20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 16:20

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi ?  AUJOURD'HUI, DEMAIN, HIER

 

 

C'est de qui : R. Muradov

 

 

La  Couv':

La Machine à remonter...l'Art  /  Aujourd'hui, Demain, Hier  Vs.  Shapiro

Déjà lu chez nous? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Roman Muradov est un illustrateur à l’impressionnant  talent et au style graphique hérité de toute une tradition de grands ; on a plus l’habitude de le voir dans les grands journaux et magazines du monde genre Vogue ou le N.Y Times que dans les rayons des librairies spécialisées.

 

Pourtant, coté  BD, l’homme étonne aussi comme le prouvent les courts « récits » compilés ici par Dargaud, éventail non exhaustif des différents courants picturaux que l’auteur pratique, du cubisme à l’abstrait…abstraits, ses scénarios le sont parfois aussi, conceptuels sur le fond et la forme, Muradov s’affranchit des contraintes narratives du médium et abat les barrières entre les arts, quitte à perdre son lecteur au fil de récits où il joue sur les couleurs, les volumes, les polices de caractère…mais aussi les genres et les thématiques.

 

 

Un album vertigineux de par sa conception même, qui en laissera peut être certains sur le seuil mais, à ceux qui y entreront en laissant leurs à priori derrière eux, devrait interpeller.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? TRUMBO

 

 

C'est de Qui ? T. Shapiro

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous ? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Une bio d’un scénariste et romancier américain comme Dalton Trumbo (à qui on doit, entre autres, les scénars du Spartacus de Kubrick ou du Exodus de Preminger) se devait d’être mise en musique avec originalité. C’est le pari qu’a réussi Theodore Shapiro en mélangeant un jazz très free à une partition plus classique, exprimant via cette alternance tout  l’humour et le drame présents dans le film.

 

Le compositeur propose une orchestration originale,  qui n’est pas sans faire penser sur quelques passages à certaines B.O de Lalo Schifrin ou Elmer Bernstein, et n’hésites pas à mélanger des éléments musicaux des années 60 à des effets très contemporains ; on appréciera notamment l’utilisation d’un piano préparé audacieuse mais payante.

 

De la musique qui sort des sentiers battus mais il n’en fallait pas moins pour bien accompagner les expérimentations de Roman Muradov.

 

 

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Une chronique de Fab

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 07:03

Allez, ca y est cette fois c'est la bonne, la der des der, et toujours avec Ange, pour finir en beauté!

 

 

 

LA BD:

 

 

C'est quoi ?  La geste des chevaliers dragons (série)

 

C'est de qui ? Ange (scénariste) et plein de dessinateurs : Varanda, Briones, Guinebaud, Paty, Démarez, Meddour, Ruizge, Guiton, Looky, Cossu, Vax, Palma, Sentenac, Boutin-Gagné, Alexe pour les histoires longues sans oublier le coloriste de la plupart de la série : Paitreau.

 

 

Voici la 2e partie de la conclusion de cette saga estivale où je partage avec vous quelques points qui m'ont semblés curieux ou bizarres (erreurs des auteurs ou mauvaises lectures et/ou incompréhensions de ma part).

 

Ange nous a fait des commentaires sur ces points qui sont à découvrir après chaque tome cité.

 

14 – La première : les bizarreries par rapport au contexte néolithique sont soulignées par les novices donc rien à dire de plus.

6 - Par-delà les montagnes

4 – Brisken

9 - Aveugles : j'ai du mal à croire que les matriarches des 6 ordres concernés n'étaient pas d'accord pour cette "mise à l'épreuve" de chevaliers expérimentées. Il a quand même fallu les droguer, pendant plusieurs jours pour celles des ordres les plus éloignés, pour qu'elles se réveillent en même temps. En admettant que les 5 matriarches hors Messara (dont 3 que nous ne verrons pas) ignoraient la teneur réelle de l'épreuve. - L'ombre de Narak a changé de nom depuis Brisken : Samera est devenue Halyssa.

 

Ange : Les Ombres ont plusieurs noms. Et non – les autres Matriarches ne savaient pas, mais on laisse l’ombre planer sur le nombre de complices auxquels notre Matriarche coupable a fait appel pour sa conspiration.

