15 décembre 2018
6
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/12
/décembre
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09:11
LA BD:
C'est quoi ? LA BELLE ET LA BETE 2.
C'est de qui ? Triff
La Couv':
Déjà lu sur le site? Oui
C’est édité chez qui ? Tabou
Une planche:
Ca donne Quoi ? Si Mirabelle est de plus en plus attachée à la créature, surtout depuis qu’elle peut l’observer dormant nu sous sa forme humaine, la malédiction qui frappe la bête et l’irascibilité de cette dernière rendent leur relation impossible.
C’est pourtant en retournant vivre chez les humains que notre héroïne va découvrir à quel point elle est attachée au prince maudit.
Restant dans cette ambiance sensuelle et sombre qui faisait le charme du précédent tome, l’artiste italien Triff, passé spécialiste de l’adaptation sulfureuse des contes célèbres, conclue, toujours de son trait agréable et suave, cette Belle et la Bête plutôt bien, et attention, si vous êtes de la génération qui a découvert le texte via la version de Disney, préparez vous à tomber de haut (mais ça vous fera du bien !).
Coté érotisme ça reste fort soft mais, comme dit ci-dessus, sensuel en diable avec une héroïne aux courbes divines.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : THE SHAPE OF WATER
C'est de qui ? A. Desplat
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Après avoir travaillé avec quelques une des noms importants de l’industrie de la B.O, Guillermo Del Toro, pour son dernier en date, dont le coté romantico-gothique tranche tout de même pas mal avec ses précédents longs métrages, fait appel au français Alexandre Desplat (la collaboration sera d'autant plus fructueuse qu'elle rapportera à l'artiste son second Oscar de la meilleure musique).
La sensibilité du compositeur fait mouche dés le thème principal- sifflé !- qui n'est pas sans évoquer celui d'un dessin animé ou un musique de cirque triste.
Le piano, la flûte, un harmonica et même un accordéon sont les autres principaux instruments solistes d'un score aux allures féeriques et romanesques, et pas sans passages plus sombres, qui ne dénotent pas avec le second volet de la version coquine de la Belle et la bête
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Une Chronique de Fab
25 novembre 2018
7
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/novembre
/2018
08:56
LA BD:
C'est quoi ? LES MONTAGNES HALLUCINÉES
C'est de qui ? Gou Tanabe
La Couv':
Déjà croisés sur le site? Oui
Une planche:
Ca donne Quoi ? Au début des années 30 des scientifiques de l'université Miskatonic partis explorer l'Antarctique perdent le contact avec une équipe ayant fait une découverte extraordinaire.
Quand le campement est retrouvé, c'est l'horreur : corps et squelettes de toutes parts, équipement et tentes saccagés... qu'a t-il pu arriver aux explorateurs ?
Les Montagnes Hallucinées, un des textes les plus marquants de Lovecraft, renaît à la sauce manga et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a bon Gou(t) (oui, désolé, j'ai hésité à la faire pourtant!)
Si nombre d'adaptations du maître de Providence ont vu le jour en BD, peu ont la force évocative de celle de l'auteur japonais.
Il s'était déjà frotté à Lovecraft il y a une dizaine d'années, le temps d'une nouvelle, et j'ai pu, en comparant les deux œuvres, apprécier l'évolution impressionnante de son style graphique et de son sens de la narration. Tanabe rend à merveille l'ambiance anxiogène du texte d'origine et ses paysages sont à couper le souffle parfois.
Si l'on peut peut être regretter une poignée de pages qui font un peu remplissage et, donc, le découpage de l'oeuvre en deux tomes, le reste est tout bon, sur le fond comme la forme, jusqu'à la couverture en faux cuir du plus bel effet.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : THE THING
C'est de qui ? E. Morricone
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Sorti le même week end que le E.T de Spielberg et descendu en flammes par la critique, The Thing de Carpenter n'a atteint son statut de film culte que bien des années après son premier passage sur grand écran.
Avec un scénario qui n'est évidement pas sans faire penser à celui des Montagnes Hallucinées, se déroulant dans un huis clos quasi idéal (comme entourage, à part l'île déserte ou une lointaine planète on fait difficilement mieux dans le genre!), le film est également doté d'un budget plus conséquent que sur les longs précédents du réal, ce qui permet à celui ci de ne pas avoir à assurer la partie musique (il y reviendra vite cela étant) et de se payer même le luxe d'embaucher le maestro Morricone.
