15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 12:24

 

 

Où, pour une trilogie des plus "à part" dans le paysage franco-belge, Jet et Fab font une chronique ... de concert!

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LE ROI DES MOUCHES

 

 

C'est de qui ? Mezzo et Pirus

 

 

La Couv':

 

Sa Majesté des camés  /  Le Roi des Mouches  Vs.  The Hunger

 

Déja croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Une planche:

 

Sa Majesté des camés  /  Le Roi des Mouches  Vs.  The Hunger

 

Ca donne Quoi ? Il n’est jamais trop tard… n’est ce pas ? Sur les insistants conseils de mon ami Jet, j’ai donc rattrapé ce manque dans ma culture bédéphilique et j’ai lu Le Roi des Mouches de Mezzo et Pirus.

 

Suite de scénettes impliquant plusieurs protagonistes qui vont rapidement se croiser, le scénario de Pirus s’attache à décrire une galerie de loosers pathétiques, ados découvrant les joies des relations sexuelles de la consommation de drogue et des galères qui en découlent, adultes désabusés et déprimés s’accrochant à tout ce qui peut les empêcher de chavirer.

 

Ne vous fiez pas à ce résumé lapidaire cela dit, si la chronique sociale est abordée on penche pas mal dans le Noir pur jus voire le récit psychologique barré audacieux mélange de David Lynch et Larry Clark, en effet si tout ceci se passe en France, dans l’Est, au début des années 2000, ça aurait, en effet tout aussi bien pu être dans une de ces banlieues ricaines que l’on connait par le prisme du ciné et de la littérature U.S.

 

Si je ne conteste pas la maîtrise graphique et narrative ou encore le caractère assez radical salvateur de l’œuvre dans le paysage  franco-belge de l’époque (voire d'aujourd’hui), j’ai moins accroché au nihilisme un rien forcé, à mi-chemin entre Chuck Palahniuk et Charles Burns, ou encore à la voix-off constante parfois redondante des images, pas mal de dialogues et monologues intégrés dans des phylactères auraient peut être conféré au récit un peu plus de fluidité.

 

Pour être tout à fait honnête, après les deux premiers tomes, et au vu des critiques assez acerbes sur le dernier, j’ai préféré rester sur cette impression mitigée mais plutôt positive, je laisse donc à Jet le mot de la fin concernant la conclusion de la trilogie:

 

 

Le troisième tome sonne un peu comme le bémol ou le chant du cygne d'une série qui m'avait enthousiasmé sur ses deux premiers opus.

 

On se rassure comme on peut mais si le dessin est toujours aussi inspiré, les dialogues le sont moins notamment dans les dialogues parfois incompréhensibles voire même vides de sens. Un comble qui suggère l'état végétatif d'Eric Klein sous l'emprise des drogues qu'il ingère...en ne distinguant plus la réalité de son imagination.

La conclusion n'est pas non plus à la hauteur de mes attentes et croyez-moi j'en suis le premier véritablement déçu car au final j'ai eu l'impression de ne pas avoir tout compris sans en avoir pris le même plaisir manifeste qu'aux deux premiers tomes....

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LES PREDATEURS

 

 

C'est de Qui ? M. Rubini, D Jaeger & divers.

 

 

La couv'

 

Sa Majesté des camés  /  Le Roi des Mouches  Vs.  The Hunger

 

Déjà entendu sur B.O BD? Certains peut-être.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Probablement l’un des seuls bons films de Tony « frère de Ridley »Scott; bien ancré dans son époque sans pour autant vraiment souffrir d’éléments qui pourraient le rendre trop daté aujourd’hui…hormis peut être sa B.O.

 

Et encore ! Au milieu de pièces classiques plus ou moins (très) connues de Schubert, Ravel ou encore ce bon vieux Bach, Rubini, qui  pourtant plombera à jamais Le Sixième Sens de Mann quelques années plus tard, compose une bande son surprenante, entre organique et électro (pour rappel, on est au balbutiement des années 80, remettre donc l’ « électronique » en question dans son contexte n’est ce pas) toujours sur le fil du rasoir entre atmosphère lascive et suspense torve.

 

A l’image d’un film ambitieux et léché, la musique de The Hunger remplit parfaitement son rôle et, même si les écarts sont grands de prime abord, installe une ambiance surréaliste sur ce Roi des Mouches qui n’en demandait pas tant !

