5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 15:26

 

 

 

CARTEL, Ridley Scott (2013)

 

 

 

Premier scénario original du romancier Cormac McCarthy (84 ans et preuve vivante que la retraite à 65 ans fait elle aussi partie des nombreux mythes d'Hollywood), dont plusieurs œuvres - De si jolis chevaux (2001), No Country for Old Man (2007), La Route (2009) - ont déjà été adaptées avec une certaine réussite au cinéma, Cartel n'a pas vraiment soulevé l'enthousiasme lors de sa sortie en salles, taxé par plusieurs critiques de film "bavard et maladroit", voire d'œuvre "froide et sans âme".

 

Dans la Toile de Lio.  2:  Cartel

 

Rien de neuf sous le soleil.

 

Concernant son réalisateur, Ridley Scott, le monde s'est toujours divisé en trois catégories : ceux qui le considèreront toujours, à l'instar de feu son frère Tony, comme un vulgaire pubard ; ceux qui n'en pensent pas moins, mais reconnaissent tout de même quelques qualités aux Duellistes, Alien et Blade Runner et enfin ceux pour qui les deux films pré-cités représentent une claque cinématographique renouvelée à chaque vision, pour qui Legend, Gladiator, Hannibal, Black Hawk Down et Kingdom of Heaven sont des incontournables, Black Rain un polar poseur, mais fun, Robin Hood, Prometheus et Alien Covenant des films bourrés à la gueule de bonnes idées mal exploitées ... On aura compris que la réception qu'on aura de ce thriller dépendra en partie du clan auquel on se rattache.

 

Dans la Toile de Lio.  2:  Cartel

 

Rugissement d'une moto qui file au milieu d'un paysage mexicain désertique.

L'Avocat (Michael Fassbender, impeccable de sourires ultra-brights et de "lissitude" assumée) fait une minette à la caliente Laura (Penelope Cruz, en mode Lancôme de bénitier). Prétextant un voyage d'affaire à Amsterdam, il se rend en réalité chez un diamantaire (Bruno Ganz) pour acheter à sa brune une somptueuse bague de mariage.

 

De retour au pays, l'Avocat rend visite à un associé, Reiner (Javier Bardem qui devrait peut-être songer à arrêter les rôles de timbrés en fringues multicolores et coupes de cheveux improbables, sinon ça va lasser). Il accepte de joindre ses billes à un trafic de cocaïne, auquel participe également un certain Weystray (Brad Pitt, le cowboy d'opérette). Avant son engagement définitif dans l'affaire, ce dernier met toutefois en garde l'Avocat contre les dangers du business : si tu cafouilles, les gars du cartel seront sans pitié. Dont acte.

 

Dans la Toile de Lio.  2:  CartelDans la Toile de Lio.  2:  Cartel

 

Cartel, c'est un peu No Country for Old Man chez les VIP's. En lieu et place du polar, McCarthy reprend ici les rouages du thriller et les vide de leur sens. Le personnage principal n'a même plus de nom et se résume à sa seule fonction d’avocat. On s'interrogera d'ailleurs sur le choix saugrenu des traducteurs français qui ont changé le titre original The Counselor, c'est-à-dire "L'Avocat", en Cartel.

 

Peut-être faut-il y voir un hommage tardif à Paul-Loup Sulitzer, le maître français du western financier ? Quoi qu'il en soit, cet Avocat et ses deux associés dans le crime apparaissent tout au long du film comme des êtres sans profondeur qui déambulent dans des décors de catalogue, uniquement motivés par leurs instincts primaires : le sexe et la cupidité.

A cette différence près que Reiner et Westray ont, avec le temps, accepté leur condition. Pour satisfaire ses besoins et son ego, l'Avocat choisit de mettre les pieds dans un monde qu'il ne connait pas. Comme dans toute tragédie qui se respecte la Fatalité va s'abattre sur lui et ses partenaires, pour une raison a priori absurde, et les broyer un à un.

 

 

Servi par l'esthétique délibérément bling-bling de Scott qui colle parfaitement à son univers superficiel, Cartel déroule sa logique létale avec l'implacabilité d'un bolito (si vous voyez le film, vous comprendrez). Les hommes et les phallus qui leur servent de cerveau finissent dans la boue, la fille innocente dans une décharge et seule la plus "affamée" s'en sort.

 

Sans être la meilleure cuvée du réalisateur (personne n'égale Tarantino pour ce qui est de laisser toute sa place à un gros casting), Cartel reste une œuvre sans temps mort, qui se regarde avec une fascination glaçante.

 

 

 

 

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Une chronique de Lio

 

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bobd - dans Cinéma Noir

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