12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 06:42

 

 

 

 

LA BD :

 

 

 


C'est quoi : SOCRATE LE DEMI-CHIEN, TOME 3 : OEDIPE A CORINTHE  

 


C'est de qui :  Christophe Blain et Joann Sfar

 

 

La Couv' :

 

Born to Lose / Oedipe à Corinthe Vs. Electric Ladyland

 

Déjà lu sur le site ?  Plusieurs fois. Deux liens vers les dernières rencontres avec Blain et Sfar

 

 

Une planche :

 

 

 

 

Ca donne quoi : Dernier tome, à ce jour, des aventures de Socrate le demi-chien, Œdipe à Corinthe recycle la formule initiée dans les deux épisodes précédents qui consiste à mettre dans un shaker des éléments empruntés ici et là à la littérature grecque antique (mythologie, épopée, tragédie…) pour voir ce qui en sort. Sfar et Blain s’attaquent maintenant à la figure d’Œdipe  - largement « popularisé » par la pièce de Sophocle – dont ils nous comptent la naissance et les nombreuses problématiques qu’elle implique.

 

Les premières pages restent fidèles à l’histoire originelle : le roi de Thèbes apprenant qu’une malédiction pèse sur son fils, qui deviendra un jour un parricide et un enculé de sa mère, charge l’un de ses soldats de l’emmener loin de sa cité pour le sacrifier. On connait la suite, le soldat, ne parvenant à se résoudre à exécuter lui-même sa sombre besogne, suspend le bambin par les pieds à un arbre pour le laisser mourir (procédé nettement plus humain, on en conviendra). A partir de là, Socrate va entrer en scène et n’aura de cesse d’essayer de faire sortir le mythe des rails de la Destinée, en assurant lui-même (avec l’assistance d’une prêtresse d’Athéna), et contre l’avis de Zeus, l’éducation de l’enfant.

 

 

La BD ayant dès lors bifurqué sur un arc narratif parallèle, Sfar s’en sert pour brasser différentes thématiques qui ont moins à voir avec l’Œdipe antique qu’avec son complexe psychanalytique théorisé par Freud des siècles plus tard. Evidemment toutes ces notions, largement survolées, sont abordées avec un humour et des dialogues bien sentis, parce qu’on n’est pas là non plus pour se prendre la tête ! Le scénario s’apparente donc à un joyeux foutoir qui n’hésite pas, dans son dernier tiers, à faire revenir Héraclès, maître de Socrate dont la personnalité bourrine et la misogynie débridée l’apparentent davantage au Beauf de Cabu sous testostérone qu’à un demi-dieu de l’Olympe.

 

Maline, bien emballée, Œdipe à Corinthe se boit donc comme du petit lait, même si elle donne parfois l’impression d’avoir été pondue à la va-vite, parmi les (trop ?) nombreux projets développés en parallèle par ses deux créateurs.         

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

 

C'est Quoi ? ELECTRIC LADYLAND

 

 

C'est de Qui ? Jimi Hendrix

 

 

La couv' :

 

 

 

 

Déjà croisé sur B.O BD ? Oui

 

 

On peut écouter ? Oui, sans doute le morceau le plus emblématique de l'album...

 

 

 

Ca donne Quoi ? Evidemment, on pourrait se demander ce que vient faire la musique du génie gaucher dans les aventures d'un bambin aux pieds enflés... On répondra d'abord que la BD de Sfar et Blain ne se souciant pas vraiment de cohérence, ni de fidélité avec sa source d'inspiration, on en est donc plus à un anachronisme prêt.

 

Ensuite, il n'aura sans doute pas échappé au lecteur à l'oeil aiguisé qu'à la manière d'une note d'intention, la couverture d'Oedipe à Corinthe, avec ses prêtresses dépoilées sur fond noir n'est pas sans rappeler la pochette de l'album qui nous intéresse, le futur roi maudit de Thèbes ayant simplement remplacé le Dieu de la Stratocaster comme figure d'adoration.