 

 

 

 

 

1 – Jaïna : il semble un peu étrange que tous les hommes du fort ne soient pas déformés (à moins qu'ils ne soient cachés). – Pourquoi Ellys ne s'est-elle pas défendue?

 

Ange : C’est une des particularités du Veill que nous devons absolument garder pour des raisons scénaristiques – le Veill n’agit pas sur tout le monde de la même manière, ni dans le même temps, et des effets ou des retards psychologiques ne sont pas à exclure. Dans « Jaïna », les soldats de la Forteresse sont atteints mentalement mais pas physiquement. Dans « Par delà les Montagnes », les Nauris sont atteints physiquement mais pas mentalement. Peut-être que les discours enflammés du Prince ont fait un blocage psychologique dans la Forteresse qui a retardé les effets du Veill sur les soldats. Et peut-être que Jan dans le Tome 2 pensait vraiment que le talisman le protégeait, et donc que là aussi l’effet maléfique a été retardé.

Mais le Veill vous rattrapera toujours.

Ellys ne s’est pas défendue parce qu’elle était jeune et innocente, terrifiée, et sensible à l’autorité.

 

 

 

3 – Le pays de non vie : il semble que la Mara de ce tome ne peut pas être la petite récitante du tome 9 puisqu'elle est d'Ishtar et pas de Messsara… Mais cela permet de boucler pour Akanah et Eléanor qui suivent Oris. À moins qu'il n'y ait un non-dit sur des échanges d'apprenties chevaliers dragons entre les divers ordres… ce qui semble improbable ici puisque c'est Messara qui avait besoin de renouveler ses troupes après le massacre de Brisken.

 

 

Ange : Non non, c’est bien la petite Mara. Et oui, elle a changé d’Ordre.

 

5 – les jardins du palais : une certaine ambiguïté viendra par la suite avec l'ordre de Faïza actif ou fermé selon les tomes. – c'est la seule fois où des croisements entre dragons et autres créatures sont évoqués.

 

Ange : Faïza est un Ordre des Chevaliers Dragon qui sera fermé après la mort de Ralène, quelques années après « Les Jardins du Palais ». Il est de nouveau actif en époque 2, au temps de La Guerre des Sardes.

 

 

 

 

2 – Akanah : la hache semble ici être faite en écailles de dragons et nous n'apprendrons que bien plus tard qu'elle est en métal.

 

 

Ange : C’est en effet une des trois armes en métal.

 

 

19 – L'antidote : le remède est d'abord décrit comme des feuilles séchées d'une plante. Mais, à la fin de l'aventure, Akanah a récupéré un sac contenant aussi des racines! Une plantation est envisagée avec redevances pour Akanah et Eléanor, mais cela risque d'être difficile si les racines sont desséchées!

 

Ange : Allez, il y a aussi des graines.

 

 

 

 

12 – Ellys : comme signalé dans la chronique, le maître d'armes Henj a beaucoup de chance d'avoir combattu le dragon sans aucune séquelle… C'est bien l'un des rares hommes de la série à en sortir intact physiquement et intellectuellement.

Ange : Cela peut se déclarer au fil des ans.

 

13 – Salmyre : sur la carte, il y a une grande zone orange qu'on ne revoit pas sur la carte finale (tome18) et que je pensais correspondre à un grand désert.

Ange : Il est très important pour notre crédibilité scénaristique que les cartographes se trompent régulièrement.

 

8 – Le chœur des ténèbres : selon les tomes, il y a une certaine ambiguïté entre "iNoire" et "iVoire"… peut-être due à une correction involontaire (voir tome 9).

Ange : Oui, c’est « Inoire ».

 

 

7 – Revoir le soleil : là encore, je me pose des questions sur le Veill qui a agi sur le haut lignage, mais pas sur les esclaves! - Et sur l'organisation de la cité : au début Vaune dit vouloir rencontrer les "3 grands", puis elle rencontre "le grand couple"… Un grand aurait-il disparu entretemps?

