16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:37

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : DURANGO. JESSIE.

 


C'est de qui   Swolfs & Iko

 

 

La Couv':

Panorama du Western  /  Durango. Jessie   Vs.  Colorado

Déjà croisés sur B.O BD? Oui pour le scénariste

 

 

Une Planche:

 

 

C’est édité chez Qui ?  Soleil

 

 

Ça donne Quoi ? Dix septième album pour Durango, qui fête tout de même ses 35 ans cette année. Depuis une dizaine d’année (et trois tomes) Swolfs a laissé la partie graphique à Girod, se concentrant sur les scénarios. Changement de casting puisque c’est l’italien Iko, dont le trait sauvait littéralement la série Ténèbres de Bec, qui reprend les rênes au dessin. Son style ultra détaillé et réaliste est tout à fait adapté à la direction qu’a pris la série, et, même si, couplé à la colo de Stéphane Paitreau, l’ensemble reste assez attendu, le résultat en impose avec un quasi sans fautes.

 

Coté scénario on est également dans le classicisme, et c’est un euphémisme, Swolfs privilégiant les formules ayant fait leurs preuves : association de malfaiteurs, bad guys manichéens, héros monolithique et femme fatale retorse…rien de bien nouveau sous le soleil pour un tome auto-conclusif qui plaira plus aux amateur hardcore du genre (qui seront contents de retrouver Eastwood et Henry Fonda sous les traits respectivement de notre héros et du chef de gang) qu’à ceux plus regardants.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? COLORADO

 

 

C'est de Qui ? E. Morricone

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Souvent.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Nul doute que la présence de Lee Van Cleef et, surtout, de Morricone à la baguette a fait beaucoup pour la réussite de ce western spaghetti écrit et réalisé par Solima, dans la grande tradition de ses illustres prédécesseurs léoniens.

 

Pour cette histoire de traque impitoyable, le compositeur transalpin mise sur les recettes qui ont prouvé leur efficacité : thème imparable joué parfois par différents instruments, pistes courtes mais efficaces, tension et mélodie, chœurs lyriques  employés de façon surprenante, cuivres étincelants, guitare inspirée …tout l’attirail du maestro est de sortie et le résultat est un modèle du genre.

 

Une B.O qui figure dans le top 10 des réalisations de Morricone et qui, si parfois un brin grandiloquente pour ce nouvel épisode de Durango, est cependant évidente à d’autres.

 

 

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Une chronique de Fab

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 14:41

 

 

Alors que les (bien trop) « grandes vacances » approchent à vitesse grand v, si vous avez des enfants vous devez dores et déjà vous demander comment vous allez occuper ces chères bambins pendant deux mois.

 

B.O BD, en passe d’être reconnu d’utilité publique pour le coup, a pensé à vous et vous a sélectionné quelques BD qui les aideront à passer le temps dans les embouteillages et/ou entre deux cahiers de vacances.

 

 

 

Pour les amis des animaux :

 

 

LA BD

 

 

C’est quoi ? LES ANIMAUX MARINS EN BD

 

 

C’est de qui ? Cazenove & Jtytery

 

 

La couv’ :

 

Déja croisés par ici? Oui pour le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Bamboo

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne quoi ? C’est de saison ! Armé de leur masque et de leur tuba, nos chères têtes blondes pourront grâce à cette série dont vient de paraître le quatrième tome, découvrir la faune sous-marine.

 

Présentés sous la forme de planches individuelles, sur un ton humoristique certes mais avec force détails et explications aussi intéressantes que précises, les animaux marins sont croqués dans un style semi réaliste qui plaira beaucoup aux plus jeunes.

 

Chaque album est complété par un dossier thématique à l’iconographie fournie.

Encore un bel exemple de BD faites autant pour se divertir que pour apprendre.

 

 

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Pour ceux qui aiment s’évader :

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : ALIENOR MANDRAGORE. TROMPE LA MORT.

 


C'est de qui : Labourot et Gauthier

 

 

La Couv':

De la BD pour les petits, les tout petits...et les moins petits.

