21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 09:40




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE NOM DE LA ROSE 2

 


C'est de qui? Manara



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat





 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Alors qu’Adso goûte -presque- à son corps défendant aux plaisirs de la chair (et va connaître de fait également une cruelle peine) et que d’autres cadavres sont découverts à l'abbaye, arrive une délégation de prêtres pour un débat qui s’annonce houleux et, cerise sur le gâteau, un cruel inquisiteur débarque également sur place pour enquêter sur les crimes.

Guillaume de Baskerville se retrouve alors dans l'œil du cyclone et va avoir fort à faire pour s’en sortir.



 

Dans sa postface à ce second et dernier volet de l’adaptation par le maître italien de l’érotisme du chef d’oeuvre de son regretté compatriote, Jean Jacques Annaud, responsable d’une version cinéma très réussie même si elle comporte de notables différence avec son modèle littéraire, confirme qu’adapter c’est forcément s’approprier, voire trahir un peu, mais qu’Umberto Eco avait cautionné sa vision.



 

Comme nous l’avions dit dans la chronique du tome précédent, vouloir rendre en deux albums de BD la complexité du Nom de la Rose est une gageure que peu auraient mené à bien.

C’est une semi réussite que l’on peut accorder à Manara qui, devant la difficulté d’avoir à évoquer à la fois l’enquête holmesienne du roman mais aussi sa thématique religieuse, à savoir l’affrontement entre les représentants du Pape et les Franciscains sur la prétendue pauvreté du Christ, livre un album assez chargé niveau textes et au rythme un peu bancal.

 


 

Néanmoins la partie graphique est une indéniable réussite (hormis peut être - comme le fait remarquer d’ailleurs Jean Jacques Annaud- on est pas trop regardant sur l’interprétation visuelle de la seule femme de l’histoire que l’artiste transalpin a représenté dans la plus pure tradition de ses héroïnes célèbres) que ce soit sur le travail de rendu architectural, l’expressivité des personnages (si l’on n’est pas trop allergique aux ressemblances avec acteurs existants), la beauté des décors, et, last but not least, les variations de représentations selon le récit.



 

Un diptyque à ranger aux côtés du Caravage et des aventures de Giuseppe Bergman dans les oeuvres “tout public” de Milo Manara. 








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : RIPPER STREET S.4




 

C'est de qui? D. Scherrer



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 




 

Ça donne Quoi ?  Ripper Street est un cas rare (unique?) dans le monde des séries tv.

Condamnée à l’arrêt pur et simple par la BBC, initiatrice du programme, la série s’est vue offrir deux saisons supplémentaires et une fin digne de ce nom grâce à un engouement massif des fans via une pétition en ligne qui a poussé Amazon à investir.

 

Il faut dire que Ripper Street est pétri de qualités: casting, scénarios, réalisation et, of course: B.O.



 

Dominik Scherrer, le compositeur, qui à coté n’a pas fait de choses fort remarquables par ailleurs, a écrit une partition gothique aux accents victoriens avec quelques ajouts originaux côté instruments qui ne manque ni de suspense ni d’émotion sans pour autant en faire des tonnes dans un domaine comme dans l’autre.

 

 

 

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 08:39




 

LA BD:

 


C'est quoi : L’ESCADRON BLEU, 1945

 


C'est de qui? Ollagnier & Le Pon



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis





 

Déjà croisés sur le site? Non.






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Si les femmes durant la Seconde Guerre Mondiale ont eu un rôle prépondérant à l’arrière, certaines se sont illustrées au sein de la Résistance.

Nous avons chroniqué la très belle série Madeleine, Résistante et c’est également d’une Madeleine qu’il s’agit ici.

 

Madeleine Pauliac, ancienne pédiatre qui va devenir officier et risquer sa vie pour ramener de l’Est, à la toute fin de la guerre, les prisonniers français retenus par les troupes soviétiques dans une Pologne exsangue que les américains abandonnent à Staline sans états d’âmes malgré les exactions que la population ne va pas manquer de subir.

Elle viendra également en aide aux victimes des viols des soldats allemands et russes en avortant celles tombées enceintes qui ne désirent pas garder les enfants, parmi lesquelles pas mal de religieuses.

 

Si Pauliac gère la partie “diplomatie” au départ, de leur côté toute une troupe de courageuses ambulancières,  surnommée l’Escadron Bleu, opère également un salutaire rapatriement sanitaire derrière le futur rideau de fer, parfois au péril de leurs vies.

 

Madeleine Pauliac et l’Escadron étaient destinées à se rencontrer et à tenter de remplir ensemble leur mission de sauvetage.

 


 

Adapté du roman Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial, son neveu, cet album de plus de 150 pages lève le voile sur une page peu connue de la fin de la guerre et le comportement héroïque de ce groupe de femmes qui n’ont pas hésité à mettre leurs existence en danger pour remplir la mission que le Général De Gaulle en personne leur avait confié.

 

Ce sont des milliers de soldats qui seront sauvés par l’Escadron Bleu en quelques mois.

 

Virginie Ollagnier livre un scénario riche en détails et faits historiques, aux nombreuses scènes de bravoure mais qui sait aussi mettre en lumière les personnalités à part de ses héroïnes. 