 

 

 

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Une chronique de Jet et  Fab

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 07:34

 

 

 

Retrouvez, après la chronique, une interview "Musique et BD" de Jules Stromboni, son sympathique auteur, rencontré au festival d'Aix en Provence.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : MAZZERU

 


C'est de qui : J. Stromboni

 

 

La Couv' :

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

Déjà lu chez nous? Oui, une paire de fois.

 

 

C’est édité par qui ? Casterman

 

 

Une planche:

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

Ca donne Quoi ? Le Mazzeru est un être atteint d’une malédiction qui le fait rêver des décès à venir dans sa communauté via la chasse et la mise à mort d’animaux.

 

Césario jeune homme mal dégrossi qui garde les chèvres pour un père bourru et violent tombe amoureux de la jeune Chillina, qui vit également avec son père, veuf.

 

Un jour, le père de Chillina, pris de folie, tente d’abuser de sa fille, cette dernière le blesse et s’enfuit dans les bois. Cru morte par les villageois, elle va vivre une vie de chasseresse sauvageonne, s’adonnant parfois à des crimes violents, tous rêvés par Césario.

 

Ce dernier tente d’échapper à sa malédiction et à son amour impossible en allant vivre sur le continent, où il travaille dans une  mine. Mais le destin le ramènera sur l’Île qui n’a pas que la Beauté et la tragédie finira évidement mal.

 

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

Outre son sujet très sombre et mené de main de maître, le one-shot de Jules Stromboni se distingue également  par son traitement graphique.

 

Gravure en noir et blanc proche de l’illustration old school et de la carte à gratter parfois, travail sur la matière, sur les à plats de noir et de blanc, incursion ponctuelle de la couleur dans les cauchemars du héros…pas de bulles ou de phylactères, beaucoup de pages muettes, Mazzeru n’est pas un album de BD au sens traditionnel, c’est un livre hors norme aussi prenant que conceptuel.

 

Casterman a soigné l’édition en proposant un livre plus grand que la moyenne, au format et au papier choisis par l’auteur afin que le rendu soit au plus proche de sa réalisation d’origine. Une des belles découvertes de ce printemps.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

C'est quoi : AMBIENT LIGHTS

 


C'est de qui : Mark Korven

 

 

Une Couv':

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

Déjà entendu sur le site? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si The Witch n’est pas le renouveau du film fantastique que tout le monde a voulu nous vendre, sa B.O, que nous avons écoutée l’an passé, fût clairement un vent de fraicheur sur un genre usé jusqu’à la corde.

 

C’est ce qui m’a donné envie d’en savoir plus sur son compositeur, l’australien Mark Korven, spécialisé dans la musique de documentaire, les séries tv et, surtout, passionné de world music.

 

Non content d’explorer les cultures musicales et leurs instruments, Korven n’hésite pas à inventer ou co-créer de nouvelles machines souvent aussi surréalistes qu’efficaces.

 

J’en veux pour preuve cette sorte de vielle amplifiée à laquelle on aurait ajoutée des aimants, des règles en métal à tordre ou à frotter avec un archet, voire un Ebow (archet électronique cher entre autre à David Gilmour de Pink Floyd) une réverb analogique et j’en passe.

 

Elle a été pensée dans le but de mettre en musique des films d’horreur mais le caractère non mélodique des sons produits, les atmosphères dégagées par ses possibilités sonores et rythmiques sont assez étendues pour accompagner une œuvre aussi sombre et atypique que Mazzeru.

 

 

 

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Bonjour Jules et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

Commençons par un classique :

 

 

Tes Albums de musique de chevet ?

 

  • "Ya balad" de Bachar Mar-Khalifé
  • "El incendio que se llevo la ciudad" de Radikal Satan
  • "Shitman" Koonda Holaa
  • "Aimer ce que nous sommes" Christophe

 

 

 

 

Et tes Albums de Bd ?

 

 

  • "Là où vont nos pères" Shaun Tan
  • "Mitchum" Blutch
  • "les 4 fleuves" Baudoin/Vargas
  • "L" Benoit Jacques
  • "Prosopopus' De Crecy
  • "Rebetiko" Prudhomme

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

 

Les influences et les goûts :

 

 

Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

La B.O de "Pina" de Wim Wenders et celle de l"Appollonide" de Bonnello.

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 

 

Baudoin/ Munoz-Sampayo/ De Crecy

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

 

Ton travail :

 

 

 

Ecoutes tu de la musique quand tu écris/dessine, et plutôt quoi ?

