21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 08:36

 

 

                                                              LA BD :
 

 


 
C'est quoi : THOR – L'INTEGRALE 1966


 

C'est de qui :  Jack Kirby et Stan Lee


 
La Couv' :

 

 

Déja croisés chez nous? Of course!

 

 

Une planche :

 

 

 

Ca donne Quoi ? On le sait maintenant, le rôle de Jack Kirby dans la création des grands personnages Marvel des années 60 est très loin de se cantonner à la seule partie graphique. Il se murmure d'ailleurs que c'est encore plus vrai pour The Mighty Thor, ce qui n'est guère étonnant quand on sait que le King était plus que féru de mythologie antique. Pourtant, dans les premières années (la période Journey Into Mystery), Kirby tâtonne un peu : Thor est simplement une sorte de clone de Superman à la sauce Marvel, au potentiel encore relativement peu exploité à ce stade.

C'est à compter de l'année 1966 que le personnage trouve définitivement ses marques, et se hisse enfin à la hauteur de ses promesses implicites. Kirby rameute fort logiquement le panthéon grec (Hercule en tête, évidemment), et peut opposer Pluton et Arès en personne au Dieu du Tonnerre.

Il organise ensuite un crescendo démentiel durant lequel Thor rencontre l'extraterrestre Tana Nile et son peuple, les colonisateurs de Rigel, prélude à son premier duel face à Ego, la fameuse Planète vivante.

 

Le volume s'achève sur la première apparition du High Evolutionnary, le Maître de l'Evolution, sorte de version SF/comics du Docteur Moreau de H.G. Wells.
Ce déluge conceptuel délirant et bien raccord avec l'esprit du titre autorise Kirby à pousser très loin le bouchon en matière d'exotisme et de psychédélisme (plus encore que sur Fantastic Four), à sa manière brutale et massive. Comme les fans de Kirby le savent bien, seul l'encrage peu approprié de Vince Colletta vient un peu affaiblir cette prestation d'une puissance invraisemblable, prélude thématique à la géniale méta-série de DC Comics « The Fourth World/Le Quatrième Monde ».

 

 

 

LA MUSIQUE :
 

 


 C'est Quoi ? DOPES TO INFINITY
 
 
 C'est de Qui ? Monster Magnet
 
 
 La couv' :

 

 

Déjà écoutés chez nous? Oui
 


On peut écouter?
 

 

 

 

 

Ca donne quoi ? Il n'y a que Dave Wyndorf, chanteur/guitariste/tête pensante à tout faire de Monster Magnet, qui puisse se vanter d'avoir un jour écrit (dans la chanson Melt) la phrase suivante : « And I was thinkin' how the world should have cried on the day Jack Kirby died ». Grand fan du King devant l'éternel, Wyndorf paye son tribut sur Dopes to Infinity, signant notamment l'instrumental Ego, The Living Planet (une création de Kirby apparu dans les pages de The Mighty Thor, donc).
Les lourds effluves psychédéliques dégagés par la musique de Monster Magnet, et ses riffs plombés et graisseux mâtinés cependant d'un sens affûté de la mélodie presque pop, on les connaissait depuis les excellents Spine of God et Superjudge. Mais le groupe de Wyndorf accède incontestablement à une autre dimension avec ce disque parfait dans le genre stoner enfumé, plaçant pour l'occasion certains de ses titres sur des BO de films à succès (comme Matrix par exemple). Pourtant, Monster Magnet ne cède rien de ce qui fait le sel de sa musique, dont les relents entêtants et abrutissants de puissance sonique éprouvent positivement l'auditeur : au-delà de l'hommage direct et de la référence explicite, l'écoute de Dopes to Infinity  accompagne idéalement la lecture des planches amples et surpuissantes du King, imbibées du même parfum de démesure cosmique et héroïque.

 

 

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Une chronique signée Peio

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