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Rue de Sèvres

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Notre petite apprentie sorcière n’a pas la pêche ! Outre son magicien de paternel qui refuse de revenir à la vie car il étudie un champignon poussé sur on corps en décomposition (sic !), elle ne cesse de voir l’Ankou (vision normalement destinée aux futurs trépassés), et pour couronner le tout voilà qu’une multitude de grenouilles envahit Brocéliande et que Viviane lui révèle une prophétie qu’elle va devoir accomplir en compagnie du jeune Lancelot, qui n’est pas encore le chevalier sans peurs (mais pas sans reproches) que l’on connaît.

 

Second volet des aventures hautes en couleur de la fort sympathique Aliénor, ce Trompe La Mort ‘il est certes un peu plus sombre que le précédent, est aussi bien plus rythmé et riche en aventure fantastique ; Outre une cavalcade à dos de cochons dans des paysages effrayants, notre duo de choc va tout de même avoir à affronter…un dragon !

 

Le duo d’auteur continue sur sa lancée avec bonheur et la série, servie par un style graphique coloré et mixte très réussi, se révèle – outre une lecture des plus distrayantes-une porte d’entrée idéale vers les légendes arthuriennes.

 

 

 

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Pour les aventuriers en herbe :

 

 

LA BD :

 

 


C’est quoi : TRAPPEURS DE RIEN

 


C'est de qui : Priou, Pog

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Editions de  la Gouttière

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne quoi ? Pas évident de tenir sa réputation de chasseur de légende quand on n’aime pas…tuer les animaux. Croquette, sympathique palmipède arborant une toque à la Davy Crockett vient de s’installer avec ses deux potes, Georgie, le croco gaffeur, et Mike, le chien fidèle, dans une vieille cabane au fond de la forêt pour aller chasser le caribou. Notre héros, craignant de décevoir ses amis, va t-il réussir à surmonter ses réticences ?

 

Trappeurs de rien est une adorable petite BD (32 pages) tout en grandes cases mises en couleurs par un J. Corgié inspiré, et dans un format à l’italienne original dont le joli style graphique anthropomorphique et l’humour bon enfant raviront les plus jeunes qui regretteront peut être juste (test à l’appui !) que l’histoire se termine trop vite.

 

 

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Pour ceux qui ne savent pas encore lire :

 

 

 

LA BD :

 

 


C’est quoi : LES MUSICIENS DE BREME

 


C'est de qui : Priou

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Bamboo

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Nous avons déjà croisé une paire d’albums de la collection Ma Première BD, qui s ‘est spécialisé dans l’adaptation de contes célèbres en direction des plus petits, sous la forme de BD sans paroles.

 

Ce tome çi, qui fait partie d’une salve de six titres parus entre mai et juin, raconte l’histoire des ces animaux qui, lassés de leurs conditions, partent pour la ville de Brême où ils comptent devenir musiciens.

 

Comme toujours, le trait est simple, les couleurs bien choisies, l'ensemble est très adapté au jeune public (même avant les 3 ans indiqués sur la couverture, vous pouvez me croire sur parole), la BD est suivie du texte intégral de l’histoire pour que les parents puissent la lire aux enfants et de quelques activités de dessin amusantes et bienvenues.

 

Il n’y a pas d’âge pour faire attraper le virus de la BD à vos enfants, cette collection est un fort bon point de départ !

 

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Pour les un peu plus grands:

 

 

 

LA BD :

 

 

 

C'est quoi ?  AZIL

 

 

C'est de qui ?  Jean-Marie Omont, Charlotte Girard, Tanja Wenisch

 

 

La Couv':

 

 

C'est édité chez qui ? les éditions de la Gouttière

 

 

Déjà vu chez nous? Je dirais non.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne quoi? Azil est un petit ours en peluche qui a déjà connu plein d'aventures perdu en mer par une petite fille fuyant une guerre, échoué sur une plage où crabes et mouettes l'ont malmené et recueilli par M. Lepillier qui en fait la mascotte de sa classe.