 

 

Oui, en plus des disques pré-cités, j'écoute la radio (fip/France Culture), ou encore Arvo Pärt, Fred Frith, Zoufris Maracas, Van Wissem... Et plein d'autres trucs.

 

 

 

Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?

 

 

Une histoire contemporaine qui se déroule à Londres et dont les dialogues sont construits exclusivement avec ceux piochés dans les 39 pièces de Shakespeare. Un cut up.

 

Maledizione !  /  Mazzeru  Vs.  Ambient Lights

 

 

Et si…

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

 

J'ai été batteur dans un groupe de rock/noise/blues : Otto. Il faut que je m'y remette.

 

 

 

Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

 

 

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Une chronique et une interview de Fab

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 13:15

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LE FULGUR 1

 


C'est de qui : Bec & Nenadov

 

 

La Couv':

 

Fulgur... au Point!  /  Le Fulgur  Vs.  Revenge of the Creature

 

Déjà croisé sur le site? Bec oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche:

 

Fulgur... au Point!  /  Le Fulgur  Vs.  Revenge of the Creature

 

Ca donne Quoi ? Un mécène américain finance une expédition pour laquelle un submersible révolutionnaire inventé par le professeur Claudian va emmener une équipe par 4000 mètres de profondeur afin de retrouver une cargaison d’or coulée quelques années plus tôt.

 

Vous vous en doutez, rien ne vas se passer comme prévu et, à 4000 mètres de fond, personne ne vous entendra crier !

 

Les fonds marins et Bec c’est une grande histoire d’amour. En effet, depuis presque 20 piges, l’auteur de Sanctuaire et autres Carthago n’a de cesse de replonger au plus profond des abysses pour y taquiner les éventuelles grosses bébêtes qui s’y terreraient depuis la nuit des temps. En choisissant d’adapter le roman de Semant Bec innove un peu en se frottant à une aventure qui se passe au début du siècle dernier, avec le coté aventure et technologie rétro futuriste que l’on peut rencontrer dans l’œuvre de Jules Verne par exemple.

 

On sent que le scénariste connaît son affaire et sait ménager ses effets, si l’on regrettera peut être un coté assez « déjà vu », on sera consolé par le trait panaché de Nenadov, héritier d’une certaine tradition européenne aujourd’hui délicieusement surannée, qui sert bien le propos.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? REVENGE OF THE CREATURE

 

 

C'est de Qui ? H. Stein & William Lava

 

 

La couv'

 

Fulgur... au Point!  /  Le Fulgur  Vs.  Revenge of the Creature

 

Déjà entendu sur B.O BD? Plein de fois oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Cherchant à surfer sur le succès de Creature from the Black Lagoon, film d’épouvante en 3D (de l’époque hein) qui avait fait grand bruit (et dont la vision à la Dernière séance d’Eddy Mitchell, avec les lunettes rouges et bleues m’avait impressionné) ; Jack Arnold et la prod sortent une (première) suite où la créature est capturée et amenée à la civilisation (oui, King Kong, tout ça…).

 

Si la musique était déjà importante dans le premier volet, ce second en est encore plus rempli. Pas moins de 73% de la pellicule contient de la bande son ! Ce phénomène s’explique notamment par l’utilisation de matériel non retenu sur la Créature du Lagon Noir. De l’underscoring soulignant un suspense lourd à de véritables moments de frénésie instrumentale, Herman Stein, grand pourvoyeur de B.O de genre et versé tout particulièrement dans le fantastique, déchaîne ses cordes et ses cuivres à la moindre scène d’action. Le thème principal est décliné à plusieurs reprises créant une unité sonore et posant l’ambiance entière du film.

 

 William Lava, homme de l’ombre sur ce long métrage comme ce fut souvent son lot, et lui aussi relativement habitué des sous genres de l’épouvante, fournit une poignée de pistes dans la même veine qui n’ont rien à envier au travail de Stein.

 

De la musique de genre solide et classique, tout juste ce qu’il fallait aux terreurs sous-marines version Bec.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:00

 

 

 

Après Olivier Rameau le mois dernier, Gen revient sur une série jeunesse (de saison en plus!) des plus emblématique avec une chronique de fond dont voici la première partie:

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LES SCHTROUMPFS.  1: Avant 1980.