Ange : Il n’a pas disparu, mais « Le Grand Couple » fait partie du Conseil des Trois. La petite héroïne esclave est vierge, mais le Veill aurait fini par atteindre les esclaves, bien sûr ! Nous allons revoir tous ces enfants esclaves fugitifs dans un tome proche, dessiné par Alexe, et il y aura quelques séquelles.

 

22 – La porte du nord

 

16 – La déesse : encore une fois, le Veill semble avoir épargné les habitants d'un village qui vont aider les chevaliers. Pourquoi cette résistance? - La matriarche serait-elle Haro du tome 11? Même cheveux gris et même coupe, mais marques aux yeux spécifiques à ce tome… et caractère différent selon moi. - La signification du terme "raïad" est découverte au détour d'une bulle : "femme guerrière"… Les Nauris (tome 6) ont sans doute croisés les missionerias.

 

Ange : La Matriarche n’est pas Haro du tome 11, car les deux histoires se passent à deux époques différentes. « La Déesse » se passe en l’an 300 environ, Haro, de « Toutes les Mille et une Lunes » voit le moment du déclenchement de la Guerre des Sardes, trois siècles plus tard. Pour le village, même commentaire que pour les esclaves de « Revoir le Soleil », ils sont touchés, mais on en verra les séquelles plus tard.

Les Nauris ont croisé les Missionerias ! Bien vu ! Tu es la troisième personne à l’avoir remarqué, Gen.

 

 

10 – Vers la lumière : la seule fois où sont montrés des vaisseaux volants de l'ordre (des "voiles pourpres"), point qui semble en contradiction avec les chemins de pierres rouges à proximité desquels volent les vaisseaux (tome 19) puisque le combat a lieu en plein désert. – Les novices viennent de Faïza qui est une coquille vide dans le tome 5… à moins qu'une autre ville de la partie Est de l'empire ait le même nom!

 

Ange : Non, il y a bien un chemin de pierres pourpres qui dessert cette route volante. Et les novices viennent de Faïza, parce qu’à l’époque de la Guerre des Sardes, l’Ordre de Faïza est de nouveau ouvert.

 

11 – Toutes les mille et une lunes : si on compte en lunes terrestres, cela fait une rencontre tous les 76-77 ans. Cela semble difficilement compatible avec la marque identique sur les fronts de la matriarche d'Ishtar Farida, 38 ans, et sa novice Amarelle, ~13 ans… Cet écart correspondrait à des lunes de ~9 jours qui semblent plus compatibles avec une éventuelle réélection de l'ancienne… et conforme à une image fugitive d'une voute où j'ai cru distinguer 5 lunes autour de la planète. – Faïza est annoncée comme fermé par Haro au début, mais vers la fin il est dit que 2 novices de Faïza sont mortes! – La première épreuve des novices et les discussions du conseil commencent alors qu'il manque encore 5 ordres (voir page 6). – Pourquoi Letty crie-t-elle "Messara" en frappant sa tortionnaire au lieu de "Ishtar"?

 

Ange : Les lunes sont en effet différentes, et hou-là ! Que raconte Haro ! L’Ordre de Faïza est rouvert. Elle s’est trompée, c’est sûr. Et Letty allait certainement dire « Messara, tous des petits bras ! » ou « Messara, j’aime pas ça ! ». Pauvre Letty, certainement, une erreur de sa part elle aussi.

 

 

14 – La première : comment des hommes ont-ils pu tailler une montagne pour en faire le fort avec un dragon à l'intérieur? – Comment le dragon a-t-il été endormi aux temps néolithiques?

 

Ange : Alors là… secret défense, parce que des histoires et des révélations sont prévues.

 

15 – L'ennemi : j'ai du mal à admettre que l'ordre ait laissé entre les mains d'un collectionneur (fût-il sultan!) une arme aussi légendaire que la 2e épée faite avec le même métal que la faucheuse d'Ishtar. – Pourquoi les gardes ne sont pas touchés par le Veill lors de l'enlèvement de Saraï, alors qu'en fin d'album Sarkis et Saraï se transforment rapidement? – Sur la carte du sultan, la partie orange dans le tome 13 est devenue bleue : serait-ce un bras de mer?

