5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 12:50

 

 

 

 

LA BD :

 

 

 

C'est quoi ?  LES ANNEES DE L’ELEPHANT

 

 

C'est de qui ? Willy Linthout

 

 

La Couv’ :

 

 

Enormément trompé  / Les Années de L’Éléphant  Vs.  Le Hérisson

 

 

 

C'est édité chez qui ? Presque Lune

 

 

Déjà lu chez nous? Non

 

 

Une Planche :

 

 

Ca donne quoi ? Willy Linthout a utilisé ce qu'il connait, son art de la bande dessinée d'humour (non traduite en français à ma connaissance), pour faire son deuil après le suicide de son fils en 2007. Avec son éditeur original, ils ont décidé de ne pas reprendre les dessins bruts faits à cette période, d'où le côté crayonné de l'album. C'est un album qui semble fortement autobiographique si ce n’est les circonstances exactes du décès, au moins pour le trouble et les difficultés à accepter la mort de son fils.

 

L'alter ego de Willy Linthout dans l'album s'appelle Karel Germonprez. Dans son délire grandissant, tout va se liguer contre lui : son travail par le biais de son directeur (inhumain et envahissant), sa psychiatre qui part en congé maternité, le groupe de discussion auquel il participe sans conviction.

Il voit la silhouette de son fils, peinte au sol pour l'enquête, se relever et il va commencer à de plus en plus lui parler. Comme il a un appareil respiratoire pour soigner ses apnées du sommeil, il croit que Wannes, son fils, lui parle en morse à travers les sons hachés de l'appareil. Le fossé grandit de plus en plus entre sa femme Simone et lui. Il s'est tellement centré sur son chagrin et sur le trou béant qu'a laissé cette disparition dans sa propre vie qu'il est incapable de compatir avec elle ou de s'appuyer sur elle.

 

Tout cela donne un album hallucinant auquel on ne peut pas rester indifférent(e). Les dessins comiques et hilarants par moments contrastent avec la dureté du propos. C'est ce qui permet de garder une certaine distance avec une histoire qui pourrait nous dévorer complètement.

 

Heureusement qu'il existe encore en France des éditeurs indépendants, comme Presque Lune, pour nous faire découvrir des pépites comme cet album.

 

À noter que cet album a obtenu le prix Adhemar de bronze en 2009 (prix biennal remis à un auteur flamand pour une œuvre récente ou l'ensemble de son œuvre) et a été nommé aux Eisner Awards 2010.

 

 

 

 

 

LA B.O:

 

 

C'est Quoi ? LE HERISSON

 

 

C'est de Qui ? Gabriel Yared

 

 

La couv' 

 

 

La musique : 

 

 

 

 

 

 

Ça donne quoi? Le film de Mona Achache est inspiré du livre "l'élégance du hérisson" de Muriel Barbery.

On y fait la connaissance de Paloma, petite fille de 11 ans, surdouée et écoeurée par la médiocrité ambiante, à commencer par celle de sa famille. Elle a décidé de se suicider à son prochain anniversaire. Mais elle va retrouver goût à la vie au contact de la concierge, Madame Michel, qui est loin d'être la femme stupide et ignorante que croient les locataires de l'immeuble. J'avais aimé le livre et j'ai été agréablement surprise par l'adaptation cinématographique.

 

La bande son y a participé aussi par sa qualité. En particulier, l'air "Madame Michel" est un dialogue entre un violoncelle et un orchestre de chambre colle parfaitement au livre de Willy Linthout. Mais, lui n'a pas eu la chance que son fils retrouve goût à la vie comme Paloma. Le violoncelle m'évoque la voix de Karel Germonprez parlant à son fils comme un écho au dialogue des instruments. Il est à la fois mélancolique et fort dans le monde qu'il s'est créé.

 

Gabriel Yared est une sorte de magicien qui sait faire des musiques de films à la fois discrètes et présentes sans écraser ce que l'on voit à l'écran (enfin, pour celles que je connais). Que ce soient des films d'animation, des comédies dramatiques ou des drames, son talent d'illustrateur sonore (plutôt que d'accompagnateur) complète les images avec douceur, mélancolie, ironie, force…

 

 

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Une Chronique de Gen

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 14:18

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : BUCK. LA NUIT DES TROLLS.