 

Enfin, il s'avère que le blues électrique cosmique et inusable d'Electric Ladyland se combine tout à fait avec l'esprit très rock'n'roll qui anime cette relecture des textes antiques. Avec autant de signes concordants interprétés par nos augures, il aurait été périlleux de ne pas mettre en rapport ces deux créations fondatrices de la culture universelle. BOBD, réconciliateur de mythes pour le bien-être de ses lecteurs !    

 

     

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Une chronique de Lio

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 07:37

 

 

 

LA BD :

 

 

 

C’est Quoi ?  DIEU QUI PUE DIEU QUI PETE.

 

 

C’est de qui ? Fabien Vehlmann et Frantz Duchazeau

 

 

La Couv’ :

 

 

Dieu est Black  /  Dieu qui pue, dieu qui pète  Vs.  Kirikou

Déjà croisés chez nous ? Oui, les deux.

 

 

Une planche :

 

 

 

Ca donne quoi ? Après un week-end consacré à Dieu en BD, il était vraiment tentant de ressortir pour le mercredi des enfants cette BD de 2006 composée d'une série d'histoires courtes se passant en Afrique. Elles sont plus ou moins morales, mais celle qui m'intéresse aujourd'hui est celle qui donne son nom à l'album.

 

Il est bien connu que Dieu vient de temps en temps sur Terre pour tester la bonté des hommes… Il vient incognito bien sûr : voyageur épuisé, vieille femme seule, estropié… Seulement là, on voit, ou plutôt on ne  voit pas, un être qui "ressemblait à une grosse nuée de mouches avec, au milieu, un type qui sentait comme mille crottins d'éléphant malade." Est-ce vraiment Dieu, mystère, mais pour le cas où ce serait Lui, il vaut mieux l'accueillir sinon Sa colère sera terrible… Mais il s'installe plusieurs jours jusqu'à ce que Maïmouna, qui fait office de nounou pour les enfants délaissés par des parents surchargés de travail, le prenne en main. Elle l'a mis dans une baignoire et à commencer à le savonner ferme avec idée de lui savonner le derrière… Et Dieu s'est enfui et s'est promis de ne jamais revenir tester ce village où on vous savonne le derrière.

 

Une petite merveille d'humour totalement sublimée par l'écriture de Fabien Vehlmann et les dessins au trait acéré et ironique de Frantz Duchazeau qui hélas n’est plus éditée.

 

 

 

                                                           LA MUSIQUE :

 

 

 

C'est Quoi ? KIRIKOU ET LA SORCIERE

 

 

C'est de Qui ? Youssou N'Dour

 

 

La couv'

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ça donne quoi? : Comment  mieux accompagner les contes facétieux de notre album qu'avec une BO malicieuse animant un conte africain? Celui d’un des héros préférés des enfants qui arrive à damer le pion aux plus méchants des adultes tout en gardant sa naïveté et sa pureté de tout petit enfan.

Kirikou rappelle quelques enfants extraordinaires des contes japonais comme Momotaro et Kintobi ou de contes européens comme Tom Pouce. À peine né qu'ils savent déjà marcher et parler et aider meurs parents contre les démons et méchants de toutes sortes.

 

Youssou N'Dour a contribué à l'émergence d'une musique africaine appréciée et connue mondialement. L'utilisation qu'il fait des instruments traditionnels du folklore sénégalais a servi de modèle à de nombreux autres musiciens africains. En plus de sa renommée de compositeur et interprète, c'est un homme engagé en politique pour son pays et qui a fondé une association pour le développement durable et pour les droits des enfants.  

 

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Une chronique de Gen

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 10:04

 

 

 

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : RITUELS

 


C'est de qui : Alvaro Ortiz

 

 

La Couv':

 

 

 

LA BD:


C'est quoi : RITUELS


C'est de qui : Alvaro Ortiz

La Couv':

Rites de passage (réussi)  /  Rituels  Vs.  Hail, Caesar!

