12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 13:49




 

LA BD:

 

 


C'est quoi : CAUCHON…OU L’HOMME QUI TUA JEANNE D’ARC.

 

 

C'est de qui? Dorison, Parnotte & Delahaye



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Dorison et Parnote.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ?   France, alors que la Guerre de Cent Ans bât son plein, celle qui a influé sur son cours en faveur des Français a été capturée. Jeanne D’Arc, abandonnée par le Dauphin, est vendue aux Anglais et Henry VI mandate Pierre Cauchon pour conduire le procès de la Pucelle.

 

Mais le prélat, pourtant arriviste et ambitieux, va voir sa détermination flancher peu à peu alors qu’il tente de confondre la jeune fille.

Et si elle disait vrai, si elle avait été vraiment choisie?

 

Pour son nouveau et ambitieux projet, Xavier Dorison s’est associé avec Louis David Delahaye, scénariste chevronné du documentaire sur  petit écran qui se lance pour la première fois dans le 9° art.

Les deux hommes ont décidé de se pencher sur celui qui fit condamner (malgré lui?) l’une des figures marquantes de l’Histoire de France, un homme de l’ombre considéré comme un “méchant” dont ils atténuent l’image manichéenne, en retraçant avec une certaine minutie le procès de Jeanne D’Arc.

 

Pourtant, et malgré la présence d’un historien sur le projet, il transpire qu'une réalité historique poussée n'est pas la préoccupation majeure des auteurs, c'est d’ailleurs quelque peu expliqué dans le dossier en fin d'album et Dorison a souvent dit, sur ses scénars "historiques" que ce qui l'intéressait c'était d'abord l'ambiance, l'intrigue, les personnages...bref la grande Histoire au service de la petite (il a même dû citer la phrase associée à Dumas sur l'Histoire violentée et des beaux enfants qui en résultent).

 

Ici, ils imaginent des seconds rôles ou transforment les personnages historiques pour mieux servir le propos et, au vu du métier du duo, ça fonctionne fort bien.



 

Je pense que les lecteurs cherchant une BD pointue sur le procès de la pucelle d’Orléans (ou même sur le rendu des lieux historiques) devront peut être passer leur tour ou accepter que l’Histoire -qui, comme le dit un autre dicton, est écrite par les vainqueurs- puisse être modifiée à des fins de spectacle.

 

Les autres, la majorité de ceux qui s'intéresseront à ce généreux album à la fabrication classe, devraient être servis par un casting convaincant, un suspense bien distillé et une tentative de réhabilitation d’un personnage peu connu de l’Histoire contrairement à sa victime.

Que la pseudo réhabilitation en question soit pertinente n’est finalement même pas le propos, les scénaristes préférant s’attacher à rendre le procès et -surtout- ses biais, et quelques autres thématiques qui, plusieurs siècles après, ont toujours la dent dure.



 

Et on ne peut évidemment pas ne pas évoquer la partie graphique, où là aussi talent et savoir-faire rivalisent de brio.

Que ce soit dans une narration efficace (on notera par exemple l’usage judicieux des inserts de gros plans dans des planches, pour attirer l’oeil du lecteur et l'imprégner dans l’histoire) où un dessin semi réaliste aux décors riches et aux personnages diablement expressifs, Parnotte livre là un de ses travaux les plus aboutis qui ne faiblit jamais tout au long des 140 pages de l’album.

 

L’un des albums marquants de ce printemps à n’en pas douter!

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : BECKET



 

 

C'est de qui? 



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD




 

On peut écouter ?  

 

 




 

Ça donne Quoi ? Le compositeur, imposé par le réalisateur contre l’avis de la production, est invité à assister à une partie du tournage afin de s’immerger dans l’esprit du film (tiré d’une pièce de Jean Anouilh).

 

 

Il s’inspire de plusieurs sources d’époque, en commençant par les chants grégoriens, la musique religieuse étant la plus répandue au 12°siècle. Pourtant loin de lui l’idée d’essayer d’écrire de la musique médiévale. Il y fait plutôt des allusions, des clins d’œil, en l’incorporant à des choses plus modernes, comme l’ajout de triades, et autres canons.

 

Rosenthal, qui réduit son instrumentation à une dizaine d’instruments en plus des voix, cherche avant tout à créer une tapisserie musicale pour l’histoire qu’à proposer un panorama de mélodies d’antan.

 

 

Si le film comporte peu de scènes riches en action ou en batailles, l’émotion et la tension sont néanmoins fort bien représentées et ce sont deux atmosphères très présentes dans l'album de Dorison, Parnotte & Delahaye.


 

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