 

 

C'est de qui ?  A. Demont

 

 

La Couv':

 

 

A la Niche les Trolls!  /  Buck  Vs.  Skeleton Frolic

Déjà lu chez nous? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil.

 

 

Une  planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Buck est un être étrange, un chien pas comme les autres puisqu’il ne fait qu’un avec sa niche en bois. Alors qu’il erre dans un paysage désolé du grand nord, cherchant à se mettre à l’abri d’une tempête approchante, il tombe sur un couple de villageois dont le bébé a été enlevé par des trolls, ces derniers, comme le veut la coutume, ayant laissé leur propre progéniture à la place. N’écoutant que son bon cœur Buck va partir à la recherche de l’enfant, accompagné du bébé Troll, bien décidé à rentrer chez lui. Va alors commencer une terrifiante chevauchée pour nos deux atypiques héros où créatures de la nuit de tous poils vont leur compliquer la tâche.

 

Reprenant l’un des personnages de son précédent album, Feu de Paille, Demont livre ici une très belle aventure, ode aux contes nordiques dans un  style graphique magnifique, hommage avoué au peintre norvégien Kittelsen, qui destine tout autant cet album aux plus jeunes qu’aux amateurs de belles BD, une constante me direz-vous dans la collection Métamorphoses de chez Soleil.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SKELETON FROLIC

 

 

C'est de Qui ? Joe DeNat

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu ici? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Joe De Nat, musicien dés son plus jeune âge, faisait partie de l’équipe de créateurs qui signa un deal avec la Columbia à l’avènement du cinéma parlant, et parti  s’installer avec ses collègues en Californie pour développer le personnage de Krazy Kat, la réponse à Felix the Cat. En l’espace d’une dizaine d’années pour les studios, il écrivit plus de 160 musiques de courts métrages même si de nos jours certains ont complètement disparu, son influence dans le domaine est indéniable.

 

Pour cette suite à peine dissimulée de la Skeleton Dance des Silly Symphonies de chez Disney (et du même artiste), DeNat joue à fond sur l’illustration musicale intensive (nous sommes en 1933 et les habitudes du cinéma  muet ont encore la dent dure) rivalisant de virtuosité pour coller aux images morbides et délirantes du dessin animé.

 

Sa musique reprend pas mal des codes du genre fantastique de l’époque et, si elle prête à sourire aujourd’hui de par ses mélodies surannées et sa frénésie instrumentale, l’ambiance qu’elle apporte à Buck est aussi amusante qu’inattendue. 

 

 

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Une chronique de Fab

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 11:23

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : STUPOR MUNDI

 


C'est de qui : Nejib

 

 

La Couv':

 

 

O Stupeur!  /  Stupor Mundi  Vs.

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard BD

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quand la science se met au service de la royauté pour embobiner la religion, le résultat peut faire mal.

 

Dans le sud de l’Italie, au XIII° siècle, un savant arabe, sa jeune fille handicapée et un étrange serviteur masqué en fuite se voient offrir l’hospitalité par Frederic II.

 

L’empereur qui n’est pas surnommé Stupor Mundi pour rien, désire revenir dans les bonnes grâces de la papauté. L’invention d’Hannibal, notre scientifique, l’intéresse donc au plus haut point puisque son prototype de Camera Obscura va lui permettre de fabriquer un faux-suaire.

Entre Houdê, sa progéniture récalcitrante qui cherche à retrouver la mémoire sur les évènements qui ont précipité leur départ de Bagdad, un prêtre bibliothécaire peu coopératif, et les réticences qui l’entourent de toutes part, Hannibal va voir sa tâche devenir bien ardue.