 

Ange : Toujours la même réponse pour le Veill – qui frappe à la vitesse qui arrange les scénaristes. Mais à la fin, le Sultan Sarkis et Saraï sont peut-être là depuis des heures. Et ah, cette Guilde des Cartographes, franchement, ils ne sont pas sérieux. Ou peut-être qu’une petite histoire de déluge pourrait apparaître…

Le Sultan ne garde pas très longtemps l’arme dans sa collection. Il faut dire que c’est la guerre et que les Chevaliers Dragon ont d’autres Sardes à fouetter.

 

 

17 – Amarelle & 18 - Arsalam : Le nom de l'impératrice a changé : Helsana -> Hersana. – La carte du monde est très différente de la précédente : les chaînes de montagnes ont bougées, ainsi que les fleuves. Ishtar s'est éloignée des montagnes et Salmyre s'est rapprochée de Messara. Un lac ou bras de mer est apparu au nord-est. La zone orange ou bleue a disparu…. Je sais que les dragons provoquent des changements dans le paysage, mais, là, il en aurait fallu quelques centaines!! (Voir en fin de chronique l'image de comparaison des cartes) – Les sardes ne portent plus d'armures comme dans le tome 10. Les choix esthétiques de Guiton ont totalement été oubliés.

 

Ange : C’est Helsana. Et certains cartographes vont être fusillés. Mais bon… Le tome 13 dans lequel apparaît la première carte est une histoire racontée à une jolie jeune fille. Peut-être les informations données ne sont-elles que menteries…

 

 

20 – Naissance d'un empire : Lorta est duc maintenant alors qu'il était prince dans le tome 15 (scène du bal). – L'impératrice s'appelle à nouveau Helsana. – Pourquoi les sardes ne parlent-ils plus normalement? – L'empire d'Occident a-t-il perdu 1/3 (tome 18) ou ½ (tome 20) de sa superficie?

 

Ange : Ce n’est pas le même Lorta. Les Lorta sont une grande famille très puissante dont nous entendons parler dans de nombreux albums. Le premier Lorta à apparaître chronologiquement est Yassine Lorta, jeune lettré issu d’une bonne famille d’Arsalam, qui est exilé de la ville à la fin de « La Déesse ». Il va fonder une famille à Messara, qui va rapidement faire fortune en occident et devenir une Maison Princière extrêmement riche et un peu frondeuse, du genre à causer des soucis aux Empereurs successifs. Le dernier descendant en date de cette lignée à avoir une importance dans notre scénario est le Duc de Lorta, dans « Naissance d’un Empire », mais un autre descendant de cette famille, extrêmement différent, va bientôt apparaître dans un album dessiné par Stéphane Colignon.

 

Et les Sardes parlent différemment selon l’époque de l’album, leur tribu et leur niveau d’occidentalisation. L’Empire a perdu 1/3 de sa superficie au moment de la négociation avec les Sardes, mais l’Ancienne en a profité pour se tailler son royaume à elle dans les territoires du Nord, ce qui a encore réduit la taille de l’Empire… Bref, mauvaise période pour la pauvre Impératrice Helsana. Aussi, n’oublions pas que les gens mentent, exagèrent et se trompent dans leurs dialogues…

 

21 – La Faucheuse d'Ishtar : les chevaliers auraient-elles un moyen de préserver leur virginité tout en jouant les prostituées dans un bordel? -  Verna est-elle la Viala du tome 2?  

HS - Les contrées du Levant : si les courants ont emporté la grand-mère des jeunes filles jusqu'à l'île, j'ai du mal à croire qu'ils puissent les ramener d'où la grand-mère est venu. Auraient-ils complètement changé de sens?

 

Ange : Les courants varient selon les saisons, et puis il y a le vent et les routes maritimes ! Oui, Verna est Viala… Disons que ce sont peut-être deux prononciations régionales de son nom.

 

La jolie fille qui joue la prostituée est une Ombre (elle n’est donc pas vierge). La petite fille est le Chevalier.

 

Merci de cette discussion, c’est un plaisir que d’échanger sur cette série que nous adorons !

 

 

 

 

Merci beaucoup à Ange pour les explications et révélations donnés dans ses commentaires.

