17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 08:15

 

 

 

Si on aurait - très justement - pu nous taxer de clientélisme pour le cycle BD X du mois dernier, celui-ci (qui va encore faire exploser les stats) est honnêtement motivé par l’actualité du genre  et par des œuvres atypiques s’il en est…(et puis je doute que qui que ce soit vienne se plaindre de toute façon n’est-ce pas ^^)

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : GARDEN OF FLESH

 


C'est de qui :  G. Hernandez

 

 

La Couv':

 

Cycle Bd X  /  Garden Of The Flesh  Vs.  Salome Last Dance

 

Déjà croisé sur le site? Une paire de fois oui.

 

 

Une planche:

Cycle Bd X  /  Garden Of The Flesh  Vs.  Salome Last Dance

 

Ca donne Quoi ? Le co-auteur de Love and Rockets et d’une poignée de projets persos aussi divers qu’intéressants  revient en cette fin d’année pour une version de la Bible (c’est d’actualité) un peu…particulière !

 

Hernandez a choisi  en effet de présenter le début de l’Ancien Testament sous un jour pour le moins osé puisqu’il le traite sur le modèle de  l’érotisme, limite X.

 

Adam – qui apparaît avec une érection monstre- et Eve – née de la « semence » d’Adam !- s’envoient en l’air allègrement avant de croquer le fruit défendu (oui, ça ça ne change pas), d’être chassé de l’Eden, puis de donner naissance à Abel et Caïn, ce dernier tuant son frère, bla bla bla, Noé se trouve une femme, fait des galipettes dans tous le sens avec elle (fellation et cravate de notaire incluses !) puis leurs enfants font de même. Arrive le déluge, la construction de l’Arche, les couples d’animaux…bla bla bla…rebelote dans le bateau c’est le lupanar…

 

Cycle Bd X  /  Garden Of The Flesh  Vs.  Salome Last Dance

 

Bref, vous l’avez compris ce Garden of Flesh porte bien son nom, c’est une suite quasi ininterrompue de scènes de cul pour le moins explicites et, reconnaissons le assez répétitives. L’auteur s’est visiblement fait plaisir, dans un style minimaliste coloré pas loin de faire penser aux publications cochonnes d’antan, Tijuana Bibles en tête, il dynamite le sacré mais survole tout de même pas mal son sujet ; un juste milieu entre la version de Crumb et ce Garden Of Flesh aurait pu être excellent.

 

Pour conclure on notera la jolie présentation sous forme de petit livre noir, dans le genre carnet Moleskine, peut être un brin cher pour ce que c’est, la petite (aux deux sens du terme) centaines de pages, avec ses deux cases à chaque fois, se lisant fort vite.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SALOME LAST DANCE

 

 

C'est de Qui ? Divers

 

 

La couv' 

 

Cycle Bd X  /  Garden Of The Flesh  Vs.  Salome Last Dance

 

Déjà entendu sur B.O BD?  Certains oui.

 

 

On peut écouter? Une des oeuvres entendues dans le film puis ce dernier dans son intégralité:

 

Ca donne Quoi ? Après le succès de Gothic, le sulfureux Ken Russell décide d’adapter Salomé la magnifique pièce d’Oscar Wilde (écrite en français pour la petite histoire).

 

Plutôt que de simplement se contenter du texte d’origine (probablement un brin court en tant que tel pour en faire un long métrage), il imagine une mise en scène de la pièce jouée devant Oscar Wilde lui-même en visite dans sa maison close de prédilection.

 

Vous savez, si vous venez nous voir au moins de temps à autre, que je suis un grand amateur du poète irlandais et je considère Salomé comme étant l’une de ses œuvres les plus réussies, Si je ne suis pas forcement amateur de l’œuvre de Russell, que je trouve datée et empruntée parfois, il faut reconnaître qu’il a su capter l’esprit de l’œuvre ‘et du personnage) de Wilde avec réussite.

 

Coté musiques, Rimsky-Korsakov, Satie, Debussy ou le moins célèbre mais tout aussi apprécié - chez nous en tout cas, on l’a croisé à quelques reprises – Jacques Ibert sont les compositeurs dont les œuvres parcourent cet étonnant film, et la légèreté entraînante alterne avec des choses un brin plus austères mais toujours atypiques. Tout ne sied pas à Garden Of Flesh mais quelques-uns des morceaux ont été fort agréables.