 

 

Changement total de registre pour Néjib qui, après son évocation de la jeunesse de David Bowie (Haddon Hall, déjà chez Gallimard), a imaginé, à partir d’éléments historiques existants et de diverses expériences personnelles, un conte surprenant qui se dévore malgré ses presque 300 pages où réalité et fiction se mêlent avec bonheur, le tout dans un style graphique très expressif  qui n’est pas sans faire penser à celui d’un David B. par exemple.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ANDREI RUBLEV

 

 

C'est de Qui ? Vyacheslav Ovchinnikov

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu dans le coin?  Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Compositeur soviétique surtout versé dans le classique, Ovchinnikov a néanmoins à son actif une bonne douzaine de musiques de films, dont les deux premiers longs-métrages de son compatriote  Tarkovski. Andrei Rublev raconte l’histoire d’un moine peintre d’icônes déchiré entre sa passion pour son art et sa dévotion. Tourné au milieu des années 60, le film tombera sous la coupe de la censure du Parti qui n’hésitera pas à le faire remonter, et même à l’interdire de diffusion en URSS pendant plus de 5 ans.

 

La musique, toute aussi marquante que les images qu’elle accompagne, est originale à plus d’un titre. Très éloignées des principes d’illustration filmique de l’époque (et pas qu’en URSS), les compositions d’Ovchinnikov opposent des instruments utilisés à contre-emploi (les cordes jouent très bas, les vents font de timides mais marquantes apparitions) à des choses bien moins reconnaissables, le tout en faisant des incursions dans la musique sérielle ou dans un minimalisme avant l’heure via des motifs répétitifs.

 

Le musicien s’est inspiré du caractère jusqu’au-boutiste du scénario pour laisser libre cours à son imagination faisant de la B.O d’Andrei Rublev une chose envoutante et indispensable. Si parfois un brin austère avec Stupor Mundi elle n’en reste pas moins fort souvent délectable.

 

 

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Une chronique par Fab

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 09:56

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : TOKYO GHOST

 


C'est de qui : Remender & Murphy

 

 

La Couv':

 

 

 

Tokyo Hurlant  /  Tokyo Ghost  Vs.  Metal Hurlant Chronicles

 

 

 

 

Déjà lu sur le site? Oui, les deux

 

 

C’est édité chez qui ? Urban Comics

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Je suis content qu’Urban publie en VF certaines séries Image car, d’une il y en a pléthore et certaines passent clairement sous mon radar, et de deux il m’arrive assez souvent de ne pas pousser plus loin une série dont le premier numéro ne m’aurait pas emballé (on parle des « single issues » qui paraissent chaque mois aux States là).

 

Tokyo Ghost fait partie des deux catégories. En effet le début de la nouvelle série de Rick Remender et Sean Murphy, aux accents furieusement cyberpunks, est d’une violence extrême et va à 100 à l’heure dans une déferlante graphique impressionnante mais parfois fort chargée. Heureusement cette débauche d’effets ne dure pas et la série prend ensuite un tour plus qu’intéressant.

 

Résumons :

Debbie et Led sont deux super « flics » dans un Los Angeles de fin de XXI° siècle,  devenu une mégapole sur urbanisée dont les habitants sont complètement soumis à la technologie, dépendants à leurs « doses » d’émissions de tv réalités, d’électronique et autres gadgets. Si Debbie, jeune femme blonde sexy et optimiste est réfractaire à ces modifications, et vis sans, Led est quant à lui à l’autre extrémité du prisme, accro à ses branchements divers jusqu’à en avoir quasiment perdu toute personnalité.

Après une arrestation aussi sanglante que destructrice, notre couple est envoyé à Tokyo où un groupuscule vivrait encore à l’époque naturelle, pour voler leurs ressources.

Si Debbie voit cette mission comme l’opportunité d’échapper à leurs existences, la conversion de Led (à cause de son passé torturé) va être plus délicate.

 

 

 

 

Si Remender évoque Judge Dredd ou Mad Max niveau influences, j’ai aussi (surtout) trouvé des réminiscences du Ronin de Frank Miller et, des airs de Wolevrine à son héros, et pas seulement dans certains dessins (faisant penser aussi à du Keith Giffen.

Le scénario opposant deux mondes aux antipodes et des héros victimes de cette dualité,  si pas d’une folle originalité, fonctionne pas mal.