 

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                                                                                          Chronique de Gen commentée par ANge

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:02

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : SAINT BARTHELEMY. SAUVETERRE.

 


C'est de qui : Stalner & Boisserie

 

 

La Couv':

La religion ensanglantée  /  Saint Barthélémy  Vs.  Borgia

Déjà croisé chez nous ? Oui pour l'un comme pour l'autre

 

 

C’est édité par ? Les Arènes

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Raconter la grande Histoire en utilisant une  « petite » est un procédé parfois payant s’il est bien pensé. C’est le cas de cette nouvelle série qui prend pour fond le massacre de triste renommée qui, en août 1572 vit Paris être mis à feu et à sang par les catholiques et qui mènera à la mort de près de 2500 protestants.

 

On y suit la destinée du jeune Elie, de son domaine de Sauveterre, attaqué par des soldats, à la cour d’Henri de Navarre. Les dix années qui séparent ces deux époques, le jeune homme les passe à guerroyer dans d’incessants conflits religieux qui aboutissent au rapprochement des deux religions.

 

Rapprochement bien éphémère hélas et l’album se conclut sur la sinistre nuit de la Saint Barthélémy, en attendant ses conséquences dans le suivant.

 

Scénariste chevronné dans bien des domaines, Boisserie aborde son sujet avec métier et ménage son intrigue sans sacrifier au souci de reconstitution historique, les protagonistes sont tous là, de La Médicis à De Guise en passant par Coligny et Margot. On pense bien entendu –notamment dans le passage où notre héros est conduit dans Paris par une jeune femme-  au film de Chéreau à qui l’album tient la dragée haute, mais également aux échos que cette période de notre Histoire trouve encore aujourd’hui.

 

Coté graphisme Stalner assure sa partie avec talent, que ce soit dans les décors pointus ou sur les expressions des personnages on sent qu’il prend plaisir à travailler sur le genre.

 

 

 

 

LA MUSIQUE  

 

 

 

C'est Quoi ? BORGIA

 

 

C'est de Qui ? C. Morin

 

 

La couv'

 

 

Déjà vu chez nous ? Bizarrement il semblerait que non.

 

 

On peut écouter ?   

 

 

Ça donne quoi? : Crée par Tom « Oz » Fontana, cette série internationale sur la famille  sanglante (plus réussie à mon goût que l’autre, celle avec Jeremy Irons) a plus d’un atout dans la manche, et son compositeur n’est pas le moindre.

 

Cyril Morin a été choisi parmi plusieurs de ses confrères grace à sa capacité à mélanger musiques d’époque et orchestration moderne, le compositeur a effectué pas mal de recherches et s’est inspiré autant des rushes de tournage que des personnages de la série (n’hésitant pas à utiliser la guitare par exemple pour le thème de Rodrigo Borgia, d’origine espagnole).

 

L’ensemble, interprété par un orchestre symphonique sonne aussi majestueux que sombre, très actuel, la présence de mélodies ou d’instrumentation historique restant finalement fort en deça.

On  rapprochera d’ailleurs plus cette B.O de celles de films d’action historique récents dont Hollywood a le secret voire même de jeux vidéos comme Assassin Creed.

 

La multitude de pistes et d’évolution de thèmes fait de la musique de Borgia un vivier d’inspiration pour la lecture de Saint Barthélémy.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:52

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : MORT AUX VACHES

 


C'est de qui : Ducoudray & Ravard

 

 

La Couv':

22 les v'la!  /  Mort Aux Vaches Vs. Mannix

Déjà croisé sur le site? Ouaip

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Je me faisais la remarque, en lisant la dernière création en date de ted Naifeh, le bonhomme derrière Polly and the Pirates, Courtney Crumrin ou encore Princess Ugg, que certains scénaristes sont bons dans un domaine mais semblent destinés à le décliner à toutes les sauces.

 

Aurélien Ducoudray ne fait clairement pas partie de cette catégorie, lui il est capable avec le même talent de réinventer la légende de  la Bête du Gévaudan,  d’imaginer l’épopée de trois robots responsables d’un bébé ou de raconter une histoire d’amour interraciale dans l’Amérique des 60’s (et encore, n’est-ce pas, je n’évoque que certains des titres que j’ai lus et chroniqués ici).