Déjà lu sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Rackham

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si effectivement on peut commencer à résumer l’intrigue de Rituels en parlant de ces deux jeunes espagnols qui emménagent au dessus d’un appartement vide,  occupé par le stock d’un antiquaire qui va tellement intriguer l’un deux que ce dernier va y entrer par effraction et faire une découverte surprenante, c’est clairement rester à la surface de l’iceberg.

 

En effet, cette situation est surtout le véritable début d’une suite de dominos hallucinante qu’Alvaro Ortiz, que l’on savait doué pour le mélange de genres, va raconter en mélangeant plusieurs récits, en dressant un puzzle narratif hallucinant et jouissif qui enterre sans soucis ceux qui avaient eu tendance à le vulgariser (Tarantino en tête).

 

D’une jeune femme qui s’exhibe devant sa webcam pour arrondir ses fins de mois, à un vieux bonhomme construisant une statue gigantesque en secret au milieu des bois, en passant par une relecture éclair assez grandiose de la Genèse ou encore un homme se liquéfiant littéralement en public, l’auteur espagnol entraine son lecteur ébahi dans un imbroglio scénaristique dont les ramifications, au fur et à mesure qu’elles se rejoignent, laissent entrevoir la trame principale (qui, avouons deviens presque secondaire tant la forme prend le dessus).

 

 

 

Cerise sur le gâteau, une fois encore le style graphique si particulier de l’auteur ajoute encore une strate au décalage de Rituels qui confirme tout le bien qu’on pensait d’Ortiz, en passe de devenir un auteur majeur.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? HAIL CAESAR !

 

 

C'est de Qui ? Carter Burwell.

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dire que Burwell est très demandé ces temps ci est un euphémisme quand on voit son actualité. Ces derniers mois il a mis en musique une poignée de films aussi différents que possibles, l’un des plus intéressants étant, à mon goût, la dernière comédie (réussie) des frangins Cohen.

 

Collaborateurs de longue date, les trois hommes se connaissent sur le bout des doigts et le compositeur sait toujours répondre aux attentes musicales des réals’. Ainsi pour Hail Caesar ! Burwell a du écrire une poignée de pistes à insérer dans une B.O où l’on retrouve aussi bien des pièces classiques qu’un chant des Chœurs de l’Armée Rouge, tâche en apparence peu aisée surtout que, le film se déroulant à Hollywwod et incluant des scènes de faux longs métrages d’époque (romaine entre autre comme vous l’auriez deviné), il lui a fallu produire des choses très variées.

 

Néanmoins, l’un des champions de l’underscoring de son époque s’en sort une fois encore fort bien, évitant le sensationnalisme et favorisant  des mélodies discrètes mais marquantes dans un panorama musical varié.

C’est cette diversité qui va bien avec Rituels même si, évidement, certaines pistes seront à zapper histoire de ne pas être en complet décalage.

 

 

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Une chronique de Fab

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 13:56

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LE POIDS DES NUAGES

 

 

C'est de qui ? Manini & Chevereau

 

 

La Couv':

La tête dans les nuages  /  Le Poids Des Nuages  Vs.  A Nous La Liberté

Déjà lus sur B.O BD? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Background des plus original pour cette nouvelle série puisque nous voilà an Amérique du Sud, dans la capitale argentine pour être plus précis, au lendemain direct de la Seconde Guerre Mondiale. Jean Vatine, constructeur d’avions, s’est exilé à Buenos Aires pour échapper à l’occupation et tente de faire affaire avec le gouvernement pour placer un prototype d’avion de chasse. Bientôt rejoint par son fils, les deux hommes vont braver les difficultés, quelles soient politiques ou sentimentales, pour essayer de réussir leur pari.

 

On avait chroniqué une poignée de BD « D’aviation » il y a une paire d’années mais silence radio sur le genre depuis, ce dernier n’étant pas ma tasse de thé. Il faut reconnaître à la nouvelle série de Manini et Chevereau de savoir mélanger petite et grand histoire avec réussite, tout en insufflant un côté humain appuyé qui ne tombe jamais dans le cliché.

