LA BD:
C'est quoi : FRANKENSTEIN
C'est de qui? D. Sala.
La Couv':
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C’est édité chez qui? Casterman
Déjà croisé sur le site? Oui.
Une planche:
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Ca donne Quoi ? Si vous suivez un peu l’actualité littéraire vous devez avoir vu passer ces derniers mois pas mal de nouvelles éditions du roman de Mary Shelley, pierre angulaire de la littérature fantastique gothique, illustrées pour la plupart, certaines très réussies, d’autres un peu plus…opportunistes diront nous.
Ajoutez à cela l’adaptation pour Netflix de Del Toro l’an passé et quasiment une version par an en BD depuis 2020 et on devrait pouvoir affirmer que tout le monde, peu ou prou, connaît l’histoire de Victor Frankenstein, le scientifique qui s’était pris pour dieu et de sa créature composée de bouts de cadavres, ramenée à la vie sans avoir rien demandé et qui, incapable de se réinsérer dans la société des hommes va se venger de son créateur.
Alors, me demanderez vous, pourquoi s’intéresser à cette nouvelle version?
Et bien, comme ça a déjà été le cas pour celles de Bess ou de Crépax, je vous répondrai: pour son auteur!
Oui parce que David Sala sur Frankenstein, je vois mal comment tout bon bédéphile esthète pourrait passer à côté! Et la lecture de l’album m’a conforté dans mon choix.
En effet, si l’histoire est peu ou prou identique à l’originale, Sala se l’approprie tout de même pas mal, en enlevant par exemple les épisodes du navire dans les eaux glacées en rajoutant un épisode au début de l’existence de la créature avec une jeune femme qui le recueille, en choisissant de ne pas montrer comment le monstre s’éveille à la vie (foin de foudre et d’électricité mais on notera que dans le roman originel ceci n’est pas explicite non plus)... tout ceci reste de l’ordre de l’anecdotique, l’esprit gothique de matériau d’origine étant bien là - là où évidemment l'œuvre est une réussite indéniable c’est sur sa partie graphique.
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L’artiste choisit avec intelligence d’exploiter l’un des courants artistiques majeurs de l’époque du roman, à savoir l'impressionnisme et l’Art Nouveau.
Cela donne de magnifiques planches picturales où il s’amuse à faire des références à certaines grandes oeuvres de Klimt (et dans une moindre mesure Mucha ou encore Millais) qui, foisonnantes de couleurs et de nuances, contrastent avec des passages bien plus sombres dans les tons, rappelant l'ambiance foncièrement gothique du texte de Shelley.
Si, donc, l’amateur de BD aurait pu hésiter à lire cet énième Frankenstein, se disant -en partie à raison- qu’il n’ allait rien découvrir de bien neuf, force est de reconnaître que passer à côté d’un album aussi abouti visuellement et narrativement serait une faute de goût évidente.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : L’ACTE PREALABLE
C'est de qui? Scriabin
La Couv':
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Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ça donne Quoi ? Œuvre posthume de Scriabin, ambitieux jusqu’à la déraison qui voulait écrire une partition durant plusieurs jours, cet Acte Préalable fut terminé par l’un des fidèles élèves du compositeur russe, Alexander Nemtin, qui y consacra une grande partie de sa carrière.
Le résultat force l’admiration de par ses élans grandioses que ce soit dans l’épique comme dans le fantastique avec des thèmes polymorphes aussi différents que possible et où pourtant l’auditeur attentif arrive à déceler une unité ténue.
L’orchestre est souvent bouillonnant, les chœurs –partie la plus impressionnante de l’œuvre- chantent des mélodies sans paroles, parfois transpercées d’une voie stridente.
On peut déceler dans cet opus hors normes une influence certaine sur certains compositeurs de B.O du XX° siècle, à commencer par John Williams, amateur de classique s’il en est.
Le magma musical de ce Mystère possède la force d’évocation nécessaire à cette version de Frankenstein.