 

 

C'est de qui ? Peyo avec parfois l'intervention de Yvan Delporte ou Gos pour les scénarios ou les dessins.

 

 

Une Couv':

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Déjà croisé sur le site? non.

 

 

 

Une planche:

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Ca donne Quoi ?

Loin de moi, l'idée de faire une thèse sur les schtroumpfs (d'autres l'ont fait), mais juste de rappeler que la série n'est pas aussi naïve ou gentillette que certains le pensent.

 

Je ne vais pas citer tous les albums mais plutôt reprendre les histoires que je préfère (pour leur scénario ou pour leurs graphismes) dans leur ordre de création sur la base de l'article de wikipédia.

 

La Flute à 6 trous (devenu La flute à 6 schtroumpfs en album) - 1958 :

 

Dans cette histoire, ils apparaissaient comme les fabricants d'une flute à 6 trous, au lieu de 7, qui avait le pouvoir d'obliger les personnes l'écoutant à danser jusqu'à l'évanouissement. Elle était tombée entre les mains d'un malandrin et il avait fallu en refaire une 2e pour combattre à armes égales.

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

On ne peut pas dire que les schtroumpfs étaient économes (ni écolos) dans cet album puisqu'ils coupent un énorme arbre pour faire une flute juste avec son cœur!

 

Leurs bonnets étaient encore proches de ceux des lutins, mais ils parlaient déjà schtroumpf.

 

 

Les schtroumpfs noirs – 1959

 

Dans la 1e aventure des schtroumpfs, ils sont confrontés à une terrible épidémie due à la mouche Bzzz. Suite à la piqure ou la morsure d'un ami contaminé, ils deviennent noirs et ne savent plus dire autre chose que "Gnap"… Mais tout finira bien grâce à l'explosion du laboratoire. 

 

L'aspect physique des schtroumpfs est celui que nous connaissons encore. Mais ils ne sont pas encore nommés d'après leurs traits de caractères.

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Si seulement, il existait des remèdes aussi efficaces que le pollen de tubéreuse contre les épidémies surgissant çà et là de par le monde!

 

 

Le voleur de schtroumpfs – 1959

 

Impossible de passer à côté de cette histoire où apparaissent les 2 ennemis récurrents des schtroumpfs : le sorcier Gargamel et son chat Azraël. Le premier veut dissoudre un schtroumpf pour créer la pierre philosophale servant à transformer les métaux en or. Le second a des visées gastronomiques sur ces petits êtres sans défense. Cela se conclura par la 1e grande défaite du sorcier grâce à une belle action commune des schtroumpfs.

 

Notons tout de même que Gargamel est un sacrément bon sorcier qui sait faire des philtres et potions très efficaces… quand ils ne sont pas transvasés dans un autre flacon!

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Comme cela se passe dans beaucoup d'histoires des schtroumpfs, c'est en s'unissant qu'ils arrivent à combattre leur ennemi ou à surmonter une catastrophe plus ou moins naturelle. Gargamel et Azraël ont déjà leurs graphismes bien définis : l'un avec sa robe noire rapiécée d'un morceau blanc et l'autre avec son oreille déchirée.

 

 

L'œuf et les schtroumpfs – 1960

 

Pour faire un gâteau de fête, le grand schtroumpf a besoin d'un œuf. Mais ses 2 envoyés vont ramener un œuf trouvé dans la forêt qui s'avère être magique. En le touchant avec un objet, il résout le vœu de celui qui a frappé. Et voilà que les schtroumpfs demandent tout et n'importe quoi jusqu'à ce que le grand schtroumpf souhaite que tout redevienne comme avant… et qu'un poussin sorte de l'œuf!

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Le lecteur a une drôle de surprise à la lecture de cette histoire qui nous fait découvrir les schtroumpfs sous un jour très humain : avides, jaloux, impatients et même méchants entre eux. Où est la belle harmonie qui règne généralement dans le village?

 

Je pense que c'est une variation voulue par Peyo du conte recueilli par les frères Grimm "Les trois souhaits". C'est la transformation en saucisse du 1e schtroumpf qui m'y fait penser puisque le 1e vœu du bucheron est d'avoir une saucisse, ensuite collée au nez de sa femme en 2e vœu (involontaire) avant que le 3e vœu remette tout en ordre.

