Le Livre.
C'est quoi? LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT.
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C’est de qui? J. Dicker
Ca parle de quoi? Alors qu’il subit l’angoisse de la page blanche pour pondre son second roman, après le succès fulgurant du premier, un jeune auteur vole au secours de son mentor, un écrivain célèbre, qui se voit accusé du meurtre d’une jeune fille, trois décenies plus tôt.
Dans un bled de l’Amérique profonde son enquête, qui va devenir le sujet de son livre, va révéler de biens sombres secrets pourtant profondément enfouis, et tout le monde semble avoir sa part de responsabilités dans ce drame.
Ca donne quoi? Je vais vous faire un aveu: l’une des ficelles du métier de bibliothécaire est de savoir conseiller des auteurs ou des livres… que l’on n’a pas lus.
Alors j’entends déjà les hauts cris, les accusations de supercherie, d’imposture, et autres menaces de lapidation, mais je vous arrête tout de suite.
Est ce qu’un docteur a testé tous les médicaments qu’il prescrit à ses patients? Non, bien évidemment, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne connaît pas leurs effets et qu’il sait qu’ils conviendront aux symptômes à traiter (rendons à César…l’analogie n’est pas de moi mais du grand Umberto Eco qui considérait son immense bibliothèque comme une pharmacie, expliquant que, non, il n’avait pas lu tous ses livres, et ne pourrait probablement jamais le faire, mais savait que tel ou tel ouvrage était là, disponible au besoin).
Et bien il en va de même pour un (bon) bibliothécaire qui, connaissant ses lecteurs, le style de tel ou tel auteur et le genre abordé, saura conseiller le livre qu’il faut même s’il n’en a jamais ouvert une page.
Aujourd'hui un (bon, toujours) bibliothécaire est aussi "bibliothérapeute", capable de soigner ses lecteurs grâce à ses conseils! Et, évidement, et même si c'est une question récurrente parmi les adhérents de la médiathèque (et pas que les enfants!): non, même si je lis énormément je n'ai pas lu TOUS les livres de la bibliothèque.
Mais la prolifération ces dernières années d’ouvrages aux thématiques et genres (bien trop) similaires, répondant à telle ou telle mode, a grandement aidé à maîtriser la discipline: Un amateur de Mélissa Da Costa pourra se voir conseiller un Virginie Grimaldi, un fan de Bussi pourra lire du Musso et un aficionado de Minier pourra se rabattre sur du Thilliez.
Cette (trop) longue introduction nous amène donc au cas plus ou moins particulier de Joël Dicker.
Auteur Suisse encensé par la critique et le public dès son second roman -celui qui nous intéresse aujourd’hui - Dicker a une toute petite dizaine de livres à son actif qui ont peu ou prou tous connus le succès.
Aujourd’hui le bonhomme s’édite lui même et vient de se faire plaisir en sortant un petit roman intergénérationnel, sorte de pastiche amusant mais presque anecdotique du Petit Nicolas version féminin- loin du genre qui l’a rendu célèbre- et qui, à mon humble avis, a dû laisser sur le carreau pas mal de fans de la première heure.
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Mais revenons à nos moutons. Autour de moi beaucoup de gens -à commencer par ma meilleure moitié- ont lu Dicker et n’ont en général pas tari d’éloges à son sujet. C’est donc sans vergogne - et ce malgré que je n’ai lu de lui que sa toute première oeuvre, un conte “à la russe” écrit dans sa prime jeunesse et ressorti bien opportunément par feu son éditeur de l’époque histoire de surfer sur la popularité de son poulain- que je n’hésite pas à le recommander aux quelques lecteurs qui ne le connaissent pas encore: Les amateurs de polars, de lecture relativement fluide ou de récits à sensation.
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Mais tout de même me suis je dit, alors qu’en période creuse de sorties estivales, j’avais du temps pour lire, pourquoi ne pas donner sa chance à cette Affaire Harry Québert histoire de voir si la hype était justifiée.
Bon, disons le tout de go, si j’ai été plutôt optimiste une bonne partie du roman,, arrivé aux deux tiers (le pavé dépasse les 600 pages tout de même!) les circonvolutions et autres flashbacks/flashforwards ont commencé à me lasser et ce sont les innombrables et rocambolesques retournements de situations incessants qui ont fini par avoir raison de moi.
Alors là où il y a tour de force tout de même, reconnaissons ça à Dicker, c’est que même si ce n’est pas forcément très bien écrit, même si les mises en abyme et autres mélange du fond et de la forme sont trop appuyés, on peut comprendre le succès du livre tant celui ci accroche son lecteur -quasiment- jusqu’au bout.
Pourtant au final on referme le roman en se disant “tout ça pour ça”! L’auteur aurait pu enlever 200 pages que ça aurait aussi bien fait l’affaire (Harry Québert), voire même mieux et, surtout, ça ne m’a pas donné envie d’en essayer un autre vu que j’ai lu qu’il fonctionne tout le temps sur ce procédé de récit à tiroirs, sur des polars lambdas qui ne veulent pas dire leur nom (pour preuve nous les avons classés dans les romans traditionnels chez nous!)...mais cela étant, ça ne m’empêchera pas…
de continuer à les proposer aux lecteurs!