24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 08:56

 

 

« Or avait le Père Alexandre mené avec soi des Indes un valet Maure, aussi noir que sont les Ethiopiens de la Guinée, mais natif du Mozambique […]. Soudain qu’il fut arrivé chez nous, toute la ville courut pour le voir. Le Père Organtin le mena à Nobunaga, qui lui fit fête, et ne pouvait croire que cette couleur fut naturelle… »

 

Extrait de Histoire ecclésiastique des isles et royaumes de Japon,

François Solier (1627) 

 

 

 

LA BD :

 

 

 

 

C'est quoi : YASUKE

 

 

C'est de qui ? Frédéric Marais

 

 

La Couv' :

 

 

Déjà lu chez nous ? Non

 

 

 

Une planche :

 

 

 

 

Ca donne Quoi Au 16e siècle, un esclave africain débarque au Japon avec les missionnaires qui l’ont acheté à des marchands portugais. Présenté au seigneur de guerre Oda Nobunaga, il va fasciner le dirigeant japonais, d’abord par la couleur sombre de sa peau, puis par sa taille imposante et enfin par son intelligence. Une confiance mutuelle s’installe entre les deux hommes, si bien qu’au moment où les Jésuites doivent quitter l’archipel, Nobunaga leur demande de laisser l’Africain sous sa protection. Affranchi et rebaptisé Kuru-San (littéralement "M. Noir") Yasuke, celui-ci deviendra un samouraï loyal à son maître jusqu’à son assassinat, survenu en 1582. Selon les sources, le guerrier mourra en défendant Nobunaga, ou finira par rejoindre les religieux avec qui il était venu, des années plus tôt.

De cette histoire improbable, mais néanmoins authentique, Frédéric Marais ne conserve que la trame pour construire le récit d’un jeune esclave sans nom, né à l’ombre du Kilimandjaro. Son identité, l’enfant ira la chercher par delà les mers, au sein d’une culture étrangère qui fera de lui un homme et lui accordera, à l’ombre du Fujiyama, une place et une fonction que sa tribu n’avait pas su lui donner.

Œuvre d’une grande sobriété, Yasuke allie l’économie du trait de ses illustrations en quadrichromie (turquoise, ocre, blanc et noir), placées sous le sceau de Hokusai, à la brièveté d’une narration qui évoque la concentration épurée du haïku. Plus qu’un album ouvert à de multiples lectures, Frédéric Marais, dans la continuité du roman graphique que nous évoquions il y a peu, a su composer un véritable "poème graphique" d'une grande intensité. 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

 

 

C'est Quoi ? 1492, CONQUEST OF PARADISE

 

 

C'est de Qui ? Vangelis

 

 

La Couv' :

 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD ? Oui

 

 

On peut écouter ? 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE :

 

 

 

C'est Quoi ? METROPOLIS

 

 

C'est de Qui ? Jeff Mills

 

 

La Couv' :

 

 

 

Ca donne Quoi ? En 1992, dix ans après Blade Runner, Ridley Scott et Vangelis se réunissent à nouveau pour les besoins de 1492, Conquest of Paradise, projet destiné à célébrer le 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, incarné ici par Depardieu. En dépit de certaines qualités, le film est loin d’atteindre le niveau des meilleurs efforts de Scott (Alien et Blade Runner en tête) et ne remporte d’ailleurs pas un franc succès.

La musique de Vangelis connaît en revanche un destin plus enviable et tout particulièrement le morceau Conquest of Paradise qui devient un tube pour les chorales "amateurs" de la planète. Avec le recul des années, cette partition, dont les sonorités forcément synthétiques pouvaient sembler incongrues dans une film historique, peut enfin être appréciée pour ce qu’elle est : une œuvre audacieuse, dont l’extrait que nous avons retenu, "Moxica and The Horse", illustre parfaitement la richesse. Mêlant nappes brumeuses de synthétiseur, percussions tribales, guitare espagnole et chant, ce morceau apporte également à la lecture de Yasuke une dimension incantatoire et intemporelle tout à fait appropriée.

 

 

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Une chronique signée Lio

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