Même si j’en lis de plus en plus- métier oblige (mais ce n’est pas un sacrifice pour autant je vous rassure)- je ne chronique guère de romans.
C’est son récent Prix des Libraires qui m’a fait souvenir que j’avais apprécié cette Petite Bonne lors de sa sortie et que je ne vous en avais pas parlé, réparons cet oubli:
C'est quoi? LA PETITE BONNE
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C’est de qui? Bérénice Pichat
Ca donne quoi? Dans la France de l’entre deux guerres une domestique qui n’est jamais nommée, qui n’a que peu d’éducation, est au service d’un couple de bourgeois dont le mari est un rescapé de la Première Guerre mondiale, une gueule cassée mais pas que puisqu’il est aussi lourdement handicapé.
C’est un ex pianiste qui n’a plus de mains et qui a derrière lui « 20 ans d’inutilité ». Sa femme a sacrifié les 20 années en question à s’occuper de son époux, sa jeunesse et sa vie sociale ont fanées en mm temps.
Alors qu’elle recommence à se sociabiliser, finalement convaincue par son mari après toutes ces années, ce dernier a décidé de convaincre la « petite bonne » de l’aider à mourir.
Un drame sur les différences sociales, dans un contexte historique aux résonnances très actuelles, où le fond est au service de la forme et vice versa.
La domestique en effet s’exprime de façon simple et c’est « traduit » dans le livre par de courtes phrases disposées comme de la poésie mais dans une prose on ne peut plus basique et qui se lit très facilement.
Trois personnages tragiques chacun à sa façon dont les destins sont à l’image de l’Histoire et de la société.