Pour ce 1e week-end, Azil est confié à Gaëtan Becpincé qui devra l'accueillir "comme un ministre".

Mais la maman de Gaëtan ne semble pas ravir de cet honneur! Et Gaëtan va désobéir pour emmener Azil voir la rivière même si son papa n'est pas là puisqu'il est médecin de garde.

 

C'est une BD toute tendre, toute douce autant par ses dessins que par son histoire qui parle, l'air de rien, des préjugés et du mal qu'ils font au travers de la rencontre de Gaëtan et des gitans.

Les enfants se retrouveront dans Gaëtan qui est à la fois hardi et peureux, prêt à aller vers les autres mais déjà déformé par les dires des autres… Des parents se reconnaitront dans l'instituteur ou le papa ou la maman (mais ceux-là en rougiront peut-être un peu) ou dans la famille gitane à la chaleureuse hospitalité.

 

Encore un fort bon album pour faire découvrir ce qu'est une BD dès le plus jeune âge.  

 

 

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Des chroniques de Gen et Fab

 

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 11:52

 

 

 

LA BD :

 


C'est quoi : L'AFFAIRE DES AFFAIRES : CLEARSTREAM

 


C'est de qui : Laurent Astier & Denis Robert

 

 

La Couv':

Les coulisses du pouvoir / L'Affaire des affaires : Clearstream Vs. Les Hommes du président

Déjà lu sur le site ? Oui pour Astier (avec une interview !)

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Une planche :

 

 

 

Ca donne Quoi ? Entre 2001et 2002, Denis Robert publie les essais Révélation$ et La Boîte noire qui mettront le feu aux poudres et feront bientôt exploser la première affaire Clearstream…

 

Mettez-moi devant une bonne intrigue politique bien tordue, du genre House Of Cards, et je la bois comme du petit lait. En revanche, faites-moi passer du champ de l’humain, même dans ses plus terribles bassesses, à celui de l’économie… c’est plus fort que moi, je décroche ! C’est dire la qualité du travail effectué par Denis Robert et Laurent Astier, qui est parvenu à me tenir en halène pendant plus de 700 pages. Le fait que leur BD adopte en partie le style des grandes detective stories des années 70, dans la lignée des Hommes du président (dont l’affiche orne d’ailleurs le bureau de Denis Robert), n’y est sans doute pas pour rien. Une influence bien venue que vient renforcer le dessin en noir et blanc d’Astier, dont le trait vif, comme croqué dans l’urgence de l’enquête, mais non dépourvu de détails, rappelle davantage celui de la BD indépendante américaine qu’européenne.  

 

Avant de me lancer dans la lecture du pavé que constitue l’intégrale de L’Affaire des affaires, je dois confesser que ma connaissance de cette sombre histoire de blanchiment d’argent, aux proportions internationales, se limitait à une liste anémique de mots-clés : Luxembourg – le juge Van Ruymbeke - Villepin – Sarkozy… Vagues souvenirs de reportages entr’aperçus au JT, il y a pas mal d’années. Elle était tout autant lacunaire concernant la personnalité de Denis Robert, avec qui je ne savais même pas partager une origine mosellane et un passé messin !

 

 

 

Le récit débute en 2006, soit au beau milieu de l’imbroglio politico-financier de l’affaire Clearstream 2, lancée par celle (non moins célèbre) des "frégates de Taïwan". Elle effectue ensuite un flashback en 1995, peu de temps avant que Denis Robert ne quitte son poste à Libération, pour retrouver sa pleine liberté d’expression et se consacrer à l’écriture de son second roman. Chassez le naturel… Le jour où il tombe par hasard sur l’évocation de la mise en examen d’Henri Emmanuelli pour trafic d’influences, le journaliste décide de se remettre lui aussi "aux affaires".