 

 

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Une chronique de Fab

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:28

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : NO BODY

 


C'est de qui : De Metter

 

 

La Couv':

 

Série(s) Noire(s)  /  No Body  Vs.  True Detective S.1

 

Déjà croisé chez nous? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche:

 

Série(s) Noire(s)  /  No Body  Vs.  True Detective S.1

 

Ca donne Quoi ? Après une suite d’adaptations en one-shot de romans noir, Christian De Metter saute le pas de la création à part entière et passe à la série à suivre dont il écrit lui-même le scénar.

 

Influencée, du propre aveu de son auteur, par les séries TV U.S récentes à succès, No Body est une anthologie répartie en « épisodes » de « saison » ; dés le premier tome le ton est donné avec l’arrestation d’un homme énigmatique, coupable auto-désigné d’un meurtre sauvage –seule une main de la victime a été retrouvée- qui va raconter à la jeune femme venu l’évaluer psychologiquement, son existence surprenante, en remontant jusque dans les années 60.

 

C’est donc dans ce contexte contestataire et libéré que, jeune homme, il va être recruté de force -après s’être fait arrêter dans un cambriolage où un homme est mort- par les services secrets américains qui vont lui confier une mission d’infiltration.

 

Avec un dessin toujours aussi personnel, moins figé au fur et à mesure des albums (même si, perso, son œuvre que j’apprécie le plus reste le Curé, chroniqué en ces pages d’ailleurs) Les influences sont aussi criantes que bien digérées, le déroulement de l’intrigue est prenant et le rythme est soutenu. On chipotera sur certains lieux communs (au propre comme au figuré) qui n’handicapent pas pour autant No Body que les amateurs du genre devraient apprécier.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? TRUE DETECTIVE 1

 

 

C'est de Qui ? T. Bone Burnett

 

 

La couv' 

 

Série(s) Noire(s)  /  No Body  Vs.  True Detective S.1

 

Déjà entendu chez nous ? Non

 

 

On peut écouter? Toute une playlist.

 

Ca donne Quoi ? Appréciée entre autres choses et à juste titre, pour le choix des morceaux musicaux de sa B.O, la saison 1 de True Detective a également un score instrumental certes souvent en retrait mais au moins tout aussi efficace et bien plus en adéquation avec l’ambiance si particulière du show.

 

Pistes entièrement instrumentales, nappes de sons utilisées pour créer des atmosphères glaçantes voire irréelles, cette vingtaine de pistes qui, assez étrangement, ne sont trouvables à l’écoute que sur le coffret limité de vinyls de la B.O de la série, sont un modèle d’underscoring bien pensé, plus assimilable parfois à du « son » faisant corps à part entière avec ce qui est montré à l’image, qu’à de la véritable musique.

 

Pour True Detective, du fait de la présence des chansons suscitées, ça fonctionne fort bien, pour No Body, avec son suspense bien amené et en contrepoint de certains passages un peu trop attendus, c’est tout aussi recommandé.

 

 

 

 

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Une chronique de Fab

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 16:11

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : ALIX SENATOR. LE HURLEMENT DE CYBELE

 

 

C'est de qui ? Mangin, Demarez.

 

 

La Couv':

 

Avé Alix!  /  Alix Sénator. Le Hurlement de Cybèle.

 

Déja croisé sur le site? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman.

 

 

Une planche:

 

Avé Alix!  /  Alix Sénator. Le Hurlement de Cybèle.

 

Ca donne Quoi ? En fait d’Alix c’est plutôt de Kephren et Titus, ses rejetons, qu’il s’agit ici puisque notre héros ne vas pas intervenir avant une bonne trentaine de pages pour tenter de sauver la mise aux deux adolescents.

 

En effet Kephren s’est mis en tête de pénétrer dans le temple de Cybèle afin d’y découvrir sa (possible) grande destinée, rien que ça. Hélas pour le jeune homme, la perfidie et la duplicité des prêtres vont vite contrarier ses espoirs.

