4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:44

 

 

En introduction à notre nouveau cycle qui commence demain, la chronique musicale de la dernière série parue en VF d'Alan Moore (qui sera le sujet du cycle en question):  

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : PROVIDENCE

 


C'est de qui : A. Moore & J. Burrows

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà croisé sur le site? Moore oui, Burrows moins sur.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Depuis maintenant une bonne dizaine d'années (et le tour particulier qu'il a fait prendre à sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires), le génie britannique Alan Moore voit certains de ses lecteurs se détourner de ses travaux, jugés trop nébuleux et référentiels, et pas assez « dynamiques », trop bavards. Bref ce n'est plus comme avant, peut-on lire ici ou là. Et pourtant, le Mage de Northampton n'a rien perdu de sa maestria narrative.

Moins facile d'accès de prime abord, son travail est toujours aussi étourdissant de virtuosité, d'intelligence et d'érudition. Et ce n'est pas cette relecture des grands récits lovecraftiens qui viendra infirmer cette tendance : dans une veine proche de celle du reclus de Providence (et de la sienne, aussi), Moore mêle le fictif et le réel de manière très intriquée (ne cherchez pas trace de Sous le Monde, le livre maudit qu'il invente pour les besoins de son récit...mais qu'il évoque aux côtés du très réel Roi en Jaune de Chambers), pour mieux perturber le lecteur déjà mis à l'épreuve par l'emploi de thématiques plus troubles et déviantes les unes que les autres (inceste, nécrophilie, cannibalisme et autres joyeusetés). Néanmoins, contrairement à son Neonomicon (dont Providence est une sorte de préquelle), le scénariste reste dans l'allusif et n'use pas ici des débordements graphiques carabinés assurés par Jacen Burrows.

Ce dernier n'est certes pas le plus grand dessinateur de la Terre (ni le plus mauvais chez Avatar, ceci dit), mais il est suffisamment rigoureux et méticuleux pour rendre justice aux scripts fourmillants de détails d'Alan Moore. Notre Barbu réussit mine de rien l'exploit, sans recourir au décalque stérile, d'évoquer parfaitement le meilleur de l'oeuvre de Lovecraft, qui s'appuie sur la certitude terrifiante que l'horreur dévoilée n'est qu'un pâle reflet de celle qui nous reste cachée...

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 C'est Quoi ? PIGS OF THE ROMAN EMPIRE

 

 

 C'est de Qui ? The Melvins / Lustmord

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Du tout.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les membres de The Melvins ont beau aimer les collaborations diverses et variées (avec Shrinebuilder, Fantômas ou Big Business, par exemple), il est quand même surprenant de les voir travailler en 2004 avec le musicien Brian « Lustmord » Williams. Ce dernier, déjà pionnier de la musique industrielle avec le groupe SPK au début des années 80, peut aussi légitimement être considéré comme le père du « dark ambient », ce courant de la musique électronique propre à donner des cauchemars au plus brutal des amateurs de black métal. Il est même plus précisément encore, avec l'album The Place Where The Black Stars Hang, l'initiateur de la veine spatiale, sidérale ou cosmique du genre, pour des travaux lovecraftiens au sens premier du terme.

Mêlée aux riffs plombés du génial Buzz Osborne et aux coups de massue du batteur Dale Crover (l'un des plus sous-estimés de toute la scène rock), la musique de Williams instille un climat anxiogène, où des bruits sourds et des notes graves bâtissent un climat de cauchemar à l'échelle cosmique. Il y a à boire et à manger sur ce disque, notamment du fait de certains interludes débilo-punks propres à chaque album des Melvins (au sens de l'humour notoirement tordu...mais justement, le travail d'Alan Moore sur Providence n'en est pas dépourvu non plus). Peu importe : la plage éponyme, monument sonique de plus de 20 minutes, vaut à elle seule le voyage.

Après un prélude made in Lustmord noir comme la nuit, un riff monstrueux, monumental (signé Adam Jones, guitariste de Tool invité pour l'occasion) semble s'élever des abysses, aussi simple que génial, résumant à merveille le feeling particulier du travail commun de Moore et Lovecraft.

 

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Une Chronique de Peio.

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