 

De fil en aiguille, de témoignages secrets en divulgation de listings compromettants, de Metz à Paris en passant par Genève ou Luxembourg-Ville, l’enquête avance, inexorable, vers ce qui allait devenir l’affaire Clearstream, avec toute la nébuleuse de corruptions qu’elle va mettre  au jour et qui réussira presque à emporter l’enquêteur dans son maelström. Pour autant, celui-ci sera condamné à trente et un procès en diffamation de la part de la chambre de compensation luxembourgeoise et lynché médiatiquement par une partie de ses collègues, notamment la rédaction du Monde, dirigée alors par Edwy Plenel.                 

 

Menée sans temps mort, didactique mais jamais assommante, L’Affaire des affaires n’oublie pas pour autant de développer et d’approfondir la personnalité de son "héros". En se présentant comme un monsieur Tout-le-monde obstiné, qui ne crache pas sur le bon pinard, les soirées entre copains et essaye de concilier comme il peut vie de famille et investigation chronophage, Denis Robert ne tire jamais la couverture à lui, ramène adroitement son récit dans ce fameux "champ de l’humain" que j’évoquais et se détourne ainsi de la voie du pensum économique cryptique sur laquelle il aurait pu s’engager.

 

 

 

Intelligente, rigoureuse, limpide, captivante et non dénuée d’humour, L’Affaire des affaires se doit d’être lue par tous ceux qui veulent commencer à comprendre les rouages d’un capitalisme qui, cinq ans seulement après la perte par Clearstream de tous ses procès intentés contre Denis Robert, se vautre désormais dans la boue des Panama Papers.

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

C'est Quoi ? LES HOMMES DU PRESIDENT

 

 

C'est de Qui ? David Shire

 

 

La couv' :

 

 

Déjà croisé chez nous ? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Adaptation de l’essai d’investigation publié en 1974 par Bob Woodward et Carl Bernstein (récompensé par le prix Pullitzer quand chez nous, Denis Robert a d’abord été condamné par la cour d’appel de Paris, avant que le sérieux de son enquête ne soit reconnu… appelons ça la « French Touch »), le film d’Alan J. Pakula retrace l’enquête des deux journalistes du Washington Post (incarnés à l’écran par Peter et Steven… pardon Robert Redford et Dustin Hoffman) qui révèlera l’affaire du Watergate.

 

Plusieurs critiques ont établi un parallèle entre l’affaire Clearstream et celle qui conduisit à la démission de Richard Nixon. Pourquoi pas. Une chose est sûre, la BD de Laurent Astier et Denis Robert, en tant que mise en récit du travail de ce dernier, évoque forcément, par son sujet, le film de Pakula, allant même jusqu’à le citer ouvertement au détour de quelques cases dans le bureau de Denis Robert.  

 

Afin d’orchestrer son enquête, le réalisateur de Klute fait appel à David Shire. Celui-ci connaît bien son affaire pour mêler tension dramatique palpable et sonorités jazzy sophistiquées, puisqu’il a officié également sur les excellents Les Pirates du métro de Joseph Sargent et The Conversation de Francis Ford Coppola. Sa musique anxiogène vient prolonger la tension qui se dégage à la lecture de L'Affaire des affaires en même temps qu'elle permet de souligner un peu plus sa parenté avec le film de Pakula. La boucle est bouclée. 

 

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Une chronique de Lio

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 13:32

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LOUISE. LE VENIN DU SCORPION.

 


C'est de qui : Van Der Heuvel & Alessandra

 

 

La Couv':

Loulou? Oui, c'est elle  /  Louise.Le Venin du Scorpion  Vs.  Summer and Smoke

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Si vous venez dans le coin depuis un petit moment j'ai déjà du vous parler de mes  (lointaines!) études d'audiovisuel durant lesquelles j'ai, entre autres choses passionnantes (sans second degré pour une fois je précise), visionné du film à la pelle, tous genres et époque sur confondus. L'expressionnisme allemand reste une de mes périodes préférées et j'ai également toujours eu un faible pour les vamps de l'âge d'or hollywoodien. Vous vous doutez donc que je ne pouvais pas passer à côté de cette évocation de la vie et de la carrière de Louise Brooks, qui, au même titre que Marléne Dietrich ou la Garbo, est une icône du 7eme Art.