 

Valérie Mangin se révèle une fois de plus à la hauteur de sa tâche ardue –reprendre les personnages crées par Jacques Martin- et mêle adroitement fiction et réalité ; si, à mon goût, les deux jeunes héros sont moins charismatiques et porteurs que leur père, l’album n’en reste pas moins très distrayant et mené tambour battant.

 

Le trait quasi photo-réaliste de Démarez, s’il fait de véritables merveilles niveau reconstitution historique, est parfois un peu moins convainquant sur certaines expressions faciales, mais rien de choquant, loin de là !

 

En marge de la série mère, Alix Sénator est en train de faire son bonhomme de chemin, sans aucun doute.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? THE FURY OF ACHILLES

 

 

C'est de Qui   C. Savina

 

 

La couv' 

 

Avé Alix!  /  Alix Sénator. Le Hurlement de Cybèle.

 

 

Déjà entendu chez nous? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Le titre de ce péplum de 62 vous aura probablement mis sur la voie du sujet traité. Pour ceux qui auraient séché les cours, au choix, d’Histoire, de Grec ou de littérature, il s’agit bel et bien d’un épisode de la guerre de Troie telle que la raconta Homère dans son Illiade.

 

Mode des films en jupettes aidant, l’Italie produit à la chaine des séries B voire Z où des bellâtres aux corps huilés paradent et font admirablement (hum !) semblant de se mettre sur la gueule, avec force décors cheap derrière. Pour ce film ci on a même droit à une poignée de scènes récupérees d’une production antérieure, histoire de remplir un scénario qui autrement devait tenir sur un timbre poste.

 

Nonobstant les hypothétiques  qualités de Fury of Achilles, on appréciera sans retenue sa B.O où Carlos Savina, entre un drame et une comédie,  fait preuve d’une maestria pas si rare dans le genre qui a été hélas victime de sa surproduction et a quelque peu plombé les éventuelles (re)découvertes de musiques pourtant soignées.

 

Outre un thème aux accents héroïques repris de ci de là dans la B.O, notamment par des chœurs lyriques, l’italien alterne les mélodies romantiques aux envolées guerrières d’une efficacité qui feraient pâlir de honte n’importe lequel des clones du studio Remote Control.

 

L’influence de Rozsa est parfois assez flagrante, pour le meilleur, puisque débarrassé des fixettes folkloriques du maître.

 

Peut être que cette B.O aurait été plus attendue sur un des albums de la série Alix classique mais il est évident qu’elle apporte à la version Mangin-Démarez un coté épique et old-school bienvenu.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 13:54

 

 

 

 

Pendant les vacances, emmenez donc vos enfants au Louvre, mais avant, n'hésitez pas à lire cet album avec eux, la visite n'en sera que plus agréable!

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : LE CHEVAL QUI NE VOULAIT PLUS ETRE UNE ŒUVRE D’ART

 


C'est de qui : O. Supiot

 

 

La Couv':

 

L'Enfance de l'Art   /  Le Cheval Qui Ne Voulait Plus Etre Une Oeuvre d'Art  Vs.  The Bronze Horseman

 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Une planche:

 

L'Enfance de l'Art   /  Le Cheval Qui Ne Voulait Plus Etre Une Oeuvre d'Art  Vs.  The Bronze Horseman

 

Ca donne Quoi ? Nous avions chroniqué en leur temps certains des albums réalisés en collaboration entre Futuro et le Louvre qui comportaient de belles découvertes, c’est donc avec curiosité que j’ai ouvert ce Cheval, édité chez Delcourt, premier tome d’une nouvelle collection destinée à un jeune public.

 

Le Cheval Blanc de Géricault (enfin sa tête vu que le peintre n’a représenté que cette partie de l’animal) a décidé qu’il était grand temps de quitter son mur dans le musée pour aller galoper à l’air libre, au grand dam de ses collègues œuvres d’art qui vont tenter de le dissuader en lui exposant l’absurdité de sa démarche.

