26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 19:46

 

 

Nous refermons donc ce cycle thématique spécial super-héros avec la dernière oeuvre en date de Mark Millar...Ultime variation sur le genre? Léo se penche sur la question:

 

 

 

LA BD
 

 


C’est quoi ? JUPITER LEGACY 



C’est de qui ? Mark Millar & Frank Quitely
 

 


La couv : 
 


On les a déjà croisés ? Millar, oui (pour Superior et Old Man Logan), Quitely, non (je ne félicite pas le taulier !)
 

 


Une planche : 

 


 


Ça donne quoi ? 1932 : face à la crise économique, Sheldon Sampson a fait un rêve : celui d’une île lointaine… Lui et ceux qu’il a convaincus de l’y accompagner en reviendront dotés de superpouvoirs et de costumes bariolés, propres à inspirer l’Amérique pour un nouvel Âge d’Or. En 2012 pourtant, alors qu’une nouvelle crise très semblable à la précédente frappe encore une fois le monde, l’espoir semble tarder à renaître. Même si leurs capacités supérieures les ont, en partie, préservé, les super-héros ont vieilli, et, de surcroît, se déchirent sur l’attitude à avoir : alors que Sheldon garde sa foi dans l’Amérique et le modèle capitaliste, son frère Walter soutient au contraire la nécessité d’une intervention dans les affaires politiques pour remettre à plat tout le système ; tandis que leurs enfants s’abîment dans une vie oisive et nombriliste, jouissant de leur statut de stars entre galas de charité et rails de drogue, coups d’un soir et passages par le divan du psy…



Les trois premiers numéros, sur les cinq qui composent le premier livre de Jupiter’s Legacy, donnent l’impression d’une variation très réussie sur des thèmes dont il n’échappera toutefois pas aux lecteurs habitués des comics qu’ils sont quelque peu rebattus. Millar lui-même ne joue pas pour la première fois avec la question de l’implication ou non des super-héros dans les grands problèmes sociétaux et politiques du monde (réel), qui hante régulièrement le genre depuis le début des années 70 – au moins. Ni l’idée de réécrire une histoire des super-héros en la mettant en parallèle de celle du médium et de ses évolutions au cours du temps (depuis un « âge d’or » de simplicité et d’optimisme puissant, jusqu’à une modernité plus sombre, complexe et souvent violente), ni l’idée de présenter une jeune génération, X ou Y, de descendants désillusionnés des héros de la « grande époque » qui les écrasent de leur ombre, ne sont par ailleurs sans exemples. 
 

 


Alors, certes, Millar peut compter sur l’énorme plus-value que représente le trait de Frank Quitely, l’un des plus talentueux dessinateurs de notre époque, qui arriverait vraisemblablement à nous rendre passionnant un livre de recettes de cuisine : il est ici en pleine forme, ce qui suffirait à justifier l’acquisition du volume par n’importe quel amateur éclairé. Néanmoins, il serait injuste de réduire à cela l’intérêt de Jupiter’s Legacy : Millar parvient en effet à trouver un ton juste, à entraîner les lecteurs, et à les intéresser aux personnages qu’il crée – alors même qu’aucun d’eux n’est a priori très sympathique.
 

 


Sans trop en révéler, les derniers chapitres présentent néanmoins un tournant tout à fait prometteur, à la fois sur la forme – en opérant une rupture, manifestée par un saut du récit de dix ans en avant, et en entraînant le scénario vers des territoires un peu plus originaux – et dans le fond – en contrepoint de la vision uniformément sombre qui prévalait jusque-là. Par-delà le « crépuscule des super-héros », une nouvelle aube pourrait-elle poindre dans la génération suivante ? Les lecteurs intéressés par la réponse de Millar et Quitely doivent tout de même être avertis qu’il leur faudra s’armer de patience, car au rythme de publication de la série outre-Atlantique, la seconde moitié de ce récit ne nous parviendra pas avant plusieurs années. 
 

 


 


LA MUSIQUE

 

 



C’est quoi ? HELIOS / EREBUS

 


C’est de qui ? God Is An Astronaut

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu sur B.O BD?  Non
 


On peut écouter ?

 


 

 

 

Ça donne quoi ? Huitième et dernier album en date du groupe formé autour des jumeaux Kinsella, Helios|Erebusa pu être salué comme un retour aux affaires après plusieurs sorties pour lesquelles les Irlandais semblaient se reposer un peu trop sur leurs acquis. Depuis 2002 et plus encore 2005 (avec l’album All Is Violent, All Is Bright), God Is An Astronaut (GIAA pour les intimes) a su s’imposer auprès des amateurs de post-rock, mêlant inspirations atmosphériques et psychédéliques. Helios|Erebus prend un virage vers le rock progressif, mettant plus avant guitares et mélodies accrocheuses, sans renier pour autant l’identité du groupe. Mythiquement placé sous le signe de l’alternance entre lumière (Hélios, le dieu grec du soleil) et ténèbres (Érèbe, la personnification de l’obscurité des Enfers), cet opus de 2015 promène ainsi l’auditeur d’une ambiance à une autre au sein de presque chaque morceau, entre exaltation et inquiétude, tout en restant accessible. Pas une B.O. à proprement parler, mais le résultat colle bien aux différentes ambiances deJupiter’s Legacy, entre passé solaire mythifié, modernité plus glauque, et espoir de renouveau

 

 

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Une Chronique de Léo

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