 

L’ensemble, servi par un dessin original, dans l’esprit des fumetti de nos voisins transalpins se laisse lire sans déplaisir.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? A NOUS LA LIBERTE

 

 

C'est de Qui ? Georges Auric

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu dans le coin?

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Critique légère mais évidente d’un certain capitalisme à venir (on pourrait même ajouter visionnaire vu l’évolution de la société dans les décennies suivantes), A nous la liberté de René Clair a également été le symbole d’un certain étât d’esprit libertaire sinon contestataire de tout une époque.

 

S’accordant au réalisme poétique et utopique du film, Auric, lui-même proche des idées communistes dans les années 30, continue sur la lancée initiée par la B.O du Sang d’un poète de Cocteau, à adapter pour l’écran et des œuvres très personnelles sa vision de la composition. Une musique qui se veut le miroir du courant  surréaliste tout en restant claire et simple ; dans le bon sens du terme. Très figurative, quasi diégétique (Auric écrit même une poignée de chansons pour le film de Clair), sa partition est, comme le seront d’ailleurs beaucoup des suivantes, de La Belle et la Bête à Orphée en passant par La Symphonie Pastorale, un véritable pont d’or entre les genres.

 

Une bande originale parfois anachronique mais qui relève le goût mélodramatique de ce premier tome du Poids des Nuages.

 

 

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Une Chronique de Fab

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 14:37

 

 

Et c'est avec un album à paraître la semaine prochaine que nous concluons cette thématique sur religion et 9° Art, le dernier album d'un auteur aujourd'hui majeur dans le monde du comics.

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : MARIE PLEURAIT SUR LES PIEDS DE JESUS.

 

 

C'est de qui ?  Chester Brown

 

 

La Couv':

 

 

 

Week-end Thématique : Dieu (le retour)  / Marie Pleurait  Vs. Dîvan

Déjà lu chez nous? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Cornélius

 

 

Une  planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Si, on l’a vu que des versions de la Bible en BD -ou des histoires qui en sont tirées- il y en a pour tous les goûts, rares, voire inexistantes, sont ses analyses. C’est contre toute attente du coté de l’auteur alternatif Chester Brown,  dont le 23 Prostituées (édité en VF déjà chez Cornélius) avait fait sa petite sensation il y a une poignée d’années, que l’on se tourne aujourd’hui. Le canadien, motivé entre autres par la Genèse de Crumb que nous avons croisée hier, s’est intéressé de près à la prostitution (si, si) et à la condition de certaines des figures féminines dans la Bible.

 

Le résultat est assez intéressant,  Brown nous livre une sorte d’analyse culturelle et parfois crue des textes choisis (le tout dans un style épuré voire minimaliste mais efficace), et ses dialogues et interprétations sont parfois très fin.

Si les amateurs de l'auteur retrouveront ce qui fait son charme, l'ensemble n’apporte pas vraiment d’eau au moulin, que ce soit coté religion ou coté travail sexuel.

 

Le livre est complété par une postface – un peu longue à mon goût- où notes d’intention et explications diverses complètent la partie BD.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? DIVÂN

 

 

C'est de Qui ? Senem Diyici Quartet

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu ici? Oui et Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Emmené par leur chanteuse turque et Alain Blesing, son compagnon de route, guitariste émérite aux influences aussi multiples que diverses (qui fût le professeur de votre serviteur pendant une paire d’années pour la petite histoire), le quartet Senem Diyici propose une musique métissée où les couleurs de la méditerranée et de l’Orient percutent la musique improvisée et les sources d’un jazz assez libre.

 

Le résultat est souvent surprenant, dépaysant s’il en est, parfois hypnotique, comme en attestent les compositions exclusivement acoustiques  de Dîvan, troisième opus du groupe sous cette forme (Blessing s’essaiera entre autres ensuite au …onzetet ! avec bonheur, avant de revenir à ses expérimentations bariolées).

 

Une bande-son intemporelle, voire universelle qui illustre bien ces passages interprétés de textes vieux…comme Hérode !

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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