De façon pour le moins inhabituelle, le compositeur italien opte pour une approche des plus minimaliste avec des cordes en nombre réduit, des nappes de synthés, des traitements électroniques et autres bruitages aux effets angoissants, et des thèmes finalement assez impersonnels.
Si l'atmosphère de terreur est plutôt bien rendue, on pourra regretter que le score ne soit pas plus original (et qu'il ait même plutôt mal vieilli) mais on se délectera de certaines pistes à la froideur qui n'a d'égale que celle des paysages des Montagnes Hallucinées.
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Une Chronique de Fab
24 novembre 2018
6
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/novembre
/2018
08:34
LA BD:
C'est quoi ? UNE NUIT AVEC LOVECRAFT
C'est de qui ? Marcelé & Rodolphe
La Couv':
Ca donne Quoi ? Une jeune femme, passionnée de littérature fantastique et de l’œuvre de Lovecraft en particulier, se retrouve lors d’une séquence de jeux vidéo en réalité augmentée projetée dans le Providence des années 30 où elle va rencontrer son idole.
Pendant une nuit d’errance l’écrivain et sa visiteuse du futur vont échanger sur les nouvelles et lettres mais aussi sur les travers de celui qui, à sa grande surprise, est mondialement célèbre presque 100 ans plus tard.
Rodolphe (l’un des « parrains malgré lui de B.O BD ») s’amuse avec l’œuvre du reclus de Providence en insérant dans le dialogue entre les deux protagonistes des extraits d’adaptation de textes du mythe de Cthullu.
L’effet est très réussi et enrichit un scénario intelligent où l’auteur ne fait pas l’impasse sur les parts sombres de Lovecraft.
De son coté Marcelé, visiblement inspiré par son sujet, alterne les techniques avec une sorte de photo réalisme retouché pour les séquences entre Mary et HPL, et des crayonnés plus old school pour les passages d’adaptations de nouvelles ; inutile de vous dire que ce sont ces scènes qui m’ont le plus emballé, me faisant même exprimer le vœux pieux aux excellentes éditions Mosquito de commander au duo d’auteurs de vraies versions des œuvres de Lovecraft dans ce style graphique !
LA MUSIQUE:
C'est quoi :IN BRUGES
C'est de qui ? C. Burwell
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Je me souviens très distinctement m’être fait la réflexion que la B.O de Carter Burwell déservait pas mal cette comédie noire et contemplative, certes le cul un peu entre deux chaises entre le film de gangsters déconnant et le road movie intimiste (avec la ville de Bruges en guise de « road » ici).
En effet je trouve la partition de Burwell trop axée sur la monotonie et le minimalisme d’un piano lead mélancolique (l’un des instruments de prédilection de Burwell, qu’il ressort souvent chez les frangins Cohen par exemple), heureusement diversifié de temps à autre par la section réduite de cordes qui n’hésitent pas à aller dans l’atonal pour exprimer le suspense.
Mais si le long métrage aurait peut être été plus marquant avec une musique plus variée et animée, l’album à part de Rodolphe et Marcelé, plein d’autres errances urbaines et de passages plus sombres, se satisfait plutôt bien de la B.O de In Bruges.
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Une Chronique de Fab
15 novembre 2018
4
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/2018
14:27
LA BD:
C'est quoi ? HORLA 2.0
C'est de qui ? S. Annequin
La Couv':
Déjà rencontré chez B.O BD? Non
C’est édité chez qui ? EP éditions
Une planche:
Ca donne Quoi ? K. arrive sur l’île de Lointaine Province afin d’y mettre au point un logiciel pointu de réalité augmentée.
Mais rapidement rien ne se passe comme prévu et, dans cet oasis quelque peu coupé de la réalité du monde, notre homme a tête de lapin va être témoin de faits étranges, d’apparitions –d’ombres- de disparitions – de lait-, va rencontrer une vielle aveugle qui vit avec un chat empaillé, une jeune ado délurée, une voisine exhibitionniste, et K. va peu à peu perdre ses repères…pour en retrouver d’autres !
Serge Annequin s’inspire librement d’une des nouvelles les plus connues de Maupassant (qui en avait d’ailleurs écrit deux versions), la transposant de la Normandie au Sud de la France et l’actualisant (et en gardant quelques passages clés –le bateau en provenance du Brésil, L’ombre,…).
S’il conserve aussi la trame et reste dans le domaine du fantastique, l’auteur ajoute une surprenante introspection sur le vécu de son héros.