 

Alors quand il rend hommage aux comédies de casse/de gangsters d’Après-Guerre y a plus qu’à s’asseoir bien tranquillement avec le casque sur les oreilles et à déguster.

 

Ferrant, vieux briscard du braquage, monte un coup avec son amant et deux acolytes : un gros baraqué pas bien malin et une allumeuse grande gueule de première. Si à la banque tout va comme sur des roulettes, la planque chez le tonton et son fils, éleveurs bas du front dans la France profonde, y avait probablement mieux comme idée.

 

 

 

Entre les prises de bec de l’équipe, les vieilles rancœurs familiales, un réseau de marieuses de l’Est, la police locale et la crise de la vache folle, la situation va rapidement partie à vau-l’eau, pour notre plus grand plaisir de lecteur !

 

Ah, oui, j’oubliais, Ducoudray, en plus, sait fort bien s’entourer coté dessinateurs, Mort Aux Vaches bénéficie du trait cartoony caricatural d’un Ravard qui a énormément évolué depuis Hamlet 77 (titre que l’on a chroniqué chez nous …deux fois ! Si, si !). Dans un noir et blanc tranché très en phase avec l’ambiance du scénario, il donne une vraie personnalité au récit.   

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi? MANNIX

 

 

C'est de Qui ? Lalo Schifrin

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur le site? Pas mal oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Si vous avez moins de 30 ans il y a de fortes chances que la série Mannix ne vous dise rien, cela étant avec presque 200 épisodes au compteur, elle a permis à Lalo Schifrin de se faire la main et de développer ce qui deviendra sa marque de fabrique : mélange sur vitaminé de jazz funky axé 60’s, d’influences sud-américaines bien placées et de suspense tendu de temps à autre.

 

Les cuivres sont bien évidement à la fête- bien secondés par le piano - et la galette alterne entre pistes d’ambiance cool et thèmes aux mélodies catchy au possible dans une véritable fanfare groovy noire mais fun qui se marie bien avec cet hommage cocasse aux comédies d’antan!

 

 

 

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Une chronique de Fab

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 16:15

 

 

Pour conclure notre week-end préhistorique, retour sur l'adaptation d'une oeuvre-phare dans l'élaboration des "Âges Farouches", accompagnée, en fin de chronique, d'une interview d'Emmanuel Roudier.

 

 

LA BD :

 

 


C'est quoi : LA GUERRE DU FEU

 


C'est de qui : Roudier & Champelovier

 

 

La Couv' :

Contes et légendes de la préhistoire / La Guerre du feu Vs. Avatar

Déjà lu sur le site ? Oui

 

 

C'est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Une planche :

 

 

Ca donne Quoi ? Depuis sa publication en 1911, La Guerre du feu de Rosny Aîné a connu deux adaptations cinématographiques - la première dès 1914, réalisée par Georges Denola, la seconde en 1981, par J.J. Annaud – et pas moins de quatre adaptations graphiques. Les plus marquantes restent certainement celle de René Pellos, publiée de 1950 à 1951 dans les pages du magazine Zorro, et celle d’Emmanuel Roudier, dont le dernier tome est paru chez Delcourt en 2014. Séparées par près de soixante ans, ces deux versions n’ont, sur la forme, pas grand-chose en commun.

 

Réunis en un seul volume par Glénat, les épisodes de Pellos offrent une illustration très fidèle du roman original. Si le dessin conserve toute la fougue que le dessinateur a investie dans le projet, l’ensemble pourra sembler quelque peu indigeste au lecteur moderne en raison de l’accumulation de cases minuscules, bourrées jusqu’à la gueule de phylactères qui reprennent, à la lettre, le texte de Rosny Aîné. Visuellement, avec son héros blond "brushingué" dont l’apparence évoque plus Paul Richter (le Siegfried de Fritz Lang dans les Niebelungen) que l’Homme de Tautavel, on se trouve ici dans une relecture décomplexée de la préhistoire, envisagée avant tout comme un lieu d’aventures excitant.   

