21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 17:58

 

 

En marge de sa production super-héroique, Kirby a également réalisé des adaptations de films cultes (2001, Le Trou Noir) et donc, pour terminer en beauté ce week-end évoquons un projet avorté qui, entre les mains du maître, aurait pu être quelque chose de grandiose:

 

 

 

Le PRISONNIER par Jack Kirby.

 

 

 

 

 

La série TV

 

De deux choses l’une, soit vous êtes un produit de la génération X (voir avant !) soit vous êtes curieux et vous n’hésitez pas à creuser dans les trésors oubliés (ou presque) de ce que la culture au sens large a pu produire avant votre époque. Dans les deux cas, vous ne pouvez pas ne pas connaître la série TV britannique Le Prisonnier. (Si toutefois c’était le cas, passez donc directement à la vidéo ci dessous afin de remédier à cette lacune quasi impardonnable avant de revenir lire cette passionnante chronique.

 

"I'm not a Number! I'm a free man!"

 

 

 

 

Rafraichissons nous un peu la mémoire, Le Prisonnier date de 1966 et est le fruit de l’imagination et des souvenirs d’un ex-agent secret britannique. Il narre le destin d’un homme qui démissionne des services secrets mais se retrouve drogué, enlevé et séquestré dans un village idyllique coupé du monde dont toute fuite est impossible et peuplé d’habitants sans patronymes, répondant simplement à des numéros. Evidement notre héros ne compte pas se laisser soutirer ses secrets (ce qui semble clairement être la raison de son enlèvement) ni embrigader dans cette sorte de secte suspicieuse et va tenter par tous les moyens de leur fausser compagnie.

 

 

Sous la houlette de sa star, Patrick McGoohan, la série va prendre une dimension quasi philosophique, transcendant le simple récit d’anticipation pour devenir un symbole visionnaire de la lutte  de l’individu contre le système. Riche d’une ambiance à nulle autre pareille, ménageant à merveille ses effets et son suspense, le Prisonnier est une exception dans le paysage audiovisuel de l’époque, voir même des suivantes et peu de séries pourront se targuer d’aller lui disputer sa place (Twin Peaks ou Lost étant peut être ses plus sérieux challengers).

 

 

 

Le Comics

 

 

C’est Stan Lee qui refile le projet à Kirby d’une adaptation en BD de la série. Enthousiaste s’il en est, Kirby sait rester fidèle à l’esprit du show tout en y apposant clairement son style graphique. Ainsi on reconnaît sans peine les poses dynamiques parfois à outrance des personnages, les mains puissantes, les mâchoires carrées, bref la patte Kirby à son summum.

 

 

Si on regarde ses productions précédentes on ne peut que réaliser à quel point certaines ont des similitudes avec la série TV : Du Quatrième Monde à O.M.A.C en passant par certains arcs de Captain America, voire même Kamandi la dystopie est un élément prédominant dans pas mal des œuvres du scénariste/dessinateur.

 

L’exemple le plus flagrant est probablement cet arc des Fantastic Four de 1969 (numéros 84 à 87 aux States) où Fatalis (Dr Doom pour ceux qui n’ont pas eu la chance de lire les Nova des années 80 !) se crée sa petite armée de robots perso en douce dans sa Latvérie natale. Heureusement Nick Fury veille au grain et envoie notre quatuor fantastique sur le coup (enfin trio, la blonde invisible étant aux abonnés absents jusqu’à la quasi fin de l’histoire). Ils se retrouvent dans un village dont les habitants semblent des plus heureux (mais en fait ont une trouille bleue du Dr à la face d’acier) et où nos héros vont perdre (temporairement leur pouvoirs).

 

 

Bref, l’hommage/clin d’œil est évident et sera d’ailleurs reconnu par Stan "The Man".

 

Revenons donc à nos moutons. Kirby réalise 17 pages qui couvrent une partie de l’intrigue du premier épisode de la saison. Le générique de la série, montrant la démission du n°6, est développée sur plus de 2 pages, en flashbacks, on assiste ensuite aux premières rencontres du héros avec les habitants avant qu’il soit convoqué par celui qui fait office de chef qui, après avoir essayé de lui faire retourner sa veste l’emmène faire un tour du propriétaire en hélico. Kirby se lâche clairement sur le design, que ce soit celui du bureau du N°2:

 

 

Le bureau du N°2 dans la série...

 

...et la version remixée par Kirby.

 

 

ou l’apparence extérieure du Village n’hésitant pas en faire quelque chose de presque exubérant, très stylisé 70’s, en opposition avec une certaine sobriété dans la version télé:

 

 

 

 

 

Seules les cinq premières pages ont été encrées, par Mike Royer, qui semble d’ailleurs avoir essayé de « recoller » au style de la série, notamment au niveau des visages des protagonistes, Kirby s’étant approprié les personnages.   

 

 

Le projet sera donc finalement tué dans l’œuf, nous empêchant de découvrir ce qui aurait pu être une version comics toute aussi forte que la série TV, mais qui en aurait développé peut être certains thématiques intéressantes.

 

Pour être tout à fait complet sur le sujet il faut savoir qu’une suite au Prisonnier verra le jour chez DC Comics, nous en avions d’ailleurs fait la chronique il y a déjà quelques temps.

 

Voilà, notre cycle consacré à Jack Kirby se termine, n'hésitez pas à creuser l'oeuvre du bonhomme qui s'étend bien au delà des histroires de super héros, et d'ici là...

 

Bonjour chez vous!

 

 

 

 

 

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Une chronique par Fab

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