 

Mais une fois encore (surtout avec Remender) le point fort de Tokyo Ghost c’est son style graphique. Sean Murphy, qui avait déjà prouvé qu’il était un artiste aussi doué qu’original, passe encore un cap avec des dessins aussi détaillés que puissants, et assure autant dans les paysages de villes gigantesques que dans ceux de nature primale. Du grand art…visuel.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? METAL HURLANT CHRONICLES SEASON 2

 

 

C'est de Qui ? Jesper Kyd

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? A quelques reprises oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? L’avantage avec une série d’anthologie (au sens premier du terme n’est-ce pas !) telle que Métal Hurlant, c’est la diversité des genres et univers évoqués. Ces Chroniques sont une version tv récente – et francaise, mais pas sur que ce soit une bonne chose- de BD parues dans le magazine mythique.

 

Cette seconde saison permet à Jesper Kyd, l’homme derrière les excellents scores des premiers épisodes de la série vidéo ludique Assassin Creed (entre autres) de proposer diverses ambiances allant de l’ambiant old school à la fantasy musclée, le tout via diverses expérimentations sonores et orchestrations intéressantes.

 

Après, tout comme cette adaptation télévisuelle est d’une médiocrité sans nom, bien loin de son modèle papier d’origine, la B.O sent le budget serré et en pâtit quelque peu. Néanmoins sa variété et ses sonorités parfois surprenantes sont de bon ton avec ce Tokyo Ghost premier du nom.

 

 

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Une chronique par Fab

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 07:25

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : CHOC. LES FANTOMES DE KNIGHTGRAVE 2

 


C'est de qui   Maltaite & Colman

 

 

La Couv':

 

 

Second électro-Choc  /  Les Fantomes de Knightgrave 2  Vs.  La Maison du Docteur Edwardes

 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui, sur le tome précédent.

 

 

C’est édité chez Qui ?  Dupuis

 

 

Une Planche:

 

 

Ça donne Quoi ? Suite des origines de l’emblématique méchant de la série Tif et Tondu toujours sur le schéma narratif des flashbacks et flash-forwards multiples dans la vie mouvementée de Choc, de sa jeunesse misérable au sein d’un gang londonien jusqu’à son ascension à magnat du crime en passant par sa (ses !) vengeance(s) sur son passé et ceux qui lui ont fait du tort.

 

Ne vous y trompez pas, sous ses dehors de « reprise » calibrée l’album est d’une grande richesse scénaristique, parfois très dense au point d’être obligé d’être  des plus attentif pour suivre les diverses chronologies mais clairement ambitieux et travaillé (je recommande d'ailleurs de relire le tome précédent avant celui-ci).  Le rythme est soutenu, l’ambiance est sombre et la distanciation instaurée par le style graphique, classique et soigné, fonctionne d’autant plus.

 

On sent que Colman et Maltaite ont pris leur cahier des charges très au sérieux et qu’ils se sont efforcés de livrer une histoire aussi solide que possible, capable de plaire autant aux amateurs de la série d’origine qu’aux nouveaux venus.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LA MAISON DU DOCTEUR EDWARDES

 

 

C'est de Qui ? M. Rozsa

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD ? A plusieurs reprises.

 

 

On peut écouter? Une suite :

 

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quoi de mieux qu’un bon vieux score de Miklos Rozsa pour ce riche second volet de Choc? Un score de Rozsa pour Hitchcock évidement. Pour la première fois le réalisateur anglais s’intéressait à la psychanalyse et entendait que son film, où les deux personnages principaux (interprétés par Ingrid Bergman et Gregory Peck) tombent amoureux, ait une musique qui marie la romance et le surnaturel.

 

Qu’à cela ne tienne, le compositeur ressort son théremine et lui ajoute un vibraphone, un célesta (instrument qui malgré son aspect fait partie de la famille des percussions, il s’apparente plus en fait à un xylophone actionné par des touches) et un vibraphone, l’ensemble donne un résultat assez étonnant, heureusement compensé par des instrumentations plus classiques pour d’autres passages du long métrage.

 

Pour la petit histoire Hitchcock ne sera pas satisfait du travail de Rozsa, et, s’il le félicitera après que la B.O ait remporté l’Oscar, ce sera la seule collaboration de ces deux monstres sacrés du 7° Art.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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