Le style graphique de l’album, presque axé jeunesse parfois, est assez en décalage avec le propos mais, pour le coup, rajoute encore à la tension et à l’étrangeté du scénario.
Une réussite !
LA MUSIQUE:
C'est quoi :ALL THE MONEY IN THE WORLD
C'est de qui ? D. Pemberton
La Couv':
Déjà entendu par ici? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Pemberton, en une petite poignée d’années, se sera imposé comme l’une des nouvelles têtes de file de la B.O contemporaine.
Capable de singer un groove à la Lalo Schifrin, de prendre à contre pied la ô combien courue fantasy, ou encore de dynamiter le thriller, le compositeur a écrit pour des pointures et semble prêt à continuer sur sa lancée (et c’est tant mieux).
Pour la musique de ce long signé Ridley Scott et inspiré d’une histoire vraie sur l’enlèvement du petit fils d’un magnat du pétrole, Pemberton ressort son instrument de prédilection, le violoncelle, dont il explore les multiples facettes, notamment en l’utilisant dans l’atonalité.
Domaine plus rare pour le compositeur, un grand orchestre est aussi de la partie, qui permet d’apprécier les qualités d’écriture du britannique et, last but not least, une guitare électrique s’invite également à la fête.
Suspense et classicisme, tension et originalité, encore un sans faute pour un artiste décidément à suivre à qui l’on emprunte avec bonheur pour ce Horla 2.0 !
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Une Chronique de Fab
3 novembre 2018
6
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/novembre
/2018
14:00
Pour ce dernier week end des congés scolaires, une double chronique jeunesse d'albums tout juste sortis!
LA BD:
C'est quoi ? LA BOITE A MUSIQUE 2. LE SECRET DE CYPRIEN.
C'est de qui ? Gijé & Carbone
La Couv':
Ca donne Quoi ? Nola n’y tient plus et dés que l’occasion se présente, elle retourne retrouver ses nouveaux amis dans le monde merveilleux de Pandorient.
Mal lui en prend car elle débarque en pleine fête d’anniversaire du Roi
Heureusement pour elle qu’Andréa et Igor la détectent dés son arrivée. Elle fait la connaissance d’Anton, une sorte de sorcier dont le fils, Cyprien, est racketté par une bande de Bidilines (des créatures du coin) qui réclame des ingrédients particuliers.
Notre quintet de héros va enquêter sur cette fumeuse affaire !
Un second tome animé pour cette série aux débuts prometteurs, qui confirme par son ton enjoué et son style graphique à mi chemin entre le manga et l’illustration jeunesse classe, sa qualité et son succès auprès des plus jeunes (les miens en tout cas !).
De mon coté je regrette peut être une colo parfois un peu sombre qui ne permet pas toujours d’apprécier le trait de Gijé et le traitement un brin expéditif de sujets tout de même sérieux (on a à faire ici à un cas de harcèlement et à une tentative terroriste d’assassinat) mais je comprends qu’il faille faire tenir tout ça dans les 56 pages d’un album et également que ce ne soit pas forcément le but de la manœuvre (et puis aussi que je ne sois pas le public visé à la base !)
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LA BD:
C'est quoi ? LE FANTOME DE CANTERVILLE
C'est de qui ? Elléa Bird adapte O. Wilde
La Couv':
Déjà croisés sur le site? Wilde oui !
C’est édité chez qui ? Jungle.
Une planche:
Ca donne Quoi ? Une famille de riches américains fait l'acquisition d'un manoir hanté dans la campagne anglaise de la fin du XIX° siècle.
Si la bâtisse possède bien son fantôme, ce dernier va vite se rendre compte que les habitants du Nouveau Monde ne sont pas du genre à se laisser impressionner par un spectre bruyant et rageur !
Second album de la collection pépites de chez Jungle dédié aux adaptations littéraires en direction des enfants/ados, le Fantôme des Canterville est l'un des rares textes d'Oscar Wilde qui « s'adresse » réellement à ce lectorat tout en mariant à merveille le fond et la forme (spécialité de l'auteur irlandais).
Au delà de l'histoire humoristique et fantastique, c'est la société américaine de l'époque, et sa bourgeoisie parvenue que Wilde brocarde allègrement.
Si le dessin est un peu trop "jeunesse" à mon goût, les trouvailles graphiques en pleine page parsemée dans l'album ont fini de me convaincre.
Là encore un petit dossier littéraire, historique et ludique conclût le tome.
Curieux de découvrir quelles seront les prochaines adaptations.
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Deux Chroniques de Fab