 

 

De son côté, si elle privilégie le mythe qui pourrait se cacher derrière la préhistoire et se place sous les auspices de Marc Guillaumie (spécialiste de la fiction préhistorique), via la postface de son dernier tome, la version d'Emmanuel Roudier n’en oublie pas moins de combler le fossé qui existe entre réalité des découvertes scientifiques et vision populaire. Etendue sur trois tomes (qui correspondent globalement aux trois parties du roman), sa Guerre du feu permet un développement plus ample de l’intrigue, servie par une volonté de se documenter le mieux possible sur le sujet, tout en gardant à l’esprit que, dans quelques années, c’est bien l’aventure seule qui restera crédible aux yeux des lecteurs. Inspirée au dessinateur de Vo’Hounâ et Néandertal par André Chéret lui-même, cette adaptation exploite donc avec intelligence les deux points forts de l’œuvre de Rosny Aîné : le spectaculaire et la réflexion. Le premier est servi par le travail impressionnant du dessinateur et de son coloriste, digne des meilleures productions hollywoodiennes (puisqu’en France nous n’avons, semble-t-il, pas les moyens pour faire des films de genre, il faut bien que le talent s’exprime sur d’autres médias…). Le second, s’appuyant sur le texte de Rosny, offre une relecture à la fois prométhéenne et humaniste du parcours de l’humanité pour s’extraire des "âges farouches" et entrer de plein pied dans l’histoire avec un grand "H".

 

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

 

C'est Quoi ? AVATAR
 

 

 

C'est de Qui ? James Horner

 

 

La couv' :

 

 

Déjà croisé sur B.O BD ? Oui

 

 

On peut écouter ? L'intégralité de l'album

 

 

Ca donne Quoi ? Concernant le dernier film (à ce jour) de James Cameron, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui n’y voient au mieux qu’un bel emballage entourant un vaste trou noir scénaristique et ceux qui, au contraire, le considèrent comme une œuvre de "pure fantasy forcément héroïque […] irrigué[e] d’un bellicisme égal à son romantisme" (Cédric Delelée in Mad Movies HS n°14 : Les Mondes de James Cameron). Quel que soit le parti auquel on se range, force est de reconnaître que le réalisateur de Terminator a tenté de mettre au service de sa fable écologique (ou de sa vaste fumisterie numérique, c’est selon…) ramenée à l’essence même du récit mythique, la description d’un environnement futuriste scientifiquement crédible. Une démarche qui, au final, rapproche beaucoup l’univers d’Avatar, à l’autre extrémité de notre frise chronologique, de la préhistoire fantasmatique décrite par Rosny Aîné dans La Guerre du feu.  

 

Pour illustrer son aventure "pandorienne", Cameron fait à nouveau appel à James Horner*, avec qui il avait collaboré sur Aliens et le méga-carton Titanic. Recruté un an et demi avant la sortie du film (un délai plutôt large dans le métier), ce dernier doit toutefois se plier aux exigences nouvelles imposées par le montage numérique qui permet des modifications de dernières minutes, mais peut remettre en question tout le rythme ou la tonalité d’une scène pour laquelle une partition avait déjà été écrite… et qu’il faut dès lors entièrement retravailler. Au final, le compositeur livre trois heures d’une musique qui mêle avec brio orchestration traditionnelle et synthétique. Mélange foisonnant de world music (Horner s’est adjoint les services d’un ethnomusicologue pour élaborer les chœurs des Na’vi) et de sonorités épiques, la BO d’Avatar, mimétique en cela du film qu’elle accompagne, parvient à synthétiser dépaysement tribal et classicisme thématique (jusqu’au fameux "Thème de la Mort" présent dans quasiment toutes les compositions d’Horner depuis les années 80). Un pied dans l’inconnu, l’autre dans la tradition, une addition qui colle tout à fait à l’esprit de la trilogie de Roudier… et à sa lecture. 

 

* dont le réalisateur avait déjà largement exploité la musique d'Apocalypto pour la piste temporaire du film...

 

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Bonjour et merci d’avoir accepté de vous prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 


Commençons par un classique :

 

 

 

 

Quels sont vos cinq  albums musicaux de chevet ?

