablement l'une des oeuvres les plus connues de son auteur, Macbeth a connu pas moins d'une douzaine d'adaptations en BD, comics et même manga.

 

Après une intro des plus cinématographiques, Daniel Casanave, dans sa version, alterne séquences muettes et monologues, planches sans cases et gaufrier plus classique (sur une seule et unique page), bandes latérales… il développe des passages laissés dans l’ombre dans le texte d’origine (l’assassinat de Duncan par exemple) tout en coupant parfois franc dans ce dernier histoire de faire  tenir l’histoire dans un album seul ; bref l’ancien homme de théâtre, pour sa troisième réalisation dans le 9° art, règle clairement ses comptes avec Shakespeare et le résultat est impressionnant.

Le tout est dessiné dans un noir et blanc à la plume quasi artisanal parfois mais clairement somptueux, avec des paysages de rêve, ou de cauchemar, des personnages à la fois figés et expressifs. Daniel Casanave a un trait toujours élégant même si parfois un peu froid. Ici cela n'a rien de gênant face au drame absolu qu'il adapte.

 

 

 

"La pièce écossaise", selon la superstition persistant dans les théâtres anglo-saxons, oscille entre fantastique et Histoire.

Fantastique avec les prophéties des 3 sorcières qui semblent être les héritières des Parques, fileuses des fils de vie de chaque individu dans la mythologie romaine, sont au début et à la fin du drame… Elles donnent la 1e impulsion qui va faire de Macbeth un tyran, impulsion qui est reprise par Lady Macbeth qui est le vrai monstre de la pièce. 

 

Histoire parce que l'on trouve effectivement Duncan et ses fils Malcolm et Donalbain ainsi que Macbeth dans l'Histoire d'Ecosse vers l'an 1050. Une période fertile en batailles entre les divers rois de parties d'Ecosse avec prise du trône par la force.

 

Daniel Casanave en a réalisé une adaptation respectueuse en se glissant dans le texte de Shakespeare comme un metteur en images. Une BD à la mesure de son modèle.

 

 

LA B.O:

 

 

 

 

C'est Quoi ?  BRAVEHEART

 

 

C'est de Qui ? James Horner

 

 

La couv'

 

 

Déja entendu sur B.O BD? Oui

 

On peut écouter?

 

 

 

Ça donne quoi? :A "pièce écossaise", héros écossais… Logique, non?

James Horner n'est pas que le compositeur de la musique de Titanic. Heureusement pour nous (désolée, mais on a trop entendu une certaine chanson), il est capable d'écrire de grandes fresques épiques, des films fantastiques, de la SF… On lui doit les B.O de certains grands succès du cinéma, mais il a été décrié à maintes reprises pour avoir puisé son inspiration chez les grands classiques.

 

Pour Braveheart, il s'est nettement inspiré de la musique celtique. Les instruments à vents apportent la touche romantique, les cuivres se chargent du coté épique tandis qu'un petit ensemble d'instruments folkloriques assurent la couleur traditionelle.

 

En plus l'histoire de Braveheart est aussi violente et mouvementée que celle de Macbeth : des batailles rangées, une reine manipulatrice et un héros à la tête coupée à la fin. Il manque juste le côté magique des sorcières et de l'au-delà!

 

-----------------------------------

 

Une chronique de Gen et Fab

Repost0
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 15:28

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : TAÏPI

 


C'est de qui : Melchior & Bachelier

 

 

La Couv':

 

 

Enfer sous les tropiques  /  Taïpi  Vs.  20 000 Leagues under the sea

Déjà lu sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? C’est pas l’homme qui prend la mer… les deux héros de Taïpi n’auraient clairement pas du la prendre, les voilà mousses sur un baleinier et leur seul désir c’est de s’en échapper.

 

Lors d’une escale aux Marquises nos larrons se font donc la malle mais  leur joie est de courte durée une fois face à une jungle des plus hostiles, sous une pluie diluvienne. Tombant de Charybde en Scylla, les voilà capturés par une tribu d’indigènes aux habitudes alimentaires…particulières.

 

Changement d’ambiance pour Stéphane Melchior, après les Royaumes du Nord, (déjà chez Gallimard) comme pour Benjamin Bachelier, tout juste revenu des plaines du Far West, avec cette adaptation inspirée du roman autobiographique d’Herman Melville dont ils retranscrivent fort bien le souffle aventureux mais également l’aspect anthropologique, le tout dans un suspense constant, renforcé par le décalage qu’amène l’aspect « jeunesse » du trait de Bachelier.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? 20 000 LEAGUES UNDER THE SEA

 

 

C'est de Qui ? John Scott

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Ses années de jazzmen et de musicien de studio (avec les Beatles entre autre) aidant, John Scott, quand il se tourne vers la composition de musique de film par l’intermédiaire d’Harry Mancini, sait se démarquer de ce que font ses homologues via l’ajout d’arrangements et d’harmonies originales. Si les années 70 et 80 lui permettent de se distinguer dans des genres forts différents avec réussite, le point culminant de sa carrière étant probablement le Greystoke de Hugh Hudson, par la suite, et malgré quasiment une centaine de crédits, ses travaux s’axeront plus sur des films de seconde zone, voire des téléfilms.

 

C’est le cas de cette adaptation peu inspirée de Jules Verne, qui ajoute une love story à l’histoire de base et ne brille pas par sa réalisation. Scott,  livre néanmoins un joli score d’aventure à l’orchestration enlevée que le Philarmonic Orchestra interprète avec panache, certes plus calibré que ce qu’il a pu proposer dans le genre mais d’une efficacité imparable surtout, vous l’aurez compris.