 

 

Le Schtroumpfissime – 1964

 

Le grand schtroumpf parti chercher de l'euphorbe, les schtroumpfs s'élisent un chef. Au début chacun vote pour lui-même et il est décidé de laisser passer une nuit avant le vote. Un schtroumpf découvre par hasard  qu'il peut acheter les votes des autres soit an promettant des lois contre les raseurs ou pour un gâteau journalier ou le travail seulement si on veut bien, soit en les flattant, soit en proposant des postes ministériels. Une fois élu, il va s'habiller en doré et demander à être appelé "schtroumpfissime".

Les autres croient à une blague, mais une équipe de gardes est créée et les schtroumpfs vont connaître le travail forcé pour construire un palais. Après l'arrestation du schtroumpf farceur, une révolte est balayée par la garde et un groupe d'insoumis se forme. L'affrontement est inévitable et la bagarre est générale quand le grand schtroumpf revient et calme les esprits avec cette phrase terrible : "Vous vous êtes conduits comme des humains!".

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

C'est mon histoire préférée. Elle fait partie de celles où Peyo et Delporte se moquent gentiment de nos travers humains. Cela commence avec la facilité avec laquelle on se laisse séduire par un beau parleur et que l'on est prêt à le croire sur sa bonne mine. Puis cela continue avec le dévoiement d'une fonction élective en dictature. Et cela se finit avec une guerre civile.

 

Le pouvoir peut pourrir ceux qui en ont plus ou moins : depuis le délégué de classe qui oublie qu'il doit représenter tous les élèves et pas ses intérêts personnels aux élus des états démocratiques (enfin pas trop s'il y a abus de pouvoir) en passant par les représentants du personnel en entreprise qui prennent des décisions sans demander l'avis de leurs collègues.

 

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Au dessin, Peyo s'est sans doute bien amusé en faisant évoluer le bonnet du schtroumpfissime en y collant une couronne, puis en le transformant en casque de guerre avec un beau cimier rouge. Au scénario, Delporte s'est amusé à placer quelques phrases assassines du genre : "Il suffit de leur faire des promesses!" ou "Dites-moi vous!"… Il faut lire en entier le discours de veille de vote en remplaçant les "schtroumpf" par des mots habituels du discours politique; je vous garantis qu'il est impossible de ne pas rire ou au moins sourire. Comme au "Schtroumpf" tonitruant répondu à la demande de reddition du dernier carré, d'ailleurs.

 

 

 

La Schtroumpfette – 1966

 

Tout commence par un nouveau sortilège réalisé par Gargamel : la création d'une schtroumfette pour semer la zizanie dans le village schtroumpf. Il ne lésine pas sur les ingrédients : perles pour les dents, saphirs pour les yeux et soie pour la chevelure. Mais sa création ne va pas vraiment séduire les schtroumpfs.

 

Par pitié pour elle, le grand schtroumpf va corriger son physique et en fait une vraie beauté fatale. Tous sont sous son charme et obéissent à ses moindres désirs jusqu'à provoquer une catastrophe. S'en suit un procès dont elle sort acquittée. Mais, ayant compris qu'elle est nocive pour les schtroumpfs, elle décide de s'éloigner du village. Les schtroumpfs se vengeront en créant une humaine (pas très belle) qu'ils envoient à Gargamel.

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

Le bain magique à réaliser pour doter une statuette d'une nature féminine est un florilège de tous les défauts attribués par les misogynes aux femmes : coquetterie, hypocrisie, inconscience, perfidie, prodigalité… Mais Delporte et Peyo ont mis une note de bas de page pour engager la seule responsabilité de l'auteur du grimoire!

 

Je pense qu'ils ont choisi aussi de se moquer gentiment de la propension des hommes à se laisser subjuguer par la beauté au point d'oublier la personnalité et l'esprit.

 

Pour le moment, la schtroumpfette vit hors du village mais elle s'y installera dans le futur. Elle évoluera aussi côté caractère mais elle gardera son côté naïf.   

 

 

 

Pièges à schtroumpfs – 1968

 

Ce n'est peut-être pas leur histoire la plus connue mais je l'aime bien car elle montre encore une fois que Gargamel n'est pas stupide et qu'il est un sorcier efficace à défaut d'être gentil. Pour capturer tous les schtroumpfs, il commence par poser des pièges adaptés à leurs personnalités : fleur soporifique pour le coquet, cadeau coup-de-poing pour le farceur, livre de morale pour celui à lunettes ou gâteau collant pour le gourmand. Puis un grand filet d'oiseleur pour les autres venus à la rescousse des prisonniers… dont le grand schtroumpf arrive à se dégager. Gargamel perdra bien sûr, mais, cette fois-ci, c'est son attrait pour l'or qui va le perdre.