 

De son côté Yan Le Pon qui a porté pas mal de casquettes dans le monde de l’animation et du storyboard, rend une copie intéressante à plus d’un titre, avec un souci du détail qui donne corps au récit.

Le design de ses personnages m’a peut être un peu moins convaincu mais l’originalité de son trait emporte néanmoins l’adhésion.








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA CROIX DE LORRAINE




 

 

C'est de qui? B. Kaper



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  Gene Kelly, sorti de ses comédies musicales à succès, joue, dans ce film de 43 un prisonnier français qui, avec Jean Pierre Aumont, vont s’évader d’un camp de travail allemand. 

 

Le toujours excellent Peter Lorre joue le nazi de service et le film est un monument de patriotisme propagandiste, alors qu’au départ il est inspiré de l’autobio d’un légionnaire allemand dans la légion Française qui doit combattre l’Allemagne et sera capturé puis s’évadera. 

 

Le film, de plus le film bénéficie d’une musique écrite par Kaper, qui n’en n’est pas à son coup d’essai dans le film de guerre et est passé maître dans l’art d’écrire des thèmes de suspense dramatique prenants. Un bien bel accompagnement old school pour une lecture originale et édifiante.



 

 

 

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16 janvier 2026 5 16 /01 /janvier /2026 15:48




 

LA BD:

 


C'est quoi : FUNESTES AMOURS

 


C'est de qui? C. Burns



 

La Couv':

 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Ce n’est pas la première fois que Charles Burns s’essaye à l’exercice de style. Si j’étais mauvaise langue je dirais presque que, depuis presque 15 ans que l’on chronique ses différents opus,  la quasi totalité de sa production s'apparente à ça finalement, entre pastiches de genre allant du polar au classique franco belge et autres variations de pulps surannés (pléonasme?!).



 

Au fil des ans et des albums, l'artiste a su imposer un style immédiatement reconnaissable et un univers bien à lui que l’on pourrait situer à la frontière entre David Lynch et Larry Clark, emportant dans son sillage une fanbase qui attend avec impatience ses productions.



 

Je classerai presque ces Funestes Amours où il pousse un peu plus loin le concept développé dans Love Nest dans cette catégorie d’ouvrages où Burns se fait plaisir, sachant que ses aficionados suivront de toute façon.

 

Il  y parodie les romances old school auxquelles il n’oublie pas d’ajouter sa touche de décalage glauque qui met son lecteur dans une situation de voyeur inconfortable.



 

Avec un fil rouge ténu entre les récits et quelques éléments plutôt perturbateurs, Burns réussit son pari de faire de Funestes Amours quelque chose de plus qu’une simple récréation mais sans atteindre, loin s’en faut, les grands titres qui ont fait son succès.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : INLAND EMPIRE




 

 

C'est de qui? Lynch



 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Si Inland Empire est probablement l’un des long métrages que j’aime le moins du réal à la chevelure vif argent (et encore ne l’ayant vu qu’à sa sortie en salle je devrais peut être retenter l’expérience), c’est cependant une étape de plus dans sa quête du cinéma à la croisée des chemins, expérimental et éprouvant à la fois.

 

 

 

Côté B.O, comme à chaque fois avec Lynch, on est là aussi dans le conceptuel, avec un mélange de pistes instrumentales atmosphériques sourdes et sombres et des morceaux connus aux antipodes.

 

 

 

Pour la lecture de Funestes Amours je vous recommande de ne sélectionner que les morceaux écrits par Lynch himself, suites de nappes électro aux vrombissements divers, variations des musiques déjà rencontrées sur les précédents films, de Eraserhead à Mullholand Drive en passant par l’excellent Lost Highway.




 

 

 

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bobd - dans Comics Burns Indés Lynch
13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 14:34




 

LA BD:

 


C'est quoi : AU SUD, L’AGONIE

 


C'est de qui? Labiano & Pealez



 

La Couv':


 



 

C'est édité chez qui? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Les sales habitudes ont la dent dure! Des décennies après la Guerre de Sécession, la “Bible Belt” résonne toujours des rancœurs racistes de ses habitants blancs, surtout qu’une bonne partie d’entre eux, les “white trash” voient d’un fort mauvais œil que les anciens esclaves soient aujourd’hui parfois mieux lotis qu’eux.



 

Zacharie, un sang mêlé, ne s’en laisse pas remonter par les haineux qui l’entourent, menés d’une main d’acier par le révérend Lee, mais la liaison du jeune homme avec la fille -blanche- de son patron, est un risque mortel pour l’un comme pour l’autre.



 

Dans ce climat déjà tendu, le lynchage d’un ouvrier de couleur voit débarquer un agent fédéral qui prend fait et cause pour la minorité noire mais cache aussi un secret bien honteux pour l’époque.

 

La tension n’en finit pas de monter et, pour clore le tout, un dangereux criminel s’est évadé du pénitencier voisin et revient dans la petite ville pour se venger!



 

Second tome de leur trilogie noire, Au Sud, L'Agonie est une réussite à plus d’un titre!

Polar au suspense haletant mais aussi chronique sociale et historique documentée et réaliste, le scénario du stakhanoviste Philippe Pelaez prend le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher qu’à la conclusion de cette tragédie noire.

 

Si l’on voulait chipoter on pourrait trouver qu’il y a peut être trop d’intrigues parallèles (celle de l’évadé aurait pu être omise sans nuire à l’histoire), mais rien qui enlève à la maestria du récit.



 

Hugues Labiano de son côté rend à merveille l’ambiance moite de cette Georgie des années 30 à laquelle il apporte un souci du détail réaliste dans ses décors comme ses costumes et son casting est également des plus convainquant.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : ANGEL HEART




 

 

C'est de qui? Trevor Jones




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  S’il y a bien une expression qui peut décrire la filmographie de Trevor Jones c’est « en dent de scie ».

 

En effet, le compositeur d’origine sud-africaine a, au milieu de séries B voire Z, une grosse poignée de pépites musicales qui font partie de modèles du genre (quel qu’il soit).

 

Citons au hasard Excalibur, Mississippi Burning, Le Dernier des Mohicans, ou encore Dark City.



 

Au mitan des années 80, Alan Parker tourne une adaptation plutôt inspirée d’un roman noir qui bénéficie au générique de la présencee d’un Mickey Rourke alors au sommet de sa gloire (l’expression utilisée plus haut pour la carrière de Trevor Jones s’appliquant d’ailleurs parfaitemnt à celle de Rourke également) et de son art et d’un De Niro qui cabotine on ne peut plus!



 

Le compositeur sud africain écrit une bande originale jazzy, menaçante et séduisante, mettant en avant -époque oblige- des synthés sombres (mais qui n’ont pas trop mal vieillis), des échantillons de vibraphone, une basse acoustique et des cuivres, ainsi que le jeu puissant du saxophoniste ténor Courtney Pine. 



 

La musique originale de Jones pour « Angel Heart » a également eu une grande influence sur les thrillers érotiques et néo-noir qui ont proliféré dans les années 80/90.

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 13:30




 

LA BD:

 


C'est quoi : MERLIN

 


C'est de qui? Buscema & Moench



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Au royaume du Roi Arthur un jeune homme se présente à la cour et va bientôt se faire apprécier de tout le monde jusqu'à se voir proposer une place à la prestigieuse Table Ronde.

Mais Merlin a des doutes sur la nature de ce nouvel arrivant, doutes qui vont bien vite se révéler plus que fondés!

 

De son propre aveu, Big John Buscema était un fan absolu du magnifique Prince Valiant de Hal Foster et ce n’est pas votre serviteur qui ira l’en blâmer, loin de là.

 

Alors quand le dessinateur alors attitré de Conan chez Marvel est sondé par son éditeur sur une histoire plus personnelle qui lui plairait de réaliser il s’est donc empressé de choisir la légende arthurienne et plus précisément le personnage de Merlin dont il va assurer scénario comme dessin.



 

La filiation avec Foster - toutes proportions gardées- saute souvent aux yeux dans cette aventure somme toute assez classique dans son scénario -Moench sera appelé en renfort quand Buscema calera un peu au niveau de l’intrigue- avec des cases hyper détaillées de décors magnifiques.

Côté casting et bestiaire, Buscema imprime déjà plus sa pate caractéristique avec des personnages et créatures dynamiques aux expressions criantes de réalisme.

Le tout est en plus fort bien mis en valeur par l'encrage inspiré de Tom Plamer.



 

On pourra peut être tiquer un peu sur le prix de l’album mais gardons en tête que Néofelis est un petit éditeur marseillais qui a le mérite de dénicher des comics parfois devenu introuvable (voire jamais traduits en VF) et que le plaisir de découvrir ce récit des années 80 n’a -presque- pas de prix, que l’on soit amateur du grand Buscema, de  fantasy, de classiques old school ou tout simplement de BD en général.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE




 

 

C'est de qui? M. Rozsa




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 


 

Ça donne Quoi ?  Fort de son récent succès sur  Ivanhoé l’année précédente, Rozsa est de nouveau mis à contribution par les studios pour écrire celui d’un autre film de chevaliers -genre fort prisé par Hollywood à l’époque- Les chevaliers de la Table Ronde,  qui sera en plus le premier réalisé en cinémascope et se doit donc être un sans-faute.

 

Si le film a vieilli (ah! Ces couleurs chatoyantes!!) du côté de la musique c’est un modèle du genre, et ce malgré le temps relativement court laissé au compositeur pour s’acquitter de sa tâche. 

 

 

 

Les Chevaliers de la Table Ronde porte la marque indélébile de son auteur qui rajoute néanmoins à ses gimmicks habituels de belles trilles de flûtes et de percussions haut perchées, le tout toujours porté par un thème riche et des phrases de violons romantico-épiques, des tambours martiaux et des cuivres grandioses.

 

 

 

Peut-être plus grand spectacle que celui d’Ivanhoé, ce score marque un tournant du genre dans l’approche de Rozsa, et maintes idées conçues ici seront développées dans des grandes œuvres postérieures de Ben Hur au Cid.

 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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