Finalement c'est aussi le jour des grands!
LA BD:
C'est quoi : NOUS LES MORTS 1
C'est de qui : Macan & Kordey
La Couv':

Déja lu par ici? Le dessinateur très probablement.
C’est édité chez qui ? Delcourt, un lien vers le site
http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/nous_les_morts_01_les_enfants_de_la_peste
Une planche:

Ca donne Quoi Delcourt prend quelques risques en publiant ce premier tome d’une « Uchronie Zombie » comme ils se plaisent à le rappeler en 4ème de couv. En fait et en dépit des apparences bien trompeuses cette fois-ci, Darko Macan et Igor Kordey prennent complètement leur public à contrepied (on est loin des comics USA comme Star Wars qu’ils ont bati à 4 mains) par un joyeux délire fourre-tout déstabilisant dans sa première partie et réjouissant pour tout le reste à partir du moment où le lecteur adhère à cette idée saugrenue qui n’aurait pas déplu aux Brooks père et fils! Dans le moyen-âge en Europe, la peste noire anéantit toute trace d’humanité de façon plutôt foudroyante… En lieu et place de cadavres contagieux, les gens reviennent à la vie avec le teint légèrement plus blafard et une curieuse envie de dévorer tout être vivant! Rien de bien nouveau sous le soleil ? Et bien si il y a une petite nuance à apporter et marquant une rupture totale avec Walking Dead : les morts gardent leurs facultés mentales, parlent et continuent à forniquer, vivre comme si de rien n’était. Le hic avec une population morte, c’est que le virus a entamé un rien leurs facultés mentales… Dans un dessin réaliste, Kordey poursuit le travail ambitieux et complètement dingue de Macan en épousant ses idées les plus folles… Ici on parle de conspiration, de sexe et de passages tellement nonsensiques que le lecteur se sentira obligé d’y sourire voire de rire franchement ! Et au final de passer un excellent moment avec ces trognes aussi peu fréquentables que celles d’un épisode de Game of Thrones. Nous, les morts aurait du être une vaste transposition du roman fleuve de Kirkman au moyen-âge, il n’en est rien et cette audace voire ce culot dans l’histoire comme dans le ton (amateurs d’humour noir, vous allez vous régaler) s’avèrent complètement payantes pour peu qu’on y laisse le cerveau dans l’entrée et qu’on aime se repaitre de personnages hauts en couleur tous plus détestables les uns que les autres ! Sans tomber dans le n’importe quoi, les auteurs semblent savoir exactement où poser les pieds et ce tome introductif déstabilisant est une excellente surprise dont la suite à paraitre en juin 2015 (sur 4 tomes prévus) est vivement recommandée… Et ce n’est pas l’ombre d’un « zéro » japonais en guise de conclusion qui va faire reculer cette impatience.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? FOREST FOR THE TREES
C'est de Qui Forest for the trees
La couv'

Déjà entendu chez B.O BD? Jamais
On peut écouter?
Ca donne Quoi Damon Albarn avait osé prendre quelques risques payant sur sa formidable partition de Ravenous pour le film du même nom. La lecture de ce premier tome de Nous les morts, OVNI n’appartenant vraiment ni au monde des zombies ni au monde des uchronies, appelle également à une certaine audace fun. Quoi de mieux alors pour illustrer ce kaléidoscope que de penser au seul et unique album de Karl Stephenson (plus connu pour avoir co-écrit le classique Mellow Gold de Beck) connu sous le nom de « Forest for the Trees » et de cette synthèse de sons traditionnels et électroniques n’ayant pas rencontré le succès à l’époque. « Dream » peut illustrer parfaitement le sentiment d’une perte des sens par son petit côté malin et « World Music ». Passer d’une époque à une autre, relier incas, zombies et moyen-âge en introduisant les dirigeables du « Château dans le Ciel » de Miyazaki témoigne d’un chaos mental culotté ! Karl Stephenson deviendra fou surement bouffé par un esprit visionnaire trop cartésien et en avance sur son temps. Rien de mieux finalement pour illustrer ce premier tome de « Nous, les morts » qui deviendra avec le temps probablement un futur classique controversé. A vous de jouer avec cet album très recommandable aujourd’hui et qui mérite une seconde chance de reconnaissance.
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Une chronique signée Jet