 

Brooks est pus connue pour le parfum de scandale qui a entouré sa carrière que pour les longs qu’elle a tourné. Le parti-pris des auteurs de cette bio est d’évoquer son esprit rebelle, sa fureur de vivre envers et contre tous les diktats de la société et d’Hollywood quitte à y laisser des plumes.

 

 

On découvre aussi dans Le Venin du Scorpion le trauma de son enfance, ses relations houleuses avec sa mère et avec les hommes, le culte que certains (Pabst en tête) pouvaient lui vouer, mais également ses choix parfois hasardeux de tournage et de vie.

 

Le style graphique réaliste et la colo old school d’Alessandra servent bien un scénario qui évite les écueils inhérents à ce genre d’exercice, un bel hommage à une actrice éternelle.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SUMMER AND SMOKE

 

 

C'est de Qui ? E. Bernstein

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si j’admets sans soucis que Tenesse Williams, d’une ça a bien vieilli et, de deux, déjà à l’époque c’était pas à la portée de tout le monde, le bonhomme savait quand même vous poser un drame aux thématiques multiples dont aucun écrivain ou cinéaste français de ces vingt dernières années (ni probablement des vingt à venir) n’approchera jamais l’ombre d’une esquisse.

 

Mettre en musique une adaptation de Williams, quand on a la carrure et le talent d’Elmer Bernstein, ce doit être du pain béni. Ca vous permet de livrer une musique aussi poétique que ce que le domaine de la B.O le permet, quelque chose de foncièrement organique et intellectuel à la fois. D’écrire des mélodies où la névrose d’une femme frustrée et où la sexualité latente et refoulée sont miraculeusement rendues par des notes, des silences, des rythmiques.

 

Ca vous permet de dépasser vos habituels gimmicks, de prouver qu’en plus d’être l’un des plus doués et diversifié des compositeurs de votre génération, vous êtes également capable de vous remettre en question en écrivant un score en marge du reste de votre (excellente) production qui reste parmi l’un de vos plus originaux.

Et ça nous permet, enfin, d’accompagner avec classe la bio d’une artiste qui n’en méritait pas moins.

 

 

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Une chronique par Fab

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 17:14

 

 

Quelle meilleure conclusion pour un cycle Rock que l'évocation du mythique Métal Hurlant, revue à nulle autre pareille que même les States nous ont piqué.

 

 

 

La revue des rêves perdus

 

 

Quel est le point commun entre : Moebius, Philippe Druillet, Richard Corben, Jean-Claude Gal, Romain Slocombe, Alexis, Gotlib, Nikita Mandryka, Jacques Tardi, Enki Bilal, Caza, F’murr, Jean-Claude Forest, Yves Got, Jacques Lob, Paul Gillon, René Pétillon, Francis Masse, Serge Clerc, Frank Margerin, Dominique Hé, Chantal Montellier, Michel Crespin, Denis Sire, Vaughn Bodé, Al Voss, Sergio Macedo, François Schuiten, Daniel Ceppi, Hugo Pratt, Luc Cornillon, Yves Chaland, Jeronaton, Alejandro Jodorowski, Tramber, Jano, Loustal, Dod, Ben Radis, Jean-Louis Floch, Jacques Terpant, Arno, Max, Pierre Ouin, Didier Eberoni, Philippe Glauckler, Beb-Deum, Pierre Clément, Charles Burns, Silvio Cadelo, Laurent Theureau ou encore Michel Pirus ?

 

Ils ont tous, à un moment de leur carrière, vendu leur âme à.... 

 

 

En janvier 1975, quatre Humanoïdes Associés - un critique érudit transfuge de Pilote, deux dessinateurs de génie et un homme d’affaire - désireux de prolonger l’expérience de publication initiée quelques mois plus tôt, avec la fondation de leur propre maison d’édition, lancent une revue trimestrielle de science-fiction. Avec son titre rutilant ô combien évocateur, forgé par le dessinateur Nikita Mandryka (futur créateur de L’Echo des Savanes), la fusée Métal Hurlant est propulsée dans la stratosphère d’une presse francophone, alors en pleine ébullition.