 

J’indique plutôt des albums que j’écoute encore et toujours avec un très grand plaisir. Je ne cite que des albums "pop", bien que j’écoute aussi beaucoup de musique de film, du classique et du baroque.

 

 

  • Hounds of Love (Kate Bush)
  • The Lamb Lies Down On Broadway (Genesis)
  • Wish You Were Here (Pink Floyd)
  • Highway To Hell (AC/DC)
  • 1000 Forms of Fears (Sia)
 

 

 

 

 

 

Et vos cinq albums de bande dessinée favoris ?

 

 

  • La Belette (Comès)
  • Watchmen (Alan Moore et Dave Gibbons)
  • L'Homme qui marche (Jiro Taniguchi)
  • Arthur le combattant (David Chauvel et Jérôme Lereculey)
  • L'autre monde (Rodolphe et Florence Magnin)

 

 

 

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

Y a-t-il une musique de film qui vous a marqué, que vous affectionnez particulièrement (indépendamment du film ou non) ?

 

Il y en a plusieurs qui m’ont marqué et que j’écoute très souvent. J’en cite quelques unes en vrac : E.T. de John Williams ; Gladiator et Man of Steel de Hans Zimmer ; Apocalypto de James Horner ; Conan the Barbarian de Basil Poledouris ; Le château dans le ciel de Joe Hisaichi… Bon, bien sûr, La Guerre du feu, de Philippe Sarde, aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Qui sont vos maîtres à penser en BD, ceux qui vous ont donné envie d'en faire, quelles sont vos influences ?

 

 


Je ne sais pas si je peux parler de maîtres à penser, à proprement parler, mais il y a des auteurs qui m’ont beaucoup marqué par leur travail quand j’étais jeune : Comès, Mézières, Chéret, Buscema, Harold Foster... Plus récemment, c’est Taniguchi qui m’a bouleversé. Tout cela commence à dater j’en ai bien conscience. Mais j’admire aussi le travail de plein de jeunes auteurs !  

 

 

 

 

 

Votre travail :

 

Écoutez-vous de la musique quand lorsque vous écrivez/dessinez ?  Si oui, quel genre de musique ?

 

Oui j’écoute beaucoup de musique en travaillant. Essentiellement de la musique de film, en fait, dont les BO citées plus haut. Après, j’écoute aussi de la chanson. Ces derniers temps, je découvre chaque semaine avec grand plaisir les reprises de Postmodern Jukebox, par exemple.

 

 

Sur quel projet travaillez-vous actuellement.. ou envisagez-vous de travailler prochainement (si vous avez la liberté de les évoquer bien sûr) ?

 

Pas de BD au menu ces temps-ci (je fais un petit break) mais du travail d’illustration, avec le livre Qui était Neandertal ? qui sortira en novembre chez Belin, ou encore du travail de création pour des jeux de rôle : Würm, mon jeu de rôle dans la préhistoire dont une version US va sortir sous peu, Barbarians of Lemuria, L’Ultime Épreuve. Et mon gros projet (au long cours) du moment, c’est un roman de fantasy, situé dans un monde préhistorique.

 

 

Et si…

 

... en lieu et place de la bande dessinée, vous aviez fait de la musique, de quel instrument auriez-vous joué ? Quel musicien auriez-vous aimé être ?

 

J'ai étudié la guitare au conservatoire pendant six ans quand j'étais gamin. Mais je n'étais pas très studieux. Le piano me plaît énormément et je crois que j'aurais aimé savoir en jouer bien davantage que de la guitare. Du coup, je m'amuse parfois à tapoter sur le piano de mon fils. Et je l'encourage à se faire plaisir avec l'instrument : à huit ans, il compose déjà des musiques de film et pour ses jeux de rôles ! Je ne sais pas quel musicien j'aurais aimé être : j'ai l'oreille musicale, je mémorise très vite les musiques, les partoles, et j'écoute un peu de tout. Mais je suppose qu'en définitive, c'est la musique illulstrative, comme celle des BO, qui aurait eu ma préférence. On ne se refait pas complètement quand même.

 

 

 

 

 

Un grand merci pour vos réponses, et au plaisir de vous retrouver rapidement dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

 

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Une chronique et une interview réalisées par Lio

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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