 

 

----------------------------------

 

Une chronique par Fab

Repost0
6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 14:18

 

 

 

 

LA BD

 

 

C’est quoi ? O VOUS FRERES HUMAINS

 

 

C’est de qui ? Luz adapte Cohen

 

 

La couv’ :

 

 

Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères.  /  O Vous Frêres Humains  Vs.  La Jeune Fille et la Mort

 

 

Déja croisés par ici? Non.

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne quoi ? Marseille 1905, le jour de son dixième anniversaire, alors qu’il se rend à l’école, le petit Albert s’approche d’un vendeur de rues qu’entoure une foule de badauds. Désireux d’offrir à sa mère l’un des produits que vend le camelot, le garçon l’accoste et s’entend répondre une tirade antisémite fleuve qui le laisse sans voix. Il s’enfuit alors de par les rues, dévasté par cette découverte de la haine.

 

Luz, qui, de haine, a eu son lot ces derniers mois, adapte ici d’une manière aussi inattendue que magistrale le roman autobiographique de Cohen. S’affranchissant des codes habituels du medium, il fait preuve d’une belle inventivité narrative qui retranscris avec force le propos du texte, exprimant le désarroi et l’incompréhension de l’enfant via des dessins  où l’ombre d’un Sempé plane parfois, mais un Sempé grave, tragique et au service d’un message universel et pourtant toujours prêché dans le désert (la citation du titre de cette chronique est de Voltaire, c'est dire si c'est pas neuf!)

 

 

 

Une seconde jeunesse pour ce poignant témoignage que le dessinateur a fort bien su s’approprier.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 C'est Quoi ? DEATH AND THE MAIDEN

 

 

 C'est de Qui ? W. Kilar

 

 

 La couv' :

 

 

Déjà entendu sur B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne quoi ? Pour sa première collaboration avec Polanski, Kilar est face à une tâche compliquée : compléter une bande son composée de pièces classiques connues et importantes dans l’intrigue sans les concurrencer à l’écran. L’artiste polonais s’en sort avec les honneurs, écrivant des thèmes discrets mais très efficaces qui véhiculent tout le désarroi du personnage principal mais également sa détermination morbide. La lente et inexorable montée en tension du suspense est palpable au travers de l’orchestration de Kilar, rappelant par moments furtifs ses travaux précédents, que ce soit dans le domaine classique ou pour le Dracula de Coppola.

 

L’exercice conviendra semble-t-il à Polanski puisque il confiera la même gageure à Kilar pour le Pianiste, dont le score sera récompensé d’un César.

 

Une B.O subtile voire subreptice qui captive l’auditeur et qui exacerbe le coté dramatique et inexorable d’ O Vous Frères Humains.

 

-----------------------------

 

Une Chronique de Fab

Repost0
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 07:34

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi TOPAZE

 


C'est de qui : Scotto, Stoffel & Hübsch

 

 

La Couv':

 

 

Comédies de Moeurs  /  Topaze  Vs.  Le Cheik Blanc

 

 

 

 

 

Déjà croisés chez nous? Oui pour les scénaristes.

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Intègre jusqu’à la naïveté, Topaze, professeur dans la pension Muche, va voir sa petite existence bien rangée chamboulée par différentes femmes et leurs machinations. Cette première partie s’intéresse à la « chute » de notre malheureux héros jusqu’à son renvoi de son poste.

 Adapter en BD la pièce de Pagnol, portée une dizaine de fois sur grand écran (dont deux par l’auteur lui-même) relevait quelque peu de la gageure. Il faut reconnaître aux auteurs de ce nouveau diptyque de la collection dédiée à Marcel Pagnol chez Gand Angle (dont nous avons chroniqué le Merlusse) d’avoir plutôt bien réussi à rendre l’esprit du texte d’origine tout en s’affranchissant des images cinématographiques que beaucoup associent à Topaze (ne serait-ce que le rôle-titre devenu quasi indissociable de Fernandel).

Le trait semi réaliste très expressif d’Eric Hübsch qui n’est pas sans faire penser à celui de l’excellent P.Craig Russel,  n’est pas étranger à la réussite de l’adaptation, loin de là.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ?  LE CHEIK BLANC

 

 

C'est de Qui ? Nino Rota

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD ? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi Le Cheik Blanc est historique –cinématographiquement parlant of course- à plus d’un titrre. Premier film pour Felini seul derrière la caméra et première B.O composée pour le réal’ par Nino Rota qui va devenir son fidèle collaborateur. Dans cette comédie enlevée, outre des « têtes » chères à Fellini, Giuletta Masina son épouse ou encore Alberto Sordi (très bon l’année suivante dans I Vitelloni ), on trouve déjà des thèmes qui lui seront familiers :  la critique de la religion, les amoureux volages, la comédie de mœurs…et surtout une certaine liberté dans la réalisation et la narration.

Autre constante du cinéma Fellinien, la musique de Rota, est déjà en substance tout ce qu’elle développera par la suite : humour fin, détournement de musiques populaire (du cirque notamment), thèmes légers mais jamais faciles, Rota qui a fait ses classes auprès de pointures comme Copland, Gershwin ou Porter (excusez du peu) sait comme personne marier les genres et passer du rire aux larmes avec la plus désarmante des facilités.

Une B.O peu connue mais ô combien classe qui met l’accent sur la comédie de ce premier tome de l’adaptation de Pagnol.

 

 

------------------------------

 

Une chronique de Fab

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags