19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 16:17

 

 

 

Après la Chauve Souris psychopate intéressons nous donc à l'Homme d'Acier, mais loin de sa version cinéma boursoufflée, dans une mise en abyme des plus originales.

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : C’EST UN OISEAU...

 

 

C'est de qui ? S. T. Seagle & T. Kristiansen

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lus dans le coin? Seagle y a des chance, le  dessinateur c’est pas sur.

 

 

C’est édité chez qui ? Urban Comics

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Se mesurer à Superman. Voilà qui doit intimider forcement, alors certes, je veux dire figurativement, mais tout de même. C’est en tout cas clairement ce qu’a du ressentir Steven T. Seagle quand son éditeur lui a proposé de reprendre le personnage emblématique des studios DC et du genre super héroïque en général. Je n’ai jamais pu encadrer le fils de Krypton : sa toute puissance seulement contrebalancée par un pseudo talon d’Achille, les valeurs qu’il est censées représenter mais qu’il n’hésite pas à bafouer pour arriver à ses fins et, surtout, le fait qu’il n’ait jamais ni de réels challenges qui lui posent problèmes, ni de défauts qui le rendraient intéressant. Alors je sais, vous allez me dire qu’au fil du temps certains auteurs ont su nuancer le monolithe, le rendre plus humain, plus accessible…mais, l’un dans l’autre, on se retrouve toujours avec cette même figure tutélaire aux aspérités anecdotiques.

 

Le scénariste de C’est Un Oiseau…livre donc, plutôt qu’un énième récit à base de sauvetage planétaire, une histoire en grande partie autobiographique, le personnage de Superman étant lié à un traumatisme de son enfance. Ainsi il alterne des réflexions sur la solitude, le pouvoir, la différence et la condition humaine et héroïque (on croise même ce bon vieux Nieztche au détour d’une poignée de pages), et l'évocation des problèmes et des fractures de son existence que la rédaction de son sujet a réveillées voire causées chez lui. Le tout est mis en image par un Teddy Kristiansen motivé puisqu’il n’a pas hésité à changer de style graphique en fonction des méandres et des errances du scénario, poussant le vice jusqu’à en utiliser lus d’une vingtaine (dont certains font clairement référence à d’illustres collègues, de Sienckiewickz à Bisley).

 

 

Alors c’est certain que ce n’est pas un album qui parlera au fan de base de Superman, le personnage n’étant finalement qu’un prétexte ici, on est très loin des canons du genre mais le récit, quoique parfois un brin aride, n’en reste pas moins intéressant, et Urban prouve en le rééditant plus de dix ans après sa sortie, que le label ne se cantonne pas à la BD de super héros lambda.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ?  GATTACA

 

 

C'est de Qui ?   M. Nyman

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous ? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Musicien classique avant tout, Nyman sait rendre ses incursions sur grand écran marquantes. Collaborateur fréquent de réalisateurs originaux comme Peter Greenaway ou Michael Winterbottom il réalise un coup de maître avec la B.O de La Leçon de Piano de Jane Campion qui le fait connaître au grand public. On le retrouve également au générique de l’inventif Ravenous  et c’est à lui qu’Andrew Nicoll, pour sa première réalisation, l’intelligent film de SF Bienvenue à Gattaca, fait appel pour écrire la partition de cette utopie froide et fascinante.

Adepte du minimalisme, Nyman livre des compositions aux motifs répétitifs, aussi envoutantes que mélancoliques, jouées par des sections de cordes aériennes. Les variations du thème sont inventives et apportent une vraie plus value aux images et on notera les incursions discrètes mais efficaces de cuivres et d’un piano sur une piste. Une B.O quasi-hypnotique, elle aussi très démarquée de ce que l’on a l’habitude d’entendre dans le genre, qui relève à merveille le spleen décalé de C’est Un Oiseau…

 

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Une chronique de Fab

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 08:12

 

Première partie de notre cycle sur l'étât de la BD de Super-Héros consacrée à des récits alternatifs, plus ou moins emblématique, ayant pour sujets les grandes icônes du genre.

C'est Gen qui ouvre les hostilités en se repenchant sur un arc mythique, le Batman de Morrison et McKean.

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : ARKHAM ASYLUM

 

 

C'est de qui ? G. Morrison & D. McKean

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu dans le coin? Oui, les deux.

 

 

C’est édité chez qui ? Urban

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Arkham Asylum pose une fois de plus la question : qui est le plus dangereux entre celui qui est enfermé et celui qui enferme? Quand les pires criminels de Gotham prennent le contrôle de l'asile de Gotham y retenant en otage tout le personnel, qu'exigent-ils? Que le Batman les rejoignent, là où est sa place : avec eux à l'asile. Et Grant Morrison de faire dire à l’Homme Chauve-Souris : "J'ai peur de m'y sentir… chez moi."

La traversée de l’hôpital psychiatrique labyrinthique par Batman est entrecoupée de flashbacks dans la vie du créateur de l'asile,  le Dr Amadeus Arkham. Mais finalement le vrai "héros" de cet album à part dans la mythologie batmanienne n’est ce pas le Joker, qui mène la danse de bout en bout ?

On a rarement lu plus sombre que cette descente aux enfers psychologique avec son jeu troublant de questions réponses rendu encore plus oppressant par le traitement graphique révolutionnaire de Dave McKean avec ses formes floues, ses couleurs  torturées, ses noirceurs des fonds, ses cases irrégulières (quand il y en a !)… Cerise(s) sur le gâteau, certains personnages ont même des lettrages spéciaux pour leurs dialogues (malheureusement parfois un peu difficiles à lire).

Un dossier en fin d'album contient une postface de Karen Berger (ex Madame Vertigo), une galerie de couvertures et une traduction du scénario commenté par Grant Morrison. À ce propos, merci au traducteur Alex Nikolavitch qui a su transposer certains dialogues sans trahir le propos des auteurs (comme citer Victor Hugo, par exemple). A ne pas lire un jour de déprime.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SHUTTER ISLAND

 

 

C'est de Qui ? Divers

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Certains oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Pour accompagner un comics sur la folie, rien de tel qu'une BO écrite pour une autre histoire se déroulant  dans un asile : Shutter Island pourrait être un pendant littéraire et cinématographique d’ Arkham Asylum. Fidèle à ses habitudes, Scorcese utilise un patchwork de morceaux existants pour mettre son adaptation en musique. Foin de Rolling Stones sur ce coup là, le réal’ fait plutôt dans le classique effrayant.

On trouve par exemple sur la galette On the nature of daylight, avec son violoncelliste solo distillant une musique douce et sombre qui mène vers un drame inéluctable, ou encore le terrifiant 4e mouvement de la 3e symphonie de Penderecki et sa violence crescendo… une puissance d’évocation manifeste qui emphase la folie latente du comics de Morrisson et McKean.

 

 

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Une chronique de Gen

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:59

 

 

Le Crépuscule des (Super) Héros.

 

 

 

Il est commun de lire que les super-héros sont morts en 1986, enterrés par Frank Miller et son Dark Knight qui nous montrait un Bruce Wayne vieillissant, fatigué, essoufflé et surtout aussi schizophrène que violent et par les Watchmen d’Alan Moore qui, Lio nous en a d’ailleurs fort bien parlé dans le cycle De la case à l’écran en début de mois, en ressuscitant une équipe de personnages oubliés du comics de cape, signait par la même le certificat d’autopsie de tout un genre déjà miné. Moore qui enfonce le clou avec un mythique Whatever Happened to the Man Of Tomorrow? Où il n’hésitait pas à mettre en scène la mort de Superman.

 

 

 

 

 

 

Mais ne soyons pas dupes, les super héros sont toujours bien vivants, et, via de multiples « reboot » et autres réécritures des différentes mythologies, mais surtout des adaptations barnums sur grands écrans, n’ont jamais autant eu la côte. Pas que le sujet me réjouisse, ni même me passionne, vous le savez si vous êtes des habitués du coin, mais, quand je me retrouve face à un ouvrage, publié par PUF qui plus est, qui s’intitule sobrement (hum !) Vie et Mort des Super-Héros, je me dis peut être un peu naïvement, que le débat mérite d’être relancé.

 

 

 

 

Las ! Il s’avère que les « dix trentenaires » (qui sont pour certains plutôt bien quarantenaires, ce qui n’est pas anodin, mais passons) responsables d’autant d’analyses de phénomènes sociétaux via le prisme d’icones de la culture comics, tapent bel et bien à coté de leur titre.

 

 

Si je n’aurais pas la prétention d’aller analyser certaines des digressions audacieuses réunies dans l’ouvrage supervisé par L. De Sutter, j’aurais déjà tendance à déplorer qu’au moins trois des essais se basent sur les versions cinéma des personnages évoqués, alors qu’il est notoire, à de trop rares exemples près, que ces dernières sont fort peu fidèles au matériau de base sinon dans la forme au moins sur le fond. Celles évoquant les héros de papier se révèlent plus intéressantes à mon sens, l’analyse sur Captain America par exemple, outre le rapport du personnage à l’Amérique, son évolution de symbole militaire à figure d’une nation (un passage de l’anomalie à l’anachronisme très justement relevé) n’hésites pas à s’aventurer dans une symbolique fantasque comparant par exemple l’alter égo de Steve Rogers au golem du folklore juif via le symbole sur le front du héros. Spideman, est également astucieusement remis dans son rôle de modèle d’une certaine jeunesse (à l’époque tout du moins), de celle qui ne fait pas partie des  oppresseurs mais plutôt des victimes, du jeune homme aux failles aussi grandes que seront les « responsabilités qu’engendrent de grands pouvoirs » , en un mot de super héros « psychologique » intéressant à plus d’un cas clinique (même si le summum du genre restant le Silver Surfer, cruellement absent du recueil).

 

 

 

Au final, dans les deux sens du terme, c’est Pacôme Thiellement, déjà croisé chez nous, qui, sans trop de surprise, tire le mieux son épingle du jeu, choisissant un modèle on ne peut plus éloigné de ceux de ses camarades d’écriture, Professor Chaos. Si ce nom ne vous dit rien c’est que vous n’êtes pas spectateur de South Park et donc êtes passé à coté d’une version assez délirante du super vilain made in Parker et Stone qui, vous vous en doutez, brocarde allègrement les figures manichéennes des Big Two.

 

 

 

 

Un ouvrage donc qui ne manque pas de pistes et de réflexions intéressantes mais qui aurait gagné à se présenter sous un titre moins définitif et plus en relation avec son contenu.

 

 

Bon, alors, Morts ou pas ces super-héros ? Si la question reste clairement rhétorique, consacrons donc un cycle thématique à ce que le genre a pu proposer d’ « alternatif » à la production mainstream calibrée. 

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:27

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : CORPS ET AME

 

 

C'est de qui ? Hill, Matz & Jef

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lus sur B.O BD? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Rue de Sèvres

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Suite à un contrat que rien en apparence ne différenciait des autres , Franck, tueur à gages froid et efficace, se retrouve la victime d’une vengeance machiavélique puisque le voilà transformé en …femme. A situation extrême, mesures de même et notre héros devenu héroïne compte bien retrouver le responsable et le faire payer.

 

 

Nouvelle adaptation d’un scénario du réal Walter Hill (qui avait déjà fricoté avec les thèmes joints de la chirurgie esthétique et de la vengeance dans Johnny Handsome, avec Mickey Rourke) pour une histoire coup de poing.

 

Néanmoins Corps et Ames ne m’a pas emballé autant que le précédent ouvrage du trio, en cause tout d’abord le principe même de l’opération de changement de sexe, un brin capillotractée, mais également un graphisme toujours ultra réaliste (pour ne pas dire photo-réaliste) et très coloré qui n'est plus ma tasse de thé depuis pas mal d’années.

Reconnaissons néanmoins à l’équipe créative une efficacité et une maîtrise des codes du genre à toute épreuve !

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? CRUISING

 

 

C'est de Qui ? Jack Nitzsche

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu dans le coin? Oui

 

 

On peut écouter?

 


 

 

 

 

Ca donne Quoi ? A ses débuts Al Pacino, l'un des acteurs les plus doué de sa génération, savait encore prendre des risques, comme en témoigne ce polar cru sur le milieu homosexuel underground.

A coté d’une B.O diégétique pop-punk-disco aux sonorités typiquement années 80 -à savoir où les vrais instruments sont quasi aux abonnés absents- où l’on retrouve des stars de l’époque comme Willy De Vile, John Hiatt ou Joan Jett ; Jack Nitzsche livre un -court- score qui, s’il parvient à plutôt bien se fondre avec les genres ci dessus (Nitzsche a entre autre bossé avec Phil Spector et des gens comme Neil Young ou les Stones, la musique « populaire » ça le connaît) porte la marque de fabrique de son compositeur : une ambiance poussée obtenue par des associations d’instruments très éloignés (une nappe de synthétiseur accompagne une guitare solo à la limite du free jazz et du folk et une batterie aérienne syncopée).

Le résultat, si inattendu voire déroutant, est d’une originalité manifeste et ajoute une dose de malaise à la BD déjà fort barrée de notre trio !

 

 

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Une chronique par Fab

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:58

 

On termine notre journée spécial Manga (chargée!) pae un retour au médieval avec le dernier tome en date d'une série qui ne cesse d'étonner!

 

 

 

LA BD:

  

 


C'est quoi LA PRINCESSE VAGABONDE 5

 


C'est de qui : Xia Da

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu dans le coin? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? URBAN CHINA.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne quoi ? Même si le premier tome m’avait bien plu, je n’aurais pas cru que je tiendrais sur les quatre suivants (et parti comme c’est parti, y a de fortes chances que je reste jusqu’à la fin, sachant qu’on est à la moitié si on se bas sur la publication chinoise).

Je ne sais pas si la jeune Xia Da regarde Game Of Thrones (je ne suis même pas sur que la série soit diffusée en Chine) mais elle a le chic pour relancer son intrigue via des révélations théâtrales et autres morts violentes de protagonistes. Ajoutez à ça une tension quasi constante et quelques scène de combat bien chorégraphiées et vous comprendrez que, sans pourtant être un afficionado du genre, ce manhua de sabre me plait (et me surprend) toujours autant.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 



C’est quoi ? L’OMBRE DU GUERRIER

 


C’est de qui ? Shinichiro Ikebe

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu sur B.O BD ? Oui

 


On peut écouter ? Oui


 

 

 

 

 

Ça donne quoi ? Kurosawa s’étant brouillé avec Sato, avec qui il collaborait pourtant depuis 25 ans fait appel à Ikebe pour mettre en musique ce film de grande envergure sur des guerres de clan dans le Japon féodal. Le réalisateur, qui rencontrera maints autres problèmes sur son tournage ne perd pas au change, Ikebe compositeur prolifique de formation classique, livre une musique épique et grandiose influencée autant par les classiques nippons que par les grands scores de genre occidentaux. Les deux artistes renouvelleront l’expérience à trois reprises par la suite, dans des registres forts différents mais pour des résultats tout aussi aboutis.

De la musique à grand spectacle pour une épopée chinoise qui ne méritait pas moins.

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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