 

Séquence Nostalgie : Les schtroumpfs (partie 1)

 

J'avoue avoir un intérêt pour les méchants des histoires car un héros n'est rien s'il n'a pas un bon adversaire. Considérer Gargamel comme un crétin serait être injuste à l'égard des schtroumpfs souvent héroïques face à lui et devant rivaliser d'ingéniosité. D'accord c'est un perdant, mais ses pièges sont souvent ingénieux. Que voulez-vous qu'il fasse seul contre 100?

 

 

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Une chronique de Gen

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 07:35

 

 

C'est les vacances scolaires pour une partie de l'Hexagone, voici une BD qui devrait plaire aux jeunes ...et leurs parents!

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : IMBATTABLE

 


C'est de qui : Jousselin

 

 

La Couv':

 

In Casable  /  Imbattable  Vs.  Pixar Short Films

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Une planche:

 

In Casable  /  Imbattable  Vs.  Pixar Short Films

 

Ca donne Quoi ? Vous savez que j’affectionne tout particulièrement les BD qui expérimentent sur le médium, et ce depuis longtemps.

 

Des planches/cases  en mouvement du génie méconnu Gianni De Lucca 

 

In Casable  /  Imbattable  Vs.  Pixar Short Films

 

aux expérimentations formelles vertigineuses d’un Marc Antoine Mathieu, je reste persuadé que la BD est propice à l’explosion de ses codes.

 

In Casable  /  Imbattable  Vs.  Pixar Short Films

 

Pascal Jousselin l’a bien compris et propose avec Imbattable une réjouissante variation loufoque de super-héros où son personnage se déplace dans l’espace et le temps au sein même des cases des planches pour défaire les bad guys, ramener pain à sa mémé, récupérer un chat dans un arbre ou empêcher qu’on installe une affiche multimédia hideuse au milieu du jeu de pétanque du village (pas de tout repos la vie de super héros hein !).

 

La plupart des historiettes, dessinées dans un style humoristique/jeunesse très agréable,  fonctionnent sur le système une planche/une historiette même si deux ou trois récits sont décliné sur plusieurs pages. Tout d’abord paru dans le magazine  Spirou, il est évident que le format se savoure plus à petites doses qu’en un album lu d’une traite mais certains gags sont tout bonnement excellents et je me suis surpris à avoir la banane à la lecture  de certains.

 

Je terminerais sur une précision ; si l’album peut sembler directement destiné à un jeune public, je suis persuadé que les adultes l’apprécieront plus du fait de la lecture à plusieurs niveaux (au sens propre) que les plus jeunes auront peut être du mal à concevoir (expérience tentée sur ma fille de 8 ans).

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? PIXAR. LES COURTS METRAGES

 

 

C'est de Qui ? Divers

 

 

La couv'

 

In Casable  /  Imbattable  Vs.  Pixar Short Films

 

Déjà entendu chez nous?  Certains oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? La musique est primordiale dans le dessin animé, de tout temps et quel que soit le format. Néanmoins l’approche est radicalement différente qu’il s’agisse d’un long métrage ou d’un court.

 

Le long nécessite souvent une à plusieurs thématiques et une unité –sans parler des incontournables chansons- voire un éventuel merchandising de CD à coté. Pour le court, paradoxalement, la création est plus libre et souvent plus ardue.

 

Dans le cas  d’œuvres muettes c’est encore plus flagrant. Nous avons croisé chez nous des dessins animés de beaucoup d’époques différentes, que ce soient les Merry Melodies de Disney, les Hanna Barbera ou encore les œuvres plus récentes et subversives de chaines comme Adult Swim, chaque fois leurs B.O se sont révélées parfaites pour l’usage étrange que l’on en fait chez nous.

 

Les courts métrages de chez Pixar, filiale 3D de Disney, sont une mine d’or coté musiques d’accompagnement, la première compil’, retenue ici et essentiellement composée de B.O d’œuvres du début des années 2000, propose des ambiances variées dans des styles souvent fort éloignés où les compositeurs (Giachinno entre autres) se font plaisir : exemple ultime avec ce court ci, un régal musical (et, accessoirement, excellent avec les courtes aventures du super héros passeur de cases !).

 

 

 

 

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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