LA BD:
C'est quoi : KETSUDAN
C'est de qui? Mud & Motteler
La Couv':
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C’est édité chez qui? Dargaud
Déjà croisés sur le site? Oui pour les 2.
Une planche:
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Ca donne Quoi ? Dans le Japon médiéval, le shogun doit choisir un précepteur pour son héritier mâle.
A la -mauvaise- surprise de Akitora, seigneur de guerre bardé de victoire qui pensait accéder au poste, c’est Fuyusaru, légende vivante - mais vieillissante!- du shogunat qui a fait ses preuves par le passé.
Les 2 hommes en viennent aux mains (nfin, au katanas) et Fuyusaru est blessé et humilié. Le viel homme se fait alors seppuku -suicide rituel- poussant son fils à provoquer Akitora en duel pour laver leur honneur.
Dilemme, Natsumé, le fils en question, est amoureux d'Harumi, la fille de son nouvel ennemi dont il va provoquer la mort et par la même l’ire de sa bien aimée.
L’histoire vous parle? Pas étonnant, ce n’est rien moins que la pièce de Corneille, le célèbre Cid, que Mud, transfuge du Label 619 (on l’avait croisé sur Doggybags il y a quelques années), resitue dans le Japon de l'Ère d’Edo.
Et bien évidement ça fonctionne à plein!
Le découpage et le style graphique de julien Motteler, que l’on a aussi vu chez nous, sur des choses aussi variée qu’ intéressantes, aux influences qui vont du comics aux mangas en passant, of course, par le franco-belge, est le gros point fort de ce généreux one-shot.
Cadrages originaux, narration dynamique, séquences de batailles et combats muettes ultra efficaces, Ketsudan est une réussite visuelle.
Le seul petit bémol que j’apporterai à l’album, mais je comprends que c’est un choix scénaristique, c’est la reprise quasiment à l’identique des dialogues de Corneille qui, s’ils sonnent parfois très bien, semblent un peu plus figés voire empruntés à d’autres moments et risquent de déstabiliser certains lecteurs, ne serait-ce que de par les rimes. Ce ressenti, tout personnel, n'entame pas pour autant la qualité de ce Ketsudan.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : L’OMBRE DU GUERRIER
C'est de qui? S. Ikebe
La Couv':
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Déjà entendu chez B.O BD? Oui.
On peut écouter ?
Ça donne Quoi ? Parmi les grands succès de Kurosawa figurent des adaptations des pièces de Shakespeare (Macbeth, le Roi Lear…).
Des décennies avant notre duo d’auteurs, le réal japonais avait compris l'intérêt de transposer les grandes tragédies classiques dans d’autres contextes et notamment le japon médiéval.
Kurosawa a toujours porté une grande attention à la musique de ses longs métrages. Après le départ pour désaccords de Masaru Sato, compositeur fétiche de Kurosawa depuis I live in fear en 55, le réalisateur, qui rencontrera maints autres problèmes sur le tournage de Kagemusha, fait appel à Ikebe. Ce dernier, compositeur classique de formation, très prolifique, remplace Sato au pied levé et fournit un travail d’orfèvre (qui poussera Kurosawa à collaborer à nouveau avec lui sur 3 autres films par la suite).
Puissant et évocateur, répondant aux images et aux thèmes shakespeariens de son sujet, le score de Kagemusha est un modèle de musique épique ayant su marier les influences occidentales et orientales à la fois. Juste ce qu’il fallait à Ketsudan.