 

Cette histoire originale et amusante de tableau revenu à la vie donne à  Olivier Supiot l’occasion de représenter  une palanquée d’œuvres plus ou moins connues du Musée du Louvre de façon ludique et intelligente avec même une certaine réflexion sur l’art en général. L’auteur, qui a su aussi bien représenter la Première Guerre Mondiale qu’un conte pour enfants,  fait  bon usage de son style graphique semi réaliste pictural et coloré, tout à fait adapté au propos et qui, il faut l’espérer, donnera envie aux lecteurs d’aller découvrir ces chefs d’œuvres en vrai sur place.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? THE BRONZE HORSEMAN

 

 

C'est de Qui ? Glière

 

 

La couv' 

 

L'Enfance de l'Art   /  Le Cheval Qui Ne Voulait Plus Etre Une Oeuvre d'Art  Vs.  The Bronze Horseman

 

Déjà entendu sur B.O BD?  Non

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Prenant à contre pied le poème de Pouchkine, relativement triste, où un jeune homme rendu fou par la mort de sa bien aimée va prendre à partie la statue du Pierre Le Grand sur son cheval et, imagine t-on, être tué par cette dernière (on remarquera effectivement là un parallèle quelque peu morbide avec le Cheval de la BD du jour), Gliere livre une œuvre plutôt lyrique voire joyeuse.

 

D’un ballet de trois heures il tire une suite de 45 minutes tout en réussissant l’exploit de garder l’esprit de l’œuvre de base.

 

Après une introduction plutôt sombre l’orchestre s’emballe vite sur les passages dansés enjoués  et sur deux scènes clairement exaltées avant d’annoncer la valse.

La Suite se termine sur une Hymne qui deviendra d’ailleurs celle de Leningrad/St Petersburg.

 

Si parfois peut-être un peu trop enthousiaste pour l’album d’Olivier Supiot l’atmosphère générale du Bronze Horseman  est souvent très en phase avec les aspirations de notre équidé rebelle !

 

 

 

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Une chronique de Fab

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 16:11

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : CENDRES.

 


C'est de qui A. Ortiz

 

 

La Couv':

Mortelle randonnée  /  Cendres  Vs.  Twin Peaks S.2

 

Déjà lu sur le site ? Oui

 

 

Une Planche:

Mortelle randonnée  /  Cendres  Vs.  Twin Peaks S.2

 

 

Ça donne Quoi ? 3 potes qui ne se sont pas revus depuis des années embarquent pour une virée en voiture afin de disperser les cendres d'un de leurs amis, mais ce voyage va s'avérer plein de (mauvaises) surprises et les emmener bien plus loin qu'ils ne l'auraient souhaité.

 

Singe savant, apparitions, clones des ZZ Top, dealers de drogues et séances SM sont quelques uns des ingrédients qui composent ce road trip halluciné plein d'humour noir.


Mélange de genres, récits imbriqués, personnages marginaux, éléments décalés, on retrouve en substance tout ce qui fait l'univers si riche et si particulier des albums d'Alvaro Ortiz, qui est un peu au Neuvième Art ce que les Frères Cohen sont au Septième.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? TWIN PEAKS SEASON TWO

 

 

C'est de Qui ? Badalamaneti, Lynch & autres

 

 

La couv' 

 

 

Mortelle randonnée  /  Cendres  Vs.  Twin Peaks S.2

 

Déjà croisé dans le coin? Certains oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Si il y a bien une autre référence cinématographique que l’on peut accoler à Alvaro Ortiz c’est le nom du maître de l’étrange sur petit et grand écran, monsieur David Lynch himself.

 

Avec la série TV culte Twin Peaks, Lynch révolutionnait le paysage audiovisuel, créant une œuvre sans précédents (mais avec beaucoup de suiveurs) à l’atmosphère çà nulle autre pareille.

 

Atmosphère due en grande partie à la bande son magistrale de la série, alternance de mélodies langoureuses poétiques et de pistes sombres et organiques qui doivent autant leur inspiration à l’électro qu’à une certaine frange du jazz.

 

Des morceaux comme The Red Room ou Blue Frank sont des modèles de coolitude noire, menaçante et sensuelle, l’ensemble des 22 plages de cette galette devenue quasi introuvable à une époque vous posent une ambiance aussi variée que mortelle, tout juste ce qu’il fallait à l’album d’Ortiz.

 

 

 

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Une Chronique  de Fab

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