 

Publiant dans un premier temps les œuvres des deux pères co-fondateurs, Druillet et Moebius, Jean-Pierre Dionnet met également en avant un artiste américain dont les travaux ont déjà connus l’honneur d’une publication française, trois ans plus tôt, dans les pages d’Actuel, un certain… Richard Corben. De son côté, le rédacteur en chef s’investit en tant que scénariste inspiré dans une collaboration avec le talentueux Jean-Claude Gal : Les Armées du Conquérant.       

 

Dès ce premier numéro maquetté par Etienne Robial, dont le bébé Futuropolis, conçu avec Florence Cestac, vient juste de venir au monde… de l’édition, l’esprit Métal est forgé. Il ne fera que s’affirmer par la suite, pour transformer la revue en un véritable accélérateur de particules créatrices dans lequel se percuteront dessinateurs chevronnés, nouveaux talents et artistes étrangers.

 

En 1976, l’arrivée du co-pilote Philipe Manœuvre, amicalement prêté par l’équipage de Rock & Folk, va permettre de concentrer l’essence rock qui percolait déjà dans les pages ultra graphiques et les diverses chroniques littéraires et musicales, pour mieux le réinjecter dans le moteur de la Machine à rêver… non sans connaître quelques explosions en cours de route.

 

 

Par la suite, Métal Hurlant donnera naissance à plusieurs versions étrangères, dont un pendant américain (Heavy Metal) qui se détachera rapidement de son modèle, ainsi qu’à quelques tentatives de revues parallèles (Zoulou, Rigolo !, Métal (Hurlant) Aventure) dont aucune ne perdurera. Délaissé par Dionnet et Manœuvre, attirés par les sirènes du PAF, Métal entamera un lent déclin, à partir du milieu des années 80, qui le mènera, en juillet 1987, plombé par des finances mal en point, au terme de son voyage extraordinaire.

 

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Le Livre Sans Images / Métal Hurlant (1975-1987) : La Machine à rêver

Il y a un peu quelque chose du Rashomon de Kurozawa dans Métal Hurlant (1975-1987) : La Machine à rêver, élaboré pendant plus de dix ans par Gilles Poussin et Christophe Marmonnier. Plutôt que de livrer un historique plan-plan de la revue, leur ouvrage se présente comme une somme de témoignages, regroupés selon diverses thématiques. Donnant la parole à tout le casting qui a participé, de près ou de loin, à l’aventure, mais également aux épouses, secrétaires d’édition et de direction, à la maquettiste, l’attachée de presse, l’imprimeur, les actionnaires, le directeur artistique… j'ai oublié personne ?!... les deux journalistes permettent ainsi à chacun de reconstruire et d’interpréter comme il le sent l’odyssée éditoriale d’un OVNI culturel français. Au-delà de cet effort à l'exhaustivité exemplaire, ils ressuscitent également une époque d’intense ébullition et de liberté artistique qui paraît lointaine aujourd’hui… très lointaine. 

 

Comme le résume très bien Mandryka (la boucle est bouclée) : « Ce n’est pas Métal qui est mort, c’est une époque. […] Nous sommes peu à peu rentrés dans une nouvelle phase de l’histoire de la BD, la phase industrielle. Là, c’était vraiment fini, il n’y avait plus de raison de vivre, place aux albums dans les supermarchés, exit les journaux ! ». La mise en hibernation récente de Aaarg !, tentative réussie de renouer avec l’esprit défricheur et irrévérencieux de Métal, lui donne malheureusement raison et vient confirmer, si besoin en était, que nous vivons toujours dans cette triste ère glaciaire de l’industrialisation culturelle.     

 

 

 

Evoquons, pour conclure, cette ère bénie avec un extrait de l'émission L'Impeccable dans laquelle un Dionnet et un Manoeuvre, très fringants, font parler le regretté Yves Chaland de ses amours franco-belge. Séquence émotion ! 

 

 

 

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Une chronique de Lio

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